LA DICTATURE DES MARCHÉS FINANCIERS
Jean Goychmann

Nous ne sommes plus en démocratie, mais nous préférons l’ignorer afin de croire que nous y sommes encore. Pourtant, les faits sont là et leur évidence devient aveuglante. Après une période de deux décennies où les signes avant-coureurs se sont multipliés, l’État Profond qui nous dirige dorénavant ne prend même plus la peine de « sauver les apparences » et sort de l’ombre dans laquelle il se tenait caché.

La journaliste américaine Diana Johnstone [1] a publié au Cercle Aristote en mars dernier un article intitulé : « En France, une autre campagne présidentielle effroyable : l’émergence de l’État Profond » qui décrivait la campagne présidentielle française comme s’inscrivant dans la continuité de celle des États-Unis. Elle souligne notamment l’étrange similitude du déroulement de ces deux campagnes successives et comment, malgré des différences essentielles au niveau des processus électoraux (suffrage indirect aux USA et suffrage universel à deux tours en France) les forces de l’État Profond ont réussi à « singer » le système américain en intercalant des élections « primaires ». Dans le système français, l’égalité des temps de parole donnés à chacun des candidats est pourtant censée diminuer l’influence des médias au service des marchés financiers.

[cliquez sur l’image ci-dessus − vidéo 05:02]

Mais ceux-ci ont très vite trouvé la parade grâce aux élections primaires dans lesquels les temps de parole ne sont plus réellement contingentés et qui ont permis une sorte d’autodestruction des candidats qui s’y sont prêtés. À gauche, Vals et Montebourg se sont fait éliminer de la course et ni Sarkozy ni Juppé n’ont survécu à celle de droite. La finale s’est donc déroulée entre un François Fillon carbonisé par les attaques successives, un Benoît Hamon inexistant, une Marine Le Pen sur laquelle allait se concentrer toute la force de frappe des médias mainstream placés en embuscade et prêts à tirer parti de tout, et un Emmanuel Macron sûr d’une victoire programmée depuis longtemps et annoncée par Jacques Attali (voir la vidéo ci-dessus).

Le seul enjeu pour les marchés financiers était d’empêcher à tout prix que le système monétaire européen soit remis en question. Dans son interview, Jacques Attali avoue très clairement qu’il a participé à l’élaboration du Traité de Maastricht et que c’est volontairement que les rédacteurs ont écarté toute clause de sortie de ce traité. Il fallait rendre les peuples de la zone euro captifs et empêcher toute volonté de retour en arrière. La lutte entre Marine Le Pen et ce système financier auquel la possibilité de créer une quantité illimitée de monnaie à partir de rien lui confère une puissance quasi-incommensurable était, hélas, perdue d’avance.

La Dette et les intérêts

Ce système ne tient que sur une seule chose : les dettes des États et les intérêts qu’elles génèrent.

Lorsque les banques centrales étaient encore au service des peuples, les États pouvaient se financer lorsque leurs dépenses excédaient leurs recettes, en demandant à celles-ci d’émettre de la monnaie. Cette émission était couverte par des Bons du Trésor qui étaient une sorte de reconnaissance de dette implicite que la Banque Centrale pouvait mettre dans ses comptes pour les équilibrer. Ces sommes ne donnaient lieu ni à remboursement ni à perception d’intérêts. Elles augmentaient simplement la masse monétaire en circulation.

Les marchés financiers (c’est à dire les grandes banques internationales) rêvaient depuis longtemps de substituer à ces Banques Centrales contrôlées par les peuples d’autres entités jouant le même rôle (le contrôle de la monnaie) mais à leur service. La Banque d’Angleterre, puis la Réserve Fédérale américaine et enfin la Banque Centrale Européenne furent ainsi crées au fil du temps. La première en 1694, puis la seconde en 1913 et la dernière en 1992. Cependant, la plupart des États européens avaient déjà renoncé à contrôler directement leur monnaie, préalable incontournable à l’établissement d’une Banque Centrale.

La Loi de 73

Pour la France, ce fut la loi du 3 janvier 1973 qui interdit « au Trésor Public de présenter ses effets à la Banque de France ». Ce qui, en clair, signifiait qu’il fallait emprunter les sommes nécessaires auprès des banques privées et ceci, naturellement, contre le paiement d’intérêts. C’est ainsi que les dettes publiques de notre pays ont commencé à croître d’une façon exponentielle, comme celles de tous les pays dans le même cas [2].

Il faut remarquer que les banques, lorsqu’elles prêtent de l’argent, ne le possèdent pas. Il est créé à partir de rien pour la circonstance, grâce au système dit « des réserves fractionnaires » qui autorise les banques à créer ainsi de la monnaie scripturale contre une reconnaissance de dette. Cet reconnaissance de dette fait partie des « actifs » de la banque et figurent sur son bilan. En gros, les banques vendent de la dette. Néanmoins, leurs en-cours de prêts ne doivent pas dépasser une certaine proportion de leurs « fonds propres ». (Toujours en gros, ce qui leur appartient réellement y compris les dépôts de leurs clients.) C’est ce qu’on appelle « l’effet de levier ». Lorsque cet effet de levier devient trop important, il est limité par la réglementation actuelle, dite « Bâle 3 » qui a fixé cet effet de levier (rapport des fonds propres / total des actifs) au moins égal à 3% et ceci à partir de 2018.

La plupart des banques peinent à se mettre en conformité et sont fragilisées par un effet de levier trop important qui pourrait, en cas de crise, les précipiter rapidement vers la faillite. Pour augmenter ce ratio, la Banque Centrale Européenne a décidé (comme beaucoup d’autres Banques Centrales) une politique monétaire très accommodante pour les banques en faisant marcher la planche à billets. Elle rachète donc les titres des dettes publiques détenues par les banques privées qui financent les États de la zone, ce qui rétablit donc l’équilibre comptable des banques, mais, compte-tenu du principe fondateur des Banques Centrales, rend les contribuables prêteurs en dernier ressort de ces dettes.

Pour alléger les charges budgétaires que constituent les intérêts liés à ces dettes, la BCE joue sur deux paramètres : la durée du prêt et les taux d’intérêts. On arrive ainsi à des durées de prêts qui atteignent 100 ans, ce qui est totalement démesuré [3]. Cela indique clairement que ces emprunts ne seront jamais remboursés et que la seule chose qui importe vraiment est le paiement des intérêts. Car, même si les taux actuels sont très bas, ils ont un effet de cumul avec les dettes plus anciennes. Quand bien même les capitaux empruntés seraient remboursés, cet argent, que les banques ont créé à partir de rien sera immédiatement détruit. Les marchés nous prêtent, de fait, une chose analogue à la fausse monnaie, mais reçoivent des intérêts qui, eux, sont payés en vraie monnaie.

Supposons qu’une banque ait un effet de levier de 5%. Elle peut donc prêter, en théorie, vingt fois ses fonds propres. Si le taux d’intérêt est de 2% l’an, la rentabilité de son capital sera de 40% et ces 40% seront prélevés sur l’économie réelle. Aujourd’hui, pratiquement plus aucune banque ne veut financer l’industrie. La raison est qu’un pays comme la Chine peut pratiquement produire à lui seul tout ce dont la planète entière à besoin. Or, c’est l’industrie qui emploie les gros bataillons de travailleurs.

Petit à petit, notre économie quitte le secteur industriel pour aller vers une société de services. Mais cette activité des services tombe elle-même dans ce qu’on appelle l’économie numérique (« Uberisation ») qui désocialise les gens, les mettant ainsi à la merci de ces employeurs qui n’ont aucun lien contractuel avec eux et dont la propre existence ne dépend que des marchés financiers.

Est-ce vraiment l’avenir dont nous rêvons pour nos enfants ?

Jean Goychmann
14/09/2017

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Diana_Johnstone
[2] http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/12/28/293-loi-de-1973-les-aveux-de-rocard-et-deux-nouvelles-pistes-pour-comprendre-l-effet-veritable-de-la-loi
[3] https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/030551008527-lautriche-lance-un-emprunt-a-100-ans-2113563.php



 

 

LES OURAGANS ET LA…
“TAXE CARBONE” !
Jean Goychmann

Un cyclone a dévasté les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélémy. Cette dernière est plutôt connue sous le nom de Saint-Barth dans le petit monde de la jet set. La population de cette petite île de 9.000 habitants environ est essentiellement constituée d’européens et d’américains fortunés. Wikipédia nous apprend que « en 1957, David Rockefeller y achète une propriété. Le milliardaire est imité, et depuis les années 1960 l’île s’est transformée en une destination touristique de luxe, renforcée par l’interdiction de construire des immeubles de grande hauteur et l’absence d’un tourisme de masse. »

Nul ne conteste que cette île a été durement touchée mais il est néanmoins surprenant que durant plus de 48 heures, l’ensemble des médias “main street” (comme dirait Le Huffington Post) aient passé en boucle sans discontinuer des images de cette catastrophe somme toute… naturelle. Que l’on doive éprouver de la compassion pour les malheureuses victimes de Saint-Barthélémy ou de Saint-Martin est parfaitement respectable, mais le nombre d’heures télévisées consacrées à l’évènement paraît disproportionné. D’autant plus qu’une fois le cyclone passé, il ne se passe plus grand-chose et que les présentatrices des chaînes d’information ont visiblement du mal à meubler.

