« ON A GAGNÉ, ON A GAGNÉ »
ON A GAGNÉ QUOI, AU JUSTE ?
(Marc Le Stahler)

La « fête » est finie. Tant mieux, ça commençait à bien faire. Elle se termine dans un fatras nauséeux et confus de 14 juillet, de finale de foot, de casseurs d’autant plus violents qu’ils restent impunis et de médias de plus en plus béats, subjugués par ce ballon-qui-rend-fou et l’idéologie mortifère du « vivre-ensemble », qui n’est plus qu’un slogan de défaite.

La France, avec la planète, n’aura vécu ces dernières semaines que dans la dévotion et l’exaltation imbécile, la bière, la folie, la violence, le tout emballé dans un papier cadeau black-blanc-beur ressorti des greniers avec de petits drapeaux tricolores qui finiront par joncher les rues le lendemain de la fête… Dame, il ne fait pas bon s’afficher trop longtemps avec le drapeau français ces temps-ci, ce n’est pas très bien vu, ni par les Remplaçants, ni par les Remplacistes. Même l’Armée de l’Air s’y est mis le 14 juillet au-dessus de l’Arc de Triomphe

Les patriotes, les vrais, ceux qui pleurent, loin des braillements de la radio et de la télé, ce qui pourrait bien être les dernières années de la France, ont vécu ces semaines comme une épreuve et se réveillent groggy, hébétés, devant un président fantoche qui semble de plus en plus déconnecté des réalités et au coeur d’un pays meurtri faisant semblant d’être heureux.

Je n’ai même plus la force d’écrire. D’autres viennent d’ailleurs d’exprimer, bien mieux que j’aurais pû le faire, ce sentiment d’épuisement, d’amertume et de colère qui m’anime comme, je le sais, le coeur de centaines de milliers de patriotes. Les vrais, pas ceux qui ne sortent les drapeaux qu’après les attentats et les victoires de foot, ceux qui se sentent déja exilés dans leur propre pays, colonisés de l’intérieur, ceux qui pleurent la France qu’on croyait éternelle et qui meurt sous les coups conjugués de l’ennemi et du gouvernement à sa botte sans même avoir combattu.

Je vous laisse les lire.

MLS


15 juillet 2018.
Victoire de l’équipe de France au championnat du monde de football.

Par Ulysse Lorn

Partout sur le territoire, les mêmes scènes de pillages, de razzias, d’affrontements avec les forces de l’ordre, de destructions de biens, de saccages de magasins, de logements, de voitures, des rixes, agressions, vols, viols… Aux yeux sidérés du monde entier, la France d’après a montré son visage de brute épaisse équatoriale montée sur Nike-Air avec sourates incorporées en écriture inclusive. Et comme de coutume, dans cette dystopie super-discount qui est désormais la nôtre, les médias officiels parlent aujourd’hui de « liesse », de « joie populaire », et de « célébration » émaillée de « quelques incidents »…

Oh trois fois rien. Presque rien. On sent bien une petite gêne en bas à droite, un truc lancinant, ça grince un peu à Vivre-Ensemble-Land, mais heureusement la fête n’a pas été gâchée. Kevin-Marcel N’Ghanna Diop et Youssouf-Henry M’Giclo-Dan-ta-fass ont tout de même porté fièrement les valeurs républicaines, porté haut le drapeau tricolore, chanté bien fort la Marseillaise, et c’est tout ce qui compte. En tous cas, pour Marie-So Loft-à-Soho et Mouloud Bien-intégré, c’est l’essentiel. C’est la France qu’on aime, c’est la France qui gagne, c’est la France qui n’a aucune peine et qui te nique ta race, compagnon.

Trêve d’ironie. Ce serait une grave erreur de croire que ces exactions monstrueuses sont « gratuites » ou bien qu’elles ne seraient que le symptôme insignifiant d’une sauvagerie aveugle désindexée de tout sens profond. Que ce serait juste un prétexte. En vérité, ces « manifestations » sont bien des témoignages de joie : la joie toujours obombrée de cruautés par laquelle s’affirme la victoire définitive d’un peuple sur un autre. Comme dans les récits de l’ancien monde, la peuplade barbare, après avoir pillé la cité, la brûle – et son incendie authentifie son triomphe. La cendre fixe les récits. En l’occurrence, la destruction est tolérée par les administrateurs impériaux qui se servent de ce processus de submersion démographique et de colonisation car il les arrange dans la perspective plus globale de la désaffiliation technicienne de l’homme.

