CINNA, OU LA CLÉMENCE D’AUGUSTE (Francis Demay)

Rien à ajouter, ou presque, au texte court et percutant que nous publions ci-dessous, signé Francis Demay.

Depuis plus de quarante ans (élection de Giscard, en 1974), les présidents français se sont en effet acharnés à détricoter soigneusement la constitution de 1958.

Après avoir adopté le quinquennat, parachevant son travail de sape, Chirac a fait coïncider dans le temps les élections présidentielle et législative, « afin de donner une majorité au président élu », empêchant ainsi toute cohabitation.

Comme indiqué dans le projet de gouvernement de Minurne, qui reste plus que jamais d’actualité, rétablir un septennat – non renouvelable – est sans doute l’une des principales réformes constitutionnelles à mettre en oeuvre pour redonner du sens à nos institutions.

L’expérience Macron sera un échec, parce qu’il n’aura été élu que par une faible minorité d’électeurs et plus par rejet de Marine Le Pen aux présidentielles que par adhésion à un programme, par ailleurs assez vague. Phénomène accru par l’abstention record observée aux législatives et, on le constatera rapidement, par une majorité d’élus novices qui se rangeront rapidement à la botte du gouvernement. Il n’y aura peut-être même pas besoin de recourir au 49-3.

L’expérience Macron sera aussi, hélas, un échec parce que l’idéologie dominante de la « préférence fiscale » continuera de faire des ravages.
Il est certes plus facile d’augmenter les impôts que de gérer le pays en réduisant la charge de l’Etat, mais c’est exactement le contraire de ce qu’il faut faire pour redonner de le l’oxygène aux entreprises, du pouvoir d’achat aux salariés, et de l’emploi aux chômeurs.

Marc Le Stahler


« Et monté sur le faîte, il aspire à descendre »

Cette citation célèbre s’applique parfaitement au président de la République. On peut même dire qu’il a anticipé la descente, dès le second tour des législatives, dont le résultat est sensiblement plus faible que les projections annoncées, au soir du 1er tour : environ cent sièges de moins !

Certes l’abstention, encore plus importante, permet peut-être d’expliquer ce recul. Mais l’essentiel n’est pas là. La vérité est que les Français sont lassés par ce cycle électoral infernal, commencé il y a 7 mois avec les primaires.

La classe politique, depuis des années, joue avec les institutions : Mitterrand a commencé par modifier le mode de scrutin, pour les législatives de 1986, afin d’affaiblir le RPR ; 3 cohabitations ont suivi, au total 9 années sur 16 ans de mandat ; et, cerise sur le gâteau, Chirac s’est résolu à proposer le quinquennat, approuvé par référendum.

En définitive, la Constitution de la Vème République a été définitivement dénaturée, d’autant que les “primaires” se sont ajoutées à ce funeste tableau. Celles-ci se sont révélées être de mortelles randonnées pour les vainqueurs…

Enfin, Emmanuel MACRON, s’il veut réellement réformer la France, doit d’abord s’attaquer à la racine du mal : les ordonnances de 1945 – d’inspiration communiste – véritables obstacles à la liberté de choisir et d’entreprendre, et qui restent un gouffre, par bien des aspects, pour les finances publiques.

Monsieur le Président de la République, vous ne trouverez pas aujourd’hui un “Empereur Auguste” pour vous pardonner vos erreurs.

Voire vos fautes !

Francis Demay

 

ADIEU « LES » DROITES !
VIVE « LA » DROITE !
(L’Imprécateur)

Chez Minurne, nous pouvons avoir des avis divergents sur certains sujets, mais nous nous considérons depuis l’origine comme de droite. Chaque fois qu’un choix nous est offert, s’il est gauche contre droite, nous disons « votez à droite », quel que soit le candidat.