Ah ! Ce réchauffement climatique…

Or les cyclones sur ces deux petites îles n’ont (hélas pour elles et leurs habitants) rien d’exceptionnel. Parlant des super-ouragans, Météo-France estime même qu’il y en a en moyenne un tous les quatre ans. Alors se pose la question de savoir pourquoi celui-ci en particulier semble prendre une telle importance au point de mobiliser tant de médias et si longtemps. J’avais bien une petite idée, mais je pouvais me tromper. La réponse m’est venue au bout d’une journée. Le réchauffement climatique était quasiment le seul responsable de ces évènements. Et lorsqu’on parle de « réchauffement climatique », il faut comprendre l’effet du dioxyde de carbone que notre civilisation répand sans limite dans l’atmosphère. Ce gaz-à-effet-de-serre est en train de mettre littéralement la planète « en ébullition ». Or, il n’échappe à personne (du moins à quiconque s’intéresse un tant soit peu au problème) que la principale source de chaleur qui réchauffe la Terre est de toute évidence la seule étoile de notre système : le Soleil.

On sait que la quantité d’énergie rayonnée par le Soleil depuis des millénaires est loin d’être constante et que l’orbite décrite par la Terre autour de lui n’a rien d’un cercle parfait. Depuis les travaux de Kepler (1571–1630) nous savons qu’elle s’apparente plutôt à une ellipse et que, plus la Terre est éloignée du Soleil, moins celui-ci la réchauffe. Tout ceci pour vous dire que notre monde est en perpétuel changement climatique. On nous parle d’élévation de la température moyenne, mais personne ne se hasarde à en donner la valeur. On nous dit simplement qu’elle a augmenté d’un degré Celsius depuis 1850, sans qu’on sache quel était le point de départ. Bref, tout ceci manque un peu de précision. Certains « climatologues » (je ne sais pas comment cette appellation est contrôlée) nous prédisent le pire pour les années à venir et ils ont même réussi, au travers de la COP21, à donner à ces prévisions la patine de l’authentique.

Il faut sauver le soldat COP21

De plus, mettre ces observations et ces conclusions en doute expose ces mécréants à se faire traiter d’hérétiques, et , bien sûr, à les vouer au bûcher médiatique. Vous êtes « climatosceptique » ? – Vous n’êtes plus fréquentable ! Vous devenez un véritable paria, tricard des micros et des caméras. Beaucoup d’entre eux ne désirant pas marcher dans l’Histoire aux côtés de Galilée, préfèrent se taire plutôt que d’affronter la multitude. Et puis, un beau jour, arrive un Donald Trump qui, lui, renverse la table en dénonçant les accords de la COP21 (qui sont pourtant d’une indigence totale eu égard aux contraintes qu’ils induisent). Le Président des États-Unis est climatosceptique ! Ça n’était pas prévu au programme. Aussitôt, le monde « civilisé » s’est dressé comme un seul homme. Il faut sauver le soldat COP21 : voilà le mot d’ordre !

Et pour cela, tout est bon, y compris l’exploitation plus ou moins fallacieuse de l’actualité. Souvenez vous : les incendies de cet été ? – Réchauffement climatique ! Orages? – Réchauffement climatique ! Et maintenant, les ouragans ? – Réchauffement climatique !

Bien sûr, pour donner une sorte de vernis scientifique, on convient que ces « catastrophes naturelles » ont toujours existé, mais c’est leur ampleur qui atteste de la contribution du réchauffement climatique… Pourtant, à y regarder de plus près (dans le cas des ouragans récents) les vitesses enregistrées avaient déjà été atteintes dans le passé. Alors, on nous parle de vitesses calculées car les anémomètres ne peuvent résister à de telles vitesse. Et on nous annonce des vents de 350 km/h, sans préciser qu’il s’agit uniquement de rafales. On omet simplement de nous dire que l’ouragan Irma de 2017 (295 km/h) est derrière Allen (305 km/h en 1980), à égalité avec Wilma (2005), Gilbert (1988) et celui dit des « Florida Keys » en 1935.

L’amplification du phénomène due au réchauffement n’apparait pas évidente. Alors, pourquoi une telle insistance ? Pourquoi doit-on absolument persuader l’opinion publique que tous les grands problèmes posés à notre civilisation, y compris le terrorisme islamique (!), trouvent leur cause commune dans le réchauffement climatique entièrement dû à l’activité de l’homme à la surface de la planète ?

Je n’ai qu’une seule explication. C’est que certains y ont intérêt. Essayant d’en savoir un peu plus sur cette fameuse « taxe carbone » autour de laquelle tout cela tourne visiblement, j’ai trouvé immédiatement sur Internet des dizaines de sites faisant référence à des fraudes sur ce sujet.

Le lecteur intéressé pourra sans difficulté se rendre sur ceux-ci. Voici 3 liens parmi une multitude d’autres…

Jean Goychman
08/09/2017


 


 

 

MACRON, HOMME-LIGE DU NOUVEL ORDRE MONDIAL
Jean Goychmann

Je m’étais posé la question, durant la campagne électorale, de savoir au bout de combien de temps, en cas d’élection, Emmanuel Macron nous parlerait du « Nouvel Ordre Mondial ».

Il aura fallu trois mois pour que, le 29 août 2017, devant un parterre d’ambassadeurs, les mots magiques soient prononcés. Environ deux minutes après le début de son speech, il nous faisait part de sa conviction que « le monde entier avait les yeux rivés sur la France » et que la transformation de l’Europe, engagée grâce à celle de notre pays, allait permettre l’établissement de ce fameux « Nouvel Ordre Mondial ».

Bigre ! Nous voici désignés pour sauver le monde, rien que ça ! Et cela grâce à lui ! Y’a pas à dire : le nouvel ordre mondial, ça en impose… Certes, il n’est pas le premier à en parler. Il y a longtemps que les complotistes et autres conspirationnistes le dénoncent. George Bush Sr. en avait parlé. Sarkozy aussi. En tentant de lire entre les lignes, que peut bien être ce « Nouvel Ordre Mondial » ?

Le « N.O.M. », qu’est-ce que c’est ?

Un bref retour en arrière nous montre que la chose vraiment importante est de savoir QUI DIRIGE LE MONDE. Sans remonter à l’Empire romain ni au partage du monde entre l’Espagne et le Portugal, la fin du XIXème siècle à marqué l’apogée de la puissance britannique.

Toutefois, celle-ci s’est un peu cassé les dents sur la Chine et sa civilisation multimillénaire. La « guerre de l’opium » était bien tentée contre elle, mais n’a pas eu le succès escompté. Cela dit, l’Empire britannique, qui prit le nom de Commonwealth, a encore de beaux restes, mais la fin de la seconde guerre mondiale a sans conteste possible placé à la tête de l’ordre mondial les États-Unis d’Amérique. Leur puissance tient essentiellement sur deux choses :

  • leur monnaie qui est la fois domestique et internationale (« qu’il ne tient qu’à eux d’émettre » disait de Gaulle) bien avant que le dollar soit déconnecté de l’or (ce qui implique qu’ils avaient déjà pris les devants sans le dire) et
  • la puissance militaire américaine.

Que veut Emmanuel Macron ?

Emmanuel Macron veut-il contester aux États-Unis leur leadership sur le monde ? − C’est peu probable. Reste alors la seconde hypothèse : il souhaite faire de l’Europe une sorte d’appartement témoin de la mondialisation. Il lui faut agir vite car les vents contraires sont en train de se lever. Il faut appeler, comme le dit le dicton populaire, « un chat − un chat ». Un ordre, quel qu’il soit, suppose une entité supérieure qui le dirige. Cette entité ne peut qu’être, sous une forme ou une autre, qu’un Gouvernement mondial qui, par définition, sera unique. En l’état, ce gouvernement ne peut coexister avec les démocraties sur lesquelles sont basés nos États-nations. L’établissement de ce nouvel ordre exige leur disparition afin de les remplacer par ce que le Comité Orwell (1) appelle « le soft-totalitarisme des multinationales ».

Ses détours de langage

Emmanuel Macron est passé maître dans l’art de faire avancer les gens sur leurs propres ressorts. Je ne sais pas si on enseigne cette discipline à l’ENA, mais lui, en tout cas, a compris l’intérêt de la démarche. Il parle d’une « Europe des peuples ». Dans l’esprit commun, le peuple implique la démocratie, système par lequel on va lui redonner le pouvoir. Il parle aussi de « souveraineté », autre mot symbolique qui induit la notion de maître chez soi. Le problème, c’est qu’il transpose ces notions au niveau de l’Europe. Je note par ailleurs qu’il parle de « l’Europe » et non, comme l’exigerait la rigueur sémantique, de « l’Union Européenne ».

