SYRIE : OBAMA ÉTAIT COMPLICE DE L’ETAT ISLAMIQUE ! (par l’Imprécateur)

Obama est parti. Le prix Nobel de la paix devrait lui être retiré car ce dirigeant américain porte une responsabilité énorme dans la guerre qui déchire encore la Syrie. Est-ce l’approche de son départ qui a commencé à libérer les langues, notamment celle de John Kerry ? L’Histoire répondra peut-être à cette question quand on saura le rôle sinistre qu’Obama y a joué avec sa comparse Hillary Clinton, celle dont la diffusion des mails par les réseaux sociaux – peut-être alimentée par les Russes – fait scandale mais, bizarrement, pas leur contenu.

Tout démarre de la publication par le New York Times, le 30 septembre 2016, des extraits de l’enregistrement audio d’une conversation entre le secrétaire d’État, John Kerry, et des membres de « l’opposition » syrienne.

Rien de scandaleux dans les propos tenus par John Kerry. Il explique aux Syriens le comportement de l’administration américaine.  Les Syriens ne comprennent pas ses hésitations et ses manquements aux promesses d’aide données, John Kerry semble au contraire chercher à justifier son administration. Il en est le chef, cela semble on ne peut plus normal.
Sauf que…

Le New York Times est un journal qui a soutenu les Démocrates, Obama, Clinton et Kerry,  il n’a publié que des extraits, pas l’intégralité de l’enregistrement. Les extraits choisis laissent entendre que le département d’État ne peut plus soutenir la Coalition nationale de l’opposition syrienne et lui demandent de se tourner vers d’autres sponsors. « Sponsors », drôle de mot pour parler du financement de la guerre !

L’enregistrement complet a été publié dans sa version complète de 36 minutes le 1er janvier 2017 par The Last Refuge*. La conversation entre Kerry et les membres de « l’opposition » syrienne a eu lieu le 22 septembre 2016, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. On l’y entend déplorer que le Congrès US refuse d’envoyer des hommes renverser Bachar el Assad et conseiller aux opposants de se trouver une autre puissance militaire pour faire le travail à leur place et leur donner le pouvoir en Syrie.

Le message est clair : « Trump arrive au pouvoir, les Etats-Unis vont abandonner la coalition franco-arabo-etc. qui combattait Assad au premier chef (et Daesh accessoirement), les Etats-Unis abandonnent le combat en Syrie, débrouillez-vous ».

C’est un peu long, 37 minutes. Voici la version courte, 2 minutes :

Croyez-vous que Le Monde, Libération, L’Obs ou L’Express qui dénoncent si volontiers les sites de réinformation auraient publié une nouvelle de cette importance ?
Non, ils ont couvert en revanche avec dévotion de déplacement de feu Hollande en Irak.
On comprend d’ailleurs maintenant pourquoi Hollande est allé en Irak et pas en Syrie, la Syrie, c’est fini-n-i-ni. Mais il y a plus grave, car, après tout, si la paix actuelle obtenue par Poutine peut durer et aboutir à la pacification de la Syrie, tant mieux. Par contre, ce que l’on apprend de la bouche de John Kerry, successeur de Hillary Clinton à la tête du Département d’Etat du président démocrate Obama est sidérant :

Dans l’enregistrement complet, on entend le secrétaire d’État :

– confirmer que le but stratégique de la guerre menée depuis 2011 par l’administration Obama contre la République arabe syrienne était de renverser le gouvernement légal de Bachar el Assad. 

– confirmer que l’administration Obama espérait que Daesh serait en mesure de renverser la République arabe syrienne, ce qui aurait évité aux Etats-Unis de se salir les mains. 

– confirmer que l’administration Obama a approvisionné Daesh en armes.

Autrement dit, nos militaires tués en Syrie, peu nombreux heureusement, et les 240 morts des attentats revendiqués par les suppôts de l’Etat Islamique en France sont à mettre au bilan de Barak Obama, prix Nobel de la Paix et président des Etats Unis.
Car, sans l’Etat Islamique pour les inspirer ou les ordonner, on peut penser que ces carnages n’auraient pas eu lieu.

Nous, blogs de réinformation, nous nous en doutions, mais nous manquions de preuves ce qui permettait à la presse mainstream de nous traiter de complotistes, hoaxeurs et autres amabilités orwelliennes.

Mais qui croira que le gouvernement français, le président de la République, le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur, le ministre des Affaires étrangères et celui des Armées avec les Services du renseignement politique, civil et militaire à leur botte l’ignoraient ?

Déjà, en août 2014, Barak Obama déclare dans une conférence de presse qu’il « n’a pas de stratégie » contre l’Etat Islamique. Pourtant, selon l’Agence Reuters, c’est dès août 2012 ** qu’il a autorisé la CIA et d’autres agences à intervenir en Syrie pour renverser Bacchar el Assad.

Pas de stratégie ! Aveu ahurissant d’un président qui au même moment envoie ses avions bombarder la Syrie et entraine dans une « coalition » où il mêle pour les lier à son mensonge des pays disparates, pour ne pas dire opposés dans leurs intérêts syriens, de l’Arabie saoudite wahabite et salafiste, commanditaire du terrorisme international, à l’innocent Danemark, en passant par les faux-culs français et allemands.
Et si de nombreux pays de l’OTAN sont dans la coalition, ce n’est pas non plus pour éradiquer l’intégrisme islamique de l’Etat du même nom, mais pour les amener à contrer l’influence russe et iranienne qui, en 2014, commence à pointer son nez dans les affaires américaines en Syrie.

Admettons qu’au début le souhait d’Obama était seulement de pousser Assad à partir pour permettre un « printemps » syrien islamiste à la botte de l’Arabie saoudite et du Qatar.  Ces deux pays sont désireux de contrôler la production syrienne de pétrole et de gaz et construire le pipe-line irako-syrien qui permettrait à l’Arabie d’exporter son pétrole via la Méditerranée plutôt que de le faire transiter par tankers via le détroit d’Ormuz contrôlé par les Iraniens et le canal de Suez contrôlé par les Egyptiens.

Mais Assad résiste. Obama, conseillé par les Clinton, voit dans le calife Abou Bakr el Bagdadi qui démarre son Etat islamique, le moyen de lui faire faire le travail sans impliquer trop l’armée américaine. Il laisse les Saoudiens financer l’Etat Islamique et l’armer. Accessoirement, les avions américains bombardent « par erreur » quelques convois de l’armée syrienne légale qui attaquaient des positions djihadistes islamiques. 

Assad reçoit alors le soutien militaire très efficace de Poutine qui veut non seulement conserver sa base militaire de Tartous sur la côte syrienne de la Méditerranée, mais s’est allié à la Turquie pour avoir le libre passage dans les Dardanelles, négocie avec le général libyen Haftar à Moscou pour avoir une base en Libye et avec le roi Hassan au Maroc pour obtenir le passage libre à Gibraltar.

Autrement dit, Poutine pourrait circuler tanquillement de la Mer Noire à l’Atlantique par la Méditerranée pour contrer l’encerclement de la Russie par le Nord-Ouest auquel procède la belliqueuse OTAN qui envoie actuellement ses chars et ses troupes en Pologne.

Et cela sous les yeux médusés de la France dont le plan Sarkozy de grande Méditerranée sous contrôle français a été bousillé par Hollande.

L’aide militaire américaine à l’Etat Islamique et à Al-Qaida-El-Nosra a été confortée par une aide médicale et en formation du personnel djihadiste de l’EI par diverses ONG et les fameux « casques blancs », une pseudo ONG sanitaire truffée d’agents de renseignement payés par les Américains et les Britanniques.
Son « action admirable » était vantée par la presse mainstream et les télés françaises. Kerry parle à ce sujet de « Responsabilité de protéger***.

Et ce n’est pas tout : l’ex-candidat à la présidence John Mc Cain et l’équipe de la CIA au sein du parti républicain, ceux qui ont monté en 2016 le mouvement « Never Trump » étaient d’accord avec Obama pour soutenir l’Etat islamique dès 2012.

