L’OTAN FORMAIT DES TERRORISTES À ALEP ! (L’Imprécateur)

La nouvelle m’a d’abord paru suspecte. Elle venait de sites syriens, donc peut-être manipulés par le gouvernement légal du pays ou par les Russes : « 14 officiers de l’OTAN capturés le 16 décembre par l’armée syrienne dans un bunker d’Al-Qaïda en Syrie à Alep Est ». Et puis, les informations se sont multipliées et les chiffres grandissaient : 14, puis 17, puis finalement 110 officiers capturés !

En fait, la présence d’officiers de pays occidentaux travaillant avec les terroristes était déjà connue, bien avant le déclenchement de l’opération de reprise des quartiers Est d’Alep par l’armée syrienne.

Fin septembre dernier, le site israélien, Time of Israël, avait révélé que des agents israéliens du Mossad ainsi que d’autres officiers étrangers, dont des officiers militaires américains, qataris, saoudiens, britanniques et turcs, avaient été tués à Alep Ouest (Mont Siméon) dans une attaque de missiles opérée par la Russie. Un site iranien a relaté le 20 décembre la mort d’une vingtaine d’officiers saoudiens dont les services secrets syriens avaient découvert la présence dans un immeuble de la banlieue Ouest de Damas, tués par un tir de missile d’un chasseur de l’armée syrienne.

  • En octobre 2015, le gouvernement anglais avait reconnu avoir envoyé des instructeurs en Syrie pour assister les rebelles modérés d’Al Qaïda.
  • En février 2012, une quarantaine d’officiers turcs et une vingtaine d’officiers français avaient été restitués à leur armée d’origine, par l’intermédiaire de Mikhaïl Fradkov (directeur des services russes de Renseignements), directement à l’amiral Edouard Guillaud (chef d’état-major français) à la frontière libanaise.

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Les mercenaires étrangers en Syrie seraient plus de 6.000, recrutés par les Occidentaux,, les Turcs, les Saoudiens, etc. Les conseillers militaires sont nettement moins nombreux et jusqu’ici  se sont rarement fait prendre.

Aujourd’hui, l’information de la capture d’officiers occidentaux et arabes à Alep-Est est partie d’une réunion restreinte et en urgence du Conseil de Sécurité de l’ONU, révélée par Réseau Voltaire, un site franco-libanais interdit de diffusion en France. Le Conseil s’est réuni à huis-clos le vendredi 16 décembre dernier en fin d’après-midi (17 h GMT) pour décider des mesures à prendre après la capture d’officiers appartenant tous « à des pays alliés des Etats-Unis » dans la matinée de vendredi.

L’OTAN n’est pas toujours citée, le nombre exact d’officiers capturés non plus, les noms révélés par un député syrien d’Alep sont des noms d’emprunt comme en portent souvent les agents de renseignement, ils n’étaient pas en uniforme, etc. Mais des confirmations viennent d’agences russes, arabes, saoudiennes, libanaises, syriennes, iraniennes etc. Le fait doit être pris comme quasiment certain à partir du moment où une multiplicité de sources diverses, pro syriennes mais aussi anti syriennes le donnent pour vrai : il y avait bien des officiers occidentaux présents à Alep à côté des terroristes que les gouvernements occidentaux alliés des Américains utilisent pour tenter de renverser Bachar el Assad.

Tous les pays concernés vont nier, c’est « normal ». Après tout, il a bien fallu attendre le 20 décembre dernier pour que la France reconnaisse officiellement par la voix de son porte-parole au Conseil de Sécurité ce que les sites de ré-information comme Minurne dénoncent depuis deux ans : les flux de migrants arrivant en Europe ressortent largement d’un trafic d’esclaves organisé avec la complicité des autorités européennes et onusiennes.

Le premier à donner des précisions sur la capture d’officiers de l’OTAN a été le journaliste syrien Saïd Hilal Al Charifi, qui tiendrait ses informations de sources sécuritaires syriennes : « Les autorités syriennes ont pu, grâce à des renseignements minutieux, arriver au Quartier Général des hauts officiers occidentaux et régionaux au sous-sol d’un quartier d’Alep-est, et les capturer tous vivants ». le sous-sol en question appartient à un immeuble réquisitionné par Al Qaïda en Syrie (El Nosra) et il a été transformé en véritable bunker.

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Une rare photo de Saïd Hilal al Charifi

Les agents étrangers sont de diverses nationalités : américaine, française, britannique, allemande, israélienne, turque, saoudienne, marocaine, qatarie, etc.

Mais d’après le journaliste, les officiers français seraient les plus nombreux. Les Français seraient 17 !

Une première liste de 14 noms a été diffusée par un député syrien, Farès Shehabi, mais elle ne comporte pour le moment que des noms d’Américains, de Turcs et d’Arabes de diverses nationalités. « la Syrie donne officiellement des données sur les officiers étrangers interpellés à Alep » (plusieurs sites). « Interpellés » est le mot juste ! Le gouvernement syrien a fait savoir que le Arabes sont prisonniers, mais les Occidentaux ne sont qu’interpellés, ce qui laisse présager des négociations à l’avantage de Bachar el Assad en échange de leur libération.

On comprend mieux l’insistance des Occidentaux ces derniers jours pour obtenir du gouvernement Assad, via l’ONU, une trêve permettant d’exfiltrer leurs agents via un « corridor humanitaire », sous prétexte d’évacuation sans conditions et sans contrôle, notamment celui des armes légères, de la population civile d’Alep-Est et des combattants d’Al Qaïda-El Nosra notre allié. « La présence d’officiers occidentaux et saoudiens, qui dirigent en réalité les attaques terroristes à Alep, explique mieux l’hystérie politico-médiatique occidentale qui ne cessait de réclamer une trêve lors de la bataille visant à libérer la seconde ville syrienne du joug des mercenaires. » (Réseau international, nom de l’agence libanaise de Réseau Voltaire).