C’est très habile car il présente les choses comme si l’Europe était déjà intégrée et que les nations qui la constituaient au départ s’étaient déjà fondues dans le creuset supranational dans lequel on veut les précipiter (jusqu’alors sans succès) depuis plus de soixante ans. Macron raisonne en supposant le problème résolu comme on dit en mathématiques, afin de démontrer que les conséquences de sa résolution sont déjà là et qu’on ne peut pas faire marche-arrière. On retrouve ainsi la façon de procéder propre aux sociétés fabiennes que j’évoquais dans l’article précédent.

Reste donc à imaginer ce que pourrait être la manifestation de la souveraineté européenne dans ce Nouvel Ordre Mondial.

Marie-France Garaud avait, lors d’une émission télévisée en 2012 (2), rappelé ce qu’étaient les « attributs essentiels de la souveraineté » d’un État :

  • Battre monnaie
  • Faire les lois
  • Rendre la justice
  • Décider de la paix ou de la guerre

L’Union-Européenne ne peut exercer aucun de ces droits fondamentaux.

  • Le contrôle de la monnaie (du moins pour la zone euro) est confié à la BCE,
  • le parlement européen n’a pas le pouvoir de légiférer,
  • la compétence de la Cour de justice est limitée à l’interprétation des traités européens, et l’Union-Européenne n’existe pas en tant qu’entité politique,
  • d’autant plus qu’elle s’est toujours abritée derrière le paravent de l’OTAN pour sa défense malgré tous les efforts que de Gaulle avait pu déployer…

Réalité du futur ou utopie d’aujourd’hui ?

Parler de souveraineté de l’Europe tient donc, dans les circonstances actuelles, plus de la grivèlerie intellectuelle que d’une approche raisonnée. Car les mots ont un sens et on ne peut distordre leur signification sans risques. N’oublions pas que la seule consultation populaire qui a eu lieu sur ce sujet est celle du référendum de 2005 et que les partisans de la création d’un État fédéral européen se sont vus durement ramenés à la réalité. Vouloir traduire aujourd’hui comme un accord tacite, voire un chèque en blanc, le passage sous silence de ce référendum en raison d’un charcutage de notre constitution est probablement téméraire.

Mais ce projet est surtout devenu anachronique. Ce qu’il est convenu d’appeler la mondialisation a, au fil du temps, modifié le rapport des forces économiques. Il faut compter maintenant avec ceux que l’on a fait émerger. Vladimir Poutine parle du « génie qui est sorti de la bouteille » et ces pays vont compter de plus en plus au plan géopolitique, à commencer par la Chine. Il est même patent que la vision d’un monde monopolaire telle qu’elle transparaît dans l’Ordre Mondial évoqué par Emmanuel Macron va s’estomper au profit d’un monde multipolaire dans lequel les nations (seules réalités internationales aux dires de de Gaulle) reprendront toutes leur place.

Alors, le « Nouvel Ordre Mondial » a peu de chances de voir le jour sous la forme que les « euromondialistes » se plaisent à évoquer aujourd’hui. De toutes façons, les peuples et les peuples seuls ont le pouvoir d’en décider.

Jean Goychman
30/08/2017

(1) Le Comité Orwell (comité des journalistes souverainistes créé autour de Natacha Polony) a notamment publié le livre Bienvenue dans le pire des mondes (Plon éd.).
(2) https://www.youtube.com/watch?v=y3dBhtQPnys



 

ESPRIT EUROPÉEN ES-TU LÀ ? (Jean Goychmann)

Emmanuel Macron caractérisait les règles d’emploi des travailleurs « détachés » comme étant contraire à « l’esprit européen ». Rendu pensif par cette déclaration, je m’interrogeais sur ce que pouvait bien être cet esprit européen et surtout sur la façon dont il pouvait se manifester. C’est le genre de phrase qui peut vouloir dire tout et son contraire. S’agit-il de l’esprit de ce que d’aucuns appellent « la construction européenne » ou bien de l’esprit d’un hypothétique « peuple européen » ou encore d’un mode de pensée réservé à une certaine élite à laquelle le vulgum pecus que nous sommes, nous les peuples européens, n’auraient point l’honneur d’appartenir ?

Le “peuple européen” est-il un Peuple ?

Irrémédiablement patriote, l’image du cabri sautant a marqué mon adolescence. Les quelques années durant lesquelles je fus impliqué dans les affaires européennes m’ont surtout enseigné qu’il n’y avait pas (et qu’il n’y aurait probablement pas avant plusieurs siècles) de « peuple européen », comme il existe un peuple français, ou espagnol, ou allemand. Cette Union Européenne n’a pas de réelle définition au sens d’une entité internationale. De Gaulle disait, avec justesse, que « les seules réalités internationales, ce sont les nations ». Or, à la base de chaque nation, il y a un peuple. Mais cela ne suffit pas pour faire une nation. Il n’y a donc pas de nation européenne. Pas plus qu’il n’y avait de « nation soviétique »…

Simplement, on voudrait nous faire croire à l’existence potentielle de cette nation européenne qui serait « en voie future d’achèvement » comme les appartements vendus sur plan. Alors, on nous parle de « fédéralisme européen » comme d’un remède miracle. Il n’échappe à personne que ceux qui en bénéficieraient sont les plus ardents défenseurs, alors que les autres – ceux qui devraient le financer tout en feignant de s’y intéresser – font en réalité tout ce qu’ils peuvent pour l’empêcher. Qu’on le veuille ou non, l’Union Européenne n’est, à ce jour, qu’une mosaïque d’États-nations dont chacun cherche à tirer le profit maximum sur le dos des autres. Il faut arrêter de nous leurrer. On nous serine à longueur de temps que le problème de la France est le « manque de compétitivité » dû à nos coûts salariaux. Par rapport à qui et à quoi ? Si nous nous comparons à des pays où le salaire moyen est inférieur à 150€ par mois sans aucune protection sociale, nous ne pourrons jamais être compétitifs et tout le monde le sait depuis des lustres.

Si c’est par rapport à des pays plus proches de nous, appartenant comme nous à l’Union Européenne − et on peut penser que ce soit le cas − c’est autodestructeur car le bonheur des uns va faire le malheur des autres. Ce sera un jeu à somme nulle comme disent les économistes, mais cela, nos dirigeants fédéralistes se gardent bien de nous le dire. Alors, peut-être doit-on chercher ailleurs la véritable raison de cette course à la compétitivité des pays de l’UE.

L’opacité du projet européen

Nous touchons là un autre aspect des choses. Celui de l’opacité du projet européen, comme si ses promoteurs craignaient que celui-ci soit discerné trop tôt par les peuples maintenus dans l’ignorance de sa finalité. Cette façon de faire existe depuis des millénaires et est devenu le propre des « sociétés fabiennes » (1). Ces sociétés, décrites par Pierre de Villemarest (2) comme pratiquant une « méthode d’actions lentes et progressives ». Il cite le fabien américain Henry Laidler (3) qui disait en 1956 à propos de sa vision du socialisme :

« Le socialisme fabien estime que la transition (inéluctable) du capitalisme vers le socialisme doit s’effectuer graduellement. Il prévoit la socialisation de l’industrie par le biais d’agences politiques et économiques bien tenues en main ; les classes moyennes sont le meilleur vecteur pour introduire et développer la technique d’une administration destinée à un nouvel ordre social… »

Il ne faisait que préciser la pensée du professeur anglais GDH Cole, président en 1941 de la Fabian School, selon lequel toutes les formes de socialisme devaient être soutenues et utilisées vers les objectifs prévus mondialement « tant les partis sociaux démocrates, travaillistes et autres, d’Europe et du Nouveau Monde que le communisme en Russie ou divers groupes minoritaires ailleurs puisqu’il n’y a entre eux aucune différence d’objectif mais seulement de méthodes ».

Le cheval-de-Troie du Nouvel Ordre Mondial

Je ne vous surprendrai pas en disant que, parmi ces sociétés fabiennes, on trouve naturellement la Fabian School of Economics (abritée par la London School of Economics) mais également, toujours d’après Pierre de Villemarest, d’autres organismes tels que le Club des Bilderberg ou la Commission Trilatérale qui ont exercé et continuent d’exercer sur l’Union Européenne une influence déterminante. Le lecteur désireux d’en savoir plus sur leur rôle trouvera sans difficulté sur le réseau Internet les réponses adéquates.

Retenons simplement que le point de convergence de tout ceci est d’instituer une vision internationaliste de l’Homme, prélude à l’établissement d’un « Nouvel Ordre Mondial ».

