DE LA REPENTANCE (Éric de Verdelhan)

« Le repentir est une seconde faute ». (Baruch Spinoza)

« Je hais cet accidentel repentir que l’âge apporte ». (Michel de Montaigne)

 

 

Emmanuel Macron est en précampagne électorale, tout le monde l’aura compris, même s’il n’est pas encore officiellement candidat, et, selon sa détestable habitude, il pratique le « et en même temps » histoire de ratisser large : le 26 janvier, il a reçu à l’Elysée des rapatriés d’Algérie afin de leur témoigner la reconnaissance de la France. Il a également qualifié « d’impardonnable » la fusillade de la rue d’Isly à Alger du 26 mars 1962.

Venant de quelqu’un qui, en 2017, qualifiait la présence française en Algérie de « crime contre l’humanité », qui allait faire amende honorable auprès de la veuve du traître Maurice Audin, et qui nous imposait la restitution des objets d’art que nous aurions « pillés » en Afrique, c’est un peu fort de café ! Mais Emmanuel Macron est comme les cons de Michel Audiard, il ose tout.  Donc, après avoir demandé pardon aux Harkis en septembre 2021, il a voulu rendre hommage aux « Pieds-noirs » en reconnaissant le massacre de la rue d’Isly survenu le 26 mars 1962 à Alger.

A cette occasion, France-Info  déclarait : « Le 26 mars 1962, alors que les accords d’Evian sont signés depuis une semaine, la Guerre d’Algérie est terminée. Cependant, à l’appel de l’OAS, 30 000 partisans de l’Algérie française manifestent. Au niveau de la rue d’Isly, une fusillade déclenchée par l’armée française fait une cinquantaine de morts et une centaine de blessés… »

Ce résumé est assez significatif de la façon dont on informe, dont on écrit l’histoire, dans notre pays, car tout ou presque est faux dans ce communiqué de presse.

En fin de l’année dernière, j’annonçais à mes lecteurs que je n’écrirais plus sur l’Algérie française ; j’estimais avoir dit ce que j’avais à dire à travers quelques livres et des dizaines d’articles.

Mais je me sens le devoir de rectifier les mensonges, donc  je rappelle : 

a)- que la date de la fin de la guerre d’Algérie (proclamation d’indépendance) est le 5 juillet 1962. Le 19 mars est celle du cessez-le-feu (théorique) découlant de la signature, la veille 18 mars, des « accords d’Evian ». Accords que la majorité des caciques du FLN refusa de signer.

b)- entre ces deux dates, 670 soldats français seront (encore) tués par l’ALN qui ne respectera jamais la trêve décrétée par les accords d’Evian. Seule l’armée française déposera les armes.

c)- APRES les accords d’Evian, 3 000 «Pieds-noirs» seront enlevés par le FLN. Des femmes finiront dans les bordels de l’ALN, des hommes termineront leur vie de forçats dans des mines.
La plupart d’entre eux seront « portés disparus » et le sont encore aujourd’hui.

d)- 120 à 150 000 harkis, fidèles à la France, seront livrés désarmés aux égorgeurs du FLN.
Ils seront torturés, émasculés, brûlés vifs, massacrés ainsi que leurs familles, avec la neutralité bienveillante, voire la complicité du gouvernement français. Ce chiffre de 150 000, que certains historiens engagés mettent en doute, émane d’Ahmed Ben Bella lui-même.

Non la manifestation du 26 mars n’était pas une démonstration de force de l’OAS. Ce jour là, une section de Tirailleurs a tiré à l’arme de guerre sur une foule désarmée qui venait, avec femmes, enfants, vieillards, dire son attachement à l’Algérie française et son rejet des accords d’Evian (signés le 18 mars) qui livraient leur pays aux égorgeurs du FLN.  

Je tiens, du général Edmond Jouhaud en personne, que j’ai eu le privilège de connaître, un fait qui en dit long sur la volonté  gouvernementale de mater les partisans de l’Algérie française : lors de la manifestation du 26 mars 1962 (source émanant du colonel Goubard, chef de corps du régiment de Tirailleurs dont une section a tiré sur les manifestants), il a été tiré 1135 cartouches de P-M, 427 de fusil, 420 de fusil-mitrailleur : 1982 cartouches d’armes de guerre sur une foule pacifique dont le seul tort était de vouloir rester française. Bilan : 80 morts et plus de 200 blessés.

En écoutant les propos du chef de l’Etat, Robert Ménard, maire de Béziers, coqueluche des plateaux télé, celui qui caresse tantôt Macron, tantôt Marine Le Pen dans le sens du poil, tout en se disant « ami d’Eric Zemmour » en lui tirant dans le dos, s’est dit ému jusqu’aux larmes.

