SOLDATS RUSSES : DES HOMMES D’HONNEUR JUSQU’AU BOUT

Roman Vasilievich Zabolotny (39 ans) et Grigory Mikhailovich Surkanov (38 ans), combattants volontaires russes en Syrie, ont été capturés par l’État Islamique. Il leur a été demandé de lire une déclaration devant une caméra, déclarant qu’ils renoncent à leur religion, se convertissent à l’islam, renient leur pays et rejoignent les troupes de l’État Islamique.

Les 2 hommes, ayant confirmé leur foi en la religion orthodoxe et leur fidélité à la Russie, ont été assassinés.

Qu’ils reposent en Paix dans la Gloire auprès de leurs Frères d’arme.

Le lendemain du jour où l’information de leur assassinat est parvenue, la Russie a mené plusieurs raids contre les positions de l’état-major de l’État Islamique et de al-Nosra (ces fameux terroristes modérés soutenus par la partie non encore éradiquée du Deep State aux États-Unis). Bilan annoncé par Moscou : 12 « commandants » islamistes tués. Une coïncidence ?…
Ça, c’est un Gouvernement.

En France, deux jeunes filles sont massacrées à Marseille, parmi tant d’autres victimes. A-t-on réagi ? − Non.
Nous sommes des « sans c. » !

Luc Sommeyre



 

CATALOGNE : QUI SÈME LE VENT…
(Jean Goychmann)

La Catalogne va-t-elle ou non devenir un État indépendant ?

Le processus semble bien engagé, et ceci depuis des années. Nous autres, les partisans d’une « Europe des Nations », seule voie possible pour une éventuelle construction européenne, avons depuis longtemps dénoncé un processus de régionalisation rampante qui ne pouvait qu’affaiblir les États.

Or, il se trouvait que c’était le but recherché par les partisans d’une Europe fédérale. Bien que non-avoué, le grignotage progressif dû au transfert des compétences de l’État vers les régions conduisait mécaniquement au résultat. Dans la vision des eurofédéralistes, la disparition des États-nation était le point de passage obligé de ce cheminement débuté dès l’immédiat après guerre.

Il est légitime de se poser la question toute bête : en quoi les Nations sont-elles aussi gênantes pour le futur de l’humanité ? Pour construire une nation, il faut un peuple. Mais cela ne suffit pas. De Gaulle, avec sa verve coutumière, disait : « Les Arabes sont un peuple qui, depuis les jours de Mahomet, n’ont jamais réussi à constituer un État ». Pour faire une Nation, il faut donc simultanément un peuple et un État. Il peut y avoir des États qui regroupent plusieurs peuples, et deviennent alors des Empires, mais une nation souveraine exigent qu’il y ait à la fois un peuple et des institutions, c’est à dire une organisation des pouvoirs dont le cadre juridictionnel devient la Nation. C’est ainsi que la France s’est dotée d’une Assemblée Nationale, d’un Sénat ou d’un Président de la République, dont le fonctionnement est décrit pas la Constitution.

On conçoit alors plus facilement que tout pouvoir qui voudrait s’étendre d’une façon « impériale » en coiffant par un pouvoir « supranational » des nations constituées ne puisse tolérer l’existence des ces États-nation qui apparaîtrait comme une « dualité de pouvoir ». Seulement, ce transfert de compétences, donc de pouvoir vers des régions possédant des particularismes soutenus n’est pas sans risque. Surtout lorsque les peuples de ces régions ont le sentiment de « payer pour les autres ». C’est tout le problème du fédéralisme qui veut imposer des règles communes à l’intérieur d’un périmètre dans lequel les disparités vont s’accentuant.

La Catalogne possède les attributs d’un « proto-État ». Son peuple possède une langue, une grammaire, une histoire et une culture. Ceux qui pensent que cette région s’en sortirait encore mieux si elle devenait indépendante de l’Espagne sont de plus en plus nombreux. C’était le risque ce cette régionalisation conduisant à la création de parlements régionaux qui ne demandent qu’à évoluer vers des parlements nationaux, quelle que soit la taille de la région d’origine. On comprend le scepticisme qui s’empare des dirigeants européens, partagés entre la satisfaction de voir leur projet de disparition des États-nation prospérer et leur inquiétude face aux conséquences d’un tel projet, conséquences qui n’ont probablement pas été appréhendées lors de sa mise en œuvre.

