EDITO 658 – IL FAUT RÉDUIRE LE COÛT DES MÉDIAS PUBLICS

L’excellent article de Xavier Jésu sur le projet de construction d’une église en Ardèche (une nouvelle église, ce n’est pas si fréquent, par les temps qui courent) et le reportage à charge qui en a été fait par France Info, relayé, en connivence, semble-t-il, par le presse de gauche, m’ont incité à cibler cet éditorial sur l’utilité, la pertinence et l’objectivité intellectuelle du service public (« Les curieuses enquêtes de France Info pour Pâques »)

Et, accessoirement, pourquoi France-Info a-t-il programmé ce reportage un week-end pascal ?

 

PETITE HISTOIRE DE L’INFORMATION

L’information et sa diffusion, ce furent d’abord les tablettes d’argile des sumériens (4000 ans av J.C), puis les papyrus égyptiens (2400 av JC), puis Gutenberg et l’imprimerie au XV° siècle. Il n’est pas inutile de rappeler, à l’issue de ce week-end pascal, que la Bible fut le premier livre imprimé par Gutenberg.

Une constante : la création et la diffusion de l’information étaient alors l’œuvre de géniaux inventeurs et artisans qui avaient librement consacré leur vie à leur passion créatrice.

Une réalité : nul besoin alors de « fonds publics », les investissements étaient à la charge des créateurs, et à eux seuls ! Ainsi que les moyens de distribution des exemplaires après leur impression !…

Puis vint la radio. Pour la transmission radiophonique, c’était un peu plus compliqué. En France, la première émission privée eut lieu peu après la 1ère Guerre Mondiale et l’État fit main basse sur ce moyen de communication stratégique vers lequel lorgnait l’Armée. On en verra d’ailleurs assez vite la double utilité pendant l’Occupation. La radio devenait un outil de propagande pour l’Occupant, et la BBC soutenait depuis Londres les réseaux de Résistance.

La radio devint donc un outil majeur à la disposition de l’État. Puis, en 1964, ce fut la création de l’ORTF. Vinrent alors les radios dites « périphériques » (Europe n° 1, Radio Luxembourg puis Radio Monte Carlo) qui, à partir d’états souverains voisins, allaient concurrencer la radio française. Jusqu’en 1981, date à laquelle Mitterrand, autorisant les « radios libres », marquait la fin du monopole.

Mais l’infrastructure était là. La libre information pouvait éclore et les capitaux privés se saisir de ce moyen de diffusion en lorgnant sur les bénéfices fabuleux que la publicité (la « Réclame », disait-on alors) était susceptible de générer. Ces gens-là ont le sens des affaires, et savent que, « quand on n’a pas de Rolex à 50 ans, c’est qu’on n’a pas réussi sa vie » (*)

Ce bref rappel historique – pardonnez-moi – pour en arriver à aujourd’hui…

De nos jours, le « service public » de l’information se caractérise par 2 critères majeurs : monopole de la pensée et inflation des ressources

« La Voix de son Maître », proclamait jadis la marque Pathé Marconi, la photo d’un chien en logo, face à un haut-parleur. Le risque, pour les médias, était bien, alors, de devenir les aboyeurs du système.

Aujourd’hui encore, l’objectivité et le pluralisme sont une chimère. Depuis le recrutement dans les écoles de journalisme, le tri sélectif se fait à partir des opinions politiques. Quant au recrutement, Il faut être de gauche, écolo, MLF, ou encore mieux affilié NUPES mâtiné Woke, non seulement pour faire carrière dans la presse, mais déjà pour intégrer une école de journalisme. Et ne parlons pas de « Sciences Po » !

Tout y est : copinage et népotisme, les 2 mamelles du journalisme !

Ajoutons-y le retour de la censure. Quand Rima Abdul Malak, ministre de l’audiovisuel, menace CNews via l’ARCOM (qui a pris la suite du CSA) de se voir retirer son autorisation d’émettre, c’est un violent retour aux années de plomb de la communication. CNews est en effet l’une des rares stations (peut-être la seule) qui s’efforce de maintenir un minimum d’objectivité et d’exclure toute idéologie dans ses programmes d’informations.

Quant à l’inflation des ressources, en cette période de crise et malgré les promesses du gouvernement d’agir sur le pouvoir d’achat, je vous laisse juges, chers amis lecteurs :

Pour l’année 2023, le budget total de l’audiovisuel public est de 3.8 Mds €.

Dans le détail, voici la répartition de ces 3,8 Mds € inscrits dans la Loi de Finances) : 

  • France Télévisions (France 2, France 3, France 4, France 5, France Info, La 1ère…) : 2,4 Mds €
  • Radio France (France Bleu, France Culture, France Info, France Inter radio, France Musique, FIP…) : 623 M €
  • ARTE France : 303 M €
  • France Médias Monde (Fr 24, RFI…) : 285 M €
  • Institut national de l’audiovisuel : 94 M €
  • TV5 Monde : 80 M €

Tous ces groupes emploient globalement plus de 17000 personnes, dont 9000 à France Télévisions et près de 5000 à Radio France.

On juge l’arbre à ses fruits, dit-on. Je pose donc la question : est-il vraiment nécessaire d’entretenir aujourd’hui un appareil étatique de cette dimension ? Augmenter le pouvoir d’achat des ménages, c’est avant tout mieux gérer le budget de l’Etat afin de réduire les prélèvements fiscaux et sociaux ! Et augmenter le revenu disponible… oui, Monsieur Bruno Lemaire, (qui ne savez pas ce qu’est un hectare), c’est ainsi qu’on nomme ce qui reste de notre travail après que l’État soit passé par là…

Marc Le Stahler

11/4/2023

(*) Phrase prononcée en 2009 par le publicitaire Jacques Séguéla, qui reconnaitra plus tard avoir « lâché une connerie » à l’antenne.

 

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