Le fond du problème posé par la présence d’officiers de l’alliance américaine anti-gouvernement légal de la Syrie a été soulevé par les déclarations officielles de l’actuel Ministre des affaires étrangères du Qatar, le Cheik Mohamed bin Abdulrahman Al Thani, et de son prédécesseur. Ils ont publiquement reconnu que le régime qatari participait au soutien des groupes terroristes en Syrie et qu’il leur fournissait des armes et des fonds, en particulier à l’organisation terroriste Front El-Nosra. Ils violent ainsi plusieurs résolutions du Conseil de sécurité et bafouent  la volonté de la communauté internationale de combattre le terrorisme en interdisant que des pays leurs fournissent financements, armes et « conseillers » militaires. Ils contreviennent à la décision unanime du Conseil de Sécurité de considérer le Front el-Nosra comme une entité terroriste, au même titre que son groupe terroriste fondateur, Al Qaïda.

La dernière des résolutions est la n°2253 de 2015, succédant à la 1989 de 2011 et à la 1999 de 2007 qui condamnaient Al Qaïda « et les personnes et entités qui lui sont associées« .

Quelles excuses les gouvernements qui collaborent avec ces organisations terroristes que sont Al Qaïda et El Nosra, et se sont fait prendre la main dans le sac de la collaboration avec des terroristes islamiques par Bachar El Assad, vont-ils avancer pour expliquer leur viol de décisions prises par la communauté internationale et l’ONU ?

Ça doit cogiter dur au Quai d’Orsay !

L’Imprécateur

* « La traite des êtres humains est hélas l’un des trafics les plus rentables et les plus répandus au monde… Pour ces groupes terroristes, dont les premières victimes sont généralement les femmes et les enfants, la traite des êtres humains n’est pas seulement un moyen de semer la terreur parmi les populations civiles, elle est également utilisée comme une source de financement, voire un outil de recrutement. En Syrie, ce sont les femmes qui subissent les pires atrocités : les viols, les mariages forcés, la prostitution… En Irak, Daech a mis en place un véritable marché où des femmes et des filles issues de minorités, comme les yézidis ou les chrétiens, sont vendues pour servir d’esclaves sexuelles… En Afrique de l’Ouest… » (Exposé de François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, 20 décembre 2016). Mr Delattre cite les noms de Daesh et Boko Haram, mais oublie Al Qaïda, El Nosra, Jaïsh al-Islam, Faylaq al-Rahman (financés par les Saoudiens) qui se livrent eux aussi au trafic d’être humains exportés vers l’Europe comme « réfugiés ».

Avertissement :
La vidéo ci-dessous, qui confirme le post de l’Imprécateur, a été diffusée par la chaîne iranienne Press TV.

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LA GAUCHE FASCINÉE PAR L’ISLAM – LE DANGER ERDOGAN (par l’Imprécateur)

« La gauche est fascinée par l’islam comme elle l’était par les dictateurs au XXe siècle » (Michel Onfray). Cette fascination vieille de plus d’un siècle pour les dictateurs, dont Hitler en son temps, n’a qu’une quarantaine d’années pour l’islam mais elle n’en est que plus vive  et la gauche sacrifie quelques unes de ses valeurs fondamentales : la laïcité, la parité hommes-femmes et le féminisme avec la location-vente du corps des femmes et de leur bébé (GPA), l’écologie qui n’est pour elle qu’une posture électoraliste, le travail, etc. Alors quand islam et dictature se conjuguent dans le même homme, la gauche prend son pied.

Si un Hitler revenait aujourd’hui, il serait bien accueilli – quoiqu’avec quelques réserves – par la communauté internationale et par la plupart des dirigeants européens, dont tous ceux qui se classent à gauche.

C’est la leçon qu’il faut tirer de leur comportement en regard de ce qu’est en train d’accomplir un dictateur notoirement fasciste, pour qui connaît l’histoire du fascisme, Recep Tayip Erdogan.

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Le vendredi 15 juillet, alors qu’à Ankara et Istanbul la partie de l’armée turque restée laïque, kemaliste et moderniste) tentait de le renverser, Obama, Merkel et quelques autres personnalités politiques encore lucides retenaient leur souffle en espérant la victoire rapide des putschistes. Nous ne connaissons pas l’avis de Hollande, d’habitude si prolixe et verbeux sur tout événement qui pourrait perturber la bonne marche de la planète, car il était occupé le 15 juillet par le massacre islamiste de Nice.

Mais la démocratie, c’est la démocratie, et dès qu’il est apparu que R. T. Erdogan reprenait le dessus et mobilisait ses troupes dans d’immenses manifestations de quelques centaines de milliers de personnes, tous se sont rangés derrière le dictateur en phase d’éclosion.

Que voulez-vous ! L’Europe pourrait très bien se passer de la Turquie qui ne lui apporte pas grand-chose – à part des centaines de milliers de migrants turcs – mais pas les Etats-Unis et leur filiale OTAN qui y ont des bases militaires, dont certaines recélant des armes nucléaires au cas où Poutine déclarerait la guerre à l’Europe. Lequel Poutine sait profiter de la situation en se rabibochant avec Erdogan et en lui promettant de relancer le grand gazoduc trans-Turquie, ce qui leur permettra de faire pression sur les Américains et leurs dociles sujets les Européens pour défendre leurs intérêts et imposer des concessions.

Il y a aussi Merkel, qui a échangé la rétention provisoire de migrants en Turquie contre 6 milliards d’euros, contraignant lesdits migrants à passer maintenant par la Libye, comme le constate l’Italie où ils arrivent en masse, ce qui ne change finalement pas grand-chose au problème.
En bon français, disons que Merkel a conclu un marché de dupes.

Le coup d’Etat manqué n’a fait qu’amplifier la forte propension d’Erdogan à la dictature, comme en témoigne la façon dont il éradique toute opposition. Et visiblement, ce n’est pas non plus la fin de ses accords avec l’Occident, lequel est “condamné à travailler avec un Erdogan encore plus intraitable » (De Standaard, journal belge flamingant).

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Photo satellite de la base US d’Incirlik en Turquie

Pourquoi « condamné » ? Toujours parce que les Etats-Unis et l’OTAN ont des bases en Turquie !
Et si c’est Hillary Clinton qui devient présidente des Etats-Unis, cette disciple du mondialisme et de l’islamisation de l’Europe n’arrangera pas les choses.