Les concepts illusoires de la “Droite” et de la “Gauche”

Ainsi, le clivage artificiellement entretenu entre la Droite et la Gauche n’est qu’un artifice supplémentaire destiné à égarer le jugement populaire. Philippe Séguin, lors de son discours devant l’Assemblée Nationale pendant la campagne de Maastricht, disait que « la Droite et la Gauche n’étaient que les détaillants du même grossiste de Bruxelles ».

Les fameux “travailleurs détachés”

Que représentent dans tout ça les travailleurs détachés et leur conformité ou non à un esprit européen ? Une phrase de plus destinée à accréditer qu’Emmanuel Macron pourrait avoir une influence permettant de modifier une directive européenne qui existe et est appliquée depuis plusieurs décennies, et qui est dans la logique d’internationalisation de ce qui précède. Cette directive n’a été mise en lumière qu’en raison de la campagne du référendum de 2005 portant sur le projet de constitution européenne. Il y a fort à parier qu’autrement, elle serait restée ignorée des peuples tout en étant appliquée.

Simplement, Emmanuel Macron pense qu’en donnant l’illusion de se préoccuper des intérêts nationaux, il fera passer plus facilement la pilule du fédéralisme. Pour avancer dans cette direction, il a besoin de l’assentiment de la Chancelière allemande. Celle-ci ne le donnera – nous dit-on – que si la France contient son déficit budgétaire comme nos dirigeants s’y sont engagés (sans consulter le peuple) à moins de 3% de son PIB afin de satisfaire aux sacro-saints critères de convergence de Maastricht. (Rappelons qu’ils s’étaient également engagés en même temps à ramener la dette publique à 60% en moins de 20 ans, ce qui a totalement disparu des écrans…)

Cependant, cela ne changera pas grand-chose à l’état dans lequel se trouve l’Europe. On peut toujours faire des incantations à son esprit ou à ses valeurs, elle se trouvera toujours en proie aux mêmes vents contraires. Macron cherchera l’appui de ceux qu’il pense être ses alliés, naturels ou circonstanciels, mais le malheur des uns fera toujours, dans cet espace clos, le bonheur des autres. Reste à savoir comment va s’établir le rapport de forces. Certains pays, comme la Pologne, refuseront probablement toute modification de la directive connue sous le nom du « plombier polonais », ce qui risque encore d’aggraver la ligne de fracture entre l’est et l’ouest. Enfin, l’Allemagne ne tient certainement pas à se séparer de la main d’œuvre fournie à bon prix par les pays de l’Europe de l’Est qui sont indispensables au maintien de sa compétitivité.

Ainsi donc, à la question « Esprit européen, es-tu là ? » Nous risquons d’avoir à attendre un certain temps avant que la table commence à tourner.

Jean Goychman
24/08/2017

  1. Du nom du général romain Fabius Cunctator, surnommé “Le Modérateur”. Le Sénat le nomme Dictateur en 217 avant JC, durant les Guerres puniques. Conscient de son manque de moyens, le Dictateur harcèle Hannibal sans l’attaquer directement, cherchant à l’épuiser dans une guerre d’usure, refusant systématiquement le combat. Une stratégie qui lui vaut son surnom.

  2. Auteur du livre « Le Mondialisme contre nos libertés » (éd. L’Icône de Marie/CEI)

  3. https://en.wikipedia.org/wiki/Harry_W._Laidler


 

PETITE HISTOIRE DU SYSTÈME BANCAIRE
(Jean Goychmann)

À l’heure où l’Union Européenne envisage sérieusement d’autoriser les banques à « geler » les comptes des déposants, un rappel des origines du système bancaire peut être à la fois utile et intéressant.


Les orfèvres

Commençons par les ancêtres des banquiers : les orfèvres. Ils faisaient commerce de l’or. Depuis des temps quasi-immémoriaux, probablement antérieurs à notre ère de plusieurs siècles, la monnaie la plus utilisée était la pièce d’or. Le choix de ce métal précieux relevait de plusieurs avantages [1] et nombre de pays y recourrirent, jusqu’à un passé relativement récent.

Les orfèvres deviennent banquiers

Il possédait toutefois un inconvénient : celui d’être totalement anonyme. Si vous perdiez, quelque soit la raison, une pièce d’or, sa valeur était transférée au nouveau possédant, qui pouvait l’utiliser comme bon lui semblait. En fait de meubles, possession vaut titre. Afin de sécuriser leurs pièces de monnaie en or ou en argent, les propriétaires prirent l’habitude de mettre en dépôt celles-ci chez leur orfèvre. En contrepartie, celui-ci établissait un « certificat de dépôt » qui attestait de la présence dans ses coffres du nombre et de la valeur des pièces correspondantes. Lors d’un achat ou du règlement d’une dette, les gens prirent l’habitude de donner un certificat que le vendeur ou le créancier allait convertir en pièces d’or chez l’orfèvre émetteur. Au fil du temps, l’habitude fut même d’échanger directement ces certificats, que les orfèvres avaient pris l’habitude d’établir « au porteur ».

Les premiers billets de banque et la réserve fractionnaire

On peut considérer que les premiers « billets de banque » naquirent ainsi. Jusque là, rien d’anormal. Cependant, les orfèvres considérèrent vite que ce service rendu devait être rémunérateur et se firent payer pour l’accomplir. De là, ils réalisèrent que les chances que tous ces porteurs viennent réclamer leur or en même temps était très improbable. Ils émirent alors plus de certificat qu’ils n’avaient d’or entreposé, en prenant toutefois la précaution de se garantir entre eux de l’occurrence d’un tel évènement. Il était convenu que, le cas échéant, si un orfèvre ne disposait plus d’assez d’or, ses collègues regroupés au sein d’une même Guilde lui en fourniraient. Ce système est connu sous le nom de « système des réserves fractionnaires » [2].

Une escroquerie nommée “effet de levier”

Ce système repose très clairement sur une tromperie. La pratique des billets de banque s’étant généralisée au fil du temps, celui des « réserves fractionnaires » s’est considérablement perfectionné au point de devenir aujourd’hui le moyen de gains vertigineux pour les banques. La notion de « couverture bancaire » qui représente la part réelle de l’argent dont le banquier dispose réellement ne représente plus en fait qu’une faible part de l’argent qu’il prête à ses clients. Ce rapport entre les deux s’appelle « l’effet de levier ». On remarque que, plus cet effet est grand, plus la banque gagne de l’argent, car elle touche des intérêts sur de l’argent qui ne lui coûte rien puisqu’elle le crée elle-même.

Les banquiers ne sont plus des orfèvres !

Si les orfèvres avaient su rester raisonnables avec les « faux-certificats » (environ 10%), les banquiers ne s’embarrassèrent pas des mêmes scrupules. Au contraire, ils perfectionnèrent ce système à leur profit en s’arrageant pour que les dépôts de leurs clients soient considérés comme des fonds propres leur appartenant permettant ainsi, au travers de l’effet de levier, de créer encore davantage d’argent ex nihilo [3]. Mais ils ne s’arrêtèrent pas en si bon chemin. Afin de maîtriser d’un bout à l’autre l’ensemble du système de création monétaire, ils s’arrangèrent pour prendre le contrôle des banques centrales, qui, jusqu’alors, était dévolu aux gouvernements.

La Grande Escroquerie

En dépossédant les nations de cet attribut essentiel de leur souveraineté, ils ont, en transférant ce pouvoir de « battre monnaie » à des intérêts privés, condamné celles-ci (les nations) à se trouver prise dans l’engrenage infernal de la dette exponentielle. Comme les banques centrales ne pouvaient plus financer les dépenses excédentaires de leurs états respectifs, ceux-ci durent emprunter contre intérêt les sommes nécessaires au paiement de leurs engagements. (Rappelons simplement qu’auparavant ces mêmes états empruntaient sans intèrêt en échange de « Bons du Trésor ».) C’est ce qu’on appelait la « monétisation directe de la dette » [4]. Mais les banquiers, qu’ils soient nationaux ou internationaux, ont vu l’immense source de bénéfices que pouvait représenter la prise de contrôle de la monnaie, pour autant qu’elle ne soit plus adossée à une contre-valeur, comme l’or par exemple. Ce processus de création d’une monnaie purement fiduciaire [5] a commencé en France dès le début de la guerre de 14 par l’abandon du franc-or. Depuis, les banquiers ont réussi à faire totalement disparaître (sauf peut-être pour leur propre usage) toute corrélation entre l’or et les monnaies.

Plus rien ne limite aujourd’hui la création monétaire, d’autant plus que celle-ci ne coûte rien (sinon le papier et l’encre). Les intérêts, par contre, sont un véritable impôt payé par les contribuables pour les emprunts publics et par les emprunteurs pour les prêts privés. Afin que la quantité de monnaie en circulation n’augmente démesurément, les banques, y compris les banques centrales, détruisent, une fois l’emprunt remboursé, la monnaie ou les lignes comptables. Et le tour est joué !

