MACRON REMPLACE LES CHEFS MILITAIRES PAR DES ÉNARQUES INCOMPÉTENTS (général Pierre Lorenzi)

La Défense pilotée par des hauts fonctionnaires civils


LIBRE OPINION du général Pierre LORENZI
Posté le vendredi 20 octobre 2017


Le choix des gouvernements successifs de substituer aux officiers généraux des hauts fonctionnaires civils pour occuper des directions du ministère de la défense (ou des armées) et des postes interministériels à vocation stratégique ne répond à aucune nécessité et encore moins à une quelconque logique.

Il nous faut revenir sur un des faits marquants des débuts du quinquennat Macron. Exposées publiquement, le 13 juillet dernier, veille de la Fête Nationale, les remontrances du président de la république à l’encontre de l’ancien chef d’État-major des armées ont mis au grand jour la défiance croissante du politique à l’égard du militaire. Ce coup d’éclat fut une étape de plus dans la marginalisation des chefs militaires par les élites politico-administratives, à l’œuvre depuis plusieurs années au sein-même de l’appareil de défense et de sécurité français.

En déniant au CEMA (chef d’état major des Armées) le droit de « parler vrai » dans un cadre pourtant ad hoc – la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale – et de se prononcer sur les moyens effectifs de l’action militaire, le président de la République et ses communicants ont révélé leur méconnaissance de celle-ci, de sa complexité et des qualités requises pour préparer et conduire une armée.

Paradoxalement, au même moment, Emmanuel Macron invitait les officiers à concentrer leur action sur la réflexion stratégique, donnant l’illusion à son auditoire que ce volet crucial de la Défense demeurait du ressort entier des militaires. On en est loin : l’essentiel des postes y contribuant sont progressivement retirés des mains des officiers pour être discrètement redistribués à des hauts fonctionnaires civils, la plupart sortis de l’ENA.

Il s’agit alors de s’interroger sur la pertinence d’avoir confié la plupart des directions du ministère de la Défense et des postes interministériels à vocation stratégique à des personnels tous issus d’une seule et même grande école. Pour chacun de ces postes, et comme cela s’imposait naturellement par le passé, une dizaine d’officiers, forts des multiples aptitudes et de compétences développées tout au long de leurs carrières, pourrait pourtant légitimement être retenue.

Quelle motivation anime le politique qui fait fi de cette expérience, en parfaite adéquation avec la nature des postes à honorer ?

Quand les hauts fonctionnaires civils trustent la quasi-totalité des directions du ministère de la défense (des armées) et des postes interministériels à vocation stratégique.

La  qualité de l’administration civile française, la valeur de ses hauts fonctionnaires, issus pour un certain nombre de l’ENA et l’ouverture de la Défense à des savoir-faire originaux ne sont pas contestées. La Défense peut se sentir honorée de l’attrait de ces fonctionnaires civils pour la chose militaire. Mais cette tendance très nette à la substitution des personnels d’encadrement aboutissant peu à peu au monopole des personnels civils sur ces postes laisse perplexe quand on connait l’investissement de la Défense – et donc du contribuable français – dans la sélection et la formation permanente de ses  officiers généraux. Aller chercher ailleurs ce dont la Défense dispose largement en son sein, à un moment où les contraintes budgétaires sont sans cesse rappelées, répond-il à un besoin effectif ?

Pour illustrer ces propos, observons la distribution des rôles dans l’appareil de sécurité et de défense français et les parcours universitaires et professionnels de leurs détenteurs : président de la République : inspecteur des finances ; Premier ministre : conseiller d’État ; ministre des Armées : conseillère d’État ; Secrétaire Général de la Défense et de la Sécurité Nationale : conseiller maître à la Cour des Comptes ; éphémère prédécesseur du ministre des Armées, directeur des Affaires financières au ministère de la Défense, directeur du Service Historique de la Défense, directeur des Relations Internationales et de la Stratégie au ministère des Armées, directeur de la DGSE, responsable national du contre-terrorisme, coordinateur du renseignement auprès du Président : tous diplômés de l’ENA !

Sans compter le nombre considérable de conseillers, membres et directeurs de cabinets de ces dirigeants, et la diminution considérable du nombre de militaires dans le pilotage des derniers Livres blancs de la Défense, dont l’extension à la sécurité constitue là encore un prétexte supplémentaire à la marginalisation des militaires.

Plus largement, on peut s’étonner que le musée de l’air et de l’espace, à forte dimension militaire, ne soit plus dirigé par un officier général de l’armée de l’Air ou que la communication de la défense (DICOD) soit désormais pilotée exclusivement par des civils.

Pourquoi ne pas puiser dans le vivier des officiers généraux parfaitement aptes à occuper ces fonctions ?

Il fut un temps, pas si éloigné, où nombre de ces postes étaient naturellement et raisonnablement confiés à des officiers généraux parfaitement aptes à les occuper, disposant d’un avantage concurrentiel sur les technocrates, indéniable et inestimable : la connaissance de la réalité du terrain, des missions, des hommes, du commandement, des moyens nécessaires et enfin des risques assumés.