Or, les processus d’indépendance se sont rarement terminés pacifiquement. Les guerres d’indépendances ont jalonné l’histoire du monde et des peuples. Quelques fois, se sont des Empires qui se désintègrent, et les Nations qui les constituaient réapparaissent sans tarder, comme l’écrivait Hélène Carrère d’Encausse [1].

D’autres fois ce sont des provinces ou bien des régions qui choisissent de reprendre leur liberté, mais l’entité (État ou territoire) dont leurs habitants souhaitent se détacher y voit, de son côté, une perte de souveraineté et de pouvoir, sans parler d’un éventuel aspect économique. Il serait intéressant, de ce point de vue, de savoir ce que pense le Département d’État américain au sujet de la Catalogne.

Le rapport de forces devient alors déterminant et la probabilité de guerre civile augmente d’une façon considérable. Les marges de négociation, souvent faibles au départ, deviennent inexistantes lorsque les esprits de « radicalisent » (pour reprendre un terme actuel) Une fois engagé, nul ne peut prédire l’issue d’une telle confrontation, chacun arguant de son « bon droit ». L’intangibilité des frontières nationales se heurte ainsi au droit des Peuples « à disposer d’eux-mêmes ».

Ainsi, l’Europe bâtie sur un rêve de paix il y a presque 70 ans risque de se trouver à l’origine d’un conflit en raison de l’ambigüité de sa politique visant à faire émerger les régions inpirées par le modèle des Landers allemands au détriment des États-nation appelés à se fondre dans un État supra-national et fédéral. Ce retour vers une sorte de « Saint Empire Romain-Germanique » est très inquiétant, particulièrement lorsque l’éventualité d’un « choc de civilisations » ne peut-être totalement exclue.

Alors le vieux proverbe : « Qui sème le vent récolte la tempête » risque de s’imposer dans toute sa rigueur dans l’avenir.

Jean Goychman
08/10/2017

[1] L’Empire éclaté (éd. Flammarion, 1978) http://www.persee.fr/doc/pop_0032-4663_1979_num_34_6_18177



 

 

LE XXIème SIÈCLE, OU LA DÉFAITE DE L’INTELLIGENCE
(Alexis Céron)

Le XXIème siècle consacre officiellement la défaite de l’intelligence : le syllogisme l’emporte sur le raisonnement et le slogan sur la pensée.

Cet article de L’Obs en est la plus parfaite démonstration.

Point de départ : deux photos sur le compte Facebook d’une sénatrice FN montrant côte à côte deux photos, l’une prise à Paris au XXIe siècle et l’autre en 1940.

Capture d’écran du Facebook de Claudine Kauffmann

À peine compare-t-on deux situations, que les MAPCIF (Maîtres À Penser Comme Il Faut) sautent à pieds joints sur une interprétation biaisée du fait des mots qui déforment le message initial.

La comparaison avec l’Occupation est évidente, et elle est est loin d’être inappropriée : occupation physique, multiplication des attitudes dominatrices de gens reconnaissables et parlant une langue étrangère, soumission des autorités à la loi de l’occupant, législation de circonstance, milices, censure, collabos…

Bref, quelque chose qui évoque les heures « les plus sombres de notre histoire » comme disent les bêlants répétant ce que disent les rugissants quoique, pour être franc, les heures La Fayette, Philippe-Égalité, Condorcet, Robespierre et consorts (pour piocher quelques noms au hasard) n’étaient pas tristes non plus côté « les heures les plus sombres de notre histoire ». Mais, bêlation oblige, ayant été baptisées « heures de lumières », la police de la pensée doit s’assurer que l’on s’extasie devant ces grands moments de fierté nationale que fut « l’after » du serment du Jeu de Paume.

Là où commence le travail des faussaires c’est dans le glissement de la situation aux mots. Rappelons que l’Occupation, c’est le constat d’une présence pour le moins lourde de conséquences de très nombreux Allemands en France et que le nazisme est un problème interne à l’Allemagne. Certes les Allemands sont aujourd’hui nos meilleurs amis, mais quand on réécrit l’histoire avec les armées nazies, les troupes nazies, les mégastructures nazies comme le font régulièrement les chaînes « Planète + » et « Nat Geo », c’est de la falsification crétinisante pure malgré la qualité documentaire servie par ailleurs.

