L’ÉTAT PROFOND AMÉRICAIN – “THE DEEP STATE” (II)


1ère partie : L’ÉROSION DE LA DÉMOCRATIE
(cliquez sur le lien ci-dessus)


2nde partie : LA FINANCE FACE À LA DÉMOCRATIE

Dans la première partie, nous avons suivi l’évolution d’une démarche inspirée par les circonstances historiques et adaptée aux évènements qui se produisaient. Partant d’une nécessité « opérationnelle » pour assurer la continuité de l’exécutif en cas d’attaque nucléaire sur Washington dans les années 50, nous sommes arrivés à une prise du pouvoir par le gouvernement de l’ombre en 2001. J’ai relaté les évènements qui se sont enchaînés, mais la démarche n’aurait cependant pu aboutir si les gens qui ont construit cet État Profond n’avaient pas eu les ressources financières, médiatiques et politiques pour le faire.

Remontons à l’entrée dans la guerre des États-Unis

Le « programme Manhattan » (bombe nucléaire) posait un problème de faisabilité et de financement. Ultra-secret, rien ne devait paraître de ce projet, et en particulier les sommes énormes qui lui étaient nécessaires ne devaient pas figurer dans le budget public. Un certain nombre d’entreprises dans les secteurs de la chimie, des matériaux ou de l’énergie furent ainsi sollicitées, à la fois pour leurs spécialistes mais aussi pour leur contribution financière à ce projet. Ce fut le cas de Dupont de Nemours, Standart Oil ou Monsanto, notamment, ainsi que quelques autres, qui contribuèrent à faire des États-Unis de 1945 la première puissance militaire du monde. Même si ces entreprises avaient, pour la plupart, fourni gratuitement capitaux et spécialistes, elles espéraient évidemment des retours considérables.

Amorcé dès la première guerre mondiale, le programme d’armement des États-Unis fut brutalement arrêté dès l’armistice de 1918. La politique « isolationniste » poursuivie jusqu’en 1941 n’allait pas dans le sens d’une reprise. Cependant, il y eut de nombreuses anticipations d’une éventuelle reprise de programmes militaires, notamment aéronautiques (DC3 en 1930, B17 en 1935) mais les tanks et l’artillerie étaient délaissés. Cependant, dès 1940, Roosevelt créé la NDAC (National Defense Advisory Commission) qui servit à la transition industrielle vers la production de guerre. William Knutsen, PDG de la General Motors, fit partie de ces industriels, comme un certain nombre d’autres sur lesquels Roosevelt s’était appuyè pour le « New Deal ».

Cette commission fut complétée par l’OSRD (Office for Scientific Research Development) plus précisément en charge de l’étude d’armes nouvelles, nucléaires inclues. Le commerce ne perdant pas ses droits, la loi Lend Lease fut promulguée, permettant de fournir des armes aux pays amis, avec un paiement différé. Enfin, c’est le 27 mai 1941 que Roosevelt commença à orienter l’opinion publique en annonçant au peuple américain qu’il va devoir faire face à un « état d’urgence permanent », préfigurant l’entrée en guerre le 7 décembre 1941 après l’attaque japonaise de Pearl Harbour.

Sans revenir sur les opérations militaires qui menèrent à la fin de la deuxième guerre mondiale, en Europe comme dans le Pacifique, constatons simplement que celle-ci consacra l’ère de la puissance incontestée des États-Unis. Ce vaste lobby militaro-industriel que la guerre avait créé n’allait évidemment pas en rester là, après un tel succès. Groupe le plus puissant installé dans le pays le plus puissant au monde, il lui fallait simplement continuer à influencer pour son profit la politique américaine.

Ayant réalisé d’énormes profits [1], ce qu’on commençait à appeler « le complexe militaro-industriel » associé aux grandes banques du Nouveau Monde, n’avait aucunement l’intention d’en rester là. Le problème, érat qu’il n’y avait plus d’ennemi à combattre, ou, du moins, le seul qui aurait pu s’opposer à la toute puissance américaine, pouvait, en cas de conflit militaire direct, provoquer de tels dommages, tant sur le plan matériel qu’humain, que le « jeu n’en valait pas la chandelle ».

