RELOCALISATIONS : COMMENT ET PAR QUI ?
(Olivier Piacentini)

Le libre échange était devenu, depuis quelques décennies, une sorte de nouvelle religion. Le vieux mot d’ordre de libéraux classiques « laissez faire laissez passer » devait créer la richesse et assurer le développement économique harmonieux via la sacro-sainte « division internationale du travail », la « main invisible » d’Adam Smith » étant supposée assurer les équilibres naturels…
Hélas… Cette belle doctrine quasi religieuse vient de voler en éclats, et avec elle toutes les illusions d’Europe Fédérale et de Nouvel Ordre Mondial. La communauté internationale vient de comprendre (chèrement) que ces mots d’ordres idéologiques leur avaient d’ailleurs été imposés par des pays qui avaient eux-mêmes pratiqué sans vergogne le protectionnisme honni pour assurer leur décollage et se développer.
Olivier Piacentini pose la seule question qui vaille aujourd’hui, et qui sous-tend tout le reste…
On fait quoi, maintenant ? Avec qui et comment ?

MLS




RELOCALISATIONS : COMMENT, ET PAR QUI ? LE DEFI MAJEUR DES MOIS A VENIR.
 

Depuis les débuts de la pandémie, les pénuries criantes qui paralysent l’action sanitaire de l’Europe, mais également son redémarrage industriel suspendu aux approvisionnements chinois, ont convaincu tout le monde qu’il faut relocaliser d’urgence.

C’en est même devenu un mantra, repris par tous, y compris les plus ardents défenseurs du libre-échangisme, dont Macron et Le Maire…

Le souverainiste que je suis ne pourrait que se réjouir de constater l’adhésion unanime à ses idées, qui valaient il y a encore quelques semaines des procès en hérésie, irréalisme économique, passéisme : nous allions réveiller la bête nationaliste, et en même temps ruiner l’économie…

Sauf que la réalité finit toujours par rattraper les utopies et, dans le cas présent, la réalité est particulièrement cruelle et amère pour nous.

La France compte aujourd’hui près de 9 millions de personnes au chômage à temps partiel, qui s’ajoutent aux 6 millions de chômeurs des quatre catégories qu’elle traîne depuis vingt ans. Au lendemain du confinement, les choses ne retourneront pas à la « normale » du jour au lendemain, et le taux de chômage sera probablement pour longtemps bien supérieur à ce que nous supportions déjà avant…

Relocaliser est donc une urgence cruciale, impérieuse, vitale même, car l’économie tertiarisée ne pourra jamais absorber le tiers du quart des bataillons de sans-emplois qui vont plonger nos pays dans la précarité et l’instabilité.

Mais qui donc va promouvoir ces délocalisations ? Macron, Merkel, Conte, Sanchez, Mesdames Lagarde et Von der Leyen ? Comment vont-ils s’y prendre ?

De quels moyens disposent-ils, juridiquement, et encore plus économiquement, pour imposer leur loi à des entreprises richissimes, affranchies depuis longtemps des contraintes des états, et qui en sus, les tiennent à leur merci via les dettes souveraines qu’elles détiennent, et qui assujettissent les gouvernements ?

Et une fois les usines relocalisées, vont-elles subir les charges sociales, taxes et réglementations que nous connaissons sous nos cieux ? Va-t-on les livrer pieds et poings liés, lestées de tels boulets, à la concurrence des pays émergents qui, eux, sauront toujours protéger coûte que coûte leur outil de production, au détriment du reste ?

Relocaliser, c’est bien, c’est même incontournable. Mais cela implique de tout remettre à plat : système social, fiscal, bureaucratie, étatisme, réglementations sociales, sanitaires, environnemental au niveau de nos pays européens.

Cela implique d’imposer des règles de concurrence loyale à la Chine – la réciprocité, entre autres.
Monsieur Xi sera-t-il facile à convaincre ?
Et surtout de revoir de fond en comble le droit commercial international fixé dans le cadre de l’OMC, qui fait depuis trente ans du libre-échange une vache sacrée…

Les mêmes qui ont organisé le mondialisme, le libre échangisme, la social démocratie et ses lourdeurs mortifères pour nos industries, l’Union Européenne et son carcan réglementaire, vont donc défaire fissa l’œuvre de leur vie ?

