ELECTIONS : UN RÉSULTAT EN TROMPE-L’OEIL (Jean Goychman)

Le 2ème tour des élections régionales a confirmé le 1er. Les vieux partis, que Macron devait pulvériser, bougent encore, mais plus pour longtemps. Mais ce sont les « finalistes » de 2017 qui sont les grands vaincus de cette consultation, n’ayant obtenu la majorité dans aucune des régions métropolitaines.
Le match Macron – Le Pen aura-t-il lieu en 2022 ? Rien n’est moins certain.
Le peuple français attend un candidat crédible, qui puisse redonner à la France un espoir et un avenir.

MLS

 

Quiconque suivant les différents débats télévisés le soir du 27 juin aurait pu se croire ramené une vingtaine d’années en arrière, au temps des partis politiques ayant « pignon sur rue » à cette époque.

Mais l’illusion de ce voyage dans le passé masquait une réalité beaucoup plus actuelle ; surplombant tous les résultats électoraux annoncés au fur et à mesure des dépouillements, s’étendait l’ombre invisible mais menaçante d’une abstention généralisée atteignant un niveau propre à remettre en cause le principe même de la démocratie.

UN FAIBLE NOMBRE DE VOTANTS

Même si la démocratie ne reconnaît que les suffrages exprimés, et que les vainqueurs se félicitaient de leur victoire en s’auto-congratulant, comment ne pas s’interroger sur cette désaffection sans précédent ?

La lecture des chiffres relatifs, qui n’avaient rien d’extraordinaire, montrait que les partis « classiques » se partageaient les majorités régionales à l’aune du vieux clivage séculaire gauche-droite de notre pays.

Mais une autre lecture devrait singulièrement inquiéter les responsables de ce vieux monde politique.

Rapportés, non plus aux bulletins de vote, mais au nombre des électeurs inscrits, pas un seul de ces « partis dinosaures » n’atteint la barre du dixième du corps électoral !

Les cyniques – et ils sont légion – argumenteront qu’après tout, personne n’a interdit à ces gens d’aller voter et qu’il est impossible d’interpréter leur motivation. C’est très commode, surtout pour ceux qui trouvent leur intérêt dans la situation.

UNE ANALYSE S’IMPOSE

Après chaque scrutin, les politologues nous affirment doctement que certaines élections ne passionnent pas les foules, que les enjeux sont mal connus, qu’il fait trop beau ou pas assez, bref, que les excuses pour ne pas se rendre au bureau de vote sont nombreuses.

Cependant, on ne parle jamais de ce qui paraît pourtant évident : les électeurs ne trouvent pas d’offre politique correspondant à leurs aspirations.
Plus grave encore : lorsque leur avis est demandé, on refuse de le prendre en compte.

Ce fut le cas avec le Traité Constitutionnel de l’Union Européenne, présenté le 29 mai 2005 et refusé par 55% des électeurs qui, cette fois-là, s’étaient déplacés en masse.
L’impensable s’était alors produit : par un tour de passe-passe qui tordait littéralement la Constitution, le résultat de ce scrutin s’était trouvé inversé par l’adoption par le Congrès d’une loi reprenant au mot près le contenu du texte rejeté par les Français ! (*)

Une telle forfaiture n’aurait jamais dû se produire, dans un pays où les « valeurs républicaines » sont constamment mises en avant !
Mais la morgue et le dédain coutumiers de nos « élites » les avaient incité à croire que le bon et brave peuple français ne verrait rien.
Comme disait Courteline dans « le sapeur Camembert » : « Quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites ». Et depuis, tout semble permis.

Voici plus de 16 ans qu’aucun référendum digne de ce nom nous a été proposé. Pourtant, les sujets ne manquent pas (**). La nouvelle « gouvernance » (je déteste ce mot) s’est imposée à nous. La souveraineté populaire est devenue une coquille vide, et a progressivement fait place au gouvernement des « experts », forcément beaucoup plus qualifiés, pour savoir ce qui est bon pour le peuple.