Les officiers français sont soumis à une formation permanente exceptionnelle et à une sélection particulièrement rigoureuse et originale, reposant non seulement sur un volet intellectuel mais également sur l’aptitude au commandement. Le grand public connaît les noms des prestigieuses écoles des trois armées mais peut-être ignore-t-il que les diplômes qui sont délivrés à leur issue ne sont que le commencement d’un très long processus professionnel pour tous ces jeunes officiers et non pas un couronnement ou un sésame à vie.

A cette première phase succède une quinzaine d’année à vocation essentiellement opérationnelle, souvent en Opérations Extérieures, au cours desquelles ces officiers se perfectionnent dans  leurs domaines de compétence et sont jugés en situation, sur leurs aptitudes au commandement et à la prise de responsabilités. Ils poursuivent d’ailleurs en parallèle une formation plus académique. Enfin et parmi ceux qui ont ainsi démontré leurs aptitudes tant intellectuelles qu’opérationnelles et au commandement, intervient une troisième sélection très dure et sur concours, celle de  l’École de Guerre. Ils y reçoivent une formation pluridisciplinaire, en particulier dans le domaine stratégique. A leur sortie, les officiers assument successivement des responsabilités en état-major et dans un cadre opérationnel. En outre, beaucoup cumulent ces qualifications avec des diplômes d’autres grandes écoles, et ont occupé des postes en ambassade, à l’OTAN ou en échange avec des unités à l’étranger. Certains enfin sont auditeurs à l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale (IHEDN) et au Centre des Hautes Études Militaires (CHEM).

Nombre d’administrations pourraient s’inspirer avec bénéfice de ce modèle à trois temps où rien n’est jamais complètement acquis, qui sélectionne les hauts potentiels à mi- parcours des carrières et non pas à l’âge de 25 ans, et qui offre une remise à niveau intellectuelle à ceux qui aspirent aux plus hauts postes d’encadrement.

Ce constat soulève plusieurs questions

Quel sens donner au thème si cher aux dirigeants français, celui de la « diversité  » ? Ce slogan mis en avant à la moindre occasion par le politique semble être employé avec le plus grand pragmatisme et devoir s’arrêter là où l’intérêt d’une nouvelle oligarchie commence.

L’exécutif entend-il confiner les militaires aux seconds rôles ?  Refuser aux officiers – et au premier d’entre eux – de contribuer pleinement au débat budgétaire et donc à la réflexion sur les moyens de l’action ? Est-ce la consécration d’une nouvelle technique de management imposée aux armées ? La proposition saugrenue d’instaurer un service militaire d’un mois en dit long sur les processus décisionnels et d’élaboration des normes relatifs à  la Défense.

Il ne suffit pas de revêtir la tenue des militaires ou d’accéder aux plus hautes instances de la défense pour assimiler la connaissance multidisciplinaire qu’acquièrent les officiers au cours de leurs longues et riches carrières. La sympathie et l’attrait croissants qu’expriment pour leur armée la population française et les jeunes en particulier ne s’expliquent pas que par le seul souci d’être protégés. Ce que représente cette institution comme élément de cohésion ou comme perspective d’ascension et de reconnaissance gagnerait à être reconsidéré par des élites dont on nous promet le renouvellement depuis tant d’années.

Général (2S) Pierre Lorenzi

Après une carrière opérationnelle et programmatique dans l’armée de l’Air, le général Pierre Lorenzi a servi comme conseiller militaire de plusieurs présidents du Centre National d’Études Spatiales.




 

 

LA FIN DE L’INNOCENCE ? (par Philippe Grimberg)

Les bobos  au Festival d’Avignon, les beaufs au Tour de France, le pays s’apaisait…

Ce jeudi, nous célébrions le 14 juillet 2016.

Il s’agissait  d’une fiesta estivale de plus.

Or,  nous  commémorions la prise de la Bastille, un événement  particulièrement sanglant. L’hymne national républicain le rappelle avec ses paroles violentes.

Nous l’avions oublié. Nous avions oublié que nous fûmes des guerriers, que nous combattîmes la  tyrannie, et que nous sommes appelés à  la combattre à jamais.

L’homme de Tunis (tue Nice ?) nous a rappelé qu’être Français, ce n’est pas innocent. Qu’être fier d’être Français, ce n’est pas sans risque.
Être Français, qu’on soit bébé ou vieillard, homme ou femme, de gauche ou de droite, croyant ou athée, républicain ou non, gentil ou méchant, intelligent ou borné, être Français  fait de nous une cible.

Nous allons devoir nous mettre  aux techniques de survie de peuples haïs comme les Américains, des  cowboys avec une  Bible et un Colt, ou comme  les Israéliens,  des soldats  avec une Bible et une Uzi.