On spécule sur la question de savoir « qui » a commandité le coup d’état. Des généraux attachés à la doctrine kémaliste (1) ?
La CIA ?
L’opposant Fethullah Gülen réfugié aux Etats-Unis ?
Erdogan lui-même ?
Aucune certitude pour le moment, mais si l’on cherche à qui profite le crime, la réponse est claire : à Erdogan !
Son opposition est quasiment réduite à néant : depuis le 15 juillet, des dizaines de médias ont été fermés (trois agences de presse, 45 journaux, 16 chaînes de télévision, 23 stations de radio, 15 magazines et 29 maisons d’édition) ; près de 200 généraux ont été limogés et environ 1.500 officiers ont été exclus de l’armée ; des centaines de juges et des milliers de professeurs ont été privés d’emploi et souvent arrêtés ; plus de 20.000 personnes ont été placées en garde à vue.

Erdogan est malin. Pour ne pas perdre les milliards que lui verse l’Europe, tant pour garder les migrants chez lui (6 milliards) que pour faciliter la mise à niveau de la Turquie et permettre son entrée dans l’Europe (4,5 milliards), il a pris pour conseils des « experts » du Conseil de l’Europe afin de savoir jusqu’où il pouvait aller dans le reniement des Droits de l’Homme !
Tous les nigauds de la Commission européenne sont contents, que demander de plus à Erdogan ?

D’autant que c’est l’Europe elle-même qui lui a donné le bon exemple en exigeant que soit réformé le Conseil national de sécurité turc dont la constitution de 1982 avait fait le garant de la république, de la démocratie et de la laïcité.
En 2001 Erdogan, alors Premier ministre, avait déjà considérablement réduit son influence en en faisant un organe consultatif. Il vient de l’élargir aux vice-Premiers ministres et aux ministres de la Justice, de l’Intérieur et des Affaires étrangères qui sont tous de ses fidèles, mettant ainsi en minorité au sein du Conseil les militaires et les civils qui pourraient contester son pouvoir absolu.

Désormais l’islamisme fera la loi en Turquie en attendant que la réforme de la Constitution que veut Erdogan (et qu’il obtiendra maintenant sans peine) lui permette d’instaurer la charia et la peine de mort pour ses opposants, forcément des mauvais musulmans puisqu’ils s’opposent au futur calife.

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Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, filiale de la Trilatérale, trouve que tout va dans le bon sens et ne voit aucune raison de retarder maintenant l’adhésion de la Turquie à l’Europe. Ce serait, dit-il « une grave erreur de politique étrangère« .

J’allais écrire « plus c.. tu meurs », mais ce serait inexact : Juncker est seulement obéissant au gang Obama, Rockfeller, Rothschild, Golden Sachs et autres qui sont satisfaits de la politique de conquête de l’Europe par l’EI et la Turquie.
Les Turcs sont déjà des centaines de milliers dans plusieurs pays d’Europe. Ceux de Cologne qui manifestaient récemment en soutien à Erdogan n’ont probablement oublié la recommandation qu’il leur avait faite le 17 mai 2010 : ne cherchez pas à vous assimiler, « l’assimilation est un crime contre l’humanité« .
Et déjà A. Merkel n’avait protesté que très mollement, en bonne élève de la Trilatérale où, un peu plus tard, elle prononça un discours allant dans ce sens (2).

Le seul pays européen qui, pour le moment, réagit énergiquement à la dérive dictatoriale et fascisante d’Erdogan est l’Autriche. Hans Peter Doskozil (3), ministre de la Défense autrichien, après avoir dit que la Turquie est une dictature a déclaré : « Le temps est venu… de dire clairement que les négociations avec la Turquie doivent être suspendues ou s’arrêter« .
Il serait temps, en effet ; et surtout d’arrêter de donner des milliards à fond perdu à un homme dont le rêve assumé est de transformer l’Europe en califat ottoman.

Hollande est comme d’habitude très flou dans ses positions. En mars il disait qu’il ne ferait aucune concession à la Turquie sur les Droits de l’Homme ; en mai que l’accord négocié par Merkel et payé par l’Europe sur les réfugiés était « juste ».
En réalité la diplomatie droit-de-l’hommiste de Hollande est à géométrie variable : tolérante pour Erdogan l’islamiste qui vient de rétablir la torture dans les prisons turques (4) et demande la restauration de la peine de mort pour les délits politiques ; intransigeante pour Poutine, le seul qui combatte sérieusement l’islamisme et le terrorisme, même s’il profite habilement du foutoir créé au Moyen-Orient par les Etats-Unis, l’OTAN et l’Europe pour tenter de détacher la Turquie de l’OTAN.

Hollande, n’ayant aucune idée structurée sur ce qu’il faudrait faire, se contente de suivre Obama et Merkel dans leurs divagations et en aucun cas ne se fâchera avec Erdogan même si celui-ci relâchait les centaines de milliers de migrants qu’il retient pour le moment.
Merkel ayant naïvement mis une bombe à retardement dans les mains d’Erdogan, c’est toute l’Europe qu’Erdogan peur faire chanter. Qui peut croire qu’il s’en privera ?
L’erreur de Hollande est de croire que la solution au problème migratoire est de fermer la frontière de la Turquie à la sortie, alors que c’est la frontière de l’Europe qu’il faut fermer à l’entrée.

L’Imprécateur

1 : La doctrine kémaliste a six piliers : républicanisme, populisme, laïcité, réformisme, nationalisme et étatisme. Erdogan les accepte sauf deux, la laïcité, inacceptable pour cet islamiste disciple des Frères musulmans, et la république car il voudrait rétablir le califat ottoman.

2 : Discours prononcé à la réunion de la Commission Trilatérale, à Berlin le 15 mars 2013

3 : H.P. Doskozil est membre du Parti social-démocrate autrichien (SPO), de centre-gauche (type Juppé ou Bayrou)

4 : Selon Amnesty international

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LE SOMMET DE L’OTAN ET LA POLITIQUE ETRANGERE DE LA FRANCE (interview de Philippe de Villiers)

Cet interview de Philippe de Villiers est paru sur le site RT (anciennement Russia Today) le 8 juillet 2016.