Une autre direction d’affrontement présentant presque les mêmes avantages fut alors choisie. Ainsi se mit en place, après les tensions du blocus de Berlin, une double stratégie : celle de la guerre froide avec l’URSS et celle de son isolement. Cela ne fit pas l’unanimité à l’intérieur du groupe, qui, entre temps, avait solidement installé certains de ses représentants à la Maison Blanche. L’URSS, de son côté, entra dans la course aux armements, ce qui donna de l’eau au moulin du lobby militaro-industriel pour réclamer sans cesse plus de moyens financiers.

C’est la nécessité de trouver ces financements qui a permis à ce lobby de faire entrer les banquiers dans le jeu.

L’augmentation des budgets militaires américains, rendue nécessaire aux yeux des citoyens pour une meilleure défense, obligeait le Trésor américain à emprunter des sommes colossales année après année. La Réserve Fédérale imprimait les dollars sur lesquels elle prélevait, en tant que banque privée, un intérêt annuel dont elle fixait le taux. Mais ceci ne concernait toutefois que la partie « visible » du budget de la défense. Certaines opérations devaient rester totalement invisibles et devaient trouver d’autres sources.

Le point de transition entre le complexe militaro industriel et l’État Profond se trouve là.

Revenons un bref instant sur le discours d’Eisenhower

[déjà évoqué dans la 1ère partie]

« Dans les conseils du gouvernement, nous devons prendre garde à l’acquisition d’une influence illégitime, qu’elle soit recherchée ou non, par le complexe militaro-industriel. Le risque d’un développement désastreux d’un pouvoir usurpé existe et persistera. » [2]

Cette influence se fera sentir en s’accentuant au fil du temps.

Dans la première partie, nous avons vu comment les troubles fomentés en Iran par la CIA pour installer une République Islamique dans le cadre de la « guerre froide » a conduit à la non-réelection de Carter en 1979. Un des éléments qui lui interdisait de briguer un second mandat était qu’il n’avait pas réussi à faire libérer les otages de l’ambassade US à Téhéran.

Cette libération avait fait l’objet d’une négociation secrète menée par la CIA avec les iraniens, au terme de laquelle un accord « otages conte armes » avait été conclu. Le financement de ces armes était un processus complexe de prêts bancaires. Peter Dale Scott écrit [3] que « le Président, n’avait aucun pouvoir légal pour imposer des règlements de prêts. Tout comme l’Iran, il pouvait seulement négocier avec les banques, et non leur dicter quoi faire. Les banques, et en particulier la Chase Manhattan Bank de Rockefeller, disposaient ainsi du pouvoir de déterminer quand les otages seraient libérés ».

De fait, ils ne furent libérés qu’après l’élection de Ronald Reagan. L’État Profond avait donc réussi à s’implanter au cœur même de la Maison Blanche. La politique américaine envers l’URSS devint beaucoup plus offensive. Carter, membre de la Commission Trilatérale, était un « pacifiste » partisan d’un monde « globalisé et pacifié » né de la coexistence de « sphères de coprospérité » naturellement articulé autour de l’économie américaine. Il avait mené à bien en 1978 les « Accords de Camp David » [4]

L’entourage de Reagan était beaucoup plus « guerrier » et planifiait la fin de « l’Empire du Mal » Deux axes différents furent choisis dans ce but : le premier consistait à attirer l’URSS en Afghanistan, le second visait à déstabiliser de l’intérieur un certain nombre des petites républiques musulmanes via des agitateurs islamistes. Il faut noter que ce plan avait été élaboré alors que Carter était encore à la Maison Blanche par Sbignew Brzezinski, qui lui survécut en tant que Conseiller à la Sécurité. En 1971, Anouar el-Saddate avait fait libérer plusieurs milliers de « frères musulmans » Ces frères musulmans, recensés dans une liste appelée « al-Qaida » furent utilisés pour ces opérations de guérilla en Afghanistan et de déstabilisation en URSS. De là naquit ce qu’on appelle aujourd’hui le « terrorisme islamique » mais ceci est une autre histoire.

Rappelons simplement les propos de Brzezinski publiés par Le Nouvel Observateur à ce propos :

« Regretter quoi ? L’opération secrète était une excellente idée. Elle attira les Russes dans le piège afghan et vous voudriez que je le regrette ? »

Le Nouvel Observateur − Et n’avez-vous pas non plus de regrets d’avoir soutenu le fondamentalisme islamique, qui a donné des armes et des conseils aux futurs terroristes ?