La Dette…

Il fut un temps où l’on était habile à trancher dans le vif des faux-monnayeurs…

Elles vous ont prêté de l’argent qui n’existait pas et qui ne leur à rien coûté ou presque et s’enrichissent des intérêts produits.

La seule différence avec les faux-monnayeurs c’est qu’elles disposent légalement de ce droit.

Permettez-moi seulement, en guise de conclusion, de citer ce passage d’une lettre adressée à Son Excellence Mgr William Godfrey, Délégué Apostolique en Grande Bretagne, aux Archevêques anglicans de Canterbury, de York et du Pays de Galles, et aux autres dignitaires ecclésiastiques de Grande Bretagne.

« Votre Grâce,

  1. Les soussignés, tous de sang et d’ascendance Britannique, ayant étudié les causes fondamentales de la présente agitation du monde, se sont trouvés dans l’obligation de conclure qu’un premier pas essentiel vers le retour au bonheur humain et à la fraternité, avec la sécurité économique et la liberté de vie et de conscience qui permette à l’éthique chrétienne de refleurir, exige que chaque Communauté nationale récupère sa prérogative sur l’émission monétaire, y compris sur ses substituts modernes de crédit.
  2. Cette prérogative a été usurpée par ceux que l’on désigne sous le terme générique des « banquiers », aussi bien les banquiers nationaux qu’internationaux, qui ont poussé à la perfection une technique leur permettant de créer eux-mêmes la monnaie qu’ils prêtent en accordant des lignes de crédit dans leurs livres, et de la détruire par le retrait de ces dernières à leur entière discrétion, ceci en accord avec des conceptions entièrement fausses et périmées qu’ils ne défendent même pas face à l’examen d’une critique impartiale, scientifique et informée. C’est ainsi qu’une forme de dette monétaire nationale a été inventée, dans laquelle le prêteur ne fournit rien du tout, et qu’il est physiquement impossible pour la communauté nationale de jamais payer, toute tentative de le faire produisant une sorte de coup de froid économique comme après la guerre de 1914-18.
  3. Cette situation a conduit à la montée graduelle d’une forme de Pouvoir national, international et supra-national dominant, par sa monopolisation du Crédit dans la Nation et de toutes les activités humaines créatrices essentielles.
    C’est ainsi que, dans ce pays comme ailleurs, il est devenu impossible d’obtenir la publication dans la Presse ou de porter à la connaissance du public par la Radio de la vérité concernant l’esclavage économique qui tient les peuples du monde entier sous son joug.
  4. Dans le système financier mondial actuel, la monnaie, à l’exception d’une fraction désormais négligeable, est créée par l’émission par les banquiers du prêt à intérêt, banquiers qui en fait ne prêtent rien eux-mêmes, mais en réalité taxent la Nation d’un impôt forcé en nature en accordant à l’emprunteur le pouvoir d’acquérir sur le marché une quantité correspondante de valeurs, qui n’appartiennent pas à ces banquiers ni à ceux qui leur empruntent, mais à la Communauté. Le processus de l’émission de nouvelle monnaie — qu’il s’agisse de monnaie papier ou de toute forme de crédit — appartient à la Nation où cette monnaie est le moyen légal d’échange ou accepté comme tel, et n’appartient pas à l’émetteur. Voilà où réside la faille fondamentale du système monétaire existant”

Signé : Norman A. Thompson [6].

Ces lignes, écrites en 1943, ne sont-elles pas d’une criante actualité ?

Enfin, laissons la parole à Henry Ford :

« Il est une chance que les gens de la nation ne comprennent pas notre système bancaire et monétaire. Parce que si tel était le cas, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin»

Jean Goychmann
08/08/2017

[1] http://www.24-carats.fr/or-et-monnaie.html#note1
[2] http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-du-rognage-des-pieces-a-la-monnaie-fiduciaire-ou-comment-les-orfevres-sont-devenus-banquiers.aspx?article=2082685746G10020&redirect=false&contributor=Mish.
[3] http://www.touteconomie.org/index.php?arc=dc001m
[4] https://www.contrepoints.org/2012/01/11/64291-en-quoi-consiste-la-monetisation-de-la-dette-publique
[5] La monnaie fiduciaire est une monnaie dont la valeur nominale est supérieure à la valeur intrinsèque : la confiance (“fiducia” en latin) que lui accorde l’utilisateur comme valeur d’échange, moyen de paiement, repose sur un principe de garantie défendu par une institution de type « banque centrale ».
[6] Manipulations Monétaires Et Ordre Social – R.P. Denis Fahey, éd. Saint-Rémi.


 

L’ÉTAT PROFOND AMÉRICAIN – “THE DEEP STATE” (II)


1ère partie : L’ÉROSION DE LA DÉMOCRATIE
(cliquez sur le lien ci-dessus)


2nde partie : LA FINANCE FACE À LA DÉMOCRATIE

Dans la première partie, nous avons suivi l’évolution d’une démarche inspirée par les circonstances historiques et adaptée aux évènements qui se produisaient. Partant d’une nécessité « opérationnelle » pour assurer la continuité de l’exécutif en cas d’attaque nucléaire sur Washington dans les années 50, nous sommes arrivés à une prise du pouvoir par le gouvernement de l’ombre en 2001. J’ai relaté les évènements qui se sont enchaînés, mais la démarche n’aurait cependant pu aboutir si les gens qui ont construit cet État Profond n’avaient pas eu les ressources financières, médiatiques et politiques pour le faire.

Remontons à l’entrée dans la guerre des États-Unis

Le « programme Manhattan » (bombe nucléaire) posait un problème de faisabilité et de financement. Ultra-secret, rien ne devait paraître de ce projet, et en particulier les sommes énormes qui lui étaient nécessaires ne devaient pas figurer dans le budget public. Un certain nombre d’entreprises dans les secteurs de la chimie, des matériaux ou de l’énergie furent ainsi sollicitées, à la fois pour leurs spécialistes mais aussi pour leur contribution financière à ce projet. Ce fut le cas de Dupont de Nemours, Standart Oil ou Monsanto, notamment, ainsi que quelques autres, qui contribuèrent à faire des États-Unis de 1945 la première puissance militaire du monde. Même si ces entreprises avaient, pour la plupart, fourni gratuitement capitaux et spécialistes, elles espéraient évidemment des retours considérables.

Amorcé dès la première guerre mondiale, le programme d’armement des États-Unis fut brutalement arrêté dès l’armistice de 1918. La politique « isolationniste » poursuivie jusqu’en 1941 n’allait pas dans le sens d’une reprise. Cependant, il y eut de nombreuses anticipations d’une éventuelle reprise de programmes militaires, notamment aéronautiques (DC3 en 1930, B17 en 1935) mais les tanks et l’artillerie étaient délaissés. Cependant, dès 1940, Roosevelt créé la NDAC (National Defense Advisory Commission) qui servit à la transition industrielle vers la production de guerre. William Knutsen, PDG de la General Motors, fit partie de ces industriels, comme un certain nombre d’autres sur lesquels Roosevelt s’était appuyè pour le « New Deal ».

Cette commission fut complétée par l’OSRD (Office for Scientific Research Development) plus précisément en charge de l’étude d’armes nouvelles, nucléaires inclues. Le commerce ne perdant pas ses droits, la loi Lend Lease fut promulguée, permettant de fournir des armes aux pays amis, avec un paiement différé. Enfin, c’est le 27 mai 1941 que Roosevelt commença à orienter l’opinion publique en annonçant au peuple américain qu’il va devoir faire face à un « état d’urgence permanent », préfigurant l’entrée en guerre le 7 décembre 1941 après l’attaque japonaise de Pearl Harbour.

Sans revenir sur les opérations militaires qui menèrent à la fin de la deuxième guerre mondiale, en Europe comme dans le Pacifique, constatons simplement que celle-ci consacra l’ère de la puissance incontestée des États-Unis. Ce vaste lobby militaro-industriel que la guerre avait créé n’allait évidemment pas en rester là, après un tel succès. Groupe le plus puissant installé dans le pays le plus puissant au monde, il lui fallait simplement continuer à influencer pour son profit la politique américaine.

Ayant réalisé d’énormes profits [1], ce qu’on commençait à appeler « le complexe militaro-industriel » associé aux grandes banques du Nouveau Monde, n’avait aucunement l’intention d’en rester là. Le problème, érat qu’il n’y avait plus d’ennemi à combattre, ou, du moins, le seul qui aurait pu s’opposer à la toute puissance américaine, pouvait, en cas de conflit militaire direct, provoquer de tels dommages, tant sur le plan matériel qu’humain, que le « jeu n’en valait pas la chandelle ».