Le deuxième à partir de la gauche (celui que l’on voit à peine) est Abou Bakr al Bahdadi, le premier à gauche est Abu Mosa, le chargé de la communication de l’Etat islamique. Abu Mosa a été tué depuis. Il y a eu un certain scepticisme quant la présence d’al-Baghdadi lui-même, et le sénateur John McCain a fortement réfuté cette affirmation. Cependant, The Last Refuge qui a enquêté sur cette photo a montré qu’il y a beaucoup plus d’éléments pour prouver que c’est bien Al Baghdadi qui est derrière Mc Cain que pour prouver le contraire.

Mc Cain s’est rendu en Syrie en 2012, officiellement pour rencontrer ceux qu’il proclamait, comme Laurent Fabius, être « les modérés de l’Armée Syrienne Libre » voulant un état démocratique et laïc. En fait la majorité des troupes de l’ASL, une fois armées et formées par les Etats-Unis et la France, s’est ralliée à l’Etat Islamique, la minorité ayant rallié Al Qaïda dont les chefs proclamaient déjà:

« Le but est d’établir un Etat islamique et non pas un Etat syrien » ( déclaration de Abu Khuder, chef de l’ASL à l’époque).
On comprend pourquoi Mc Cain s’est montré aussi hostile à Trump ! Trump va avoir un sacré ménage à faire !

L’Imprécateur

* The Last Refuge est un site conservateur américain, comme son adresse mail l’indique : TheLastRefuge@reagan.com

** 2012: WASHINGTON, Aug 1 (dépêche Reuters) – Le président Barack Obama a signé un ordre secret (l’ordre 1730712, n d l a) autorisant US soutien aux rebelles qui cherchent à renverser le président syrien Bachar al-Assad et son gouvernement. Cliquez sur WASHINGTON pour avoir la référence

*** Lire sur ce sujet : http://21stcenturywire.com/2016/10/01/diplomatic-frauds-kerry-power-kirby-lying-and-shilling-for-body-bags-and-war-in-syria/

FAIRE LA GUERRE, C’EST S’ENGAGER POUR LA GAGNER (par l’Imprécateur)

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Tout a été dit sur la brutalité des bombardements russes et syriens sur Alep, « deuxième ville de Syrie » et ses « plus de deux cent mille habitants » selon nos journalistes. Des bombardements qui viseraient spécifiquement « le plus grand hôpital d’Alep« , les civils et les enfants. Mais jamais bien sûr les égorgeurs, les mitrailleurs et les assassins du « groupe état islamique » et d’Al Qaïda et de ses filiales, ces fameux amis de la France (dixit Fabius), « qui font du bon boulot« .

Rien n’est dit sur les bombardements « alliés » sur Mossoul dont 90% sont assurés par les F16 américains, 5% par les Rafale français et encore 5% par les « autres » dont on ne dit jamais qui ils sont : Saoudiens ? Allemands ? Belges peut-être ? Eux ne pratiquent, c’est bien connu, que des frappes « chirurgicales » : un snipper sur un toit sans casser une seule tuile, un chef djihadiste assis à son bureau sans même déranger ses papiers, mais ce ne sont que les Russes qui buttent leurs ennemis « jusque dans les chiottes« .

Les Syriens et les Russes font une guerre sale, nous dit-on, pleine de crimes de guerre et de crimes contre l’Humanité. Nous, on fait une guerre propre, on bombarde avec des fleurs pour les adultes et des marshmallows halal pour les petits enfants. C’est d’ailleurs parce qu’ils sont submergés par les fleurs et les marshmallows halal que les habitants de Mossoul gênés par l’odeur des chrysanthèmes et malades de trop de sucreries fuient la ville et se font récupérer par les Peshmergas kurdes. Des braves petits gars qui font au sol le sale boulot que les Américains, les Français et les Autres ne veulent pas faire pour ne pas avoir de sang sur les mains et de tâches sur leurs beaux uniformes.

Comment ? Quand les peshmergas trouvent un djihadiste d’EI parmi les réfugiés, ils les lui couperaient et les lui feraient bouffer crues pour le faire parler avant de lui trancher la gorge ? Tsss, tsss, médisances et ragots de la presse réactionnaire lepéniste d’extrême droite. Les peshmergas que l’on voit sur les infos de la télé sont propres, avec des uniformes bien repassés, des moustaches noires cirées et taillées au poil près comme celle d’Hercule Poirot. Quand ils exigent d’un réfugié homme ou femme fuyant Mossoul qu’il se mette à poil dans la lumière crue d’un projecteur pour s’assurer qu’il ne transporte pas d’arme ou d’explosifs sur lui (ou elle), c’est avec des mots choisis et des excuses, tous les correspondants de guerre des alliés des américains vous le diront.

Pourquoi l’armée syrienne et les Russes avec leurs avions en l’air et leurs spetsnazs au sol mènent-ils une sale guerre sur Alep, ses hôpitaux, ses enfants, ses femmes enceintes et ses vieillards ? Peut-être parce qu’ils ne sont pas, comme les politiciens et journalistes français et américains, atteints du syndrome de Stockholm qui fait que l’on en vient à aimer ses ennemis, même quand ils viennent vous massacrer dans les rues et les salles de spectacle d’Orlando, de Paris et de Nice ?

Même, s’ils ont un passeport français, quand ils rentrent de Syrie ou d’Irak les mains encore tâchées du sang du mécréant qu’on leur a fait égorger en guise de test d’entrée dans l’armée des volontaires de l’Etat islamique ?
Ben oui, on est humanistes nous. En plus, on leur donne le RSA pour qu’ils aient un peu d’argent de poche, on les soigne, on les habille de neuf, on leur donne de la bonne cuisine halal.

Parce que nous, contrairement aux Russes et aux Syriens, on ne fait pas la guerre, on se bat avec les Droits de l’Homme, mais pas ceux du citoyen. En France, c’est bien connu, le citoyen est franchouillard, raciste migrantophobe, réactionnaire, islamophobe, mariniste et bleu comme la ligne bien connue des Vosges. Donc, plus de Droits des l’Homme et du Citoyen, fini le citoyen, ne restent que les Droits l’Homme, avec deux majuscule de gauche, cela va de soi. Seul l’homme de gauche mérite de vivre dans le luxe, les subventions et les aides sociales, le citoyen doit se contenter des impôts, des amendes et des médicaments non remboursés.

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Le rose est tenu par les forces gouvernementales, le vert par EI et/ou AlQaïda et ses filiales locales comme Al Nosra. Le gouvernement récupère la poche djihadiste « rebelle » .

Mais Alep, qu’est-ce que c’est ? En vrai, pas l’image qu’en donnent les medias. C’est une ville de 2,5 millions d’habitants dont plus de 2 millions vivent à peu près tranquilles sous la protection de l’armée syrienne légale.
Ils seraient plus tranquilles encore s’il n’y avait pas à l’Est de la ville un quartier d’un peu plus de deux cents mille habitants, occupé et torturé par la racaille islamiste et djihadiste d’Al Qaïda-Al Nosra et d’éléments d’EI qui cohabitent tant bien que mal et plutôt mal que bien.

Tous ces islamistes vivent sur l’habitant qui subit donc la double peine : les bombardements de ceux qui veulent libérer la Syrie des islamistes pour en refaire l’Etat laïc et paisible qu’elle était il y a dix ans, et les exactions meurtrières des islamistes. Ces derniers, pour l’exemple, égorgent de temps en temps dans Alep-Est un habitant soupçonné de trahison et veulent, eux, que la Syrie reste un califat. Islamique, ottoman ou sunnite, peu importe puisqu’une seconde guerre intra-arabe encore plus cruelle que l’actuelle règlera le problème une fois celle-ci terminée si le djihad remporte finalement la victoire. Dans ce cas, elle restera un califat et adieu la démocratie et la laïcité du régime Assad. Le califat que souhaite l’Occident décérébré à qui les soi-disant « printemps arabes » n’ont pas suffit pour comprendre qui est son seul et vrai ennemi : l’islam sunnite, salafiste et wahabite en pleine conquête de l’Europe, avec en pointe une arme humanitaire très efficace, les migrants qu’Erdogan appelle « nos soldats« .