L’Obs (contraction de « L’Obsédé ») voit des nazis partout. Le FN, c’est des nazis et quand la dame Kauffmann − sénatrice FN − ose souligner le caractère un peu voyant de l’occupation migratoire de la France, voire le dénoncer, cela revient pour L’Obs à traiter les « nombreux venus » de nazis. Pas même d’Allemands. Car, toujours dans le camouflage verbal ambiant, ce ne sont pas les Allemands qui ont emmerdé le monde de 1938 et 1945, ce sont les nazis. Des extraterrestres apatrides, ces nazis provenant d’une planète au nom inconnu mais revendiquant haut et fort un nationalisme, une nationalité et une nation (ainsi qu’un peuple et un chef) !

Quant à L’Obs, sa filiation intellectuelle avec l’excellent Dr Goebbels n’a évidemment rien à voir avec les nazis, naturellement.

Il faut cependant souligner que la comparaison avec les nazis est idiote. C’est du reste L’Obs qui la fait sous couvert de relater une « polémique » qu’en réalité il travaille à déclencher : d’une part parce que le mot nazi est inapproprié pour ce qui est de l’occupation ALLEMANDE et d’autre part parce que l’occupation « nazie » en question a été de relativement courte durée : au bout de cinq ans, non seulement c’était terminé, mais tous ceux qui étaient soupçonnés de fricoter avec l’occupant ont eu de sérieux ennuis.

Rien de tel aujourd’hui, au contraire. Tout cela a même un petit air de station thermale (on hésite entre Vichy et Évian). Et pour ce qui est de la durée, personne ne peut raisonnablement penser que les choses redeviendront ce qu’elles étaient… avant.

Enfin, tout le monde sait que les nazis étaient radicalement antisémites. Peut-être L’Obs ne tardera-t-il pas à accuser la dame Kauffmann de négationnisme, car rien ne permet de soupçonner quoique ce soit de tels chez les « nombreux venus ». Les gens comme ça, ça ose tout. Comme les nazis, du reste.

Évidemment, si la sénatrice Kauffmann a voulu dire que la France était partie pour en prendre pour mille ans, L’Obs aurait peut-être quelque bonne raison d’écrire ce qu’il écrit, mais ceci est une autre histoire. La juxtaposition des deux photos voulait dire quelque chose que L’Obs a compris sans pouvoir le traduire autrement qu’à travers sa pauvreté de vocabulaire habituelle.

Petit conseil à ceux qui ont le sentiment que la France est occupée : mieux vaut dire qu’on se croirait pendant la guerre de Cent ans. Comme ça personne n’accusera personne de comparer les migrants aux nazis. L’Obs écrira alors qu’on compare les migrants aux Anglais et tout le monde sera tranquille. Mais attention, pour mettre le feu aux poudres, L’Obs serait tout à fait capable d’écrire qu’on a traité les migrants de cochons d’Anglais. Et là, ce serait le début d’une sorte d’Anschluss, car jamais « l’État Islamique » ne permettrait qu’on dise une chose pareille !

Alexis Céron



 

L’INDÉPENDANCE DE LA CATALOGNE : UNE UTOPIE GAUCHISTE
(L’Imprécateur)

La Catalogne, ce sont 6% du territoire espagnol, 16% de la population, 19% du PIB, 21% des impôts payés mais 11% seulement des investissements publics. Les Catalans voient dans ces chiffres, nous dit la presse, une profonde injustice et le signe du mépris des Espagnols, d’où leur révolte. L’argument n’est pas le bon, car les Catalans ne sont pas stupides au point de ne pas comprendre qu’étant en moyenne un peu plus riches que les autres habitants de l’Espagne, il est juste qu’ils aient à payer un peu plus d’impôts.

L’Ile-de-France pourrait en dire autant. Pourquoi, après tout, les Franciliens paient-ils pour la Corse, la Corrèze, Mayotte ou les Antilles ? Cela s’appelle « solidarité nationale ». Les Catalans peuvent le comprendre. La vérité est ailleurs et ne plait pas à tout ce qui est européen, à plus forte raison, comme Macron, mondialiste : les Catalans ont une forte identité culturelle, pour ne pas dire ethnique, et un nationalisme aigu. La question est de savoir si ce nationalisme est justifié.

La Catalogne, comme la Corse, n’a jamais été indépendante. Elle a été romaine, puis wisigothe quand en 415 Barcelone fut déclarée capitale du royaume wisigoth. Musulmane (Al Andalus) pendant près d’un siècle, jusqu’à ce que les troupes franques de Charlemagne chassent les colons arabo-musulmans, puis carolingienne, donc française. Ce sont des Wisigoths francisés qui en se partageant l’empire carolingien l’ont créée.