Une autre direction d’affrontement présentant presque les mêmes avantages fut alors choisie. Ainsi se mit en place, après les tensions du blocus de Berlin, une double stratégie : celle de la guerre froide avec l’URSS et celle de son isolement. Cela ne fit pas l’unanimité à l’intérieur du groupe, qui, entre temps, avait solidement installé certains de ses représentants à la Maison Blanche. L’URSS, de son côté, entra dans la course aux armements, ce qui donna de l’eau au moulin du lobby militaro-industriel pour réclamer sans cesse plus de moyens financiers.

C’est la nécessité de trouver ces financements qui a permis à ce lobby de faire entrer les banquiers dans le jeu.

L’augmentation des budgets militaires américains, rendue nécessaire aux yeux des citoyens pour une meilleure défense, obligeait le Trésor américain à emprunter des sommes colossales année après année. La Réserve Fédérale imprimait les dollars sur lesquels elle prélevait, en tant que banque privée, un intérêt annuel dont elle fixait le taux. Mais ceci ne concernait toutefois que la partie « visible » du budget de la défense. Certaines opérations devaient rester totalement invisibles et devaient trouver d’autres sources.

Le point de transition entre le complexe militaro industriel et l’État Profond se trouve là.

Revenons un bref instant sur le discours d’Eisenhower

[déjà évoqué dans la 1ère partie]

« Dans les conseils du gouvernement, nous devons prendre garde à l’acquisition d’une influence illégitime, qu’elle soit recherchée ou non, par le complexe militaro-industriel. Le risque d’un développement désastreux d’un pouvoir usurpé existe et persistera. » [2]

Cette influence se fera sentir en s’accentuant au fil du temps.

Dans la première partie, nous avons vu comment les troubles fomentés en Iran par la CIA pour installer une République Islamique dans le cadre de la « guerre froide » a conduit à la non-réelection de Carter en 1979. Un des éléments qui lui interdisait de briguer un second mandat était qu’il n’avait pas réussi à faire libérer les otages de l’ambassade US à Téhéran.

Cette libération avait fait l’objet d’une négociation secrète menée par la CIA avec les iraniens, au terme de laquelle un accord « otages conte armes » avait été conclu. Le financement de ces armes était un processus complexe de prêts bancaires. Peter Dale Scott écrit [3] que « le Président, n’avait aucun pouvoir légal pour imposer des règlements de prêts. Tout comme l’Iran, il pouvait seulement négocier avec les banques, et non leur dicter quoi faire. Les banques, et en particulier la Chase Manhattan Bank de Rockefeller, disposaient ainsi du pouvoir de déterminer quand les otages seraient libérés ».

De fait, ils ne furent libérés qu’après l’élection de Ronald Reagan. L’État Profond avait donc réussi à s’implanter au cœur même de la Maison Blanche. La politique américaine envers l’URSS devint beaucoup plus offensive. Carter, membre de la Commission Trilatérale, était un « pacifiste » partisan d’un monde « globalisé et pacifié » né de la coexistence de « sphères de coprospérité » naturellement articulé autour de l’économie américaine. Il avait mené à bien en 1978 les « Accords de Camp David » [4]

L’entourage de Reagan était beaucoup plus « guerrier » et planifiait la fin de « l’Empire du Mal » Deux axes différents furent choisis dans ce but : le premier consistait à attirer l’URSS en Afghanistan, le second visait à déstabiliser de l’intérieur un certain nombre des petites républiques musulmanes via des agitateurs islamistes. Il faut noter que ce plan avait été élaboré alors que Carter était encore à la Maison Blanche par Sbignew Brzezinski, qui lui survécut en tant que Conseiller à la Sécurité. En 1971, Anouar el-Saddate avait fait libérer plusieurs milliers de « frères musulmans » Ces frères musulmans, recensés dans une liste appelée « al-Qaida » furent utilisés pour ces opérations de guérilla en Afghanistan et de déstabilisation en URSS. De là naquit ce qu’on appelle aujourd’hui le « terrorisme islamique » mais ceci est une autre histoire.

Rappelons simplement les propos de Brzezinski publiés par Le Nouvel Observateur à ce propos :

« Regretter quoi ? L’opération secrète était une excellente idée. Elle attira les Russes dans le piège afghan et vous voudriez que je le regrette ? »

Le Nouvel Observateur − Et n’avez-vous pas non plus de regrets d’avoir soutenu le fondamentalisme islamique, qui a donné des armes et des conseils aux futurs terroristes ?

Brzezinski − Qu’est-ce qui est le plus important dans l’histoire du monde ? L’existence des talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques islamistes surexcités ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ?

Alors, on peut se demander ce que devient la Démocratie dans tout çà Quand le peuple américain s’est-il prononcé, directement ou au travers de ses représentants, pour donner son avis sur la politique étrangère des États-Unis ? Ses manifestations et les prises de position de certains sénateurs avaient conduit Nixon à l’arrêt de la guerre du Viet Nam en 1973, mais depuis ?

Cet État Profond dispose de tous les pouvoirs et en particulier de celui de l’argent, « qu’il ne tient qu’à eux d’émettre » comme le disait de Gaulle [5]. Avec la finance, on peut s’assurer le contrôle de l’information au moyen des médias et on peut également financer directement ou indirectement certaines opérations destinées à effrayer les opinions publiques, les forçant ainsi à accepter jour après jour « un peu moins de liberté pour un peu plus de sécurité »

Pour cela, le terrorisme est un instrument redoutable. Son investissement de base est pratiquement négligeable en regard des bénéfices tirés, de ce strict point de vue. Quel est le chiffre d’affaire mondial réalisé aujourd’hui par les mesures de sécurité anti-terroristes alors qu’il était pratiquement nul en 2000 ? Combien de lois et de règlements liberticides, donc inacceptables dans une véritable démocratie, ont-ils été promulgués ces dernières années ? Nous avons fini par admettre que, dans beaucoup de pays du monde, y compris le nôtre, pouvaient coexister un « pouvoir légal apparent » issu d’élections populaires et un « pouvoir de l’ombre » non élu, mais beaucoup plus puissant.

Mais peut-être sommes-nous, notamment depuis l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, en train d’assister à une reconquête du pouvoir légal, celui qui provient de l’élection… Peut-être pouvons-nous encore espérer que le mot démocratie reprendra le sens que lui donnait Tocqueville…

L’avenir le dira.

Jean Goychman
29/06/2017

 

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Complexe_militaro-industriel_des_%C3%89tats-Unis
[2] Extrait du discours de fin de mandat du président Eisenhower, 17 janvier 1961.
[3] La Route vers le Nouveau Désordre Mondial (Peter Dale Scott Éd. Demi-Lune ; juin 2013).
[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Camp_David.
[5] https://www.youtube.com/watch?v=8IiAq4iz4u.



 

 

L’ÉTAT PROFOND AMÉRICAIN – “THE DEEP STATE” (I)


1ère partie : L’ÉROSION DE LA DÉMOCRATIE

 

Fondé à la fin du XVIIIème siècle, à l’issue d’une guerre d’indépendance, l’État américain, regroupant un certain nombre d’États fédérés autour d’une même constitution, était une sorte de modèle démocratique dont le reste du monde pouvait s’inspirer. Alexis de Tocqueville – auteur le La Démocratie en Amérique – avait analysé les écrits des premiers présidents américains et conclu qu’une démocratie devait à la fois répondre à l’étymologie (gouvernement du peuple) et au caractère social (égalité des citoyens devant la loi). En découlait directement la séparation des pouvoirs et l’élection du Président, chef de l’exécutif, au suffrage universel.

L’ancien diplomate canadien Peter Dale Scott a consacré plusieurs ouvrages à l’évolution lente de la démocratie américaine vers une sorte de « pouvoir de l’ombre » qui finit par échapper à tout contrôle institutionnel, instaurant ainsi ce qui finit par s’apparenter à une sorte de dictature.

Le premier indice important se trouve dans une observation adressée par Franklin D. Roosevelt au “colonel” House :

« La vérité n’est, comme vous et moi le savons, qu’une composante financière qui s’est emparée du gouvernement depuis l’époque d’Andrew Jackson » [1]

Roosevelt faisait ainsi une allusion directe au rôle joué par les grandes banques américaines lors de la réunion secrète tenue à Jekyll Island (Géorgie) en décembre 1910 qui allait permettre la création de la Réserve Fédérale en 1913. [2]

Nous reviendrons dans un prochain article sur le rôle des puissances financières et le contrôle qu’elles exercent sur l’État fédéral américain. Les prémisses de cet « État Profond » sont enracinées dans leur brève histoire. Dès leur naissance, les États-Unis étaient traversés par deux pensées antagonistes : l’ouverture sur le monde et un instinct de domination répressive à l’encontre de leurs opposants, quelques soient leurs griefs. On peut dire que chaque grand évènement de l’histoire de cette nation (guerre d’indépendance, de sécession ou contre les Indiens) atteste de ce double caractère.

