LES EUROPÉENS, DINDONS DE LA FARCE ! LA FRANCE FARCIE EN PRIORITÉ – 1ère partie – (Christian Vanneste)

Ceci est le 1er volet d’une série de 3 articles récemment publiés par Christian Vanneste, député honoraire, président du RPF (Rassemblement pour la France) et président d’honneur de Famille et Liberté.
Christian Vanneste a déjà été publié à plusieurs reprises sur Minurne.
Vous trouverez aisément ses articles en inscrivant son nom sur l’onglet de recherche en page d’accueil.

 

Illustration.

 

 

La guerre en Ukraine perdure. Le western proposé aux Européens, avec ses méchants Russes envahisseurs et ses gentils Ukrainiens héros de l’indépendance et de la démocratie, est diffusé par la quasi totalité de nos médias. Aussi, devient-il vital de s’évader des écrans du conditionnement à la pensée unique pour se réfugier dans la réalité, et ses conséquences. Comme dit Saint Jean, “la vérité rend libre”. Ce qui se joue n’est pas l’indépendance de l’Ukraine, mais celle de l’Europe, et l’ennemi de cette indépendance des nations européennes n’est pas la Russie ! Ce sont les Etats-Unis !

Myopie qui limite l’événement à son présent le plus étroit, réflexe pavlovien stimulé par les mots privilégiés par les médias dominants, conformisme de la pensée unique qui interdit le “dérapage” d’une réflexion autonome, jugée choquante et intolérable : l’”agression” russe, l’agresseur Poutine, ce “malade”, ce “dictateur fou” qui se lance contre l’Europe, contre l’Occident, contre le monde, doivent être combattus au nom de la démocratie et par tous les moyens, à l’exclusion de l’arme nucléaire… pour l’instant. Pour qui nourrit sa réflexion de quelques connaissances, le délire est dans l’accusation, non chez l’accusé.

L’appel récurrent et incessant à de nouvelles sanctions et à de nouvelles fournitures d’armes toujours plus lourdes, toujours plus sophistiquées à un régime follement belliciste, souvent accusé de corruption et qui n’échappe à la main américaine que dans la provocation et l’excès, relève effectivement de la folie.
A qui profite le crime ? Certainement pas à l’Europe mystifiée et manipulée !

Un peu d’histoire, d’abord ! Les deux tiers de l’Ukraine actuelle ont été russes depuis le XVIIIème siècle après avoir été libérés au sud des Turcs et à l’ouest des Polonais. La RSS d’Ukraine a été créée en 1922 par les bolchéviques et ses frontières ne correspondent pas à des limites historiques, linguistiques ni ethniques. L’Etat souverain ukrainien, après des tentatives avortées durant la révolution de 1917, et sur des territoires aux contours flous, n’existe que depuis 1991 et les élections ont, depuis, témoigné d’une forte opposition entre un ouest proeuropéen et un est prorusse.

Tant que le pays demeurait un partenaire de la Russie, son indépendance n’indisposait pas Moscou. Deux “révolutions”, en 2004 et 2014, marquées par une forte pression américaine, et dont la spontanéité, de ce fait, paraît douteuse, ont transformé l’Ukraine en fer de lance de la stratégie de Washington contre la Russie. Elles ont fait surgir les oppositions entre les régions comme la Galicie, soviétisées de force lors de la seconde guerre mondiale et qui nourrissent une rancune compréhensible, et d’autres qui se sentaient pleinement russes, comme le Donbass, et surtout la Crimée, intégrée à l’Ukraine par Khrouchtchev en 1953, avec entre les deux, une zone plus partagée, sans doute séduite par la perspective d’une intégration à l’Union Européenne, et que l’opération militaire russe a davantage ancrée dans ce choix, à moins que l’acharnement belliqueux de Zelenski ne la fasse basculer à l’inverse.