Brzezinski − Qu’est-ce qui est le plus important dans l’histoire du monde ? L’existence des talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques islamistes surexcités ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ?

Alors, on peut se demander ce que devient la Démocratie dans tout çà Quand le peuple américain s’est-il prononcé, directement ou au travers de ses représentants, pour donner son avis sur la politique étrangère des États-Unis ? Ses manifestations et les prises de position de certains sénateurs avaient conduit Nixon à l’arrêt de la guerre du Viet Nam en 1973, mais depuis ?

Cet État Profond dispose de tous les pouvoirs et en particulier de celui de l’argent, « qu’il ne tient qu’à eux d’émettre » comme le disait de Gaulle [5]. Avec la finance, on peut s’assurer le contrôle de l’information au moyen des médias et on peut également financer directement ou indirectement certaines opérations destinées à effrayer les opinions publiques, les forçant ainsi à accepter jour après jour « un peu moins de liberté pour un peu plus de sécurité »

Pour cela, le terrorisme est un instrument redoutable. Son investissement de base est pratiquement négligeable en regard des bénéfices tirés, de ce strict point de vue. Quel est le chiffre d’affaire mondial réalisé aujourd’hui par les mesures de sécurité anti-terroristes alors qu’il était pratiquement nul en 2000 ? Combien de lois et de règlements liberticides, donc inacceptables dans une véritable démocratie, ont-ils été promulgués ces dernières années ? Nous avons fini par admettre que, dans beaucoup de pays du monde, y compris le nôtre, pouvaient coexister un « pouvoir légal apparent » issu d’élections populaires et un « pouvoir de l’ombre » non élu, mais beaucoup plus puissant.

Mais peut-être sommes-nous, notamment depuis l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, en train d’assister à une reconquête du pouvoir légal, celui qui provient de l’élection… Peut-être pouvons-nous encore espérer que le mot démocratie reprendra le sens que lui donnait Tocqueville…

L’avenir le dira.

Jean Goychman
29/06/2017

 

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Complexe_militaro-industriel_des_%C3%89tats-Unis
[2] Extrait du discours de fin de mandat du président Eisenhower, 17 janvier 1961.
[3] La Route vers le Nouveau Désordre Mondial (Peter Dale Scott Éd. Demi-Lune ; juin 2013).
[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Camp_David.
[5] https://www.youtube.com/watch?v=8IiAq4iz4u.



 

 

L’ÉTAT PROFOND AMÉRICAIN – “THE DEEP STATE” (I)


1ère partie : L’ÉROSION DE LA DÉMOCRATIE

 

Fondé à la fin du XVIIIème siècle, à l’issue d’une guerre d’indépendance, l’État américain, regroupant un certain nombre d’États fédérés autour d’une même constitution, était une sorte de modèle démocratique dont le reste du monde pouvait s’inspirer. Alexis de Tocqueville – auteur le La Démocratie en Amérique – avait analysé les écrits des premiers présidents américains et conclu qu’une démocratie devait à la fois répondre à l’étymologie (gouvernement du peuple) et au caractère social (égalité des citoyens devant la loi). En découlait directement la séparation des pouvoirs et l’élection du Président, chef de l’exécutif, au suffrage universel.

L’ancien diplomate canadien Peter Dale Scott a consacré plusieurs ouvrages à l’évolution lente de la démocratie américaine vers une sorte de « pouvoir de l’ombre » qui finit par échapper à tout contrôle institutionnel, instaurant ainsi ce qui finit par s’apparenter à une sorte de dictature.