Qu’on me permette de douter de la sincérité de Robert Ménard qui aura été, durant toute sa carrière, une girouette évoluant en fonction de ses propres intérêts : proche des milieux anarchistes, puis trotskistes, militant à la Ligue Communiste Révolutionnaire, de 1973 à 1979, militant du Parti Socialiste, qu’il rejoint via le courant du CERES, l’aile gauche du PS (il sera même délégué du CERES pour la fédération de l’Hérault en 1979).

À Béziers, en 1979-1980, Ménard participe au lancement, sous la mandature du communiste Paul Balmigère, d’un journal gratuit d’information  « Le Petit Biterrois ». Il est contraint de l’arrêter un an plus tard à la suite de difficultés avec ses annonceurs. Le 25 juin 1985 à Montpellier, il crée l’association « Reporters sans frontières ». Il bénéficie du soutien de François Mitterrand et de Jean-Michel Du Plaa, conseiller général PS de l’Hérault.
Un beau parcours d’homme de gauche et de godillot du système qui lui vaudra, le 22 mars 2008, d’être fait Chevalier de la Légion d’honneur sur proposition de Bernard Kouchner.
On prétend que c’est sa troisième épouse qui l’aurait fait virer à droite, ce qui démontre que comme, comme disait le communiste Louis Aragon « La femme est l’avenir de l’homme ».

Mais revenons  à nos moutons ! Avec Macron, la repentance pleurnicharde ne suffit plus, le temps est venu, pour la France, de payer pour son histoire, son passé, ses conquêtes, son Empire, l’esclavage, ses guerres coloniales…etc…etc…L’Algérie, qui nous doit tout même son nom, nous réclame des espèces sonnantes et trébuchantes. Un intellectuel algérien vivant en France, Seddik Larkeche, estime que : « La France ne pourra pas échapper à son obligation de dédommager l’Algérie pour  les crimes  commis pendant la colonisation… ». Ce « dédommagement » – excusez du peu ! – il l’évalue à 100 milliards d’euros. Et rien ne dit que la France ne finira pas par céder à cet oukase.

On ne peut pas reprocher à nos anciens colonisés de (tenter de) tirer profit de la faiblesse, de la culpabilité imbécile, de la lâcheté, de la veulerie, de nos dirigeants. Nous avons vu, dans nos rues, des défilés de Musulmans qui insultaient la France et nous traitaient d’islamophobes ; nous avons accepté que des hordes noires saccagent ou déboulonnent les statues de nos grands hommes ; nous avons  toléré  qu’un ministre de l’intérieur mette – moralement – un genou à terre devant des pillards et des vandales allogènes. En conséquence, nous récoltons… ce que nous avons semé !

La repentance – ce mal ô combien mortifère ! – s’est abattue sur le pays comme la vérole sur le bas clergé (1) et elle a contaminé presque toutes les couches de la société. Les moins touchées étant la classe ouvrière, parce qu’elle a encore du bon sens, qu’elle se paupérise et en a assez de trimer pour faire vivre des allocataires d’aides sociales qui nous arrivent massivement d’Afrique ou d’autres pays où l’on crève de faim (surtout depuis qu’ils sont indépendants).

Elle n’affecte pas trop la paysannerie, la France des campagnes, qui travaille dur et qui gagne souvent moins que les nouveaux arrivants noirs ou maghrébins. Cette France ouvrière et paysanne – le « prolo » et le « cul-terreux » méprisés par les bobos  – n’a pas honte d’être blanche et ne se sent aucun devoir vis-à-vis de gens qui ne voulaient plus de nous mais qui veulent bien de notre argent.

La repentance, contrairement à ce que l’on croit, n’est pas qu’un comportement de gauche ; les islamo-gauchistes se foutent éperdument du passé colonial de la France. Les plus cultivés savent que les beaux esprits « issus des Lumières » étaient tous esclavagistes et que, sous la III° République, la droite, humiliée par la défaite de 1870, rêvait d’une revanche sur les Prussiens. Après Sedan, elle pensait déjà à la reconquête de l’Alsace-Lorraine. Tandis que la gauche maçonnique voulait exporter l’esprit des Lumières  et civiliser les peuplades africaines sous-développées : les propos de Jules Ferry ou d’Emile Combes à ce sujet sont sans ambiguïté.

La gauche a perdu la classe ouvrière, donc elle racole des voix auprès des enfants du Jus Solis. Et elle se dit que la pagaille, les manifestations, la lutte anti-flics, peuvent devenir, à terme, un moyen de prendre pouvoir.  

La repentance, c’est au sein de la bourgeoisie – grande ou petite – qu’elle fait son lit. Eric Zemmour appelle l’électorat de Macron « les partis bourgeois ». Pour ma part, je désigne ce ventre mou, ce magma tiédasse, par « l’Extrême-centre » : c’est le vieux  rêve brisé de Giscard, que Macron est en train de réaliser. L’alliance de la « gauche-caviar » et de la « droite-cachemire », cette dernière courant après les avancées « sociétales » de l’autre. Les différences entre les deux sont infimes.