Nous nous sentons de plus en plus exclus des mécanismes de prise de décision et cela se traduit pas une désertion massive des électeurs.

QUE PEUT-IL SE PASSER MAINTENANT ?

Pour certains, le mieux serait que tout continue sans changement. Après tout, cela dure depuis 40 ans et l’alternance apparente gauche-droite avait procuré à nos élus un certain confort de vie, d’autant plus que les postes à pourvoir sont nombreux (***).

Pour d’autres, jusqu’à présent restés silencieux, le malaise s’accentue. Placides mais éveillés, nombreux sont ceux qui ne croient plus aux belles promesses, quels que soient ceux qui les énoncent.

Le Front National (désormais Rassemblement National), porteur de l’espoir de renouveau il y a quelques années, est maintenant  considéré comme faisant partie du système qu’il entend dénoncer. C’était le risque inhérent à une dédiabolisation « séquentielle » qui était censée s’adresser uniquement aux nouveaux sympathisants. Quant aux « anciens », ils étaient supposés ne rien voir et voter comme avant.

Cela ne pouvait pas fonctionner et va finalement « remettre sur le marché » un électorat certes désemparé mais désireux de ne pas renier ses convictions.

Mais ils ne sont pas les seuls. Beaucoup de Français ne veulent pas voir la France disparaître en tant que Nation.

La souveraineté européenne ne leur parle pas et ils n’adhèrent pas au discours lénifiant de la mondialisation heureuse que leur tiennent les partisans d’un gouvernement mondial dont la Commission Européenne serait une sorte d’appartement-témoin.

On ne peut douter qu’il existe aujourd’hui dans notre pays un courant réellement « patriote » qui prend conscience progressivement de ce que les partisans du monde « globalisé » tentent de lui cacher.

On peut même penser que le périmètre de ce courant est largement dessiné par ceux qui ont voté « non » en 2005 et sont restés silencieux depuis.

QUE VEUT CETTE MAJORITÉ SILENCIEUSE ?

Une chose simple, probablement trop simple pour nos élites mondialistes…
Ceux qui « fument des clopes et roulent en Diesel » veulent simplement qu’on leur parle de la France et de l’avenir de la « Patrie » – si ce mot a encore un sens.

Ils savent très bien, même si les médias « bien pensants » n’en parlent jamais, que les Nations ne veulent pas disparaître et qu’il n’y aura pas, contrairement à un courant de pensée purement occidental, de « gouvernement mondial ».

A cet égard, la perspective du « Great Reset » et la pandémie que nous subissons nous incitent fortement à redonner à notre pays les moyens d’une véritable indépendance, que les choix politiques de la classe actuellement dirigeante ont progressivement aliénée. Oui, nous voulons croire en l’avenir de la France, nation souveraine, et dans le peuple français sans lequel la France ne serait pas ce qu’elle est.

Celui ou celle qui, rompant avec la vision traditionnelle d’un salut de notre pays qui ne pourrait se trouver que par une sorte de fusion dans une Europe intégrée qui ôterait aux peuples qui y vivent toute forme de souveraineté, trouvera certainement avec lui « la masse énorme du peuple français qui se rassemblera sur la France. »

Jean Goychman
28 juin 2021

(*) Il est un principe d’éthique politique qu’il est moralement interdit de transgresser : ce qui est refusé par le peuple (c’était le cas de ce référendum) ne peut être voté par la représentation nationale.