On entend souvent parler de la COG (Continuity Of Government) mais elle est mal définie. D’après les recherches que j’ai pu effectuer, ce concept remonte à 1949 avec l’explosion de la première bombe atomique soviétique. Pour la première fois, il apparaissait possible que la totalité du gouvernement puisse disparaître en cas d’attaque sur Washington. D’où ce programme destiné à assurer la continuité du commandement. Toutefois, nombre d’opérations durant la deuxième guerre mondiale étaient couvertes par un secret indispensable et ne pouvaient être exposées au grand jour. La COG s’inscrivait dans le même principe. Dénommé au début « projet jugement dernier » c’est sous Reagan que le terme COG fut consacré.

Le conflit entre le respect de la démocratie garantie par la constitution et la sécurité des citoyens apparaît comme latent. En cas de mise en œuvre de la COG, qui va exercer le pouvoir ? Cette situation correspond à celle d’une attaque avérée, mais les hommes qui vont exercer le pouvoir sont évidemment recrutés à l’avance, et ils ne sont pas élus. On voit poindre la difficulté car le lien entre le peuple et celui ou ceux à qui il a confié sa destinée est rompu.

Il n’échappera à personne que cette « continuité » dans la conduite des affaires de l’État exige une proximité évidente entre ceux qui exercent légalement le pouvoir – c’est-à-dire ceux qui ont reçu l’onction démocratique – et ceux qui pourraient être amenés à l’exercer si les circonstances l’exigeaient. Les mandats électifs sont toujours d’une durée limitée, mais ce n’est pas le cas de ceux qui pourraient être amenés à les remplacer. Il y a dans la société américaine comme dans beaucoup d’autres, une sorte de dualité de pouvoirs qui pourrait se résumer à : « convaincre ou contraindre » ; la philosophe Anna Arendt parlait de « la persuasion par arguments » ou de « contrainte par la force » Le Ku-Klux-Klan est (simple exemple) directement issu de la seconde.

Le clivage entre ces deux formes préexistantes de pouvoir devait naturellement se retrouver entre les légaux et ceux de l’ombre. Le premier signe a été la création de la CIA (Central Intelligence Agency) dès 1947 [3] destinée à supplanter l’OSS (Office of Strategic Services). Ce dernier, créé à l’entrée en guerre des États-Unis, reprenait le rôle jusqu’alors dévolu au FBI, censé être sous le contrôle de l’Administration américaine. Le passage au statut d’agence de la CIA la mettait délibérément hors d’atteinte de ce contrôle. Cependant, sa mission devait s’exercer à l’international, donc à l’extérieur des frontières américaines. Mais ce pouvoir de l’ombre avait pris d’autres formes. Eisenhower avait commencé une lutte très inégale contre lui [4] et le dénonçait très clairement dans son dernier discours de janvier 1961, juste avant l’arrivée de Kennedy, et dont voici un extrait :

« Nous devons veiller à empêcher le complexe militaro-industriel d’acquérir une influence injustifiée dans les structures gouvernementales qu’il l’ait ou non consciemment cherchée. Nous nous trouvons devant un risque réel qui se maintiendra à l’avenir : qu’une concentration désastreuse de pouvoir en des mains dangereuses aille en s’affermissant. Nous devons veiller à ne jamais laisser le poids de cette association de pouvoirs mettre en danger nos libertés ou nos procédures démocratiques. Nous ne devons jamais rien considérer comme acquis. »

Le divorce entre la CIA et la Maison Blanche est consommé avec l’affaire de « la Baie des Cochons » à Cuba lorsque Kennedy refusa d’intervenir. Trois ans plus tard, le 12 novembre 1963, dix jours avant sa mort, le même Kennedy reprenait l’avertissement à son compte en disant :

« La direction du Bureau du Président a été utilisée pour fomenter un complot pour anéantir la liberté des Américains, et avant que je ne quitte le Bureau, je dois informer les citoyens de ces conditions. »

Ceux qui leur ont succédé, Johnson et Nixon, sont restés dans l’optique pacifique du désarmement, initialisé en octobre 1962 après l’affaire des « fusées de Cuba ». Ils se sont opposés ainsi à ceux qu’on allait bientôt désigner comme les « Faucons » par opposition aux « Colombes ». La transition s’est faite durant les mandats de Ford puis de Carter, lorsque les représentants de ce pouvoir de l’ombre ont commencé à saper ce que Reagan qualifiera ensuite comme « l’Empire du Mal ». Durant cette période le JCS (Joint Chief of Staff) ou Comité des Chefs d’État-major des armées, était favorable à une confrontation directe avec l’URSS. À la fin du mandat de Carter, l’État Profond avait pris le pas. Carter, en bon démocrate, s’était opposé à la venue du Shah d’Iran sur le sol américain, mais Rockefeller et Brezinski, deux hommes puissants de l’État Profond, lui forcèrent la main, entraînant la prise d’otages de l’ambassade US de Téhéran.

Puis vint l’élection de Reagan, marquant la fin de deux décennies de combat larvé pour le pouvoir entre la Maison Blanche et l’État Profond. C’est ce dernier qui avait gagné. Le champ devint alors libre pour le « consensus de Washington » [5] qui conduisit à la déréglementation généralisée des services privés et la privatisation des services publiques, dans l’optique de la doctrine néo-libérale de Milton Friedman et de l’École de Chicago.

Pour schématiser, les Faucons de l’État Profond avaient réussi à prendre le contrôle de « l’État apparent » au niveau des opérations extérieures. Il s’en suivit une politique beaucoup plus offensive contre l’URSS et notamment le « piège de l’Afghanistan » en 1980. 1981 fut probablement l’année de transition vers un nouvel ennemi qui, plus tard, se substituerait à l’Union Soviétique : le terrorisme islamique.

Vingt ans plus tard, les attentats du 11 septembre 2001 permettront à l’État Profond de faire passer sans coup férir le « Patriot Act » (toujours en vigueur) marquant ainsi le basculement vers un État plus sécuritaire pour la 1ère fois dans l’Histoire des États-Unis, le plan COG fut mis en œuvre.

Avant même que le dernier avion ne se soit écrasé en Pennsylvanie [6] George W. Bush fut tenu à l’écart de la Maison Blanche et Paul Wolfowitz et d’autres dirigeants furent évacués vers une base militaire proche de Camp David. Dick Cheney – qui avait travaillé pendant plus de vingt ans avec Donald Rumsfeld dans l’État Profond – s’enferma dans un bunker souterrain de la Maison Blanche avec une centaine de collaborateurs en vue de former le « gouvernement de l’ombre ». On notera que Cheney et Rumsfeld s’étaient exprimés en 2000 en se plaignant de la longueur de la mise en œuvre du processus « en l’absence d’un évènement catastrophique et catalyseur comme un nouveau Pearl Harbour ».

Nous connaissons la suite. Au travers de la « guerre contre le terrorisme » les pays du Moyen-Orient comme l’Afghanistan, l’Irak, la Lybie et plus récemment la Syrie, ont été déstabilisés et les actions terroristes se sont étendues dans le monde. On ne voit pas comment, dans l’état actuel des choses, cette guerre pourrait prendre fin.

2nde partie : LA FINANCE FACE À LA DÉMOCRATIE
(cliquez sur le lien)

Jean Goychman
07/06/2017

[1] L’État Profond Américain – Peter Dale Scott (éd. La Demi-Lune) ; p. 46.
[2] Les Secrets de la Réserve Fédérale – Eustace Mullins (éd. Le Retour aux Sources).
[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Central_Intelligence_Agency
[4] http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/article-le-pouvoir-de-la-lumiere-face-a-l-ombre-89352516.html
[5] L’État Profond Américain – Peter Dale Scott ; p. 185.
[6] L’État Profond Américain – Peter Dale Scott ; pp. 76 & 276.



 

 

BILDERBERG − NOS PRÉSIDENTS SONT-ILS « FABRIQUÉS » AVANT D’ÊTRE ÉLUS ?

Dans mon dernier article, je citais les propos de Caroll Quigley qui mettait en garde les peuples libres contre les agissements du groupe de Milner [1]. Il y a quelques jours, un site du Web [2] publiait des propos qui, d’après lui, aurait été tenus par Emmanuel Macron et qui faisaient référence à la façon dont il aurait été sélectionné à la suite d’une sorte de « grand oral » passé en 2014 lors de la conférence annuelle du Club du Bilderberg.

[cliquez sur l’image]

De formation scientifique, le doute est chez moi une sorte de seconde nature. Ces propos ont-ils réellement été tenus par l’intéressé ? Le rédacteur fait référence à une conversation « off » (c’est-à-dire privée en langage journalistique) mais dont il existerait un enregistrement.

Je vous propose donc une autre approche.