Sans sombrer dans le cliché, disons que la « droite-cachemire » est souvent plus ancienne que la « gauche-caviar », ramassis de parvenus, de nouveaux riches engraissés au fric (mal) gagné dans des métiers dans lesquels on ne transpire pas trop : le show-biz, le cinéma, la pub, la communication et, bien sûr, les médias. Mais, aussi vrai que la droite d’antan était l’alliance du sabre et du goupillon, « l’Extrême-centre » bourgeois, très majoritairement urbain, est celle du libéralisme (débridé) et du fric-roi.

La repentance, c’est, pour le pouvoir, un moyen de fragmenter l’opinion et de faire des minorités – sexuelles, religieuses ou raciales – d’éternels  opprimés. Pour « l’Extrême-centre » c’est LE moyen de se donner bonne  conscience  à bon compte. La bourgeoisie, depuis la nuit des  temps, a été pétocharde et « manchiste » (toujours du côté du manche) : il lui faut être « tendance », « in », près du pouvoir. Elle sait, au besoin, se faire servile et flagorneuse pour préserver ses intérêts. Elle a été esclavagiste quand il fallait l’être, contre le Trône et l’Autel quand on pouvait racheter les biens du clergé et des émigrés ; bonapartiste sous Bonaparte ; pétainiste sous Vichy ; gaulliste sous de Gaulle… etc. Elle a toujours su retourner sa veste (ou baisser son pantalon) quand il le fallait. La repentance lui convient parfaitement : elle n’engage à rien, ne coûte rien et alimente les conversations de salon.

« Chez ces gens-là », comme chantait Brel, on est pour le migrant, pour le Noir vociférant qui a, parait-il, « une revanche à prendre », pour l’inverti qui « assume sa différence », pour l’égalité homme-femme (pardon : femme-homme), pour le Niqab dans l’espace public puisqu’il s’agit d’une coutume.  Et, comme on a des convictions, on n’hésite pas à employer une femme de ménage arabe, « à condition qu’elle ne soit pas voleuse » ou un jardinier noir « à condition qu’il soit propre ». On se vante d’avoir des amis « gays » car ils sont souvent « plus cultivés et plus raffinés que les hétéros ».

Bon, on n’habite pas dans les banlieues, pas même dans les quartiers populaires. On aime les pauvres, mais pas au point de vivre comme eux ! Mais on applaudit quand Yannick Noah, Omar Sy ou Lilian Thuram – trois multimillionnaires noirs (2) – se plaignent du racisme des Français de souche.

La gauche bourgeoise avait fait de la repentance un totem pour racoler l’immigration ; on se souvient de François Hollande allant, à Alger, condamner la répression des massacres de Sétif du 8 mai 1945 par les troupes du général Duval.

Mais Emmanuel Macron – qui ne règne que grâce à la division – a fait de la repentance un art, c’est même du grand art : celui de fracturer un peu plus la société française, de rendre irréconciliable les communautés  – française de souche  et allogène -, de « fasciser » donc de culpabiliser, et de livrer à la vindicte populaire ceux qui osent encore défendre leur pays, ses valeurs, son passé, son histoire.

Nous sommes à moins de trois mois d’une élection cruciale pour notre pays et je pense, sincèrement, que seul Eric Zemmour peut infléchir le cours du destin. Mais encore faut-il qu’il obtienne ses 500 parrainages et ce n’est pas gagné ! 

Eric de Verdelhan
4 février 2022

 

 

 

 


1)- Pour être honnête, le haut clergé progressiste  actuel de vaut guère mieux !

2)- Dont deux, sauf erreur, sont des exilés fiscaux.

  

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Claude Roland
Claude Roland
4 février 2022 13 h 54 min

Il suffirait que Zemmour, sans ses 500 parrainage ait conçu en douce un doublon avec Philippe de Villiers qui, de son côté obtenant les 500 parrainages, ait un accord avec Zémmour pour que ce dernier lui passe le relai. Mais bon, je sais je rêve…

René Varenge
5 février 2022 18 h 48 min
Répondre à  Claude Roland

En espérant que Zemmour obtienne ses 500 signatures, il faudrait espérer que les français se rendent aux urnes, or les sondages, probablement truqués, mettent Macron gagnant dans tous les cas de figure. Pourquoi les français se dérangeraient-ils pour un vote qui ne changera rien?. il faudrait interdire les sondages qui ne font que favoriser le pouvoir en place.

Claude Roland
Claude Roland
8 février 2022 11 h 20 min
Répondre à  René Varenge

Vous avez raison. Je crains, lâcheté oblige, qu’il y aura pas mal d’abstentionnisme. Macron, fait à peine 12% d’après ce que j’ai su. Mais il y a tellement de pétochards et crétins dans ce pays qu’il faut prévoir un plan B si Macron/Pécresse passent.

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