7 JUILLET 1940 – MERS EL KEBIR
(Suricate)

Ignominie anglaise et faute stratégique française.
Il est des événements que la mémoire collective préfère oublier, comme l’année 1940. Elle rappelle que l’Angleterre fut, comme elle l’était depuis plusieurs siècles, « l’ennemi héréditaire » de sa grande et puissante rivale continentale, la France.

 




Sans remonter jusqu’au Moyen-Âge où, la royauté française étant encore faible, l’Angleterre considérait la France comme une terre à coloniser, la grande rivalité commence lorsque Louis XVI envoie la marine française aider les insurgés américains.
L’Angleterre y perd en 1776 13 colonies en Amérique, une partie de sa marine et son honneur. Elle le retrouve trente ans plus tard à Trafalgar en 1805, sa marine devenue la première du monde écrase la marine française.

En 1940, La marine américaine est en tête des marines mondiales (Pearl Harbor ne se produit qu’un an plus tard, en 1941), suivie de l’Angleterre et de l’Allemagne. La France n’arrive qu’en quatrième position.

En mai 1940, la Wehrmacht entre en France par le Nord où elle ne rencontre presque aucune résistance. À Montcornet (Sud-est d’Arras), le général de Gaulle réussit à la bloquer pendant cinq heures avec une division de chars dont 15 sont perdus par enlisement dans la boue et 26  détruits par l’aviation et l’artillerie allemandes, deux soutiens vitaux que de Gaulle avait alors sous-estimés.

MAI 1940, LES ANGLAIS BOMBARDENT LA CÔTE ET REFUSENT DE SAUVER LES FRANÇAIS À DUNKERQUE

Les Allemands ont pris en tenaille les troupes alliées franco-britanniques, ils les acculent autour de Dunkerque. Que font les Anglais ?

Le 10 mai, ils bombardent les villes côtières de la Manche sans prévenir, c’est un carnage inutile de civils français, première ignominie, qui n’a retardé en rien l’avance allemande et son installation sur la côte.

À Dunkerque, c’est la panique, les Anglais ont rapproché des navires de la plage, ils envoient des canots pour embarquer les soldats anglais, mais refusent les français ; certains seront tués par les Anglais en voulant monter dans les canots qu’ils avaient rejoints à la nage, d’autres à terre par les Allemands qui firent aussi un grand nombre de prisonniers. Seconde ignominie anglaise le 20 mai.

Les Français à la nage sont refoulés à coups de crosses et de baïonnettes

Les Allemands descendent vers le Sud. À Abbeville, près de l’embouchure de la Somme, de Gaulle tente vainement d’arrêter leur progression. Il décide de rejoindre l’Angleterre. Il revient à Bordeaux le 16 juin à 21 h dans un bimoteur de la Royal Air-Force, missionné par Churchill pour proposer au gouvernement de fusionner « provisoirement » la France et l’Angleterre, ce qui aurait mis la France sous tutelle britannique. Il sait que Paul Reynaud, le Président du Conseil des Ministres, va démissionner et espère être nommé à sa place. Mais en arrivant à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, il est accueilli par le directeur de cabinet qui lui apprend que Paul Reynaud a démissionné dans la journée et va être remplacé par Pétain. Déçu et furieux, de Gaulle repart le 17 juin à 9 h pour l’Angleterre. Le 18 il prononce à la BBC son fameux discours. Il sera condamné pour désertion par un Tribunal militaire à Toulouse le 3 juillet 1940, puis à nouveau le 10 août 1940 – et cette fois à la peine de mort – pour désertion et trahison par un tribunal siégeant à Vichy.

JUILLET 1940, LES ANGLAIS MASSACRENT LA FLOTTE FRANÇAISE

Le 3 juillet à 10 h, les Anglais préviennent l’amiral Gensoul que Churchill a décidé de détruire la flotte française d’Atlantique, en attente à Mers-el-Kébir et qu’il doit donner l’ordre d’évacuer le personnel. Gensoul ne croit pas que la flotte puisse être détruite par son allié anglais et répond comme le compte d’Anterroches à Fontenoy en 1745 : « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! ».
Les Anglais bombardent la flotte pendant trois jours et 1295 marins français sont tués. Troisième ignominie anglaise.