Le sommet de l’OTAN apporte des nouvelles : davantage de soldats en Europe de l’Est, préparation aux cyberattaques… Une autre aventure américaine qui n’apporte rien de bon pour l’Europe, selon l’ancien candidat à la présidence Philippe de Villiers.

RT France : Lors du sommet de l’OTAN à Varsovie les Etats-Unis ont annoncé le déploiement de 1 000 soldats en Pologne. Des milliers de soldats de l’OTAN participent aux entraînements en Europe de l’Est et dans les pays baltes. Selon Barack Obama, «l’agression russe contre l’Ukraine» menace l’Europe, c’est pourquoi il appelle à «renforcer la défense» de ses alliés en Europe centrale et orientale. Comment évaluez-vous cette prise de position ?

Philippe de Villiers : Je pense que la position européenne calquée sur les ordres reçus de l’Amérique, donc calquée sur la position américaine repose sur un contresens. L’Europe écrit depuis la fin de la guerre son avenir sur le continent américain. C’est l’Europe de l’après-guerre qu’on poursuit avant la chute du mur de Berlin alors que l’Europe doit être l’Europe «de l’Atlantique à l’Oural» en comprenant la Russie au sens que l’entendait le général de Gaulle quand il utilisait cette expression.

L’OTAN nous entraîne dans des aventures partout dans le monde qui ne sont pas les nôtres

Aujourd’hui il faut faire une Europe confédérale, c’est-à-dire celle qui s’appuie sur les souverainetés nationales à l’Est comme à l’Ouest, qui s’élargisse à la Russie qui peut servir d’interface pour les hommes de la puissance de demain. Il est absurde de considérer aujourd’hui Poutine et la Russie comme des ennemis. La Russie est notre amie, la Russie ne demande qu’à être notre amie. Elle est non seulement une alliée sur le plan historique, mais il y a des liens plus profonds – par exemple, Dostoïevski parlait français, écrivait en français. Et moi qui connais bien la Russie, je peux dire que c’est une absurdité de ne pas vouloir réunir les deux chrétientés de l’Europe – celle de l’Est et celle de l’Ouest.

C’est un crime de vouloir installer plus d’agressivité, plus de haine dans les nations qui étaient jadis sous le joug soviétique. Il faut leur expliquer que la Russie n’est pas leur ennemi, que la Russie n’est pas l’ennemi de l’Europe et que l’Europe ne doit pas continuer à se faire manipuler par Monsieur Obama et l’Amérique qui elle est agressive, qui dépense deux fois plus pour son budget militaire que l’ensemble des nations du monde.

L’OTAN n’a plus de raison sociale

RT France : Lors du même sommet à Varsovie, il a été déclaré un renforcement de partenariat entre l’UE et l’OTAN. Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN, a déclaré que les deux organisations ont «une position commune sur la Russie : l’UE a imposé des sanctions économiques, l’OTAN a procédé au renforcement de la défense collective après la fin de la guerre froide, le plus important depuis la guerre froide». Cette coopération entre l’Union européenne et l’OTAN, a quoi peut-elle mener ?

Philippe de Villiers : A la guerre. L’OTAN est en fait le bras militaire de l’Amérique. L’OTAN nous entraîne dans des aventures partout dans le monde qui ne sont pas les nôtres. Souvenez-vous du Kosovo, des «printemps arabes», de la Syrie, de l’Irak. Il faut bien comprendre que le nouveau monde dans lequel nous sommes entrés n’est pas le monde de l’après-guerre. L’OTAN a été créé pour contrer l’Union soviétique. L’URSS est morte, le mur de Berlin est tombé, cela fait des décennies. Et donc l’OTAN n’a plus de raison sociale.

La décomposition de l’Europe va maintenant aller très vite depuis le Brexit

Il faut bien comprendre par exemple que Madame Merkel obéit à Monsieur Obama, obéit à l’OTAN quand elle se prosterne devant le sultan Erdogan parce que la Turquie est membre à part entière de l’OTAN et que c’est l’Amérique qui veut faire rentrer la Turquie dans l’Union européenne. Quand vous confiez votre défense, c’est-à-dire l’essentiel de votre puissance régalienne, à une autre nation que la vôtre – en l’occurrence les Etats-Unis – alors vous n’êtes plus indépendant. Donc vous ne pouvez plus avoir une diplomatie propre. C’est tragique pour la France et c’est tragique pour l’Europe. C’est un signe avant-coureur de la décomposition de l’Europe qui va maintenant aller très vite depuis le Brexit parce que les Anglais ont compris qu’il y avait une contradiction entre la loi anglaise et le loi européenne et que l’Europe c’était l’immigration à tout va.

Monnet, Schuman et tous les autres grands prêtres de cette Europe supranationale ont menti

Aujourd’hui les Français sont de plus en plus nombreux à comprendre qu’on leur a menti. Monnet, Schuman et tous les autres grands prêtres de cette Europe supranationale ont menti. Ils ont dit que l’Europe ce sera la prospérité ; on voit que ce n’est pas le cas, la sécurité ; on voit que ce n’est pas le cas. Ils ajoutaient – et c’est le plus grand mensonge – que l’Europe ce serait l’indépendance, ce serait la puissance, c’est-à-dire l’émancipation des Etats-Unis. Il y aura les Etats-Unis de l’Europe qui s’émanciperont des Etats-Unis et c’est pour cela que les gens avaient voté «oui» à Maastricht en se disant qu’on sera une très grande puissance, on sera «une France démultipliée».

On a une Amérique démultipliée qui met la main ferme et lourde sur le continent européen

Aujourd’hui on n’a pas de France démultipliée, on a une Amérique démultipliée qui met la main ferme et lourde sur le continent européen pour empêcher à tout prix qu’il y ait entre la Russie, la France et d’autres pays européens un échange qui est dans l’ordre des choses et dans la nécessité de la paix et de l’harmonie. Je suis triste, je suis bouleversé, je suis effaré et écœuré de voir l’attitude des dirigeants européens qui sont des menteurs et des manipulateurs parce qu’ils sont eux-mêmes sujets aux mensonges américains et manipulés par l’Amérique.