L’important est que ce pays, dont le peuple est fondamentalement de droite et social-libéral depuis le général de Gaulle, soit géré à droite dans le respect du Peuple français. Or la moitié du temps il a été géré par la gauche à cause d’une division qui existait avant Mitterrand mais qu’il a amplifiée quand il a délibérément et très habilement aidé Jean-Marie Le Pen à développer un Front National puissant.

Aujourd’hui, Front National et droite républicaine sont deux blocs antagonistes de force à peu près égale qui se perdent dans l’opposition sans pouvoir revenir au pouvoir parce que leurs dirigeants n’ont toujours pas compris que leur intérêt politique serait de s’allier au lieu de se combattre.

Depuis quelques semaines, on voit se multiplier les unes des journaux et magazines disant qu’il y a plusieurs droites.

La « droite qui trahit » (en opposition à celle qui reste fidèle à ses valeurs) titre Valeurs Actuelles.

« Droite contre droite » titre Le Figaro magazine.

On apprend, au fil des articles, qu’il y a une extrême droite avec un programme économique de gauche et Marine Le Pen, une droite debout avec Dupont-Aignan, une droite forte avec Guillaume Peltier, une droite conservatrice avec Fillon, une droite centriste avec Juppé et une droite de gauche avec Le Maire, NKM et consorts.

Toutes ces droites sont à couteaux tirés.

Si bien que LA DROITE est partie dans les choux fin 2016, alors qu’à l’automne un boulevard lui était encore ouvert pour remplacer la gauche ringarde et feignante issue du PS. Il eut fallu qu’elle resta soudée, et elle s’est divisée au premier prétexte sur l’affaire Fillon.

Macron n’est pas très intelligent, on s’en apercevra vite, mais il est assez intelligent pour avoir compris deux choses : l’apparence et la médiatisation comptent plus que la vérité. Il suffisait de se prétendre « ni de droite, ni de gauche » pour rafler et unir dans son parti fourre-tout les droites conservatrice, centriste et de gauche en les noyant dans le marais des bobos de gauche, des centristes de gauche bayrouistes et des rescapés du radeau de la Méduse socialiste.

Bayrou l’avait dit mais n’avait pas su le faire ; Macron l’a dit et l’a fait parce qu’il est quand même plus intelligent que Bayrou, ce qui n’est d’ailleurs pas très difficile.

Après le premier tour des législatives, il eut fallu que Baroin et Marine Le Pen se mettent d’accord sur une règle simple : là où le FN est en tête au second tour face à un escroc de LREM, toute la droite républicaine vote pour lui ; là où c’est un LR qui est devant le FN, toute la droite FN vote pour lui. Ils pouvaient se retrouver avec quelques dizaines de députés de droite de plus à l’Assemblée et Macron n’aurait peut-être pas eu la majorité écrasante qui va lui permettre de faire tout et n’importe quoi.

Ou plutôt rien, dans les trois domaines essentiels auxquels les Français auraient voulu voir apporter des solutions : la sécurité, l’éducation, l’immigration étrangère et islamiste incontrôlée.

Alors maintenant, la presse est unanime à dire « les Français en s’abstenant veulent donner une chance à Macron« .

C’est ce que disaient les Allemands qui n’avaient rien de nazi en 1930 « eine Chance Hitler zu geben« . On a vu ce que ça a produit par la suite.

Macron n’est évidemment pas Hitler, mais son processus de prise du pouvoir est du même ordre
, et son objectif est similaire : Hitler voulait une Europe socialiste et aryenne, Macron veut une Europe socialiste et multiraciale.

Dans le premier cas, il fallait, pour réussir, éliminer les Juifs en raison de leur influence civilisatrice historique en Europe par la philosophie, la finance, les mœurs ; dans le second il y a la volonté affichée d’éliminer l’influence civilisatrice historique de la France par la pensée critique, la chrétienté, la culture.

Finis les Juifs d’un côté, finis les Français de souche de l’autre !

À la place, l’islam pour une population métissée et soumise, voilà ce qu’il faut pour satisfaire la caste dominante.