Churchill s’en justifiera en disant que ce fut pour éviter le ralliement de la flotte française à l’Allemagne et que cela était un coup de semonce pour Hitler (?!). De Gaulle confirmera à la BBC d’un sobre et glacial « c’est mieux qu’ils aient été détruits« . Churchill et lui ignoraient-ils que Gensoul avait reçu l’ordre, au pire de désarmer la flotte comme ce fut fait à Philippeville trois jours plus tard pour l’autre partie de la flotte française qui s’y trouvait, au mieux, s’il le pouvait, de rejoindre les Antilles ?

Cette ignorance est peu crédible, il y avait des liaisons radio quotidiennes avec le gouvernement français.

Le 27 novembre 1942, la flotte française basée à Toulon se saborda elle-même quand, ayant reçu l’ordre de ne pas se défendre, elle se vit coincée par les Allemands, montrant ainsi que les militaires de la Marine avaient le sens de l’honneur.

LA MARINE FRANÇAISE AURAIT PU AIDER L’ANGLAISE ET L’AMÉRICAINE

Pourquoi la presque totalité de la flotte française se trouvait-elle quasi entièrement en Méditerranée dans les trois rades de Toulon, Philippeville et Oran (Mers-el-Kébir), dans cette mer fermée qu’est la  Méditerranée ? Grave erreur stratégique. Si elle avait reçu à temps l’ordre de gagner l’Atlantique elle aurait pu venir en appoint aux marines alliées, l’anglaise d’abord, l’américaine ensuite à partir des Antilles.

Les vraies raisons sont que le gouvernement français en 1940, comme le gouvernement français en 2020 face à Covid, était incapable de préparation, les tanks de de Gaulle à Montcornet avaient manqué de carburant, la marine en manquait aussi. De Gaulle, comme Macron aujourd’hui, pensait être le seul à être intelligent. Ses camarades à Lille (dont ma grand-mère née en 1890 comme lui) le surnommaient « le grand codin », en patois ch’ti « le grand dindon », à l’Ecole de Guerre c’était « la grande perche » et il n’aimait pas la marine.

CHURCHILL N’AIMAIT NI LA FRANCE, NI DE GAULLE

Churchill, en bon anglais, haïssait la France et méprisait de Gaulle. En 1943 lors d’une rencontre avec Roosevelt il lui fit cette confidence « Je l’ai élevé comme un chiot depuis sa naissance mais je n’ai jamais vraiment réussi à le rendre propre« . Ce qui explique la décision de de Gaulle, chiot fidèle, d’aller se réfugier chez Churchill en Angleterre en 1940, plutôt que dans une autre partie de l’empire français de l’époque, un département français d’Algérie ou en AOF, pour y organiser la résistance, puisqu’il le fit de toute façon par radio. Mais surtout quel était son degré de soumission à Churchill et à l’Angleterre, pays qui a toujours préféré se tenir à distance de l’Europe continentale ? Comme le Brexit nous le montre encore aujourd’hui. En parlant de chiot mal dressé, Churchill fait comprendre que de Gaulle était désobéissant, donc peu soumis.

Si l’on mesure le degré de fidélité envers la France avec la longue vue de l’histoire, le pays qui, dans les coups durs, l’a aidée en envoyant ses boys, ce sont les Etats-Unis ; et les deux pays qui lui ont toujours témoigné de l’amitié sont la Russie et la Pologne, cette dernière étant la seule, par exemple, à avoir envoyé des condoléance pour la mort de Jean Raspail. L’élite anglaise n’est pas fidèle à la France, mais ses touristes le sont !

Suricate
7 juillet 2020

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Claude Germain V
Claude Germain V
2 août 2020 9 h 16 min

Merci a l’Auteur pour ce magnifique article . Sans honte aucune , merci on en apprend tous les jours . Pour les Russes et les Polonais , je confirme , ce sont nos plus fidèles alliés ….Ils aiment sincèrement la France ..
Ce n’est pas le sujet ici , une prophétie concernant la France en déclin et en guerre civile , nous promet un sauvetage et une libération grâce a la Russie .
Merci encore de cet excellent article ..

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