Vont-ils, du jour au lendemain convaincre leurs partenaires économiques, multinationales et banques, qui les ont soutenu jusqu’ici, d’abandonner leurs intérêts pour sauver l’Europe de la ruine et de la soumission aux autres puissances ?

Macron, l’expert en ventes à la découpe, qui a livré à l’étranger Alstom, les Chantiers navals, Latécoère, Technip et tant d’autres, va-t-il devenir le chevalier blanc du patriotisme économique ? A l’écouter parler, on devine qu’il cherche plutôt avant tout à sauver du naufrage le système qui l’a porté, UE, OMC, finance, mondialisme…

La réindustrialisation de l’Europe impliquera un profond changement du logiciel politique, social, économique et même culturel : les dirigeants actuels ne sauront, et même ne pourront, relever ce défi.

Derrière cela, c’est un immense combat politique qui nous attend, si nous voulons nous sauver de la ruine.

Olivier Piacentini
19 avril 2020

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AlainB
AlainB
19 mai 2020 19 h 21 min

L’ignorance est toujours acceptable, car personne n’est omniscient, mais les mensonges et l’idéologie perverse devraient ne pas être présents dans ce type de papier prétentieux. Regardez l’histoire, c’est toujours l’échange, le commerce qui ont été à l’origine des progrès sociaux, économiques et politiques. Avec certes des dérapages, souvent dramatiques, (esclavage, guerres, colonisation,….), mais toujours des progrès considérables. Depuis l’accélération de l’ouverture, soit environ 40 ans, tous les pays, tous, ont connu des améliorations de niveau de vie, et des centaines, voire des milliers de millions de personnes sont sorties de la misère souvent mortelle. Tous les indicateurs economiques et sociaux… Lire la suite »

LaKanaye
LaKanaye
26 avril 2020 8 h 46 min

Il faudrait commencer par quitter officiellement l’UE, dont les TUE et TFUE (signé dans notre dos à Lisbonne 2007) nous ligotent les pattes dans tous les domaines : économie, diplomatie, défense, frontières (différent de la zone Schengen). Le FREXIT est le péambule indispensable à toute velléité de souveraineté.

Pellerm
Pellerm
23 avril 2020 14 h 37 min

Une belle Révolution …il n’y a que ça de vrai ..Hélas , les français sont tellement déculturés depuis 40 ans , et lobotomisés par leur sacro- sainte télévision ..ils ne savent plus ce qu’est une Patrie , et encore moins le sens de l’Honneur ..ne reste plus que la vieille garde ..celle qu’on « euthanasie » sournoisement .. Mais qu’ils ne rêvent pas trop ..! La Révolution allogène se met en marche ..Il nous restera le choix de tendre le cou , ou de prendre les armes … Ne soyons pas pessimistes ! il reste encore la solution du suicide collectif ..… Lire la suite »

LaKanaye
LaKanaye
26 avril 2020 8 h 57 min
Répondre à  Pellerm

Il n’y a pas de « belle Révolution », c’est du sang et des larmes. Avons-nous des armes ? La plus sûre actuellement est la déchéance physique et publique : quelle vedette médiatique rêve de passer devant un juge ?
La France s’est toujours relevée, même des pires abîmes, c’est une graine de vie éternelle.

Claude Roland
Claude Roland
21 avril 2020 14 h 28 min

A la vitesse où se déroule, chez nos décideurs-bras-cassés, le processus de décision, la prise de décision finale et la mise en application de la décision finale, on va attendre longtemps…Cette lenteur administrative est une tradition en France, sans parler des usines à gaz qu’elle engendre. Et on crève de ce cancer là aussi. La Chine a du mal à cacher qu’elle est le moteur principal de la mondialisation et que ses arrières pensées communistes, du moins celles de son président à vie, est de contrôler le monde entier ; ce qui implique une guerre mondiale militaire après la guerre… Lire la suite »

lepatriote1111
lepatriote1111
25 avril 2020 6 h 35 min
Répondre à  Claude Roland

Bonjour , la Chine n’est pas prête d’arrêter son expansion , avec la mise en place de la route de la soie , ce qui lui ouvre après le maritime , le terrestre , le ferroviaire .La Chine n’a pas finie son hégémonie mondialiste , et ça nous allons le payer très cher ! (La nouvelle route de la soie ou la Ceinture et la Route est à la fois un ensemble de liaisons maritimes et de voies ferroviaires entre la Chine et l’Europe passant par le Kazakhstan, la Russie, la Biélorussie, la Pologne, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni.… Lire la suite »