Pour cela, quoi de mieux qu’une majorité absolue à l’Assemblée dont 90% des membres seront issus des catégories sociales favorisées ?

Dehors les ouvriers, dehors les paysans, dehors les retraités !

La grande bourgeoisie – qui sait ce qui est bon pour vous et vos enfants – est au pouvoir.

Comme sous Louis-Philippe qui, dit très justement Éric Zemmour, « était le candidat de l’Angleterre, le garant de la soumission française à l’ordre libéral mondial imposé par l’hégémonie de l’Empire britannique« .

Remplacez « Angleterre » par « démocrates américains » et « Empire britannique » par « Empire Amérique-OTAN-Europe » et vous avez le portrait tout craché de Macron.

Les deux valeurs fondamentales des États-Unis, la démocratie et le marché sont devenues l’horizon indépassable du monde entier et la mondialisation à outrance est l’objectif de tous les dirigeants qui se disent « progressistes » et veulent mettre leurs peuples à l’heure américaine.

Ce n’est pas pour rien que Macron et Édouard Philippe sont issus de la French-American Foundation.

Ils vont s’employer, et ils ne s’en cachent pas, à détruire l’identité et la culture françaises, ringardiser les grandes idéologies qui ont formaté la France, le christianisme et le socialisme, atomiser la société pour faire disparaître les classes traditionnelles qu’ils vont remplacer par deux castes : celle des « riches qui savent » : élus politiques, hauts fonctionnaires, journalistes, grands patrons dont la devise est « imposer plus pour gagner plus »… et les autres, les « illettrés«  de Macron, ceux « qui ne savent pas utiliser Internet«  de Ferrand, et les « Sans-Dents«  de Hollande qui n’ont pour horizon que de « travailler plus pour payer plus d’impôts ».

Les derniers n’ont plus aucune confiance en les premiers et ils ont compris que la démocratie était truquée : ils n’auront que quelques poignées de députés en étant la majorité alors que les autres, la caste noble, avec 18% des inscrits qui ont voté pour eux en auront des centaines.

Alors ils s’abstiennent et on les comprend.

Mais ils ont tort.

Télévangéliste franco-américain, Macron a l’art de faire passer l’accessoire pour l’essentiel en se servant de la parole.

Ainsi on parlait de « moralisation » de la politique ; on doit dire maintenant « confiance dans la vie démocratique ».

C’est évidemment mieux, car parler de « morale » en politique fait rigoler tout le monde. Mais cela sert surtout à cacher que sur les sujets essentiels, la sécurité, l’islam, la barbarie terroriste, la résorption de la dette (augmentée de 23% sous Hollande), la baisse de la charge de l’État sur l’économie, En marche ne propose que des placebos.

Normal. Qui était ministre de l’Économie puis du Budget sous Hollande ? − Macron.

Il y aurait une solution aisée et rapide à mettre en œuvre : faire voter une loi obligeant les administrations à suivre les recommandations de la Cour des Comptes.

Mais aucun gouvernement n’a la volonté réelle de diminuer la dette, et Macron pas plus que les autres.

C’est tellement plus facile de gouverner en dépensant à tort et à travers !

Pas plus qu’il n’a l’intention de lutter pour stopper l’explosion exponentielle de la consommation de cannabis et autres drogues qu’il a l’intention de légaliser pour en tirer un profit fiscal et faire plaisir aux bobos qui l’ont élu.

Le système Macron, dans lequel l’économie et la finance commandent l’organisation de la société, aboutit toujours à plus de soumission de la caste des individus payeurs d’impôts, s’ils ne se révoltent pas à temps, en commençant par la révolution légale qui consisterait à envoyer à l’Assemblée une opposition forte et nombreuse de droite.

N’écoutez pas Baroin qui vous dit « plus de ni-ni, pas de député FN », n’écoutez pas Le Pen qui vous dit « votez comme vous voulez mais voter LR ne sert à rien », votez pour le candidat de droite.

L’Imprécateur