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Russes et Syriens font la guerre, la vraie, pas la guerre molasse à la Hollande avec des tracts préalablement parachutés pour dire aux habitants et aux ennemis « écartez-vous des cibles, nos F16 et nos Rafales arriveront dans une heure ».
Ça c’est humaniste ! Mais ça n’a jamais fait fuir un ennemi, tous les généraux vous le diront ; enfin, ceux qui ne sont pas encore déchus.
Russes et Syriens veulent terminer la guerre le plus vite possible, car seule l’occupation du terrain par le vainqueur permet de négocier la paix ensuite.

Alors ils regrettent le bombardement de l’hôpital du quartier Est, c’est sûr, mais ce n’est pas le plus important de la ville comme le prétendent nos journalistes depuis leur bureau du XVème arrondissement de Paris, c’est un hôpital de quartier. Les dommages collatéraux sur des hôpitaux et des civils, Russes et Syriens ne sont pas les seuls à en commettre, demandez aux Américains en Afghanistan et en Irak, et jadis sur la Serbie et sur l’Allemagne.

Quand ils lâchaient un tapis de bombes au phosphore sur Dresde, une bombe nucléaire sur Hiroshima, ils ont pensé aux hôpitaux et aux deux ou trois cents mille civils qu’ils ont massacrés à chaque fois ?
Non, ils pensaient « nous devons gagner la guerre le plus vite possible pour la terminer et négocier ou imposer la paix ».
C’est ce qu’il faudrait faire. C’est ce que nous devrions faire, Américains, Français et Autres, en Syrie et en Irak.
C’est ce que nous faisons mal, parce qu’avec mollesse, à Mossoul où l’on voit bien qu’un siège tenu par les peshmergas commence.

C’est ce que font les Russes.

L’Imprécateur

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LA GUERRE EST UNE CHOSE TROP SERIEUSE POUR LA CONFIER A HOLLANDE ! (par l’Imprécateur)

La France a rarement eu un président et un gouvernement aussi belliqueux. Qui sait, puisque la presse du gouvernement bien dressée n’en parle pas, que des forces françaises interviennent actuellement en Libye ? Mieux vaut être discret, c’est entendu. La dramatique défaite de 2011 a certes permis l’élimination de Muhammar Kadhafi. Elle fut un succès militaire sur ce point, bien qu’obtenir le lynchage du chef ennemi n’ait rien de glorieux. Pour le reste, ce fut une catastrophe politique et diplomatique majeure. Elle a abouti à détruire un état stable qui bloquait la migration africaine vers l’Europe pour le remplacer par un foutoir innommable dominé par Al Qaïda et l’OEI (Organisation Etat Islamique), lesquelles ne cachent pas qu’elles organisent et favorisent le départ vers les côtes de l’Europe méditerranéenne de centaines de milliers de migrants. Est-ce ce que voulait le gouvernement français ?

L’Italie intervient de son côté en Libye avec un intérêt économique évident : protéger les exploitations pétrolières de sa compagnie nationale, l’ENI, qui d’ailleurs fonctionnent toujours et que convoitent les troupes de l’Etat Islamique en manque d’argent du fait de ses défaites en Syrie face à l’armée syrienne soutenue par la Russie. La Grande Bretagne et les Etats-Unis interviennent aussi, de façon très discrète, avec officiellement l’objectif d’aider à la reconstitution d’un état libyen stable, en réalité surtout pour contrer l’action des Italiens avec l’espoir de récupérer à terme les champs pétroliers qu’ils exploitent.

La France agit depuis le Tchad d’où partent ses avions, officiellement pour surveiller les dunes du Nord-Mali, en réalité pour mener des opérations de renseignement en Libye où il n’y a plus aucune couverture radar aérienne. Les avions agissent aussi en appui des forces spéciales françaises qui sont sur le terrain et ont notamment aidé les troupes du général Haftar à reprendre Benghazi et Derna. La France fournit aussi, très discrètement, des équipements et des éléments d’entrainement aux troupes libyennes.

Elle ne peut agir ouvertement, aucune des conditions nécessaires n’étant réunies faute d’accord international et de la concurrence que se livrent les différents acteurs potentiels. L’ONU veut éviter une nouvelle action OTAN, l’Italie – ex-colonisateur – a toujours de gros intérêts en Libye et essaie de constituer une alliance militaire (la LIAM) avec divers pays arabes et la Grande-Bretagne, l’Union européenne cherche surtout à bloquer l’immigration avec EU NAVFOR (connu en France comme « opération Sophia ») dont Angela Merkel a récemment vanté l’efficacité à Barak Obama.

La France a pour objectif principal de rétablir une situation stable en Libye qui permettrait un contrôle du Sud libyen, foyer et refuge de toutes sortes de milices djihadistes qui déstabilisent les pays africains de la région sahélienne sous contrôle français. Ce contrôle est militairement assuré sur 5 pays (1) par l’opération Barkhane. Grâce à l’expérience et à l’efficacité de nos armées, c’est un succès sur le plan militaire, mais qui n’est pas garanti dans le temps. Si les militaires partent, les djihadistes musulmans qu’ils combattent reviendront aussitôt depuis le Nord-Nigeria ou le Sud-Lybie sans que les armées nationales locales, pourtant en grande partie armées et entrainées par les soins de la France et de l’ONU, puisse s’y opposer, comme on l’a vu au Mali après la fin de l’opération Serval.

En réalité, il est illusoire de compter sur des forces étrangères, françaises ou autres, pour restaurer la sécurité dans le Sahel. « S’il est une leçon à tirer du fiasco occidental en Afghanistan, c’est que tôt ou tard, des forces étrangères sont perçues comme des forces d’occupation. Le véritable enjeu n’est pas, comme l’annonçaient les Américains en Afghanistan, de « tuer les méchants », mais de répondre au désespoir d’une jeunesse sans capacité d’insertion économique ou sociale, travaillée par un islam rigoriste, et dont les meilleures perspectives se situent, objectivement, non dans une agriculture marginale, mais dans les trafics illicites contrôlés par des groupes armés » (Serge Michailof, Africanistan, Ed. Fayard 2015).

La question que le gouvernement français devrait se poser est : La présence continue de soldats français au Sahel est-elle un facteur de stabilité ? « Le Sahel est constitué d’une série de poudrières autour desquelles circulent des groupes brandissant des torches enflammées. L’armée française tente d’éteindre ces torches avec les petits moyens qui sont les siens : 3 500 hommes sur une superficie correspondant à six ou sept fois celle de la France« .

Seuls des Etats nationaux fonctionnels pourraient restaurer la sécurité.
Cela impliquerait de consolider ou de reconstruire non seulement les armées nationales mais aussi les gendarmeries, les administrations territoriales, les systèmes judiciaires. Or ces pays n’en ont pas les moyens et rien n’indique que leurs élites politiques en aient l’envie : « souvent corrompues, gérant leurs ressources humaines en fonction de critères ethniques ou clientélistes, payant leurs soldats de manière épisodique« . Depuis les indépendances il y a soixante ans, elles vivent fort bien de la misère de leurs peuples.

Sans oublier la question démographique que personne ne veut examiner et qui, affirme Serge Michailof, va avoir pour résultat que « l’Afrique va se retrouver dans nos banlieues« .

La presse élyséenne (autrement dit la presque totalité de la presse française) ne parle quasiment plus de l’engagement militaire français en Syrie dans le cadre de la coalition américano-saoudienne. Elle ne parle que des « exactions » que commettrait l’armée syrienne dans sa reconquête. Si l’hôpital d’Alep saute ou si un camp de réfugiés est bombardé, c’est forcément l’armée syrienne. La presse française ignore-t-elle que dans toutes les villes reprises à l’EI, que ce soit par les Kurdes ou les Syriens, les hôpitaux ont été retrouvés piégés aux explosifs par les djihadistes avant leur fuite ? À Palmyre, par exemple, ce sont les Russes qui sont en pleine opération de déminage de l’hôpital. Ignore-t-elle aussi que les « alliés » ont déjà commis plusieurs erreurs dans leurs bombardements et que selon deux rapport successifs de l’ONU ce sont les djihadistes d’Al Nosra-Al Qaida et ceux de l’EI qui utilisent du gaz moutarde pour attaquer le Syriens ? Cela s’est encore produit récemment à Deir Ezzor.