Comme ces deux peuples, nous nous transformerons en  citoyens armés, et adopterons leur  mode de pensée, qui consiste à préférer inspirer la crainte plutôt que l’amour.

Philippe Grimberg

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C’EST À LA SOURCE FRANÇAISE DU MAL ISLAMIQUE QU’IL FAUT FRAPPER (par l’Imprécateur)

Hier, il disait « tout va mieux… l’état d’urgence sera arrêté fin juillet ». Des ministres avaient dit avant lui « tout va mieux, l’Euro s’est bien passé, la sécurité est rétablie ». Ce matin, à trois heures et demie, il avait déjà fait un nouveau discours : « l’état d’urgence est prolongé de trois mois, le caractère terroriste islamiste de l’attentat est évident, j’ai donné l’ordre de rappeler la réserve opérationnelle… Nous continuerons à frapper dans leurs repaires (Irak, Syrie) ceux qui nous attaquent sur notre sol national… toute la France est sous la menace terroriste ».
Et Bernard Cazeneuve arrivé à Nice lieu du drame renchérit « Nous savions que le niveau de menace terroriste restait extrêmement élevé… Nous sommes dans une guerre avec des terroristes… ».

Et alors, que faites vous, monsieur le ministre, d’autre qu’un saupoudrage de mesures inefficaces dont cet attentat est la preuve ?

Que sait-on à l’heure où j’écris ces lignes ? À la fin du feu d’artifice sur la Promenade des Anglais noire de monde, un camion blanc de location fonce sur la foule, sur le trottoir, puis sur la chaussée, zig-zaguant pour écraser ceux qui fuient. Ils roulent sur près de deux kilomètres, écrasant hommes, femmes, enfants, cyclistes. Le bilan est de 80 morts au moins, 20 des blessés sont dans un état critique.
La police ouvre le feu à hauteur du Palais de la Méditerranée et tue le chauffeur. Au volant, on a retrouvé sa carte d’identité, un franco-tunisien de 31 ans, « pas fiché pour terrorisme, pas connu pour être radicalisé, mais connu des services de police pour des délits de droit commun » (BFMTV).
La zone était interdite aux véhicules. Comment a-t-il pu y pénétrer ? Il y a clairement eu un dysfonctionnement local.

Mais aussi un dysfonctionnement national et gouvernemental. L’état d’urgence interdit les rassemblements, on a toléré des manifestations syndicales, les groupes de casseurs, organisé des fans-zones pour les amateurs de foot, les feux d’artifice… Alors à quoi sert l’état d’urgence ?
Et
pourquoi avoir prétendu que la sécurité était rétablie et que tout allait mieux ?

Aller frapper par vengeance en Irak et en Syrie ne résoudra pas la guerre qui est en France, dont le président de la République reconnait enfin qu’elle est « islamiste ».

En France, prendre des mesures supplémentaires de protection de la population est bien, mais agir là où se trouve la source du terrorisme en France serait mieux : fermer la centaine de mosquées salafistes immédiatement, arrêter et vérifier les prêches récents des imams qui les fanatisent, surveiller enfin les « fichés S », prévenir les autorités musulmanes que la non-dénonciation des tueurs potentiels sera désormais considérée comme un délit criminel, déclarer le djihad comme un crime et que le faire sera durement sanctionné, autoriser le tir immédiat des « primo-intervenants », policiers municipaux et nationaux, gendarmes, militaires, sans attendre (comme au Bataclan) d’hypothétiques autorisations ministérielles qui elles-mêmes attendent le feu vert de l’Élysée, etc.
Prendre le risque de quelques erreurs sur des fausses attaques (comme récemment à la Goutte d’Or où le terroriste arrêté n’avait que de fausses armes) sauvera peut-être des centaines de vies, et ne pas sanctionner ceux qui les commettraient dans le feu de l’action. L’État Islamique est clairement responsable de cet attentat, selon le président de la République lui-même, et il a des agents en France, infiltrés parmi les « réfugiés ».

Selon un journaliste syrien qui a fait l’expérience du parcours Syrie-Europe, il a pu parvenir jusqu’à Berlin sans que jamais son sac à dos ne soit fouillé une seule fois, ou que son identité soit vérifiée après qu’en quelques minutes le policier grec du contrôle des réfugiés sur l’île où il avait accosté lui ait remis le « passeport » qui permet de circuler dans tout l’espace Schengen !

Schengen est à revoir de fond en comble, c’est une évidence. Selon ce journaliste, au moins 4.000 djihadistes ont pénétré ainsi en Europe ces derniers mois. Ce serait cela la « vigilance absolue » dont a parlé le président ? Mais que peut-on attendre d’un homme qui a été incapable de trancher entre sanction ou pardon au sujet d’un ministre qui s’est ouvertement payé sa tête et celle de son premier ministre dans une réunion publique, se contentant d’un nième « dernier avertissement » ?

L’Imprécateur

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