Depuis plusieurs décennies, l’informatique embarquée à bord des avions a nécessité un contrôle drastique parce que vital, des informations et des paramètres qui rentraient dans les calculateurs des commandes de vol. Les ingénieurs ont donc imaginé de faire subir à ces paramètres un test dit « de vraisemblance » basé sur des réalités physiques. Par exemple, la vitesse de l’avion peut varier d’un moment à l’autre, mais pas de plusieurs centaines de km/h en moins d’une seconde. On va donc encadrer chacun de ces paramètres à l’intérieur d’un domaine de vraisemblance, de façon à pouvoir l’écarter s’il devient absurde.

Appliquons cette démarche à l’article qui nous intéresse. Le propos cité est le suivant :

« Franchement, soyons honnêtes, Chirac a participé à une conférence Bilderberg, il est devenu président. Manuel Valls a participé à la réunion de 2009, il est devenu premier ministre. Moi on m’avait dit “tu obéis à notre vision européiste et on te fera grimper les échelons” donc j’ai dit banco. »

Chirac, en son temps, a-t-il participé à une réunion du Bilderberg ? Une brève recherche me conduit à un article du journal Sud-Ouest [3] publié en 2011, qui écrit : « Contrairement à ses prédécesseurs, de Pompidou à Chirac, Nicolas Sarkozy n’a jamais été invité au Bilderberg » s’exprime ainsi Étienne Davignon, président à l’époque du comité de direction du Bilderberg. On peut ainsi en conclure que Chirac a participé à au moins une réunion.

Qu’est donc ce Club Bilderberg dont personne ne parle dans les médias grand public ? Une foule d’articles sont pourtant parus depuis de nombreuses années, il y a même eu des reportages télévisés dans les années 70 et certains sont consultables sur YouTube [4] mais depuis une quarantaine d’années, une sorte de « chape de plomb » est tombée dessus. Pourquoi ce halo de mystère ? Il y a des centaines, voire des milliers de sites Internet qui parlent du Bilderberg, mais aucune chaîne de télévision n’en parle. Certains magazines, comme Le Nouvel Obs en juin 2013, s’y sont cependant risqué [5]. Quelle idée principale se dégage-t-elle de la lecture de ces différents articles ?

Créé en 1954 par David Rockefeller et le Prince Bernhard des Pays-Bas, ce club très fermé à pris pour nom celui de l’hôtel hollandais où il est né. Il se compose d’environ 120 à 130 personnes dont seules une trentaine environ sont des « permanents », le reste étant des invités qui peuvent parfois assister à plusieurs séances qui sont des « conférences annuelles » Ce sont pour la plupart des gens de la finance internationale (Henri de Castries – si l’on en croit les listes de participants récentes – en est le Président), des patrons de multinationales (comme Thomas Enders avec Airbus) des dirigeants politiques (comme Henry Kissinger) et des patrons de médias, toutes technologies confondues.

Les invités semblent souvent être des gens « en devenir » repérés par leurs parcours social ou universitaire, sans qu’il y ait une règle précise. Pour mieux connaître le mode de fonctionnement de cette organisation, le lecteur se reportera avec intérêt sur les articles dont les liens sont fournis en notes (3), (5) et [6].

Chirac y a assisté et est effectivement devenu Président de La République. Manuel Valls également en 2009 et est devenu Premier Ministre en 2014. Quant à Emmanuel Macron lui-même, il figure sur la liste des participants 2014, comme François Baroin, Christine Lagarde et Fleur Pellerin. Edouard Philippe et Sylvie Goulard sont sur celle de 2016. On trouve également de nombreux ministres qui y sont passés, et ceci de droite comme de gauche depuis le début, sans parler des Présidents de la Commission Européenne. Un point intéressant, pour ne pas dire capital, est la déclaration faite par David Rockefeller :

« Quelques-uns croient même que nous [la famille Rockefeller] faisons partie d’une cabale secrète travaillant contre les meilleurs intérêts des États-Unis, caractérisant ma famille et moi en tant d’internationaliste et conspirant avec d’autres autour de la Terre pour construire une politique globale plus intégrée ainsi qu’une structure économique – un seul monde si vous voulez. Si cela est l’accusation, je suis coupable et fier de l’être. » [7]

Là, nous ne sommes plus seulement dans une vision européiste, mais bel et bien mondialiste. D’autant plus que le même a ajouté :

« Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New-York Times, Time Magazine et d’autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque 40 ans. Il nous aurait été impossible de développer nos plans pour le monde si nous avions été assujettis à l’exposition publique durant toutes ces années. Mais le monde est maintenant plus sophistiqué et préparé à entrer dans un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l’auto-détermination nationale pratiquée dans les siècles passés. » [8]

(Cette dernière phrase a été citée également par Natacha Polony dans « Bienvenue dans le pire des mondes – le triomphe du soft totalitarisme ».)

Dans la suite du discours que le site lui prête, Emmanuel Macron poursuit en disant :

« L’objectif est de créer une Union Européenne qui n’a plus rien à voir avec l’Europe des Nations, politiquement, culturellement, ethniquement, dans tous les sens du terme. Il faut en finir avec l’ancien paradigme que les Blancs dirigent l’Europe et il faut évidemment lutter contre tous les nationalismes. »

Voilà pour le moins, une certaine convergence de vues. La lutte contre les nationalismes est, de fait, la voie qui conduit à la supranationalité. On remarquera la subtilité sur le plan sémantique qu’emploierait Emmanuel Macron en parlant des « nationalismes ». Il semble cependant évident qu’il ne peut y avoir de nations sans le nationalisme qui sert à les créer… Ce propos aurait pu trouver sa place dans le discours.

Enfin, on trouve également sur ce site une dernière tirade :

« Fillon, Juppé, moi, on vient tous du même club donc le résultat aurait été le même ! “Gauche/Droite”, c’est un système pour manipuler les masses. Le renouveau n’arrive pas, croyez-moi ! »

Là encore, ce propos prêté est confirmé par la lecture des listes de participants. François Fillon a assisté à la réunion de 2013 à Copenhague et Alain Juppé à celle de 2015, accompagné de Laurent Fabius.

Même s’il apparaît difficile d’authentifier de tels propos, les faits concernant le Bilderberg sont avérés. Les archives présentes sur YouTube existent, les articles du Nouvel Obs et de Médiapart sont consultables et il existe par ailleurs une quantité de livres qui font référence à l’existence du Bilderberg et de ses deux « cousins » qui sont la Commission Trilatérale et le club français « Le Siècle ».

Philippe de Villiers n’a pas hésité à transgresser le tabou du silence en interrogeant François Fillon sur la raison pour laquelle il avait assisté à leur conférence de 2013. La réponse est simple, mais éloquente : « Que veux-tu… ce sont eux qui nous gouvernent ! » [9]

Le problème est que les propos prêtés à Emmanuel Macron sont crédibles, et c’est surtout cela qui est grave.

On peut « fabriquer » quelqu’un en très peu de temps et le surmédiatiser afin qu’il se fasse élire. Et ce procédé est « en marche » depuis longtemps. Il s’agit là d’une attaque de la démocratie d’autant plus efficace qu’elle est insidieuse et se répète – probablement à chaque élection présidentielle – depuis des décennies.

Combien de temps encore pourrons-nous subir une telle situation qui ôte aux peuples du monde une souveraineté pourtant garantie par leur loi fondamentale ?

Est-il acceptable que, sur le petit nombre total des candidats participant aux primaires comme au premier tour de l’élection présidentielle, quatre soient passés par la « sélection » du Bilderberg ?

Est-il normal d’avoir à la tête de notre pays un Président de la République, un Premier Ministre et une Ministre de la Défense qui soient dans ce cas ?

Alors, permettez-moi de conclure en citant J.F. Kennedy :

« La direction du Bureau du Président a été utilisée pour fomenter un complot pour anéantir la liberté des Américains, et avant que je ne quitte le Bureau, je dois informer les citoyens de ces conditions. »

(Président John Fitzgerald Kennedy − 1917-1963 − discours à l’Université de Columbia, le 12 novembre 1963 ; dix jours avant son assassinat).

Jean Goychmann
21/05/2017

[1] http://www.gilbertcollard.fr/blog-2/jean-goychman-toujours-cote-obscur-de-force/
[2] http://www.nouvelordremondial.cc/2017/05/16/emmanuel-macron-off-jai-ete-selectionne-groupe-bilderberg-edouard-philippe-ny-a-de-democratie-a-proprement-parler-france/
[3] http://www.sudouest.fr/2011/06/11/bilderberg-le-club-secret-des-puissants-du-monde-423178-755.php
[4] https://www.youtube.com/watch?v=KoJ9ENRz1Wo
[5] http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20130606.OBS2308/ces-puissants-et-mysterieux-messieurs-du-cercle-bilderberg.html
[6] https://blogs.mediapart.fr/victorayoli/blog/280814/bilderberg-gouverne-la-france-0
[7] Mémoires, David Rockefeller, éd. Random House, 1st Trade Ed edition.
[8] David Rockefeller, Baden-Baden, Allemagne, 1991.
[9] https://www.youtube.com/watch?v=yOgiggCVrmc