Obama c’est un grand enfant

RT France : Barack Obama a appelé l’OTAN à agir contre Daesh, la Russie et le Brexit. Selon vous, pourquoi le président américain met ces trois phénomènes dans le même panier ?

Philippe de Villiers : Obama dit n’importe quoi. Mais cela ne date pas d’aujourd’hui. Mettre dans le même panier le Brexit, Daesh et la Russie, c’est montrer qu’on comprend rien en histoire, qu’on est inculte. On ne peut pas commenter une position comme celle-là.

L’Amérique a une vision du monde qui est la même, c’est-à-dire un monde monocentré sur l’Amérique, alors que la Russie accepte le monde polycentré et travaille pour cela. Dans la conversation que j’ai eue avec Vladimir Poutine en août 2014, il m’a dit qu’il ne voulait pas un monde centré-américain, mais un monde qui soit organisé en pôles régionaux. C’est beaucoup plus sûr pour la paix.

Mais l’Amérique ne conçoit le monde qu’à sa botte. Tout ce qui lui résiste ou lui déplaît, c’est l’ennemi. Donc on fait un paquet cadeau. Avec la Russie, le Brexit et Daesh c’est une pochette surprise de la kermesse flamande. On met tout le monde dans le même panier. Mon père disait que les Américains sont sympathiques mais ils sont de grands enfants. Obama c’est un grand enfant.

L’Amérique est un pyromane qui met le feu à une maison et se met au premier rang en criant «au feu !»

RT France : L’OTAN et l’UE viennent de signer une déclaration commune afin de faire face «aux nouveaux défis», notamment aux «menaces hybrides» des cyberattaques. A votre avis, comment l’OTAN va-t-il contrer ces menaces cybernétiques qui pourraient menacer l’Europe ?

Philippe de Villiers : C’est assez amusant d’entendre le pyromane expliquer qu’il se propose de se faire pompier. En réalité sur cette question des cyberattaques, tous ceux qui ont un peu de renseignement savent que c’est l’Amérique qui est concernée en premier – c’est elle qui nous menace, c’est elle qui nous écoute, c’est elle qui installe des réseaux, c’est elle qui veut mettre la main sur toute cette communication nouvelle pour nous écouter, nous menacer et nous faire du chantage. On le sait très bien parce que Merkel, Hollande et tous les autres sont écoutés par l’Amérique. Donc s’il y a un risque de cyberattaque dans le monde alors il vient de l’Amérique. C’est drôle que les Etats-Unis demandent à l’OTAN de les aider à éteindre le feu parce que ce sont eux qui ont allumé le feu. L’Amérique me fait penser à ce pyromane qui met le feu à une maison et qui ensuite ne peux pas résister au plaisir de venir se mettre au premier rang en criant «au feu !»

Nous ne sommes pas les neveux de l’Oncle Sam

RT France : Est-ce que cette phase de tension entre l’OTAN et la Russie est surmontable ?

Philippe de Villiers : Le jour où il y aura un chef d’Etat en Europe, peut-être en France ou ailleurs, qui comprendra qu’on ne peut pas construire notre avenir sans la Russie ou contre la Russie – alors tout changera. Mais pour ça, il faut qu’il y ait un pays – la France – qui quitte l’OTAN. Tant que la France sera dans l’OTAN, les choses ne bougeront pas. Moi, j’appelle la France à quitter cette structure, cette organisation militaire qui pèse sur notre diplomatie, et dont nous ne recueillons aucun fruit, sinon une croissante dépendance par rapport à l’Amérique, l’Oncle Sam. Nous ne sommes pas les neveux de l’Oncle Sam.

Cet interview de Philippe de Villiers est paru sur le site RT (anciennement Russia Today) le 8 juillet 2016.

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SYRIE : LE GRAND BAZAR ! (par l’Imprécateur)

Formidable ! Quelle intelligence, quelle connaissance du problème à résoudre : rétablir la sécurité en Europe en luttant contre l’Etat Islamique (Da’esch)…
Les dirigeants européens se sont réunis plusieurs fois depuis janvier 2015, sans pour le moment apporter la moindre solution efficace, la preuve en est donnée par les attentats du 13 novembre. Ils vont se réunir à nouveau à Bruxelles et ils y ont invité  la cause numéro 2 du problème, l’un des sponsors de l’Etat Islamiste : la Turquie !

La Turquie, qui achète le pétrole produit en Syrie et en Irak par E.I. et le revend à divers pays européens sans signaler son origine.
La Turquie, qui laisse passer sans les inquiéter les djihadistes d’E.I. qui entrent et sortent, éventuellement les héberge et les nourrit s’ils ont besoin de se réfugier ou se reposer un peu.
La Turquie, qui recrute pour E.I. et aide les candidats européens au djihad à parvenir à bon port.
La Turquie, qui bombarde les Kurdes, les seuls pour le moment à aller sur le terrain déloger les soldats de l’E.I.
La Turquie, dont le dictateur mégalomane R.T. Erdogan veut éliminer Assad pour rétablir le califat ottoman sur la Syrie (dont la France l’avait délogé au siècle dernier pour arrêter la tyrannie turque sur le peuple syrien multiconfessionnel, ce que Fabius-le-somnolent ignore certainement).
La Turquie, qui vient d’abattre un Sukoï-24 russe qui longeait la frontière Syrie-Turquie côté syrien puisqu’il est tombé à 4 km de la frontière dans une zone de la Syrie tenue par les rebelles terroristes turkmènes. La Turquie dit maintenant que le pilote aux commandes de l’un des deux chasseurs turcs F-16 était un pilote syrien « modéré », autrement dit al-Qaïda  !

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La Turquie est un grand Etat, peuplé de près de 100 millions de Turcs, membre de l’OTAN. Ce pays, laïcisé au début du siècle dernier par Mustapha Kemal Atatürk, s’est profondément ré-islamisé depuis l’arrivée au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan, membre du bureau international des Frères musulmans, l’une des sectes les plus radicales de l’islam. Son épouse porte le voile et il a autorisé le port de la burka, notamment dans les universités. Il s’acharne à gommer toute trace de l’œuvre de modernisation et de laïcisation conduite par Mustapha Kemal Atatürk.