La Russie de Poutine a été très patiente, un peu naïve, et hésitante ; les Etats-Unis ont au contraire – et c’est une surprise quand on songe aux sinuosités américaines en Irak ou en Afghanistan – poursuivi une stratégie cohérente : l’effondrement de l’URSS n’était qu’une étape et non un aboutissement conduisant à la coopération entre le plus vaste pays du monde, et l’Etat le plus puissant de la planète. Cette dernière option a prévalu apparemment avec Eltsine, que Clinton a roulé goulûment dans la farine, et jusqu’à Poutine, qui, au début, a cru à un partenariat contre le terrorisme islamiste. Cette illusion l’avait même amené à proposer d’intégrer la Russie à l’OTAN. Mais Washington poursuivait d’autres objectifs dessinés dans les ouvrages de Brzezinski : “l’Empire du Mal” vaincu et disloqué, il fallait retourner ses anciens vassaux contre ce qui en restait en les absorbant dans l’OTAN, et ce faisant, enfermer la Russie dans un cercle hostile et menaçant jusqu’à ce que l’absence de réaction prouvant sa faiblesse, ou au contraire une riposte militaire justifiant des sanctions, et précipitant son isolement, provoquent un éclatement de la Fédération de Russie, ce territoire immense et pourvu de richesses inouïes, insuffisamment peuplé par des peuples parfois désireux d’autonomie voire d’indépendance. Cette élimination d’un concurrent, cet affaiblissement de la proie par son prédateur, convergeaient avec d’autres desseins hostiles envers d’autres puissances. Certes, il s’agissait d’empêcher un nouvel axe Moscou-Pékin de rivaliser avec Washington, mais il fallait surtout viser l’autre grand concurrent potentiel, l’Europe : l’alliance entre l’Europe dotée d’une population nombreuse et d’une industrie compétitive, alliée à une Russie et à ses ressources naturelles gigantesques, constituait le risque le plus élevé. Les fournitures de gaz russe à l’industrie allemande sans cesse augmentées assuraient la croissance d’un rival qu’il fallait abattre à tout prix. La croisade démocratique pour sauver un peuple appelé à se sacrifier au nom d’une idéologie hypocrite masquant les intérêts géopolitiques américains est une mise en scène détestable.

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Il faut être aveugle lorsqu’on voit BHL une fois encore à l’oeuvre – comme en Libye – dans le criminel appel à l’escalade pour ne pas déceler la supercherie ! 

Christian Vanneste

https://www.christianvanneste.fr/

26 février 2023

(Pour accéder à la 2ème partie de ce document, CLIQUEZ ICI)

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3 Commentaires

  1. blank Claude Roland dit :

    Côté historique, moi j’ai lu que l’Ukraine fut, depuis Kiev jusqu’à Odessa en longeant le Dnierp, le berceau de la Russie dès le IXème siècle. Il est donc logique que Poutine, qui veut préserver l’empire tsariste, s’intéresse à libérer la partie Est du Dnierp, de Kiev à Odessa. Le reste est revendiqué par la Roumanie, la Hongrie et la Pologne et sera , je pense, laissé à ces pays par les Russes.
    Ayant lu des livres biographiques sur Vladimir Poutine et écouté ses interviews par un journaliste américain (qui à la fin reconnu avoir eu des préjugés infondés sur lui), je ne pense pas que Poutine s’intéresse au reste de l’Europe. C’est manifestement une personne très cultivée et équilibrée. Rien à voir avec les “enfarinés” des pays de l’UE.

  2. L’anéantissement de la Russie est une obsession américaine de longue date même si la Russie d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec l’URSS. Les USA devraient tout de même tenir compte du fait que, depuis 1945, ils n’ont gagné les guerres qu’au cinéma et perdu toutes les vraies, Corée, Vietnam, Afghanistan… Ils perdront celle d’Ukraine également mais leur ” complexe militaro industriel ” aura encore tourné à plein régime et surtout ils auront empêché l’alliance économique Europe-Russie.

  3. blank Le Réfractaire dit :

    J’en pense qu’il faut remercier Monsieur Christian Vaneste pour cet article hautement didactique sur les historiques, de fait complétement jumelés, de la Russie et de l’Ukraine que je connaissais moi-même pour bonne partie, tandis que ce Président du R.P.F m’apporte ici de précieux compléments et l’en remercie…
    Oui, personnellement je soutiens la Russie dans cette guerre depuis le 24 février 2022 …
    Si vous prenez la peine, ou comme moi le plaisir de lire attentivement cet article vous y trouvez les motifs réels de cette tragédie qui a été fomentée par les USA, qui ont téléguidé les évènements ukrainiens de 2004 et 2014 (Maidan) comme ils avaient soutenus le Chancelier allemand, Adolphe Hitler bien avant 1933 et durant plusieurs des années suivantes, puisque le futur Führer était la cible préférée des Communistes Alllemands très virulents et hyper-violents à l’encontre de ses partisans à partir de 1921, tandis que les Bolchéviques combattaient les troupes Russes d’obédience Tsariste alliées au corps expéditionnaire Anglo-Français qui les soutenaient militairement depuis 1918.
    Mon avis personnel : Vladimir Poutine est un rallié à la cause Tsariste qui s’ignore, ou joue la discrétion sur cette appartenance idéologique intériorisée, comme de Gaulle et Mitterrand envers Charles Maurras …

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