(**) Voir l’article de Marc le Stahler « Politique migratoire : vers un référendum ?« 

(***) Opportunités de carrières et de rémunérations largement facilitées par l’incroyable « mille-feuilles » mis en place et développé depuis quelques décennies : au niveau municipal (avec ses regroupements de communes qui suppriment rarement des coûts, mais en ajoutent souvent), s’ajoutent les niveaux départemental, régional, national et désormais européen…

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CASTELIN Michel
CASTELIN Michel
30 juin 2021 9 h 06 min

27 JUIN 2°Tour Elect° Régionales Ce n’est pas une abstention record/ C’est une GREVE quasi-générale du vote/ Comme un geyser qui monte en pression. Pourquoi? Parce que la sphère politico-intello-médiatique (P.I.M.) ne veut RIEN entendre, ni voir, ni comprendre. Les commentaires des ‘gagnants’ sont là pour le prouver; ils fanfaronnent alors qu’ils sont élus avec un pourcentage ridicule des  »inscrits ». Les français ne veulent pas du duel macron-MLP/ Les français ne veulent plus du mondialisme, de l’ultralibéralisme, de l’internationalisme (l’UE est leur laboratoire commun pour asservir les Peuples et tuer les Nations)/ Aujourd’hui c’est Patriotes-souverainistes contre mondialistes-européistes/ Pour cela les… Lire la suite »

Le gaulois
Le gaulois
29 juin 2021 18 h 15 min

Vos propos sont hélas vrai et sans aucune ambiguïté. Marine le Pen allée gagner mais comme son père l’a eu fait il y a plusieurs décennies face a la mitte errante a tout fait pour se disqualifier au dernier moment le père en parlant des fours crématoires et la fille et se comportant comme une hystérique au débat télévisé juste dans la dernière ligne droite ont aurait pas fait mieux pour faire tout pour se faire battre . Preuve qu’elle entretient la fausse concurrence pour se mettre dans la case Outsider. Comment valider une France où 90% des joueurs de… Lire la suite »

Denis ARSICOT
29 juin 2021 13 h 53 min

A l’abstention régionale glorieuse de ce mois de juin ( 67% et 65%) … je peux répondre très facilement : les cartes sont rebattues. Il s’agit d’une stratégie démocratico-républicaine … et j’y tiens comme à ma liberté et à mon indépendance. J’ai promu délicatement l’autorisation personnelle pour chacun(e) de s’abstenir aux votes régionaux … pour obtenir 2 effets immédiats … car je suis un pragmatique qui manoeuvre sans délai : – 1°) l’abstention mettait une claque à Macron par son parti El Rem … contre un Macron qui se voyait déjà président pour la 2ème fois et président de l’U.E.… Lire la suite »

Allobroge
Allobroge
29 juin 2021 13 h 17 min

« Une telle forfaiture n’aurait jamais dû se produire, dans un pays où les « valeurs républicaines » sont constamment mises en avant ! » Une forfaiture appelle un jugement des auteurs, or ce ne fut pas le cas. Le peuple endormit ne s’en aperçu sans doute que trop tard ! Les « z’experts » nous gouvernent mais ils ne sont pas élus et personne ne bronche ! Ca va durer jusqu’à quand la dite forfaiture ?!

Claude Roland
Claude Roland
28 juin 2021 18 h 52 min

Un quart seulement des Français ont voté, les 3 autres quarts sont les asbtentionistes adeptes du « laisser-faire » qui alimentent et entretiennent la mélasse chaotique dans laquelle la France baigne depuis 50 ans, le « pot au noir » de la politique.
C’est à désespérer devant toutes ces cervelles de moineaux et autres pétochards pétris de lâcheté.

Suricate
Administrateur
28 juin 2021 18 h 01 min

Entièrement d’accord avec cette analyse, mais un détail m’intrigue, car Georges Courteline n’a, à ma connaissance, rien à voir avec le Sapeur Camember (sans T final), dont l’auteur est Christophe. À moins qu’il y ait eu une version Courteline dont j’ignorerais l’existence ?

Jean Goychman
Jean Goychman
29 juin 2021 12 h 15 min
Répondre à  Suricate

Cher Suricate, vous avez raison
J’ai cité « le sapeur Camenber » de Christophe en pensant aux « gaités de l’escadron » de Courteline
Mea culpa

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