La Turquie se trouve donc impliquée, malgré l’opposition de ses élites, d’une partie de l’armée et de sa population, dans les rêves délirants de grandeur islamiste de son leader qui se voit comme le nouveau calife ottoman et s’est déjà fait construire un palais gigantesque et ultra luxueux, mais équipé en sous-sol d’un vaste bunker et de tous les moyens modernes de télécommunications. Il a une conception assez particulière de la démocratie, mais ni les Etats-Unis, ni l’Europe n’osent lui faire d’observations. C’est un allié dans l’OTAN.

De là à partager avec lui le plan de défense contre E.I. (qu’il soutient, finance et arme de concert avec l’Arabie Saoudite et le Qatar, mais pas officiellement bien entendu), il y avait un pas à ne pas franchir. Ces deux-là font aussi partie de la coalition américaine anti Da’esh, même s’ils n’ont encore rien fait pour l’attaquer, sinon quelques simulacres même pas bien joués.

Avec un tel partenaire, on peut être certain qu’à peine la réunion des chefs d’États européens terminée, toutes les décisions même les plus secrètes seront connues du Calife Al Baghdadi dans la minute qui suit !

L’Arabie Saoudite et la Turquie sont alliées contre Bachar El-Assad. Ces deux États sunnites souhaitent le départ ou, mieux, la mort du chef alaouite, ce mécréant. Les deux ont inspiré la création de l’E.I. et le soutiennent. Chercher des solutions au problème que soulève E.I. au Moyen-Orient et en Europe en y associant ces deux-là est d’une totale absurdité. Rien d’étonnant à ce que, quand elle parle de François Hollande, Dabiq, la revue de propagande d’E.I., fasse précéder son nom de « l’imbécile« .

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Surtout quand on sait que lors des premiers bombardements de cibles d’E.I. par les Mirage et Rafale le 14 novembre, dont Le Drian et Hollande se vantent, il y eut « zéro victime » (révélé à C dans l’Air), parce qu’E.I. avait été prévenu avant, afin d’éviter le risque de tuer des musulmans, surtout sunnites et wahhabites ou salafistes. Si bien que seuls des bâtiments vides furent détruits.
La chose ayant été dévoilée, on annonce maintenant à chaque bombardement français des victimes djihadistes sans en apporter la moindre preuve autre que des photos aériennes où l’on ne voit que des bâtiments exploser.
L’honneur du président est sauf par la dissimulation de son mensonge : ses frappes sont en grande partie du cinéma, car si elles étaient efficaces, nos alliés Saoudiens et Qataris pourraient exercer des représailles financières contre la France – qui a besoin de leur argent pour boucler son budget.

Turquie, Arabie et Qatar sont avant tout les alliés des Etats-Unis où, mardi, Hollande se trouvait pour demander à Obama d’intensifier les bombardements. Pratique, les bombardements, on ne prend aucun risque au sol, zéro mort là aussi, seul petit problème, on ne sait jamais trop qui reçoit les bombes sur la tête – ça s’appelle les « dommages collatéraux ».
Mais de qui les Etats-Unis jouent-il le jeu ? Le Centre français de Recherche sur le Renseignement (Cf2R) donne une réponse :

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, le jeu des Américains ne cesse d’être ambigu. Washington a désigné comme auteurs des attentats qui ont détruit les tours de New-York l’Irak, l’Iran et plus récemment la Syrie, alors que et la majorité des terroristes étaient saoudiens, sunnites-salafistes, et obéissaient à Al-Qaïda. Puis, à l’occasion des pseudo « révolutions arabes » de 2011, les Etats-Unis ont soutenu, partout dans le monde arabe, les Frères musulmans, des sunnites fondamentalistes, afin de les installer au pouvoir. Les Frères musulmans sont une création de l’Arabie saoudite. Mais les Tunisiens et les Egyptiens les ont chassés et, en Syrie, ça n’a pas marché du tout, ce qui risquait d’entraver la bonne marche du plan Kalergi et les projets américains de confier la gestion des hydrocarbures syriens et irakiens à leur cher allié l’Arabie saoudite.

Ce n’est pas une mauvaise analyse des américains, mais une véritable stratégie d’alliance objective et machiavélique avec l’islam le plus radical qui soit.
Zbigniew Brzezinski, l’ancien conseiller pour la Sécurité nationale de Jimmy Carter déclarait encore récemment, à propos de Jabat Al-Nosra, la branche d’Al-Qaida en Syrie : « si les Russes continuent à bombarder nos gars, il faut qu’Obama riposte«  !
Et Laurent Fabius, parlant d’Al-Qaïda, avait dit en 2012 « Ils font du bon boulot« .
Sans la catastrophique intervention et gestion américaine en Irak , sans le soutien ou la passivité bienveillante de l’Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie, E.I, n’existerait plus.
Mais, tant que l’E.I. bénéficiera de tels sponsors, il continuera d’exister. D’autant qu’aucun pays occidental ne voulant intervenir au sol et la très faible combativité de l’armée irakienne ne permettant pas d’espérer des opérations militaires d’envergure au sol, il ne reste que Bachar aidé par les Russes pour éradiquer l’E.I. qui vient tuer des Français à Paris.

En suivant aveuglément ces quatre faux jetons, Arabie, Qatar, Turquie et Etats-Unis, Hollande a clairement accru la menace terroriste sur la France. Pourtant il a été docile, le clampin, il n’a rien fait pour empêcher des centaines de djihadistes français de partir en Syrie pour prêter main-forte à l’Etat Islamique, ni gêné en quoi que ce soit leur retour qui va accélérer la réalisation du plan Kalergi.
Manuel Valls demande même des centres spécialisés pour les accueillir et les aider à se réinsérer. La presse a grandement aidé à l’opération en diffusant le message de « Bachar, le boucher qui massacre son peuple avec des armes chimiques« . Comme G.W. Bush avait lancé celui de « Sadam Hussein détient des armes de destruction massive« . La bonne vieille recette du chien que l’on veut tuer et dont on dit qu’il a la rage.