Armes de Guilfred-le-Chevelu, premier Comte de Barcelone. On reconnait le drapeau catalan sur son écu.

Le 11 septembre 878, le Concile de Troyes a attribué la partie espagnole de la Catalogne au wisigoth Guilfred-le-Velu, le faisant Comte de Barcelone. Il est devenu par la suite Roi d’Aragon. La partie française allant grosso modo d’Andorre à Nîmes, a été attribuée à d’autres nobles, ainsi que Valence et les Baléares.

On voit que la Catalogne, identifiée en réalité non par son histoire mais par son hérédité, sa culture et le parler Oc est beaucoup plus vaste que la seule « Cataluña » espagnole qui revendique aujourd’hui son indépendance. Et cela inquiète les dirigeants européens. Si la Catalogne espagnole devenait indépendante, les autres régions de France et d’Europe parlant le catalan (en Principauté d’Andorre la langue officielle est le catalan) demanderaient-elles leur rattachement à Cataluña ? Déjà, « Catalunya Nord » a obtenu une première forme de reconnaissance officielle le 10 décembre 2007 quand a été approuvée une « Charte en Faveur du Catalan » qui déclare en préambule que « la langue catalane, née il y a plus de mille ans, constitue un des piliers de notre identité, du patrimoine et de la richesse du département des Pyrénées-Orientales ».

Andorre est très satisfaite de son statut actuel partagé entre l’Espagne et la France.  Elle lui donne une réelle indépendance de fait, et je ne pense pas que le Roussillon (de Perpignan à Nîmes) envisage de quitter la France, même si l’on y trouve quelques mouvements nationalistes catalans.

Le violent mouvement indépendantiste actuel a été relancé en 2003 par la coalition de gauche PSC-ERC-ICV. « Partit des Socialistes de Catalunya », « Esquerra Republicana de Catalunya » (Gauche républicaine), « Iniciativa per Catalunya Verde » (Initiative pour une Catalogne verte, ex parti communiste PSUC). Ce qui explique sans doute l’adoration sans borne que lui portent nos médias nationaux qui, il faut en convenir, on réussit une remarquable manœuvre médiatique en faisant mousser l’émotion avec les « violences policières » en réalité beaucoup moins violentes qu’ils ne les présentent. Ils ont beaucoup de réticences à faire témoigner des Catalans pourtant majoritaires, favorables au maintien dans la nation espagnole. Il est clair qu’il y a eu dans la presse européenne, et notamment française, des tentatives de manipulation de l’opinion par les images d’affrontements.

Car, il faut le savoir, si toutes les consultations et « referendums » organisés par les partis indépendantistes de gauche ont obtenu des scores allant de 85 à 95% de « oc » (oui en catalan), aucune consultation électorale catalane ouverte à tous ne leur a donné la majorité, même s’ils l’ont frôlée une fois, le 27 septembre 2015, où ils ont obtenu un succès mitigé avec les 47,8% des votants grâce à une assez forte abstention de la droite. Un succès à la Macron qui leur a permis de placer leurs hommes politiques à la tête du gouvernement local.

La force déployée par le gouvernement Rajoy avec l’approbation écrasante de la presse et de la population espagnole est donc parfaitement légitime et les gouvernement européens l’approuvent (même Macron a envoyé un message de soutien à Rajoy), surtout ceux des pays de l’Est européen qui savent à quoi s’en tenir sur le caractère nocif pour les peuples du socialisme et du communisme.

Une indépendance de Cataluña pourrait entrainer de sérieux troubles en Europe pouvant aboutir à son implosion. En effet, plusieurs régions manifestent des velléités indépendantistes qui pourraient y trouver un prétexte à relancer des actions violentes. Oublions les indépendances passées, scission Suède-Norvège, Moldavie, Tchékie-Slovaquie, Slovénie, Ukraine, Kosovo, etc. Sans oublier cependant que celle du Kosovo a été voulue et organisée par les États-Unis et l’OTAN pour déstabiliser la Serbie et créer un état albano-maffieux mais surtout musulman au cœur de l’Europe. On constate que la presse de ces régions est plutôt favorable à l’indépendance catalane. La Pravda slovaque, dont il est inutile de dire qu’elle est très à gauche, écrit : « Il ne serait pas moral de critiquer l’aspiration d’un autre peuple à l’accomplissement de ses droits souverains ».