L’homme européen, par son caractère racé, résiste un peu trop à la réduction physicaliste, il faut en finir avec lui. Pourquoi pas le noyer avec des hordes d’Africains qui prétendent risquer la noyade ? Hum… Pas bête. Drôle en plus. Cette nuit, donc, avec l’aval de la techno-oligarchie mondialisée dont elle n’est qu’un protectorat, l’Union Panafricaine d’Europe de l’Ouest a célébré la victoire de son équipe et a chanté la mort du peuple français. L’ironie cruelle (et l’originalité historique) est ici que ce chant se réclame des valeurs mêmes du peuple vaincu, qu’il annonce que le drapeau du perdant est en fait le sien, que l’histoire du terrassé stupéfait n’est pas différente de la sienne… En une effroyable escroquerie, le 21ème siècle aura inventé l’usurpation d’identité à l’échelle d’une nation. L’oncle d’Amérique appelle Monsieur François à Paris et c’est Mamadou qui répond. Mais attention, Mamadou est bien le vrai Monsieur François – et le type qui gueule ligoté dans le placard n’est qu’un clodo un peu fou qui squattait là par hasard. Pas d’inquiétude, il n’en a plus pour longtemps de toute manière, à force de ruminer son malheur il finira par s’étouffer avec sa langue étrangère pleine d’inintelligibles « Mademoiselle », de « race », de « vasque et de haute terrasse », de « je vous en prie Monsieur, après vous »… Et puis… Mediapart sera toujours là pour le dénoncer au fisc.

Bien plus inquiétante que la passivité résignée qui fait liturgiquement suite aux attentats mahométans, cette ferveur exaltée qui succède aux témoignages éclatants de la conquête africaine. Plus désespérante que la tristesse et l’impuissant chagrin des endeuillés, cette débauche furieuse de vulgarité contente des envahisseurs et de leurs vassaux, cette captation d’identité par et dans la vomissure joyeuse – ce crachat heureux sur la face du vieillard désarmé. Cette nuit, la bataille du Nom s’est une fois encore montrée dans sa nudité : ces gens qui osent se revendiquer de la France, de son drapeau, de son histoire, alors que tout dans leurs faits et gestes en constitue la négation, le rejet, ces gens sont des ravisseurs et des usurpateurs. Certes. Mais comme la législation prévoit que passé un certain délai, l’usage de la chose finit par donner des droits sur elle, en l’occurrence, la passivité révoltante des anciens Français est l’accusatrice véridique de leur lâcheté face à ces colonisateurs bien installés. Il ne sert de rien de vouloir leur reprendre un nom qui de fait leur a été cédé sans résistance, il ne sert de rien de vouloir leur arracher un drapeau qui en acte leur a été donné, il ne sert de rien de prétendre s’insurger alors qu’il n’y a pas d’insurgés, de se battre alors que personne n’est prêt à mourir, de reconquérir alors qu’il n’y a pas de conquérants et que Marie-Alix trouve que dans le fond il n’est pas si mal que ça ce « M’Babakar n’golo mwaka »…

Cette guerre est déjà perdue qui n’a pas été menée. Lorsque des millions de jeunes « Français » s’enthousiasment sincèrement pour des brutes d’Afrique de l’Ouest, c’est que nous n’assistons plus à la destruction de la France : nous sommes actuellement aux Pompes Funèbres et nous négocions le prix du cercueil. Cette césure, c’est pour toujours, compagnon. Ce seuil est constant – il ne sera plus jamais franchi en sens inverse. Si par miracle la France était un jour restaurée, elle ne pourrait pas repartir du point qui précéda sa colonisation par l’Union Panafricaine d’Europe de l’Ouest, elle ne pourrait qu’en authentifier le poids historique, la réalité. Il faut donc bien l’admettre : ces gens venus d’ailleurs sont réellement à l’image de la France contemporaine, et nous sommes donc, nous, ceux que la fête fait pleurer, des descendants d’Anciens Français, un peuple qui, il y a beau temps, habitait cette terre. Minoritaires, persécutés physiquement et moralement, passifs et maintenant tout à fait vaincus. On nous a pris nos terres, nos femmes, notre langue, nos symboles, notre drapeau, nos institutions et notre nom. Nos parents ont donné l’hospitalité à nos ravisseurs, ils ont payé les preneurs d’otages et nous ont enjoints de les traiter comme des frères. En bout de chaîne, chaque « Allez les Bleus » n’est rien d’autre qu’un « Hourra ! On crève ! »… Notre condition est d’ores et déjà celle d’exilés, de marginaux et de pourchassés. Des gens qui doivent se sauver pour pouvoir se sauver. Je ne sais pas quelle identité sera la nôtre, ni même si tout ceci n’annonce pas une extinction physique pure et simple. Je suis cependant sûr d’une chose : l’Histoire ne connaît que l’effectivité – elle n’a que faire des poses et des discours. Elle ne change de direction qu’au prix du sang versé. Ici et maintenant, « ils » sont la France, et ils sont les champions. C’est vrai. Mais s’ils ne méritent pas le nom de « Français » parce qu’il n’y entendent rien, nous qui y entendons quelque chose ne le méritons pas plus qu’eux, puisque nous ne l’avons pas défendu…

