IL FAUT RÉFORMER L’ISLAM
(par Maurice D.)

Ces derniers jours, les appels au respect des « valeurs universelles« , « nos valeurs » dit Manuel Valls dont la culture historique, comme celle de la plupart des socialistes, commence et finit avec la révolution jacobine de 1789, montrent qu’il ignore que ces valeurs dont lui et ses camarades se prévalent sont précisément celles dont les religions ont permis l’émergence.

Puisque nous sommes qualifiés d’occidentaux, je vais donner le christianisme en exemple, mais d’autres religions ont contribué avant, comme le judaïsme et le bouddhisme, après comme l’islam, à cette émergence de « nos valeurs » dont le socialisme et le républicanisme s’attribuent indûment la propriété et l’exclusivité.

C‘est aux religions asiatiques, par exemple, que nous devons le respect de la vie, qu’elle soit humaine ou animale, alors que le judaïsme, le christianisme et l’islam n’ont jamais hésité à couper, à trancher, à tuer, à égorger.

C’est à l’islam passé, celui des premiers siècles de son existence, peu importe qu’il ait beaucoup emprunté aux Grecs et aux Hindous, que nous devons la recherche scientifique, que le christianisme dominant de l’époque en Occident jetait au bûcher.

Le christianisme a apporté la liberté : Jésus dit « les premiers seront les derniers« , signifiant par là que celui qui vit dans l’erreur ou l’ignorance ne doit pas être persécuté.

Il a apporté la laïcité, « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu« , soit la séparation de l’État et de la religion.

Il a apporté l’égalité homme-femme, en valorisant les femmes au cœur d’une religion, le judaïsme, qui était tout aussi machiste à l’époque que l’islam l’est aujourd’hui. Marie, Marie-Madeleine… En exigeant que le consentement de la fille doit être obtenu pour le mariage, affirmant que ce n’est pas aux mâles de la famille d’en décider seuls.

Le christianisme, c’est aussi l’égalité entre les pauvres et les riches, égalité que les socialistes ont connue mais qu’ils ont aujourd’hui oubliée, ne la revendiquant plus que dans leurs discours. Il n’y a qu’à compter le nombre ahurissant de millionnaires en euros, presque tous issus de la fonction publique (ce qui devrait interroger) que l’on trouve aussi bien au gouvernement que dans les rangs des élus.
Pas un d’entre eux, de Mélenchon à Josiane Balasko en passant par François Hollande,  n’envisage d’accueillir un SDF ou une famille d’immigrés dans l’une de ses propriétés !

La fraternité aussi est une invention chrétienne, à ne pas confondre avec la solidarité clanique ou républicaine des Grecs et des socialistes.
La notion du pardon est essentielle dans le christianisme, c’est elle qui fonde la fraternité authentique, l’acceptation de la différence.
Le musulman et le socialiste pardonnent, mais uniquement à ceux de la même religion pour les premiers, de leur parti pour les seconds. Là encore il suffit de compter le nombre de repris de justice que le socialisme place par solidarité clanique à la tête des institutions.

La question posée à l’occasion de la grande unanimité de ces derniers jours à condamner le terrorisme islamique est de savoir si l’islam est compatible avec « nos valeurs républicaines ».Oui, « parce que l’islam est modéré et l’islam extrémiste une infime minorité » répondent les uns, ce qui n’est pas démontré, quand 30 % des musulmans pratiquants se disent en accord avec E.I. ou que le tiers des élèves musulmans des écoles de la République disent à leurs professeurs que l’islam et la charria sont au-dessus des lois.

Non, répondent les autres, parce que l’islam, même dit « modéré », est lié par sa lecture du Coran, ce que confirment les hésitations permanentes et timorées des « autorités » de l’islam à condamner les crimes de l’islam fondamentaliste.

Il n’y a qu’à écouter Dalil Boubakeur…

Dire « non » constitue le crime d’islamophobie disent les premiers, les croyants en un islam modéré, qui dans leur intolérance liberticide veulent des lois envoyant en prison les détracteurs de l’islam qu’ils traitent en plus de « racistes ». Si bien que l’on ne sait pas s’ils confondent dans leur ignorance l’islam-religion avec ceux qu’ils considèrent comme une race, les Arabes, ou si à l’inverse ils confondent l’Arabe et la religion islam, car pour eux Arabe égale musulman. Ce qui est historiquement faux car, même s’ils ont été laminés par l’islam, il y a encore des Arabes chrétiens et juifs.