En Syrie, c’est l’échec total ! La presse française avait pourtant raconté que nos Rafales, Mirages, et le Charles de Gaulle allaient sceller le sort de ce salaud de Bachar el Assad en trois coups de cuiller à pot. Hollande, Fabius et aujourd’hui Ayrault sont dans une ignorance dramatique des questions arabes. Elle ne risque pas d’être sauvée par l’inculture abyssale du personnel diplomatique français (2) qui, même quand il est compétent (car heureusement ça arrive), se garde bien, par sécurité professionnelle, de démentir les élucubrations des conseillers énarques de l’Elysée et du Quai d’Orsay. Il leur raconte donc ce qu’ils souhaitent entendre.

On a oublié la Syrie heureuse, prospère, multireligieuse et multiculturelle d’avant la grande déstabilisation lancée par le lobby américano-saoudien qui voulait y faire un « printemps arabe » selon les Américains, « printemps islamiste » selon les saoudiens.

En matière arabe et musulmane, les Américains sont tout aussi niais que les socialistes français. Ils n’ont pas vu ni compris dans quel piège les entrainait l’Arabie saoudite qui a deux objectifs : préserver sa richesse colossale et son pétrole, et exporter son idéologie, le wahhabisme ou islam radical, en Europe.

En Syrie c’est la Russie qui commence à apporter la bonne solution : rétablir Bachar el Assad et son pouvoir laïc et socialiste.
Le problème n°1 est que Washington est incapable de repenser le cadre stratégique de ses relations avec la Russie. « La cohérence semble la grande absente de leur politique au Moyen-Orient. En Syrie, les États-Unis adoptent une approche au coup par coup. Après l’échec avéré de la coalition à éradiquer l’État islamique, le fiasco du programme d’entraînement des rebelles pour renforcer des groupes modérés au détriment de groupes jihadistes soutenus notamment par l’allié saoudien, un pari sur l’opposition kurde visée par l’allié turc et une convergence ponctuelle avec les Russes pour favoriser une issue politique à Genève, les Américains font finalement marche arrière » (Revue Défense).
Le problème n°2 est que Hollande et Fabius, aujourd’hui Ayrault, sont incapables d’autre chose que d’un suivisme stupide de leurs « alliés » américains et saoudiens.

Obnubilés par la Chine et inquiets du rapprochement stratégique entre Moscou et Pékin, les Américains croient pouvoir le gêner – à défaut de l’empêcher – en  contrant systématiquement les Russes dans toutes les crises. Une politique de puissance portée par une vision stratégique à long terme aurait dû pousser Washington à apaiser les tensions avec Moscou pour jouer des oppositions dans la relation sino-russe.
La politique à courte vue du président Obama ne peut aboutir qu’à prolonger les crises.

La France est absente des négociations en cours sur la Syrie et elle a abandonné les chrétiens de la région : aucun écho médiatique à l’explosion de la grande église de Mossoul dynamitée par les djihadistes de l’EI le 24 avril, l’une des dernières encore debout (il y  avait 40 églises à Mossoul du temps de Saddam Hussein).

Alors que la France accueille toujours plus de musulmans, les chrétiens syriens qui souhaiteraient se réfugier en France ne le peuvent plus et sont les seuls à être refoulés. Les visas ne sont plus accordés aux chrétiens et Bernard Cazeneuve justifie ce comportement raciste (3) par « des raisons de sécurité« . Il était également difficile de ne pas être écœurés en voyant le pape François baiser les pieds de douze « réfugiés » musulmans de trois familles musulmanes et les ramener au Vatican, ne prenant pas dans son avion de familles chrétiennes parce qu’« elles n’avaient pas les papiers en règle ».

Et quoi encore, les chrétiens avaient les pieds sales ?

L’Imprécateur

Bannière 2016

1 : L’opération Barkhane  a succédé le 1er août 2014 à l’opération Serval et mobilise quelque 3500 militaires en Mauritanie, au Mali, Niger, Tchad et Burkina Faso. Dix soldats français avaient été tués lors de l’opération Serval, déployée de janvier 2013 à juillet 2014 au Mali, sept militaires français ont été tués depuis le lancement de l’opération Barkhane qui a succédé le 1er août 2014. À leur lancement, le président Hollande affirmait que ces opérations ne dureraient que « quelques mois » : 17 morts pour la France, un coût élevé, et c’est loin d’être fini.

2 : Il fallait que le représentant de la France à l’ONU et le personnel diplomatique français soient sacrément ignorants de l’histoire du Moyen-Orient pour voter une résolution UNESCO décrétant que le Mur des Lamentation n’est pas juif et appartient au patrimoine culturel musulman. Comme si l’on disait que la Sainte chapelle était à l’origine une mosquée.

3 : le refus ou la critique de l’islam étant considéré par la loi française comme un acte raciste, il va de soi que si cette religion est définie comme une race par la loi, les autres doivent l’être aussi. Refuser des chrétiens est les accuser d’être porteurs d’insécurité est donc également un acte raciste.

AL-NOSRA, LE CURIEUX « ALLIÉ » DE MM. HOLLANDE ET FABIUS (par l’Imprécateur)

Mais qui est Al-Nosra, l’allié que Fabius et Hollande ont choisi pour la France dans sa lutte pour tuer Bachar el-Assad et faire un « printemps arabe » syrien, c’est-à-dire donner le pouvoir aux islamistes locaux ?

Jabhat an-Nuṣrah li-Ahl ash-Shām, appelé en Europe Al-Nosra, signifie « Front pour la victoire des Gens du Sham« . Le Sham, c’est la région qui borde la Méditerranée orientale et correspond en gros à l’ancien Levant : Syrie, Liban, Palestine et Israël. C’est un groupe armé de musulmans sunnites-salafistes qui mène le djihad pour reconquérir la région et en chasser, ou en exterminer, toutes les autres composantes religieuses qui refuseraient la soumission à leur islam rigoriste. Il est affilié depuis son origine à Al-Qaïda. Il a une base arrière au Liban, mais son implantation principale se trouve dans le Nord-Ouest syrien avec les villes d’Alep et Homs. Depuis novembre 2013, il a pris le nom de Al-Qaïda fi Biladu ash-Sham, « al-Qaïda au pays du Sham » qui inclut en plus du Levant le Sud de la Turquie, ce qui ne plait pas du tout à Erdogan !

Grâce à l’appui en argent et en armes de la France et des États-Unis, il est devenu l’un des plus importants groupes rebelles et terroristes de la guerre civile. Cet appui, il l’a obtenu en faisant croire à Obama et Hollande, fraîchement arrivés au pouvoir en 2012 en toute ignorance du Moyen-Orient et de l’islam, qu’il représentait une opposition islamique modérée à Bachar el-Assad, « bourreau de son peuple« , ce qui est aussi exact que les arguments avancés pour tuer Saddam Hussein accusé de détenir des « armes de destruction massive » et Muhammad Kadhafi accusé de vouloir faire « un bain de sang  à Benghazi« . Dans les deux cas, il y avait eu au départ la CIA et Al-Qaïda pour financer et armer les rebelles.

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Le drapeau d’Al-Nosra-Al-Qaïda en haut, est souvent confondu dans les photos de djihadistes présentées par la presse avec celui de l’Etat Islamique reconnaissable à son cercle blanc.

Al-Nosra a commencé à se constituer en force armée et politique peu après l’amnistie accordée en janvier 2011 par Bachar El-Assad à la quasi-totalité des djihadistes syriens à qui il avait infligé peu avant une sévère correction. Bachar, arrivé au pouvoir en 2000, était encore un peu naïf à la manière socialiste (il est socialiste en tant que chef du parti socialiste syrien, le Baas), et croyait, comme Valls avec les terroristes français de retour de Syrie, que pardonner aux intégristes qui avaient tenté de le renverser lui vaudrait la reconnaissance des sunnites syriens devenus majoritaires dans ce pays du vivre-ensemble laïc multiconfessionnel et multiethnique. La loi du Talion n’étant pas un euphémisme chez les sunnites, nombre des amnistiés rêvaient d’une vengeance féroce et ils en trouvèrent l’opportunité avec la venue à mi-juin 2011 d’une équipe de l’Etat Islamique en Irak qui leur proposa argent, hommes et armes. Ils se mirent d’accord et furent rejoints par des vétérans syriens qui s’étaient battus en Irak sous la bannière de l’E.I.I. qui était alors une filiale d’Al-Qaïda en Irak, financée par nos alliés et amis l’Arabie Saoudite et le Qatar.