Voyons les velléités d’indépendances actuelles

Irlande du Nord et Écosse: « Soyons clairs : si la Catalogne et l’Écosse partent, cela donnera un nouveau souffle aux sentiments nationalistes en Irlande du Nord  » − Belfast Newsletter.

Mais aussi Flandre, Lombardie, Venise, Pays de Galles, Pays Basque, Corse, « Communauté valencienne », région de Murcie (comarque murcienne de el Carche), Alghero en Sardaigne où la langue officielle est le catalan, Baléares, etc. Où « pour le moment », les indépendances sont en sourdine ou quasiment éteintes comme en Bretagne ou en Alsace germanophone.

L’hebdomadaire Slovène Mladina trouve même qu’il y a quelque chose de pervers dans le fait que l’Union Européenne ait favorisé l’indépendance du Kosovo qui n’avait pas tous les atouts que possède la Catalogne : « Cela signifie-t-il que la communauté internationale doit attendre qu’une guerre éclate en Catalogne pour réagir ? »

Pour le moment elle attend de voir comment va réagir le gouvernement espagnol à la dernière provocation du leader indépendantiste Carles Puigdemont qui annonce une « déclaration d’indépendance dans les prochains jours ». Il est peu probable que le premier ministre Rajoy cède. Il a l’ensemble de la presse espagnole derrière lui et environ 80% des Espagnols. El Mundo écrit “il n’est plus temps de contenir l’insurrection ni d’envoyer d’aimables invitations au dialogue face à un groupe de dirigeants putschistes qui, sans aucun doute, vont maintenir leur volonté séditieuse dans les prochains jours. […] Le gouvernement ne peut plus perdre une minute, et sa main ne doit pas trembler au moment de faire face, avec la loi de son côté, à la félonie de l’indépendantisme. »

Plus rassurant pour lui, il a la quasi totalité des dirigeants européens pour le soutenir. Surtout, il sait que la majorité du peuple catalan ne veut pas de l’indépendance, comme en a témoigné récemment l’accueil enthousiaste qu’il a réservé au Roi Felipe de Bourbon, et à la Reine Letizia son épouse, à Barcelone après l’attentat récent. De même que la majorité des partis politiques catalans, même ceux de gauche, comme le Parti des Socialistes de Catalogne (PSC) qui a changé d’avis depuis 2003, Citoyens-Parti de la Citoyenneté (C’S) et le Parti de libération nationale (PLN). Quant à l’Europe, elle ne peut pas cautionner ce qui ressemble fort à un coup d’état indépendantiste dans un pays où la Constitution démocratique prévoit une procédure pour négocier une évolution du statut des provinces.

L’Imprécateur



 

PASSE D’ARMES À L’ONU
Jean Goychmann

On nous avait vendu la réunion de l’ONU du 19 septembre comme un acte fondamental qui allait ramener le président Trump vers les rives tranquilles d’une histoire paisible « en marche » vers la mondialisation heureuse. Notre président devait faire un de ces discours qui influencent la pensée jusqu’aux confins de l’Univers, tranchant ainsi avec le côté habituellement boutiquier des autres intervenants.


Donald Trump

S’exprimant en premier, Donald Trump, déjouant tous les pronostics d’une sphère médiatique mainstream qui s’emploie depuis son élection à la faire passer pour loufoque, a rappelé les fondamentaux sur lesquels l’ONU a été créée. Parmi ceux-ci, il en dégage un qu’il considère comme la colonne vertébrale de cette organisation du monde futur et qui est celui de la souveraineté des nations[1]

C’est là où ça commence à croustiller car jusqu’à présent, la souveraineté des nations était un peu mise sous étouffoir. Depuis l’envol du grand mouvement libéraliste de l’après-guerre, on avait plutôt assisté à une diminution progressive de cette souveraineté, qui se manifestait sous différentes formes. Le libre-échange généralisé, notamment, avait pour effet primaire la disparition des frontières, vues comme des « barrières ». Les monnaies, de moins en moins nombreuses, mais de plus en plus uniques amputaient les nations d’un attribut essentiel de la souveraineté : celui de battre monnaie. Les traités de commerce internationaux, voire intercontinentaux, mettaient directement sur le billot la souveraineté des nations en les soumettant, en cas de différent commercial, à la loi des tribunaux arbitraux financés par les multi-nationales.