Au lieu de se poser en victimes – ce à quoi nos autorités socialistes et des associations frelatées comme MRAP, LDH, LICRA, voire carrément racistes comme le CRAN les encouragent à tort – les musulmans modérés devraient se poser une question : pourquoi les monstres sanguinaires qui surgissent et se multiplient depuis quelques années revendiquent-ils d’être les dépositaires du « vrai » islam ? Al Qaïda et ses déclinaisons régionales AQMI, AQPA, Boko Haram, Al Nosra et maintenant l’Etat Islamique auquel certains préfèrent donner le nom du démon Daesh.

Pourquoi ont-ils choisi cette religion-là et pas le christianisme par exemple, lui aussi capable de violence ? Pourquoi l’islam – et l’islam le plus violent -, faisant des musulmans « modérés » des mécréants et des apostats qu’ils tuent comme les autres ?

Les musulmans « modérés » ont crié ces derniers jours « # not in my name », ce n’est pas l’islam, ce n’est pas moi, je suis Charlie… Ils ont raison parce que ce n’est pas ce que devrait être l’islam, mais ils ont tort aussi parce que c’est eux et leur pratique de l’islam qui ont créé ces monstres et en créent de nouveaux chaque année.

not-in-my-name-565x250Ils sont soutenus par les « intellectuels de gauche » (à mon avis un oxymore, on confond l’intelligence d’où découle « intellectuel » et l’instruction que peut acquérir n’importe quel crétin du moment qu’il y travaille) qui disent « le problème du monde musulman n’est pas l’islam, pas la religion, mais la politique, l’histoire, l’économie, etc.« 

Ils sont aveuglés par leur éducation marxiste et oublient que la religion quelle qu’elle soit a été de tout temps le fondement des civilisations et que, quelle qu’elle soit aussi, elle peut étouffer la civilisation qu’elle a créée quand le pouvoir est monopolisé par les religieux. C’est arrivé à l’Egypte, à la Chine, aux Mogols indiens. Moins à l’Occident du Moyen-âge où le pouvoir royal et impérial était, si nécessaire, capable de s’opposer aux religieux, à l’islam dès lors que les religieux ont marqué le pas sur les conquérants militaires des premiers temps, qui aimaient s’entourer de savants et d’artisans volés aux pays conquis, même chrétiens ou juifs.

Malraux avait dit « Le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas« . Il avait raison, l’avenir de l’humanité passera bien sûr par la résolution de la crise économique et financière, mais de façon bien plus essentielle par la résolution de la crise spirituelle sans précédent que traverse notre humanité tout entière ! La nature spirituelle de l’homme a horreur du vide, et si elle ne trouve rien de nouveau pour le remplir elle le fera demain avec des religions toujours plus inadaptées au présent et qui, comme l’islam actuellement, se mettront alors à produire des monstres.

En finir avec l’islam modéré – par Marc NOÉIl y a beaucoup de femmes et d’hommes, musulmans, qui sont prêts à réformer l’islam, qui regardent vers l’avenir mais ne sont pas encore assez nombreux, ni leur parole assez puissante. Ils ont parfaitement vu que c’est la maladie profonde du monde musulman qui explique la naissance des monstres terroristes, Al Qaida, Al Nostra, AQMI ou Etat Islamique. « Ils ont bien compris que ce ne sont là que les symptômes les plus visibles sur un immense corps malade, dont les maladies chroniques sont les suivantes : impuissance à instituer des démocraties durables dans lesquelles est reconnue comme droit moral et politique la liberté de conscience vis-à-vis des dogmes de la religion; difficultés chroniques à améliorer la condition des femmes dans le sens de l’égalité, de la responsabilité et de la liberté; impuissance à séparer suffisamment le pouvoir politique de son contrôle par l’autorité de la religion; incapacité à instituer un respect, une tolérance et une véritable reconnaissance du pluralisme religieux et des minorités religieuses » (Abdennour Bidar)*.

Depuis le XVIII° siècle, l’islam a été incapable de répondre au défi de l’Occident. Il s’est réfugié de façon infantile et mortifère dans le passé, avec la régression obscurantiste du wahhabisme saoudien qui continue de faire des ravages et se répand à partir des lieux saints de l’Arabie saoudite, qui ne retient de l’Occident que le pire, son développement technique considérable mais incohérent et le culte de l’argent qu’il mêle à son archaïsme religieux et social.