« Nos services, bien que parfaitement conscients des réalités du terrain et des menaces, ont obéi à un gouvernement sous influence du Qatar et de l’Arabie saoudite. Ils ont entrainé et ravitaillé des combattants d’Al-Nosra (Al Qaïda) et de l’ASL (Frères musulmans) et ont du se résigner à ignorer les faits qu’ils observaient pour ne dire à nos autorités que les « vérités » qu’elles voulaient entendre. Aussi, sous le double effet de la rupture des relations avec les services syriens et des consignes de collaboration avec les Etats wahhabites/salafistes, le renforcement des moyens du renseignement depuis 2008 ne pouvait guère porter ses fruits, puis qu’il était demandé aux services d’agir dans la mauvaise direction« . (Cf2R)

Les « démocrates modérés » que Hollande et Fabius soutiennent et arment sont tout de même un peu spéciaux ! D’abord ils revendent à Al-Qaïda les armes que la France et les Etats-Unis leur donnent, quand ce n’est pas directement à E.I., et ensuite, ils ont une curieuse conception de la « démocratie modérée » ! Lamia Nahas, membre de la Coalition nationale de l’opposition syrienne, soutenue par la France, le Qatar, l’Arabie Saoudite, les Etats-Unis et le Royaume Uni, a récemment publié un post édifiant sur sa page Facebook : « Chaque fois que les minorités déploient leur morgue à l’égard de la Syrie, ma conviction s’affirme davantage sur la nécessité de dresser un bûcher pour les carboniser tous. Je regrette Hitler qui a brûlé les Juifs de son temps ainsi que le sultan ottoman Abdel Hamid qui a exterminé les Arméniens, de même que le héros des Arabes, Saddam Hussein, qui s’est comporté en homme à une époque où il n’en existait plus et dont il n’existera plus jamais après lui« . (Madanyia.info, 1er novembre 2015)

La coalition sous tutelle américaine prétend faire la guerre à l’Etat Islamique, une guerre qui est largement symbolique. Les russes ont fait plus de sorties de bombardement en un mois que toute la coalition en deux ans qui a déversé près de dix fois moins de bombes que l’OTAN sur le Kosovo !
C’est pourquoi l’E.I. se portait si bien et progressait jusqu’à l’arrivée des Russes.
Quant à l’armée française, elle manque de tout étant déjà engagée dans des guerres hollandaises dans 7 autres pays, en Afghanistan, mais surtout en Afrique.

L’Imprécateur

Mais qui est « l’opposition modérée » ? Les Frères musulmans salafistes. Cliquer sur le lien ci-dessous :

Opposition modérée

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COMMENT POUTINE A ROULÉ HOLLANDE ET OBAMA DANS LA FARINE (par l’Imprécateur)

Selon Machiavel, « pour échapper à une guerre perpétuelle ruineuse, ils [les pays] devront tenter de maintenir un équilibre des forces ». C’est le but de la plupart des traités de paix. C’est visiblement aussi celui de la coalition menée par les États-Unis en Syrie où un an et quatre mille bombardements aériens n’ont visiblement servi qu’à stabiliser les positions de l’État Islamique (ad-dawla al-islāmiyya, acronyme arabe Daesh) et éviter « une guerre perpétuelle ruineuse », comme en Afghanistan où les troupes américaines sont contraintes de prolonger leur séjour pour une durée indéterminée.

Les Russes ont fait mieux en une semaine, et les coalisés sous le pavillon américain se demandent comment et pourquoi. Répondre à pourquoi est simple, comme pour la France en Libye « pour des raisons militaires et économiques… une opportunité pour (la Russie) de se réaffirmer en tant que puissance militaire ». C’est aussi parce que les Russes ont compris qu’il n’y aura pas de paix et de retour à un État multiethnique et multiconfessionnel sans Bachar el-Assad et que si Bagdad et la région de Lataquié, berceau des Alaouites, tombent aux mains des terroristes, qu’ils soient ceux de l’État Islamique ou ceux d’al-Qaïda-al-Nosra et ses satellites dits modérés, ils perdront leur grande et seule base militaire en Méditerranée. Ils ne soutiennent pas Bachar el-Assad par amitié ni sympathie, mais uniquement par intérêt.

Leur seconde raison d’intervenir est qu’ils ont compris quel l’objectif réel des États-Unis et de leurs sous-fifres, la France et les États arabes du Golfe : ils veulent le départ de Bachar el-Assad, et dans son cas, partir c’est mourir un peu. Mais ce n’est pas non plus pour faire plaisir aux quelques Sunnites, soi-disant modérés, alliés à al-Qaïda que Bachar el-Assad avait entrepris d’exterminer quand ils ont voulu le renverser. États-Unis et coalition, agissent aussi par intérêt  : prendre le contrôle des champs de pétrole et de gaz syriens, et par la même occasion chasser les Russes de la Méditerranée. Pourquoi les Russes ont-ils attendu quatre ans pour intervenir ?
Parce qu’il leur a fallu ce temps-là pour se préparer à prendre la place de la coalition en Syrie.
Prêts ? Ils le sont aujourd’hui.

Comment ?

Ce comment inquiète énormément les Occidentaux d’où ce déferlement d’hostilité qui frise la haine contre la Russie, complaisamment relancé par les médias, qui se contentent de relayer les dépêches de l’agence socialiste AFP, dont la direction et la rédaction se contentent elles mêmes de répéter les instructions élyséennes, le tout sans la moindre analyse et réflexion.

Car en acheminant jusqu’en Syrie 28 avions et hélicoptères russes venant de Russie après avoir survolé la mer Caspienne et l’Irak – zones sous étroite surveillance radar et optique – sans être repérés, les Russes ont fait la démonstration que leurs systèmes d’invisibilité aux radars sont au point !