Ainsi donc, en quelques phrases, Donald Trump plante le décor. Bien sûr, les médias de l’oligarchie mondialiste n’ont retenu que les points qu’ils voulaient rendre saillants comme l’anéantissement complet de la Corée du Nord si celle-ci passait à « l’offensive contre les États-Unis ou leurs alliés » alors que la véritable portée de ce discours va à contre-courant de ce qui se fait depuis au moins quatre décennies, voire plus, en matière de régression des souverainetés populaires.


Emmanuel Macron

Ne pouvant que s’opposer à Donald Trump, Emmanuel Macron n’avait d’autre choix que de prendre le contre-pied [2] au risque de passer pour un mondialiste invétéré. Il faut dire que, de ce côté-là, le suspens n’était pas torride. Jusqu’à présent, ce débat avait été totalement occulté dans l’enceinte de l’ONU. Même si, très progressivement et dans un processus cher aux sociétés fabiennes, le Deep State américain avait petit à petit fait évoluer le souverainisme de base vers un mondialisme de fait, personne ne s’y était opposé aussi clairement. Emmanuel Macron, en digne héritier de la ligne définie par les think-tanks qui l’ont toujours soutenu, se devait de réaffirmer les propos qu’il avait tenu à Athènes quelques jours auparavant. Sa vision de l’Europe est supranationale et sa vision du monde pratiquement contraire en tous points à celle de Donald Trump.


Nous avons dans cet échange l’évidence qu’il existe, au plus haut niveau des instances planétaires, un véritable clivage entre deux visions radicalement différentes de notre futur. Emmanuel Macron soutient une sorte de classicisme né de l’idée que le monde ne pouvait que se globaliser et que, naturellement. Il faudrait pour le gouverner (ou plutôt pour l’arbitrer) une sorte d’instance supérieure que d’aucun appellent « un gouvernement mondial ». Ses membres ne seraient pas élus − comment le faire au niveau mondial ? − mais nommés ou désignés, un peu comme les membres de la Commission Européenne, au terme d’un processus duquel les citoyens, donc les peuples, seraient tenus à l’écart.

En ce sens, Emmanuel Macron reprend les idées d’une transitivité démocratique décrite par Pascal Lamy lorsqu’il était président de l’OMC [3].

En revenant ainsi aux sources, Donald Trump pourfend les idées néolibérales et revient sur une conception du monde analogue à celle que de Gaulle avait de « l’Europe des patries et des nations » en rappelant que « les seules réalités internationales, ce sont les nations ». Face à cela, Emmanuel Macron semble un peu dépourvu et tient le discours de la “générosité” et de “l’émotion” que doivent susciter ceux qu’il décrit comme les « sans-voix » et qu’il veut représenter.

Pour mieux faire passer Donald Trump pour un belliciste (« le nationalisme c’est la guerre ») il se pose en partisan de la diplomatie et substitue au mondialisme le multilatéralisme, voulant incarner ainsi l’image de la paix. De ce qu’on peut juger au travers de la presse et des médias internationaux, son discours devant l’assemblée générale de l’ONU est plus d’un intérêt national qu’international et son opposition à Donald Trump peut ne pas être très fédératrice, même sur un plan européen…


Donald Trump et le Deep State

Enfin, une question mérite d’être posée. Parmi les nombreuses interrogations dues la personnalité de Donald Trump, il en est une qui prévaut dans les milieux politiques : est-il ou non mis en place, comme certains de ses prédécesseurs à la Maison Blanche, par l’État Profond américain ? [4]

Nous avons maintenant un élément de réponse qui, sans être déterminant, semblerait indiquer que « non », ce qui lui conférerait incontestablement une certaine indépendance. De cette indépendance d’esprit pourrait résulter un changement radical dans les perspectives d’évolution de notre monde, qui serait probablement soutenu par les partisans de la souveraineté des peuples et des nations. Et peut-être pourrions-nous rêver d’une réactualisation de la Charte de la Havane [5], puissant facteur des rééquilibrages monétaires qui paraissent aujourd’hui indispensables.

Jean Goychman
21/09/2017

[1] https://jssnews.com/2017/09/19/discours-integral-et-en-francais-de-donald-trump-a-lonu-voici-la-raison-detre-des-nations-unies/
[2] http://www.lemonde.fr/international/article/2017/09/19/a-la-tribune-de-l-onu-emmanuel-macron-se-pose-en-anti-trump_5188032_3210.html
[3] « Circus Politicus » (éd. Albin Michel) par Christophe Deloire et Christophe Dubois – p. 91.
[4] http://www.minurne.org/?p=11198
[5] https://www.universalis.fr/encyclopedie/charte-de-la-havane/