Pour faire simple : l’Arabie Saoudite, islam sunnite de rite intégriste wahhabite, engendre Al Qaïda, qui après son succès du 11 septembre 2001 engendre Etat Islamique en Irak. E.I.I, qui conquiert le Nord de l’Irak. Pour conquérir la Syrie, E.I.I. engendre Al Nosra, islam sunnite et salafiste. Vous suivez ? Mais une fois la Syrie partiellement conquise et E.I.I. rebaptisé État Islamique en Irak et en Syrie (ISIL, acronyme arabe « Da’esh »), abrégé en État Islamique, E.I. parce qu’il se voit conquérir le monde, Al Nosrah préfère son grand-père Al Quaïda à son père E.I.

C’est à dire que, après avoir été provisoirement l’allié de son papa l’État Islamique d’Irak, au point que la fusion des deux groupes terroristes avait été annoncée, Al-Nosra s’en sépara pour redevenir, en 2013, la filiale locale syrienne de son grand-père, Al-Qaïda. À l’ONU, depuis 2014, Al-Nosra est sur la liste de la résolution 1267 des organisations terroristes rattachées à Al-Qaïda. Cela n’émeut pas le moins du monde Hollande et Fabius qui voient toujours Al-Nosra comme un bande de copains « qui font du bon boulot » (dixit Fabius). Avec une telle ignorance des réalités et un tel aveuglement, ils ne faut pas être surpris qu’ils se soient laissé rouler avec autant de facilité par ces gentils musulmans qui mitraillent, égorgent et gazent avec modération, et ne découvrent qu’aujourd’hui 10 500 djihadistes potentiellement dangereux dans les 20 000 fiches des services français de renseignement.

Parenthèse pour dénoncer un fantasme très répandu à gauche où l’on dit que le salafisme n’est pas du tout le sabre de l’islam mais une ascèse, une discipline de l’esprit visant à la perfection islamique. À C dans l’air, récemment, Roland Cayrol, dit La Voix de son maître en raison de son évidente allégeance à Hollande, soutenait encore que c’était une erreur de croire le salafisme dangereux. Le recteur de la mosquée de Bordeaux, Tarek Obrouk, peut soutenir le contraire, et à C dans l’air, Mohamed Sifaoui réclamer l’expulsion des imams salafistes et la fermeture de leurs mosquées en raison de leur extrême dangerosité, rien n’y fait, il y a encore des gens de gauche pour croire que le salafisme serait un islam « modéré ». On ne peut pas forcer à boire un âne qui n’a pas soif !

Pour l’islam soufi, que l’on ne connaît en France (et encore !) que par les derviches tourneurs, le djihad est uniquement une ascèse. Ils sont pacifistes, accueillent volontiers chrétiens et juifs et participent, s’ils y sont invités, à des messes ou au shabbat. images-2

Le plus connus des soufis sont ceux de l’orde mevlevi. Ils tournent sur eux-mêmes en musique jusqu’à atteindre une sorte de transe et d’extase, le « samâ », qui signifie « l’écoute », celle des deux « shayhs », des maîtres spirituels. L’un est le pendant du pape, mais il forme son successeurs de son vivant, il y en a donc toujours deux. En 2007, ils ont tenu à rencontrer le pape Jean-Paul II.

Pour l’islam chiite (Iran principalement) 10 % des musulmans dans le monde, il y a deux formes de djihad : le djihad guerrier qui recommande l’extermination de ceux qui offensent Allah, ils l’appellent « petit djihad » avec un certain mépris, mais peuvent le pratiquer si nécessaire, et le « grand djihad » qui est ascétique, mais avec moins de rigueur et de profondeur que le djihad soufi.

Pour l’islam sunnite, le djihad ascétique n’est pas absent mais il n’est que très peu pratiqué, le seul vrai djihad est le djihad guerrier violent, le salafisme.

Le problème, c’est qu’en France nous avons 95 % de sunnites (80 % dans le monde) et très peu de chiites, essentiellement des Marocains, qu’ils soient alaouites comme le roi Hassan II, hanbalites ou malékites. C’est pourquoi, de la Somalie (milices salafistes Al Shabaab) à l’Algérie (Groupes Islamistes Armés), de la Syrie (E.I., Al Qaïda et Al Nosra) à la France (salafisme diffus) le djihad salafiste est à plus de 95 % violent.

Mais revenons à notre « allié » Al Nosra. En mars 2013, le Los Angeles Times révèle que, selon le Département d’État, il est impossible de distinguer le Front Al-Nosra d’Al-Qaïda. Furieux, Le Monde, le quotidien du PS, bondit : « plusieurs témoignages recueillis dans le nord de la Syrie laissent penser que Jabhat Al-Nosra est un groupe très majoritairement syrien, autour de 80 %, sans lien organique avec Al Qaïda« . Comme disait Michel Charasse « si l’on veut ignorer ce qui se passe réellement dans le monde, il faut lire Le Monde« . Mathieu Guidère, professeur d’islamologie réputé, bondit à son tour pour contredire Le Monde en déclarant en avril 2013 que les djihadistes étrangers sont « désormais majoritaires aux deux tiers par rapport aux Syriens » au sein d’Al-Nosra. Il ajoute que ces étrangers ont modifié la mission initiale du Front al-Nosra, qui était de faire tomber le régime alaouite de Bachar el Assad, accusé par les sunnites de massacrer les musulmans salafistes, autrefois très minoritaires en Syrie, mais que le gouvernement socialiste français appelle « le peuple syrien« . Ce qu’ils veulent maintenant, c’est renverser El Assad pour prendre le pouvoir et instaurer la charia dans ce pays encore laïc, multiconfessionnel et multiethnique dans les parties de la Syrie toujours contrôlées par le pouvoir légal de Bachar, les seules où l’on trouve encore des chrétiens, des druzes, des chiites, des coptes, des araméens, etc.

Abou Bakr al-Baghdadi, le calife d’E.I. a révélé (9 avril 2013) le parrainage du Front Al-Nosra par son organisation, caché jusqu’ici « pour des raisons stratégiques et de sécurité » selon lui, et déclaré que c’est lui qui avait choisi le chef actuel d’Al-Nosra. Et c’est là que ledit chef, Al-Joulani, le trahit et annonce rallier Al-Qaïda ! En représailles, Al-Baghdadi organise des attentats multiples et meurtriers à Alep et Homs, qui tuent des milliers de civils et que l’on attribue à l’époque à Bachar El-Assad. En France, les pieds nickelés acceptent sans vérification cette version. En même temps, Al-Joulani rallie aussi le groupe Jayish al islam et intègre avec lui le Front islamique qui a des ramifications internationales et ferraille contre tout ce qui n’est pas musulman sunnite intégriste.

Le 30 mai 2013, les autorités turques annoncent l’arrestation de 12 terroristes d’Al-Nosra en possession de grosses quantités de gaz sarin qu’ils faisaient entrer en Syrie. La presse française et le Quai d’Orsay, toujours aussi bien informés, annoncent que Bachar El-Assad va bombarder son peuple au gaz ! Les SR français auraient pu dire la vérité, mais il faut savoir qu’il est très dangereux pour une carrière de fonctionnaire de dire des choses qui pourraient désillusionner Hollande, Valls, Fabius et la presse romancière de gauche. Quant à la presse, encore plus servile, elle a ramené des « preuves » données par Al-Qaïda, notamment à deux journalistes de Paris-Match. Ce n’est que récemment que des « rebelles » à Bachar El-Assad ont été pris en flagrant délit d’utilisation d’armes chimiques

En novembre 2013, Al-Qaïda annonce qu’Al-Nosra est bien la seule organisation terroriste qui représente Al-Qaïda en Syrie. D’où l’actuelle partie de billard à trois bandes principales : l’armée nationale syrienne de Bachar el Assad – Al-Qaïda-Al-Nosra – l’Etat islamique, chacun se battant contre les deux autres. À ces trois -là, il faut ajouter quelques efflorescences marginales telles que les Turkmènes antikurdes, les Kurdes anti-E.I., le Hezbollah anti-Al Qaïda, les Peshmergas iraniens anti-sunnites, les brigades Jund al-Aqsa, Jaish al-Sunna, Liwa al-Haqq, Ajnad al-Sham et Faynad dal-Sham qui sont anti-tout-le-monde mais se laissent acheter par le plus offrant, sans oublier les soi-disant « modérés » comme le mouvement Hazm, et l’Armée Syrienne Libre-anti Bachar qui revendent les armes que leur donne la France à Al-Qaïda ou à l’E.I. suivant la meilleure offre… On trouve les djihadistes français en Syrie principalement chez E.I. et Al-Nosra.

