« LAPIDER LES FLICS ? JE NE SAIS PAS SI C’EST BIEN ! » (Sibeth Ndiaye)
(Suricate)

En commençant son exposé à la presse  par  » Je ne saurais pas expliquer à mes enfants s’il est normal ou pas de jeter des pierres sur les forces de l’ordre « , Sibeth Ndiaye illustre parfaitement l’ambiguïté confuse du style macronien.
– Maman ! Ouiiii ma fille ? La prof d’anglais m’énerve, je peux lui faire avaler son  dentier ?
– Beeeennn… oui et non ma fille, fais comme tu veux.
– Et moi, m’man, maintenant que j’ai seize ans, je peux violer la prof de maths pour m’entraîner un peu ?
– Bof ! Faut voir, fais comme tu veux mon fils, ça va probablement poser un problème, mais je ne saurais pas l’expliquer.
(Cours d’éducation maternelle et familiale selon Sibeth Ndiaye)



L’ENFANCE DORÉE DE SIBETH NDIAYE

Sibeth Ndiaye est la fille d’une grande famille sénégalaise, proche de l’ex-président Wade. Son père sénégalais est député, sa mère est d’origine togolaise mais le grand-père maternel était allemand, ce qui aurait pu introduire une touche de rigueur dans le tableau familial. Mais en même temps, on se demande où est la rigidité germanique qui devrait couler dans le sang de Sibeth en voyant son exubérance corporelle, capillaire, verbale et vestimentaire.

Sa mère fut présidente du Conseil Constitutionnel du Sénégal.
Les parents Ndiaye ont mis Sibeth à l’Institut Jeanne d’Arc « pour jeunes filles comme il faut » à Dakar. Ils l’ont ensuite envoyée au Lycée Montaigne à Paris. Une éducation de grande bourgeoise, donc. Sibeth rate deux années de prépa médecine et comme tous les étudiants en échec, ultime solution un cours de philosophie politique à l’université Paris-Diderot (c’est ça ou sociologie), ce qui ne mange pas de pain en laissant ouvertes tous les options futures. Elle y milite à l’UNEF et à la MNEF pendant huit ans ce qui lui laisse le temps d’y trouver un mari et d’obtenir un DESS d’économie sociale (sic) ce qui est normal quand on a été membre de l’UNEF et en même temps du parti socialiste. Un peu à la manière dont  Manuel Valls est sorti de ses études à l’UNEF avec une licence en histoire.
L’UNEF est la meilleure des prépas pour la jeunesse dorée socialiste !

Au passage, notez que Macron choisit ses ministres selon deux critères secondaires, le principal étant leur fidélité absolue à sa petite personne.
Les sérieux  mais pas forcément très intelligents, costume trois pièces sombre, travailleurs, discours millimétrés, Philippe, Le Maire, Darmanin…
Et les socialistes, totalement incompétents et souvent à côté de leurs pompes, Sibeth Ndiaye, Cédric O (1), 오 en coréen, Belloubet, Griveaux (expert en travaux manuels), Schiappa, Guérini…

SIBETH EST PARFOIS DRÔLE, MAIS SAIT SE RACCROCHER AUX BRANCHES

Il y a de toute évidence un  doute introduit dans l’intervention de Sibeth Ndiaye par « je ne  saurais pas expliquer« .
Quand on est ministre porte-parole du gouvernement, commencer l’analyse d’une action gouvernementale (en l’occurrence l’arrestation mouvementée d’une Farida lapideuse de policiers, et qui les insulte voix et du geste) par « je ne saurais pas expliquer » est un peu inquiétant !
Mais en même temps, c’est excusable. Qui de nos jours serait capable d’expliquer une action brouillonne, contradictoire, quelle qu’elle soit, du gouvernement Macron ?

Albert Einstein disait « La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre » Et bien, voilà le problème de Sibeth Ndiaye ! Pour ne pas perdre son équilibre mental à la lecture des communiqués que l’Élysée lui demande de commenter, elle doit avancer à tout prix avec ses propres mots.