Le premier indice important se trouve dans une observation adressée par Franklin D. Roosevelt au “colonel” House :

« La vérité n’est, comme vous et moi le savons, qu’une composante financière qui s’est emparée du gouvernement depuis l’époque d’Andrew Jackson » [1]

Roosevelt faisait ainsi une allusion directe au rôle joué par les grandes banques américaines lors de la réunion secrète tenue à Jekyll Island (Géorgie) en décembre 1910 qui allait permettre la création de la Réserve Fédérale en 1913. [2]

Nous reviendrons dans un prochain article sur le rôle des puissances financières et le contrôle qu’elles exercent sur l’État fédéral américain. Les prémisses de cet « État Profond » sont enracinées dans leur brève histoire. Dès leur naissance, les États-Unis étaient traversés par deux pensées antagonistes : l’ouverture sur le monde et un instinct de domination répressive à l’encontre de leurs opposants, quelques soient leurs griefs. On peut dire que chaque grand évènement de l’histoire de cette nation (guerre d’indépendance, de sécession ou contre les Indiens) atteste de ce double caractère.

On entend souvent parler de la COG (Continuity Of Government) mais elle est mal définie. D’après les recherches que j’ai pu effectuer, ce concept remonte à 1949 avec l’explosion de la première bombe atomique soviétique. Pour la première fois, il apparaissait possible que la totalité du gouvernement puisse disparaître en cas d’attaque sur Washington. D’où ce programme destiné à assurer la continuité du commandement. Toutefois, nombre d’opérations durant la deuxième guerre mondiale étaient couvertes par un secret indispensable et ne pouvaient être exposées au grand jour. La COG s’inscrivait dans le même principe. Dénommé au début « projet jugement dernier » c’est sous Reagan que le terme COG fut consacré.

Le conflit entre le respect de la démocratie garantie par la constitution et la sécurité des citoyens apparaît comme latent. En cas de mise en œuvre de la COG, qui va exercer le pouvoir ? Cette situation correspond à celle d’une attaque avérée, mais les hommes qui vont exercer le pouvoir sont évidemment recrutés à l’avance, et ils ne sont pas élus. On voit poindre la difficulté car le lien entre le peuple et celui ou ceux à qui il a confié sa destinée est rompu.

Il n’échappera à personne que cette « continuité » dans la conduite des affaires de l’État exige une proximité évidente entre ceux qui exercent légalement le pouvoir – c’est-à-dire ceux qui ont reçu l’onction démocratique – et ceux qui pourraient être amenés à l’exercer si les circonstances l’exigeaient. Les mandats électifs sont toujours d’une durée limitée, mais ce n’est pas le cas de ceux qui pourraient être amenés à les remplacer. Il y a dans la société américaine comme dans beaucoup d’autres, une sorte de dualité de pouvoirs qui pourrait se résumer à : « convaincre ou contraindre » ; la philosophe Anna Arendt parlait de « la persuasion par arguments » ou de « contrainte par la force » Le Ku-Klux-Klan est (simple exemple) directement issu de la seconde.

Le clivage entre ces deux formes préexistantes de pouvoir devait naturellement se retrouver entre les légaux et ceux de l’ombre. Le premier signe a été la création de la CIA (Central Intelligence Agency) dès 1947 [3] destinée à supplanter l’OSS (Office of Strategic Services). Ce dernier, créé à l’entrée en guerre des États-Unis, reprenait le rôle jusqu’alors dévolu au FBI, censé être sous le contrôle de l’Administration américaine. Le passage au statut d’agence de la CIA la mettait délibérément hors d’atteinte de ce contrôle. Cependant, sa mission devait s’exercer à l’international, donc à l’extérieur des frontières américaines. Mais ce pouvoir de l’ombre avait pris d’autres formes. Eisenhower avait commencé une lutte très inégale contre lui [4] et le dénonçait très clairement dans son dernier discours de janvier 1961, juste avant l’arrivée de Kennedy, et dont voici un extrait :

« Nous devons veiller à empêcher le complexe militaro-industriel d’acquérir une influence injustifiée dans les structures gouvernementales qu’il l’ait ou non consciemment cherchée. Nous nous trouvons devant un risque réel qui se maintiendra à l’avenir : qu’une concentration désastreuse de pouvoir en des mains dangereuses aille en s’affermissant. Nous devons veiller à ne jamais laisser le poids de cette association de pouvoirs mettre en danger nos libertés ou nos procédures démocratiques. Nous ne devons jamais rien considérer comme acquis. »

Le divorce entre la CIA et la Maison Blanche est consommé avec l’affaire de « la Baie des Cochons » à Cuba lorsque Kennedy refusa d’intervenir. Trois ans plus tard, le 12 novembre 1963, dix jours avant sa mort, le même Kennedy reprenait l’avertissement à son compte en disant :