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Bref, on comprend que les intellects non formés à appréhender, comprendre et analyser des situations complexes soient perdus et, comme Fabius et Hollande, se promènent là-dedans comme « Oui-Oui chez les terroristes« .  Des Syriens déguisés en moutons modérés leur avaient dit que Bachar était le grand méchant loup, ils l’ont cru. Ont-ils compris avec le 13 novembre qu’ils se sont fait rouler ? C’est l’énigme dont nous connaitrons la solution dans les prochaines semaines, si Hollande tient ses promesses de féroce implacablitude.

L’Imprécateur

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POUR COMPRENDRE LE CONFLIT SYRIEN (par Maurice D.)

« Ne parlez pas trop de Daesch, ça fait peur aux gens et ça développe l’islamophobie« . C’est en substance ce qu’a fait savoir le gouvernement aux médias qu’il paie pour pouvoir leur dicter ce qu’ils ont à dire.
Alors parlons-en !
Car l’Etat Islamique progresse partout où il s’est implanté : Syrie et Irak, Nigeria et Libye d’où il annonce ouvertement son intention de conquérir le ventre mou et riche du monde, l’Europe, en commençant par l’Espagne, l’Italie et la France. Le cœur de cet Etat Islamique qui nous menace, c’est le califat irako-syrien en train de se construire. C’est là qu’il faudrait frapper fort pour le détruire, et assécher du même coup les métastases islamiques qui prolifèrent ailleurs sous l’œil hébété de la « communauté internationale » que constituent quelques pays occidentaux, sous la coupe américaine, et leurs alliés douteux.

Chaque conquête nouvelle de l’E.I. donne lieu à une « réunion d’urgence » onusienne ou européenne où l’on se lamente et prononce des phrases martiales, sans tirer les conclusions d’une analyse réaliste de la situation, où l’on soutient que l’action des pseudo « alliés » est efficace, que l’Etat Islamique est une marionnette créée par Bachar El-Assad, qui s’effondrera dès que celui-ci aura été supprimé ce qui est la seule urgence.

Où est la source d’information objective qui permettrait à nos dirigeants de prendre la bonne décision d’action ? Pas chez les pantins « modérés » syriens réfugiés en France, qui racontent aux fonctionnaires du Quai d’Orsay ce que ceux-ci ont envie d’entendre et colle avec la théorie fumeuse sur le monstre Assad qu’ils ont élaborée et vendue à leur ministre Fabius et au chef de l’État. Le reste vient de pseudo spécialistes du monde arabe et de reportages de journalistes, prudemment restés du côté turc de la frontière turco-syrienne, qui élaborent leurs théories et dictent leurs articles sur la base de rumeurs  circulant dans la région et de communiqués orientés du Pentagone ou d’ailleurs.

Si une voix discordante s’élève, on ne l’écoute pas, comme celle de cette syrienne d’un institut d’études politiques qui expliquait récemment à C dans l’air que les musulmans modérés et laïcs sur lesquels les occidentaux croient pouvoir s’appuyer en Syrie pour remplacer Bachar El-Assad sont une fiction : « Il n’y a pas de laïcs sur le terrain, que des djihadistes« . Samuel Laurent, journaliste à Valeurs Actuelles, aidé par de vieux amis syriens a, malgré leurs avertissements, pénétré en Syrie pour y circuler sous la protection d’amis d’une milice de l’Armée Syrienne Libre. Il confirme cette affirmation dans son article « Plongée dans le chaudron syrien » : les Syriens qui se présentent aux occidentaux comme « démocrates », « modérés », « laïcs », sont des leurres créés pour obtenir de l’argent et des armes.

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Des miliciens de l’ASL exécutant leurs prisonniers fidèles à Bachar El-Assad

Pourquoi personne de crédible n’ose-t-il pénétrer en Syrie ? Parce que la peau d’un non musulman y vaut très cher, mais sa vie pas grand-chose. E.I. paie jusqu’à 500 000 $ un journaliste ou un diplomate occidental pour en faire ensuite un trophée qui sera égorgé pour la propagande islamiste, ou revendu à son pays d’origine pour le double ou le quadruple de son prix d’achat. Dans un pays en ruines où tout manque, où une femme est vendue entre 50 et 200 $ au marché, où l’argent fait cruellement défaut, toute somme à cinq zéros est une aubaine inespérée, même pour les brigades djihadistes soi-disant « modérées » de l’ASL. Les journalistes ont raison de rester à l’abri en Turquie ou au Liban, car ils savent, mais le disent peu, que derrière les étiquettes politiques et religieuses des djihadistes, il y a avant tout des trafiquants prêts à vendre au plus offrant otages, nourriture de l’aide internationale, médicaments et armes.
Or qui a de l’argent à profusion ? Les émissaires de l’Etat Islamique et Al Qaïda, les deux étant financés par les Arabes du Golfe, les alliés des Américains et des Français.

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C’est ainsi que l’on retrouve des fusils, des munitions, des missiles français et américains, des produits de l’aide occidentale, et même des papiers d’attribution de RSA appartenant à des djihadistes français, dans les caches de djihadistes d’E.I. découvertes lors des rares avancées des « alliés », à Kobané par exemple, reprise par les Kurdes.

Ensuite, il y a la complexité de la situation sur le terrain, car il n’y a pas, en Syrie comme en Irak ou en Libye, un bon musulman démocrate opposé à un méchant musulman intégriste et à l’armée d’un dictateur, mais plusieurs groupes islamistes aux contours fluctuants en fonction d’alliances durables ou passagères.

Les « loyalistes » sont l’Armée syrienne légale et fidèle au gouvernement, et les milices chrétiennes, druzes, kurdes, alaouites, yézédies, soufies, chiites et même certaines milices sunnites, qui s’opposent au totalitarisme musulman. Les loyalistes, c’est la société multiculturelle et multi religieuse qui vivait autrefois dans une paix relative mais prospère sous la poigne de fer du clan Assad. Leurs soutiens principaux sont l’Iran et la Russie, par réalisme géostratégique et géopolitique. Et aussi l’Irak qui aide à l’approvisionnement militaire de l’armée syrienne loyaliste depuis l’Iran, et des pays comme l’Algérie et l’Egypte qui jugent avec bon sens que plutôt que de le persécuter, iil vaudrait mieux laisser Assad exterminer les syriens fondamentalistes soi-disant « modérés » et « démocrates » de l’ASL alliés à Al Qaïda, ainsi que l’Etat Islamique.

Les « rebelles », ce sont officiellement l’Armée Syrienne Libre. L’ASL n’a rien de « modéré » ni de « démocratique », beaucoup de ses unités sont islamistes, les autres ont plutôt à voir avec le grand banditisme et pillent pour revendre à E.I. ce qu’elles n’ont pu obtenir en quantité suffisante des naïfs occidentaux, essentiellement des armes et des munitions. C’est ainsi que des missiles Milan français sont utilisés par E.I.
L’ASL « démocrate et musulmane modérée » est en réalité une composante du Front islamique, lui même filiale d’Al Qaïda qui agit en Syrie sous l’étiquette Al Nosra. Pour obtenir argent et armes des Occidentaux, ASL-Al-Qaïda-Al-Nosra, qui selon Fabius « fait du bon boulot« , combat les loyalistes de Bachar El-Assad, mais en même temps combat aussi E.I. son concurrent religieux direct pour la construction d’un califat qui sera soit sous la coupe d’E.I. si E.I. l’emporte, soit celle d’Al Qaïda si ASL-Al Nosra l’emportent, mais toujours un califat islamiste fondamentaliste et esclavagiste.