Claude Roland
Claude Roland
26 avril 2020 17 h 06 min
Répondre à  lepatriote1111

Bjr. Oui, je sais, la route de la soie, c’est comme les autoroutes du 3ème Reich. Prévue pour l’invasion et les mouvements de troupes.

jjgg
jjgg
21 avril 2020 9 h 54 min

Le port de Shangai qui gère 550 millions de tonnes de marchandises n’est pas là pour faire joli et encore moins pour être fermé demain. Il ne faut tout de même pas oublier que l’expansion économique de la Chine est liée à des investissements colossaux de fonds de pension, de banques et autres entités qui justement ont permis la construction de ces ports, des infrastructures industrielles etc ….. La relocalisation se fera par les mots mais surement pas par les actes.

CRI
CRI
20 avril 2020 23 h 25 min

Quand ils se sont délocalisés il fallait les taxer pour ne pas qu ils partent

Zglb
Zglb
21 avril 2020 1 h 49 min
Répondre à  CRI

Ils sont partis parce qu’ils étaient surtaxés.

LaKanaye
LaKanaye
26 avril 2020 8 h 48 min
Répondre à  CRI

Ils sont partis parce qu’ils en avait le DROIT (européen)

Filsde1789
Filsde1789
20 avril 2020 16 h 12 min

Les plus riches se sont enrichis encore plus par les délocalisations, on a fait produire à bas coût en Chine pour vendre plein tarif en Occident. Ce sont ces riches là qui défendent la mondialisation et tant pis pour les classes moyennes des pays occidentaux qui se sont appauvries.
A l’occasion de cette pandémie, nous risquons de passer à l’étape suivante, les grandes pénuries, où les plus riches vont continuer à s’enrichir en contrôlant les besoins de l’humanité : l’énergie fossile, les métaux rares, l’eau, la nourriture, les médicaments ….

Dissident
Dissident
20 avril 2020 10 h 07 min

Comme le socialisme n’a pas marché, leur solution ne peut être que « encore plus de socialisme ».
Le reste n’est rien d’autre que du baratin pour attraper les électeurs et rester en fonctions.
Nous allons donc continuer à couler.

lepatriote1111
lepatriote1111
20 avril 2020 9 h 22 min

L’OMC , l’OMS , L’ONU et tous ces bidules sont des pompes à fric qui ne servent à rien , depuis le temps on le saurait si toutes ces entités étaient utiles et efficace.

Serge GRASS
19 avril 2020 17 h 41 min

Comme il va falloir beaucoup d’argent pour rembourser les dettes Je suggère :
20% de droits de douane sur tous les produits importés. Ca permettrait des rentrées fiscales et un réajustement de la concurrence; et ainsi permettre les relocalisations.
Mise en place de la TVA sociale pour financer la solidarité en remplacement des charges sociales actuellement supportées seulement par les entreprises françaises.
Rembourser les dettes aux banques avec de la monnaie créée par la banque de France. Autrement dit rembourser en monnaie de singe la dette qui est de la monnaie de singe !

Claude Roland
Claude Roland
21 avril 2020 14 h 30 min
Répondre à  Serge GRASS

Et tout simplement l’effacement de notre dette, comme on le fait si facilement pour les pays africains ?

Schrottenloher
Schrottenloher
21 avril 2020 18 h 32 min
Répondre à  Claude Roland

Effacer la dette africaine appauvri en effet un peu plus les Européens dans leur majorité. Mais effacer la dette française, rêve de grands penseurs tels Piketty et Attali, ruinerait des milliers de petits épargnants. A quoi s’ajouterait la perte irrémédiable de la confiance dans la parole de l’état français. Bon, je sais, elle n’est déjà pas extraordinaire…

Zglb
Zglb
19 avril 2020 12 h 32 min

Le bal des vampires est terminé, en effet.

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