« La direction du Bureau du Président a été utilisée pour fomenter un complot pour anéantir la liberté des Américains, et avant que je ne quitte le Bureau, je dois informer les citoyens de ces conditions. »

Ceux qui leur ont succédé, Johnson et Nixon, sont restés dans l’optique pacifique du désarmement, initialisé en octobre 1962 après l’affaire des « fusées de Cuba ». Ils se sont opposés ainsi à ceux qu’on allait bientôt désigner comme les « Faucons » par opposition aux « Colombes ». La transition s’est faite durant les mandats de Ford puis de Carter, lorsque les représentants de ce pouvoir de l’ombre ont commencé à saper ce que Reagan qualifiera ensuite comme « l’Empire du Mal ». Durant cette période le JCS (Joint Chief of Staff) ou Comité des Chefs d’État-major des armées, était favorable à une confrontation directe avec l’URSS. À la fin du mandat de Carter, l’État Profond avait pris le pas. Carter, en bon démocrate, s’était opposé à la venue du Shah d’Iran sur le sol américain, mais Rockefeller et Brezinski, deux hommes puissants de l’État Profond, lui forcèrent la main, entraînant la prise d’otages de l’ambassade US de Téhéran.

Puis vint l’élection de Reagan, marquant la fin de deux décennies de combat larvé pour le pouvoir entre la Maison Blanche et l’État Profond. C’est ce dernier qui avait gagné. Le champ devint alors libre pour le « consensus de Washington » [5] qui conduisit à la déréglementation généralisée des services privés et la privatisation des services publiques, dans l’optique de la doctrine néo-libérale de Milton Friedman et de l’École de Chicago.

Pour schématiser, les Faucons de l’État Profond avaient réussi à prendre le contrôle de « l’État apparent » au niveau des opérations extérieures. Il s’en suivit une politique beaucoup plus offensive contre l’URSS et notamment le « piège de l’Afghanistan » en 1980. 1981 fut probablement l’année de transition vers un nouvel ennemi qui, plus tard, se substituerait à l’Union Soviétique : le terrorisme islamique.

Vingt ans plus tard, les attentats du 11 septembre 2001 permettront à l’État Profond de faire passer sans coup férir le « Patriot Act » (toujours en vigueur) marquant ainsi le basculement vers un État plus sécuritaire pour la 1ère fois dans l’Histoire des États-Unis, le plan COG fut mis en œuvre.

Avant même que le dernier avion ne se soit écrasé en Pennsylvanie [6] George W. Bush fut tenu à l’écart de la Maison Blanche et Paul Wolfowitz et d’autres dirigeants furent évacués vers une base militaire proche de Camp David. Dick Cheney – qui avait travaillé pendant plus de vingt ans avec Donald Rumsfeld dans l’État Profond – s’enferma dans un bunker souterrain de la Maison Blanche avec une centaine de collaborateurs en vue de former le « gouvernement de l’ombre ». On notera que Cheney et Rumsfeld s’étaient exprimés en 2000 en se plaignant de la longueur de la mise en œuvre du processus « en l’absence d’un évènement catastrophique et catalyseur comme un nouveau Pearl Harbour ».

Nous connaissons la suite. Au travers de la « guerre contre le terrorisme » les pays du Moyen-Orient comme l’Afghanistan, l’Irak, la Lybie et plus récemment la Syrie, ont été déstabilisés et les actions terroristes se sont étendues dans le monde. On ne voit pas comment, dans l’état actuel des choses, cette guerre pourrait prendre fin.

2nde partie : LA FINANCE FACE À LA DÉMOCRATIE
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Jean Goychman
07/06/2017

[1] L’État Profond Américain – Peter Dale Scott (éd. La Demi-Lune) ; p. 46.
[2] Les Secrets de la Réserve Fédérale – Eustace Mullins (éd. Le Retour aux Sources).
[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Central_Intelligence_Agency
[4] http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/article-le-pouvoir-de-la-lumiere-face-a-l-ombre-89352516.html
[5] L’État Profond Américain – Peter Dale Scott ; p. 185.
[6] L’État Profond Américain – Peter Dale Scott ; pp. 76 & 276.