Les « alliés » des rebelles sont « Les Alliés » anti-Daesch, occidentaux et sunnites des pays du golfe. Mais ASL-Al-Nosra constate que les djihadistes d’E.I. « sont mieux équipés que nous. Ils disposent d’une quantité impressionnante d’hommes et d’armes lourdes et de beaucoup d’argent… Les Saoudiens ne nous donnent presque rien comparé à ce que reçoit l’E.I. ». C’est là le témoignage rapporté par Samuel Laurent d’une réalité que l’on veut ignorer au Quai d’Orsay et à la Maison Blanche : l’Arabie saoudite, Qatar et la Turquie jouent sur les deux tableaux, alliés des Occidentaux, mais aussi alliés discrets mais généreux d’E.I.

Car Saoudiens et Turcs ont un plan qui n’est pas celui des Occidentaux auxquels ils sont alliés, c’est de se partager la Syrie une fois qu’elle sera débarrassée du gêneur El Assad. Alors ils aident beaucoup E.I. et un peu ASL-Al-Nosra-Al-Qaïda avec le Front islamiste. Idéologiquement, l’ASL leur est acquise, salafiste et pro-charia, mais d’un côté elle croit qu’elle pourra gagner son indépendance, de l’autre elle n’a aucune intention d’instaurer démocratie et laïcité : « Le Syriens veulent la charia, pas la démocratie » déclare à Samuel Laurent Abou Zuheer, chef d’une milice ASL alliée du Front islamique.

Les « Syriens«  pour l’ASL et le Front islamique, ce sont les sunnites salafistes fondamentalistes. Les autres musulmans, sunnites de tendance soufie, chiite, alaouite, druze, kurde, malékite ou yézidie, ainsi que les chrétiens coptes, araméens et autres, sont des mécréants et de surcroît des races inférieures juste bonnes à être tuées ou mises en esclavage, comme le prescrit la charia, comme le fait déjà E.I.

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Légende : « Des djihadistes décapitent des miliciens pro-régime »

En ajoutant la milice sunnite Ahrar-Al-Sham qui tient partiellement la côte syrienne méditerranéenne, vous avez « les alliés » où chacun ayant son plan il est impossible d’avoir une stratégie cohérente, ce qui fait le bonheur d’E.I qui en profite pour avancer ses pions. La prise de Ramadi en Irak et de Palmyre en Syrie est symbolique de ce foutoir occidental : deux centres névralgiques, des champs pétrolifères et gaziers, plus au total 500 000 habitants livrés à E.I. par incompréhension, incompétence et calculs cyniques.

Les chefs militaires disent qu’attaquer des petites unités de djihadistes E.I. éparpillées coûte trop cher, mais où étaient leurs avions, hélicoptères et drones quand pour attaquer massivement Palmyre E.I. à du masser des troupes en plein désert ?
Pourquoi ne bombardent-ils pas les oléoducs qui permettent à E.I. de s’enrichir en exportant pétrole et gaz ?
En réalité la volonté politique occidentale de détruire E.I. fait défaut et E.I. le sait. « Laissons d’abord E.I. régler son compte à Bachar qui est trop fort pour nous, on se débarrassera ensuite d’E.I. » C’est le calcul franco-américain des Alliés. C’est le même calcul stupide que celui déjà fait en Afghanistan où les Etats-Unis ont financé l’Al Qaïda de Ben Laden et les talibans pour faire partir les Russes, puis ont du se battre pour essayer sans succès de se débarrasser des talibans qui sont de fait au pouvoir en Afghanistan aujourd’hui, et d’Al Qaïda qui prospère en Syrie et au Maghreb, financée en sous-main par les alliés des États-Unis, l’Arabie et le Qatar.

carte-syrieLe Maroc était favorable à une intervention de l’ONU.
Les pays en rouge sont hostiles à l’intervention des alliés, ils voulaient qu’on laisse Assad régler le problème de l’opposition de sunnites fondamentalistes et celui de l’E.I.
Les pays en verts ont été favorables à une intervention pour tuer Assad et dépecer la Syrie, les Turcs souhaitant y étendre un protectorat de type ottoman, les Arabes et Qatar ne voulant que prendre le contrôle des richesses pétrolières et gazières.

4 000 frappes aériennes et 2,5 milliards ont été dépensés par les occidentaux  pour rien. « C’est un échec à tous les niveaux. Au niveau tactique, clairement, puisque l’État islamique a toujours les moyens de conduire des opérations offensives majeures…
C’est aussi un échec pour la stratégie américaine
 » a déclaré le général américain Michael Barbero.

Pourtant la solution n’est pas d’aller sur le terrain comme certains le préconisent, bien qu’ils aient théoriquement raison car les seules victoires durables sont celles des fantassins au sol. Pour gagner au sol, il faut le soutien majoritaire de la population, comme ce fut le cas en France et dans d’autres pays pour en chasser les nazis.
Or, en Syrie, les sunnites fondamentalistes sont majoritaires et même de plus en plus majoritaires puisque les autres, musulmans non salafistes et chrétiens fuient le pays s’ils n’ont pas été massacrés. Une intervention au sol des alliés sous la bannière américaine produirait une alliance de toutes les vipères miliciennes sunnites qui aujourd’hui s’entre-tuent, pour empêcher les mécréants d’établir un pouvoir démocratique, multiconfessionnel et multiethnique.

Deux autres solutions sont parfois suggérées qui consisteraient soit à recoloniser pour administrer et imposer la paix et le « vivre-ensemble », soit à dire « sacrifions chrétiens et musulmans non-sunnites, laissons les sunnites fondamentalistes s’entre-tuer pour le pouvoir en Syrie et en Irak et replions nos forces et nos moyens pour défendre notre pré-carré européen ».
Elles sont inapplicables.
La seule solution actuellement viable serait d’aider massivement Bachar-El-Assad. Lui seul aurait les stratégies et les méthodes nécessairement violentes qui permettraient d’éradiquer l’E.I.

Ce n’est pas de l’homéopathie militaire, du bisou-nounours humanitaire et des ruses pseudo-stratégiques de gamins qui viendront à bout d’Al-Baghdadi, c’est une grosse opération chirurgicale avec amputation des djihadistes salafistes. Il y aura beaucoup de sang versé, il faudra mettre ensuite Syrie et Irak sous perfusion, mais c’est le seul espoir de les revoir un jour en pays libres, prospères, débarrassés de la charia et des vampires ottomans et saoudiens.

Au fait, saviez-vous que la France a aidé les Saoudiens à bombarder les chiites houthis soutenus par l’Iran au Yémen ? Tiens, Hollande n’aurait donc pas fait de discours d’autosatisfaction sur le sujet ?

Maurice D.

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VERS UNE GUERRE MULTIPOLAIRE ? (par Maurice D.)

La possibilité d’une prochaine guerre mondiale annoncée par divers prévisionnistes n’est pas écartée. Cependant, au vu de ce qui se passe actuellement et dont notre presse nationale hypnotisée par l’hypertrophie du nombril du président ne nous parle guère, il semble que nous nous acheminions à grands pas, non vers une guerre mondiale comme le monde en a déjà connues, mais vers une forme de guerre multipolaire.

Elle se déroulerait en Europe avec le conflit Russie-Ukraine qui se durcit à nouveau ; en Afrique avec le conflit islam-républiques africaines (Niger, Nigéria, Cameroun, Centre-Afrique) et la guerre civile au Congo ; au Moyen-Orient avec EI contre coalition, chiites contre sunnites au Yémen, guerre civile en Arabie Saoudite.