Comme elle a du courage, du cran, elle s’en tire par une fin brillante : « Il faut que l’on soit capable aussi de considérer que la justice doit être la même pour tous. Il peut y avoir des circonstances atténuantes ça ne m’appartient pas de le dire et c’est au juge de le faire. On peut tous être amenés dans des circonstances particulières à être à bout de nerfs. Est-ce que pour autant ça justifie qu’on jette des pierres sur les forces de l’ordre ? Que dirions-nous au fils ou à la fille du CRS qui reçoit cette pierre dans le visage ? Que ce n’est pas grave ? Non on ne peut pas le dire ».

Il est clair qu’elle a réfléchi en même temps qu’elle délivrait son discours aux journalistes. Que dirais-je à Youmali, Ingissolyn et mon chouchou Djimane (ses trois enfants), si leur papa qui bosse dans le HLM rentrait ce soir la tête en sang après avoir reçu un parpaing dans la gueule ? (Cette familiarité langagière est due au fait que Sibeth parlant en elle-même et en wolof, car elle connaît les deux langues, elle peut se permettre de temps en temps un écart de langage.
Mais cela révèle un autre problème.

UN MINISTRE DOIT PENSER CONSTITUTION AVANT DE PENSER ÉMOTION

Conclure par une touche d’émotion, les pauvres petits enfants qui pleurent en voyant leur père rentrer et salir la moquette avec son sang et les dents qu’il crache, est une bonne idée pour l’impact de la communication de Sibeth sur les âmes sensibles. Elle oublie seulement qu’elle est ministre et aurait du auparavant donner une brève explication juridique.

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Constitutionnellement, l’État est le seul à pouvoir utiliser la force pour régler un problème extérieur, comme une guerre, ou intérieur, révolte, manifestation, délit, crime, etc. En interpellant Farida, 1 m 55 et très énervée, qui jetait des cailloux sur les forces de police, il a exercé ce droit constitutionnel. La tirer par les cheveux était la méthode la moins compromettante, car la tirer par des zones plus basses de son anatomie, aussi peu séduisante soit-elle, eut pu être interprété comme une tentative d’attouchements sexuels autrement plus répréhensible pour des mainteneurs de l’ordre républicain.

Il y a une autre méthode d’appréhension que le chef de la police, Castaner, utilise dans les boites de nuit, c’est le bisou dans le cou. Mais il l’a clairement précisé, c’est une méthode personnelle pour emballer la délinquante, il ne la recommande pas à ses policiers en raison des conflits domestiques que cela peut engendrer.

Cette précision juridique introduite, Sibeth Ndiiaye pouvait plaider qu’elle est mère de famille, qu’il est cruel pour les enfants de voir leur père défoncé par un pavé, une brique, une pierre ou quoi que ce soit d’autre et qu’elle convient qu’il est difficile de leur dire que ce n’est pas grave.  

Elle aurait du se souvenir, paraphrasant Albert Einstein qu’il n’existe « que deux choses infinies : la complexité du droit constitutionnel et la bêtise humaine, mais pour le droit constitutionnel, je n’ai pas de  certitude absolue« . L’économie sociale ne lui étant pas d’un grand secours dans le cas présent, et l’UNEF n’ayant pas décerné un DESS de droit constitutionnel à la jeune Sibeth, elle n’avait d’autre choix que l’appel aux larmes des enfants.

Suricate
24 juin 2020

1 : Cédric O est secrétaire d’État à l’informatique, à 37 ans il a déjà travaillé avec Strauss Kahn, Moscovici et Hollande, il est d’origine coréenne. Pascal Guérini est le président de LREM

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Gloriamaris
Gloriamaris
30 juin 2020 20 h 10 min

J’ai toujours pensé que son vrai rôle était de tenir éloignés les pigeons afin de prémunir les visiteurs de l’Élysée contre des dérapages intempestifs sur un perron couvert de fientes. Elle a du cependant modifier son accoutrement, la SPA et la LPO ayant menacé de porter plainte pour mauvais traitement à animaux…

Claude Roland
Claude Roland
29 juin 2020 15 h 31 min

Elle porte bien son prénom… mais elle ne mérite pas plus comme commentaire. Il y en a qui touchent le fond, mais d’autres qui creusent encore.

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