Qu’y a-t-il d’admirable dans l’islam d’aujourd’hui ? Ses penseurs sont en exil en Occident, ses scientifiques sont employés par la NASA ou le MIT, on ne voit de lui que ses chefs d’État militaires, ayatollahs ou émirs milliardaires du Golfe. Tout le reste, il l’emprunte à l’Occident. Sunnisme et chiisme ont choisi de définir l’islam comme religion politique, sociale, morale, devant régner comme un tyran aussi bien sur l’Etat que sur la vie civile, aussi bien dans la rue et dans la maison qu’à l’intérieur même de chaque conscience. Ils ont choisi de croire et d’imposer que l’islam veut dire soumission alors que le Coran lui-même proclame « Il n’y a pas de contrainte en religion » (La ikraha fi Dîn). Ils l’ont transformé en empire de la contrainte. Ils trahissent leur propre texte sacré par refus de le lire autrement que par les yeux déformés par la haine et le machisme de leurs religieux, imams, muftis, ayatollahs, shouyoukhs, califes.

« De nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui dans la Oumma (la communauté des musulmans) pour dénoncer ce tabou d’une religion autoritaire et indiscutable… Au point que trop de croyants ont tellement intériorisé une culture de la soumission à la tradition et aux « maîtres de religion » (imams, muftis, shouyoukhs, etc.) qu’ils ne comprennent même pas qu’on leur parle de liberté spirituelle, ni qu’on leur parle de choix personnel vis-à-vis des « piliers » de l’islam. Tout cela constitue pour eux une « ligne rouge » si sacrée qu’ils n’osent pas donner à leur propre conscience le droit de la remettre en question ! Et il y a tant de familles où cette confusion entre spiritualité et servitude est incrustée dans les esprits dès le plus jeune âge, et où l’éducation spirituelle est d’une telle pauvreté que tout ce qui concerne la religion reste quelque chose qui ne se discute pas ! » (Abdennour Bidar).

Tout cela n’est pas imposé par le terrorisme, mais crée le terrorisme. Le problème est interne et le couvercle mis sur l’islam par les religieux et les pseudo « experts » qui pérorent sur les chaines de télé en scandant que l’islam est modéré empêche la prise de conscience qu’il y a des îlots de liberté spirituelle : des familles qui transmettent un islam de tolérance, de choix personnel, d’approfondissement spirituel ; des lieux où l’islam donne encore le meilleur de lui-même, une culture du partage, de l’honneur, de la recherche du savoir, et de spiritualité.

Il y a en Terre d’islam (Dar el islam), et partout dans les communautés musulmanes du monde, des consciences fortes et libres. Mais elles restent condamnées à vivre leur liberté sans reconnaissance sociale et religieuse, à leurs risques et périls face à un contrôle communautaire exigeant et tatillon ou même parfois face à la police religieuse.

Jamais pour l’instant le droit de dire « Je choisis mon islam« , « j’ai mon propre rapport à l’islam » n’a été reconnu par l’islam officiel des religieux. Ceux-là au contraire s’acharnent à imposer que « La doctrine de l’islam est unique » et que « L’obéissance aux piliers de l’islam est la seule voie droite » (sirâtou-l-moustaqîm).

Ce refus du droit à la liberté vis-à-vis de la religion crée la violence, impose à la société musulmane une violence insoutenable. Elle enferme toujours les musulmans dans la cage d’un Bien et d’un Mal, d’un licite (halâl) et d’un illicite (harâm) que personne ne choisit mais que tout le monde subit.
Cette vue binaire du monde est d’ailleurs partagée par les socialistes.

C’est l’islam lui-même qui associe la religion et la violence, contre les femmes, les « mauvais croyants« , les chrétiens, les juifs, les azédis, les alaouites, les soufis, les penseurs et les esprits libres, les critiques, de sorte que cette religion et cette violence finissent par se confondre dans la monstruosité du jihad conçu uniquement comme violent et meurtrier.

L’islam ne sortira de la violence que le jour où l’éducation donnée dans les écoles, les lieux de culte, les lieux de savoir et de pouvoir comme les universités et les administrations s’appuiera sur des principes universels (dont certains sont d’ailleurs allègrement transgressés par le pouvoir socialiste) : la liberté de conscience, la démocratie, la tolérance et le droit de cité pour toute la diversité des visions du monde et des croyances, l’égalité des sexes et l’émancipation des femmes de toute tutelle masculine, la réflexion et la culture critique du religieux dans les universités, la littérature, les médias.

C’est le seul moyen d’arrêter les monstres djihadistes, c’est le seul moyen d’éviter une guerre civile à l’échelle mondiale dont nous voyons les prémices en France même.

* Abdennour Bidar est un philosophe musulman, Abdennour signifie « celui qui apporte la lumière »). Vous pouvez lire l’intégralité de sa « lettre ouverte au monde musulman », parue sur Huffingfton Post en CLIQUANT ICI.

Maurice D.

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