Si, sous la pression des Etats-Unis, l’OTAN se laisse entraîner dans le conflit Russie-Ukraine, nous pourrions nous y retrouver impliqués et nos approvisionnements en gaz en souffrir. Il semble néanmoins que Poutine, fin stratège, n’avancera ses pions qu’à coup sûr et que ce conflit restera maîtrisé (*)

Peps_UKRAINE_150-c504e-ef0c3-1728x800_cPoutine : L’Europe est en faillite, L’Europe : Ne pensez pas que l’Europe soit l’Eldorado

En Afrique, c’est moins certain. Les armées nationales ne sont guère performantes et si elles sont capables d’infliger quelques mauvais coups à Boko Haram et aux milices musulmanes qui déferlent du Nord, elles se limiteront plus probablement à donner un coup d’arrêt à la progression de l’islam sans l’éradiquer pour autant. La guerre contre l’islam risque d’y durer des décennies. En Somalie les islamistes reculent, en Centre-Afrique ils sont provisoirement bloqués, mais partout ailleurs ils avancent, ce qui ne semble pas intéresser notre très nombriliste presse nationale.

gal-2931116Nigeria, 2 000 personnes massacrées en deux jours, le vautour : « pas de victimes occidentales dans le tas, donc pas de manifestation ni d’indignation »

C’est un peu le même scénario qui se déroule en « Syrakie » (EI. de Syrie-Irak) où l’expansionnisme de l’EI est stoppé, ce qui ternit l’image conquérante du califat et lui pose quelques problèmes financiers.

À Kobané, une ville proche de la frontière syro-turque dont on ne parle plus, les Kurdes assistés des Peshmergas ont repris méthodiquement la ville, il ne reste plus que deux petits bastions EI au Sud et à l’Est. Les Kurdes et les Peshmergas ne font guère de prisonniers : les jeunes combattants d’EI qui subissent en plus des bombardements américains commencent à avoir peur et reculent, ce qui contraint le calife à dégarnir de djihadistes aguerris ses fronts irakien et syrien. L’armée de Bachar el-Assad mène la vie dure à l’EI qui doit combattre en même temps Al Qaïda, lequel a complètement fagocité l’Armée Libre Syrienne si chère à Laurent Fabius qui semble n’avoir pas encore compris. Le calife envoie ses vétérans aguerris à Kobané, car s’il perd cette ville, c’en sera fini de son prestige actuel de héros de l’islam conquérant.

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À Kobané, les femmes kurdes se battent avec autant  d’efficacité que les hommes, mais mieux vaut pour elles ne pas tomber entre les mains des djihadistes musulmans d’E.I. L’index levé signifie : « c’est Allah qui nous donnera la victoire »

Au Yémen les chiites houthistes d’Ansar Allah (« la milice de dieu« ) sont entrés dans le palais présidentiel. Ils sont soutenus par l’ancien président Ali Abdallah Saleh qui avait combattu les chiites zaïdistes du Nord du pays (le houthisme est une branche récente du zaïdisme dont il ne se distingue religieusement que par quelques nuances doctrinales).

Les chiites sont armés et financés par l’Iran qui souhaite leur victoire pour prendre l’Arabie Saoudite en tenaille. L’Arabie finance et arme donc Al Qaïda au Yémen (AQPA) pour contrer les chiites. Al Qaïda au Yémen a un camp d’entrainement devenu célèbre depuis qu’il a formé Amédi Coulibaly, se vantant d’avoir organisé et financé l’attentat contre Charlie et d’en préparer un nouveau. C’est donc indirectement à l’Arabie Saoudite, notre allié que l’on doit les morts de Charlie !
Cette guerre à trois camps ne sera dangereuse pour nous que si l’Arabie est déstabilisée au point de devenir la cible directe de l’Iran.

L’Arabie demande aux Etats-Unis d’aider les sunnites, mais les Etats-Unis, qui considèrent le Yémen comme un allié important dans la lutte contre le terrorisme et notamment AQPA, souhaitent surtout  la restauration d’un État yéménite fort, qu’il soit sunnite ou chiite, qu’ils pourraient ensuite aider à exterminer AQPA, ce qui ne plait pas à l’Arabie. Vous suivez toujours ?

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Les chiites sont bien équipés : ce pourrait être la version militaire du  Knight XV canadien Conquest fabriqué à Toronto sur une base de Ford F550, moteur V10 de 500 cv

Le problème de l’Arabie, c’est qu’elle s’achemine vers une guerre interne de succession dont l’Iran compte bien profiter et qu’en même temps elle mène une guerre économique contre les Américains, les Russes, le Vénézuela, etc. en laissant filer le prix du pétrole.

Pour la première fois de son existence, elle annonce un budget en déficit de 39 milliards de $ en 2015, mais comme elle dispose encore de 800 milliards de réserves financières, elle espère que les autres producteurs de pétrole cèderont avant qu’elle ne soit à sec.

Le roi Abdallah a 90 ans. Il a été hospitalisé à de multiples reprises récemment. Dernièrement, fin décembre, pour une pneumonie, il ne respire plus qu’intubé en permanence. La succession ne se fait pas de père en fils (patrilinéaire), mais de frère à frère (succession « adelphique »).
Déjà cinq frères se sont succédés, et les deux survivants ne sont pas frais. Celui qui devrait logiquement succéder à Abdallah, Salmane Ben Abdel Aziz al-Saud, a 77 ans, le plus jeune des frère, Moqren en a 69 et les deux ne se sentent pas très bien. Or, s’ils ne sont pas en mesure de reprendre énergiquement le pouvoir, on descend à la génération du dessous, et là ça se complique !

Abdelaziz al-Saud, le premier de la lignée des frères Saud, mort en 1953, avait 30 femmes légales et une cinquantaine de fils, sans compter ceux des frères qui lui ont succédé. On affûte les sabres ! Chacun compte ses forces et mène sa diplomatie personnelle à l’étranger pour engranger des soutiens. C’est ce qui rend incompréhensible la diplomatie saoudienne.

Officiellement l’Arabie Saoudite veut la mort de Bachar el-Assad, soutient et finance son opposition « modérée ». Mais via certains des princes, elle soutient et finance en même temps Al-Qaïda en Syrie (Front Al-Nosra) qui a digéré l’opposition modérée, soutient et finance aussi l’EI, tout en étant membre de la coalition qui combat EI !

Le califat a annoncé qu’il ne ferait qu’une bouchée de l’Arabie Saoudite dès qu’il aurait gagné la guerre en Syrakie, ce qui, heureusement pour l’Arabie, ne semble pas près d’arriver. Pour le moment, l’EI teste sa réactivité par de petites actions militaires, comme cet attentat qui a tué trois garde-frontières saoudiens dont un officier.

L’Iran, de son côté, fait un peu ce qu’il veut du gouvernement irakien et rêve du moment où il pourra traverser l’Irak pour récupérer les lieux saints de l’islam, La Mecque et Médine, ce qui serait un coup de tonnerre dans le ciel musulman : les chiites gardiens des lieux saints dont ils s’estiment les seuls héritiers légitimes après que les sunnites les leur aient volés !

Un bouleversement susceptible de déclencher une énorme guerre des sunnites du monde entier se liguant pour récupérer La Mecque ! On en est encore loin, cependant les Saoudiens feraient bien de trouver rapidement par la négociation un accord dynastique, sinon ce pourrait être la fin du royaume, d’autant qu’il y a déjà en Arabie même une minorité chiite importante (15 % de la population) prête à jouer la cinquième colonne !

Franklin-D.-Roosevelt-et-Ibn-Saoud4

De plus, il n’est pas certain que les Américains verraient d’un mauvais œil une bonne pagaille en Arabie Saoudite. Ils sont furieux de la manœuvre saoudienne pour torpiller leur production de pétrole de schiste et le fameux pacte de Quincy qui a scellé l’alliance pétrole contre protection en 1945 entre Franklin Roosevelt et Ibn Saoud (photo)  pourrait être remis en cause.
Cela au moment où Obama annonce qu’il préfère négocier avec l’Iran que le réduire par la force.

Une guerre généralisée au Moyen-Orient syrakien et dans la péninsule arabique toucherait peu la France, mais celle-ci étant actuellement mal vue de tous les pays arabes pour avoir laissé Charlie-Hebdo multiplier par plus de 200 sa production de caricatures du Prophète, on ne peut écarter une recrudescence d’attentats.

(*) Au sujet du conflit Russie Ukraine, lire ici l’analyse d’Hélène Carrère d’Encausse.

Maurice D.

- MINURNE