« C’est avec surprise que la presse internationale a constaté la « téléportation » de 28 avions et hélicoptères de combat russes à l’aéroport international de Lattaquié… La découverte ne s’est faite qu’après l’étude d’images obtenues par satellite. » (Courrier International)

Soit 12 chasseurs-bombardiers Sukoï 24, 25 et 34 et 16 hélicoptères d’attaque Mil-24. Personne n’a détecté au radar le vol de cette armada aérienne jusqu’à l’atterrissage en Syrie, malgré les AWACS d’alerte précoce américains à la frontière de l’Irak, qui ont un rayon de détection de 500 km, les radars militaires au sol, les avions-patrouilleurs Gulfstream G550 d’observation israéliens le long de la côte de la libanaise et syrienne.

La flotte militaire aérienne russe a pu parcourir 2.400 km en survolant à moyenne altitude et vitesse subsonique (autrement dit sans presque se cacher ni se presser) des pays ennemis sans être repérée, montrant ainsi que les Russes ont pris une bonne avance sur les occidentaux en matière de combat aérien. En effet, les hélicoptères ont volé à moins de 4.000 m et entre 240 et 300 km/h, les Sukoï un peu plus haut, moins de 8.000 m et plus vite (entre 600 et 700 km/h) sans que personne ne les voie, qu’aucun radar ne les repère !

Une vraie claque pour le Pentagone, Obama et Le Drian.

Il ne s’agit évidemment pas de “téléportation” comme le dit Courrier International, mais de l’application de techniques évoluées de manipulation des radars ennemis. Comme celles qui ont permis au vol MH-370 reliant Kuala Lumpur à Pékin de virer au-dessus de la Mer de Chine (ultra-surveillée) de survoler la Malaisie, la Thaïlande et tous leurs radars civils et militaires, pour aller se perdre en Océan Indien sans que personne ne sache par où il est passé, ni où il a disparu.

D’abord, le trajet de la flotte aérienne russe a été repéré jusqu’à Lattaquié, depuis les bases aériennes 387 et 368 de Boudionnovsk dans le Caucase, jusqu’à la base aérienne russe en Syrie, par un Iliouchine-20-M1 (quadriréacteur d’observation) passé lui aussi inaperçu.

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PAS VU, PAS PRIS !

Il a pris autant de photos qu’il a voulu. L’avion possède un système E-LINT (Electronic Intelligence) et dispose de divers équipements pour l’interception et le brouillage des communications militaires : radar et téléphonie mobile, appareils-photo haute résolution (A-87P), un radar Kvalat-2 embarqué qui permet d’afficher sous forme numérique une carte du terrain jusqu’à une distance de 300 km (détectant automatiquement les véhicules en mouvement, les blindés, les pièces d’artillerie ou le déploiement de ceux déjà connus dans un autre emplacement).

Pour voir certains points sensibles de plus près, des drones de reconnaissance Pchela-1T sont allés repérer et filmer d’éventuels sites “EI” équipés de batteries antiaériennes : pas vus non plus, les drones !

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Pour parcourir 2.400 km, avions et hélicoptères russes sont équipés de réservoirs supplémentaires. Sinon, il faudrait les faire accompagner d’un Antonov 124 ravitailleur. Sur les Sukoï sont ajoutés des containers ECM de type SAP-518/ SPS-171, et aux hélicoptères des équipements de contre-mesures électroniques de type Richag-AV, le tout ayant un rayon d’action de 400 km. Les Russes ont clairement imposé leur suprématie en matière de guerre électronique (EW − Electronic Warfare), mais la façon dont ils y sont arrivés reste entourée de mystère. Le redoutable système russe de collecte et de traitement de l’information reste également enveloppé de mystère.

Ils peuvent identifier les cibles des bombardements et leur répartition parmi les différents types d’avions, tout en empêchant les Américains et leurs alliés de découvrir quoi que ce soit de leur modus operandi. Or, en l’absence d’un minimum d’informations, les Américains ne peut pas déclencher de contre-mesures électroniques (ECM) efficaces contre les Russes en Syrie ! Pour protéger leur dispositif contre les moyens de recherche, les Russes ont déployé en Syrie, plusieurs Krasukha-4.

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Ils paralysent les dispositifs électro-magnétiques et électro-optiques des Américains et de la coalition.

Le Krasukha-4 est un équipement à bande large mobile, monté sur le châssis 8×8 de type BAZ-6910-022, qui brouille les radars de surveillance des satellites militaires, les radars au sol et aériens de type AWACS et ceux montés sur des avions sans pilote (drones). Le Krasukha-4 est le seul système capable de brouiller les satellites-espions américains.

À cela s’ajoute le navire Priazovye (de classe Vishnya) appartenant à la Flotte russe de la Mer Noire, qui a été déployé en Mer Méditerranée, près de la côte syrienne. Ce navire est spécialisé dans le brouillage et la collecte des informations de type SIGINT et COMINT (interception de tous les réseaux de communications).

De plus, les alentours de l’aéroport de Lattaquié sont surveillés en permanence par 4 à 6 mini-avions et hélicoptères sans pilote de type de ZALA, ultralégers et silencieux, propulsés par un moteur électrique, avec un rayon d’action allant jusqu’à 30 kilomètres.

Pour détecter les cibles pour les missions de bombardement de moyenne distance, les Russes utilisent 36 avions sans pilote type Yakovlev Pchela-1T et Orlan-10, et pour la surveillance de la totalité du territoire syrien, des drones de reconnaissance Dozor-600 ou Altius, similaires aux MQ-1B Predator américains.

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LE DOZOR 600

Pour la surveillance de l’ensemble du territoire syrien, les Russes ont également déployé des avions de reconnaissance E-LINT, de type Iliouchine-20M1, équipés de radar Kvalat-2, qui peuvent détecter des avions, des véhicules terrestres et des pièces d’artillerie jusqu’à une distance de 300 km. Ils sont, de plus, équipés de systèmes d’interception et de brouillage de toutes les communications militaires, radars et téléphonie mobiles.

On comprend mieux pourquoi les Américains et l’OTAN sont tellement furieux de la présence russe en Syrie : les Russes les rendent aveugles quand ils le veulent et ils pourraient casser le beau plan de bordel productif mis en place depuis quatre ans par les Occidentaux pour détruire Bachar el-Assad !

L’Imprécateur

SIGNATURE 2015