Qu’au moins cette lâcheté ne se donne pas la mine d’être une forme quelconque de résistance. Et que cessent pour de bon les imbécilités au sujet des divergences de « lignes » politiques nationalistes – ces cache-misères de l’aboulie honteuse et du consentement factuel à l’africanisation. Ce serait bien le moins. Laissons-leur donc ce nom et cette histoire pour nous achevée désormais et qu’ils prolongent de leurs cris d’animaux – nous n’avons plus d’autre choix que d’être les guetteurs d’un autre possible, les acteurs d’une autre légende, celle de la diaspora des descendants de l’Ancienne France. Je suppose que nous ne gagnerons jamais la moindre coupe du monde et que nous ne serons jamais les champions de rien. Du moins nous sera-t-il épargné, si nous survivons ailleurs, la honte d’avoir à faire comme si le trophée qui dit notre indignité était un symbole de triomphe et de fraternité.

Ulysse Lorn


Vous avez gagné !

par Bruno Lafourcade

C’est bon, on a compris : vous avez gagné, racailles – et nous avons perdu. Vous êtes la Nouvelle-France, et nous sommes les Vieux-Français. Ce pays, il est à vous : faites-en ce que vous voulez, dépouillez-le, pillez-le, videz-le, ce n’est jamais qu’un supermarché qui vous a donné une carte d’identité. Volez, violez, saccagez, attaquez à huit contre un : vous n’êtes bon qu’à ça – vous avez la razzia dans l’âme. Allez-y : servez-vous, blédardisez-le, faites-en le tiers-monde d’où vous venez, brûlez-le, et ruinez jusqu’à ses ruines. Vous êtes la Nouvelle-France, nous sommes les Vieux-Français : avant vous, nous ne criions pas quand nous étions heureux, notre musique n’était pas vos youyous, nos jeûnes n’étaient pas les vôtres. Nous aimions les visages, et nous aimions les regards ; nous représentions Dieu, et nous représentions les femmes ; nos joies n’étaient pas vos cris et vos pillages n’étaient pas dans nos mœurs ; nous aimions la beauté, et vous êtes laids.

Mais c’est fini : votre laideur a triomphé, vous êtes la Nouvelle-France. Chaque voiture brûlée, chaque attaque de pompier, chaque insulte, chaque viol, a été une défaite de plus. Nous avons eu le tort de confier notre destin à des salauds qui vous ont laissé nous envahir. Maintenant, c’est trop tard : vous avez gagné – plus rien n’est à nous. Alors, nous vous la laissons, notre patrie, avec vos cris, vos crimes, votre crapulerie, votre puritanisme de sous-développés, votre illettrisme, votre barbarie, vos mœurs crétines, vos djellabas de mon cul, votre Coran de mes couilles, votre connerie de ramadan, votre haine des juifs, des femmes et des chiens, vos combines de petits salauds, vos mauvais coups, vos deals de coins de rue, vos joints de bas d’immeuble, votre absence d’honneur, vos mensonges, vos vanités et votre lâcheté – vous avez gagné.

Nous avions une patrie, nous vous avons laissé la prendre. Trop de points-retraite, trop de vie à crédit, trop de confort, de mesquinerie et de compromis petit-bourgeois : nous avons été vaincus sans combattre – il est trop tard, désormais, tant pis pour nous. Et tant pis pour vous : votre Nouvelle-France, nous vous la laissons, elle n’est pas à nous, nous n’en voulons pas. Vous y serez seuls – avec les ailegébétéculs, les gays noirs en collants et les non-binaires aux yeux fixes de sardines à l’huile ; avec les Femen, les Schiappa et les désertées du Points G ; avec les fanatiques du tri sélectif et les végans hallal-compatibles ; avec les antiracistes arcs-en-ciel et les mielleuses d’Eurovision – avec tous ceux qui vous ont tant aimés, et nous ont tant haïs. Arrangez-vous entre vous : on va bien rire – ce sera notre seule joie. Vous avez mille ans pour égaler Chartres, Couperin, Pascal, Renoir et Proust – mille ans pour mourir. Nous, c’est fini, nous retournons à nos jardins – et ne vous en approchez pas : nos fusils ne sont pas en bois et nos chiens ne sont pas végans.

Bruno Lafourcade


Vive la France quand même, car il y a toujours de l’espoir.
Même sous la cendre, il y a  parfois des braises qui couvent.

Marc Le Stahler
18 juillet 2018 


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