YASSINE SAHLI, TERRORISTE… MAIS D’ABORD MUSULMAN SALAFISTE ! (L’Imprécateur)

C’est un sketch de Police Academy ?
Voilà quelle fut la version de BFM-TV qui, dès l’annonce de l’attentat contre l’usine d’embouteillage de gaz dans l’Isère, avait envoyé toute une équipe de journalistes : vers 9 h 50 ce vendredi, un véhicule dont le passager agite un drapeau noir de l’E.I. force la barrière d’un « site classé Seveso », en fait une usine d’embouteillage de gaz, fonce sur les bouteilles stockées, en percute une qui explose et comme ça s’arrête là, le passager de la voiture descend pour ouvrir une bouteille d’oxygène, de toute évidence afin que l’incendie se propage au reste du stock et déclenche enfin la gigantesque explosion que l’équipe espérait.

Enfin, semble-t-il. Car il en est empêché par les gendarmes et les pompiers qui arrivent à ce moment là !
Sur la foi de ce reportage livré plus d’une heure après les faits, on se pose des questions :

Tiens donc ! Ils étaient donc tout près ?
Sur le pied de guerre et prêts à intervenir en quelques secondes ?
Ou bien le tueur a-t-il attendu en trépignant d’impatience qu’ils arrivent comme Ahmed Si Glam qui s’était opportunément tiré une balle dans la cuisse et avait téléphoné au SAMU ?

Voyons, une usine d’embouteillage de gaz, produit hautement explosif, classée Seveso donc, suppose-t-on, avec des règles de sécurité draconiennes, dont la barrière serait incapable d’arrêter une voiture ordinaire ? Qui n’est pas doublée d’une herse ?
Dont ou peut s’approcher à vive allure parce qu’il n’y a ni ralentisseurs ni chicanes ?
Qui n’a pas de service de sécurité alors qu’on est en plein plan Vigipirate rouge ?

Cerise sur le gâteau, continue BFM-TV, on découvre une tête égorgée et tranchée plantée sur la barrière « à proximité de l’entrée » et « le corps un peu plus loin« .
Décidément, se dit-on, c’est un drôle de poste de garde celui où on peut planter une tête décapitée sur la grille, pratiquement sous ses fenêtres !
Y avait-il au moins quelqu’un à l’intérieur chargé de filtrer les arrivants et les voitures ?
À 9 h 50 l’embauche est probablement terminée, soit, le gardien était peut-être parti boire un café à la cafète de l’usine et ce ne serait donc pas lui qui aurait alerté gendarmerie et pompiers, lesquels seraient alors venus en ayant entendu depuis leurs casernes le bruit de l’explosion ?
Tout cela était incohérent en l’état actuel de l’information.

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Une information d’une nullité dramatique, d’ailleurs, avec des journalistes d’une prudence de Sioux pour ne pas prononcer un mot qui fâche, du genre « attentat islamiste », qui leur aurait valu immédiatement des poursuites pour incitation à la haine raciale ou une accusation d’islamophobie.

Au bout d’un quart d’heure d’inepties journalistiques, on a compris qu’ils ne savaient rien, n’ont rien vu, n’ont eu aucun contact avec un responsable de la police !
Effectivement l’un d’eux finit par convenir que le quartier est bouclé, « nous sommes cantonnés sur un rond-point à 500 mètres du site de l’explosion, on attend d’un instant à l’autre l’arrivé de monsieur Cazeneuve pour en savoir plus« .
Autrement dit, au lieu de faire leur travail de journalistes, les rigolos de BFM-TV ont attendu que la voix de son maître vienne leur dicter leur papier.
De vrais journalistes, comme on en voyait autrefois, ne se seraient pas laissé parquer, auraient trouvé le moyen de contourner les barrages, de pénétrer dans l’enceinte ou au minimum de parler avec un cadre de la gendarmerie ou des pompiers !

En attendant que l’info leur soit donnée à la becquée, ils ont interrogé des « témoins » !
Pathétique !
Un quart d’heure avec une certaine Lilas, Leïla, Lala, ils l’ont appelé successivement de plusieurs de ces noms, incapables de dire le bon.
Elle était dans son bureau, dans un bâtiment non loin de l’usine de gaz, elle a senti « comme une vibration » alors qu’elle était au téléphone. Elle est allé voir une copine dans le bureau voisin et lui a demandé « À ton avis, c’était un tremblement de terre ou un avion ?« . L’autre a répondu « Ou peut-être un hélicoptère« .
Il était 10 h moins 10 précise-t-elle, « on a entendu les sirènes de la police et des pompiers, on est allé voir à la fenêtreQuand on a appris ce qui s’est passé on a eu peur, je préfère rester ici dans l’entreprise où on est à l’abri« .

Bref, elle n’a rien vu, rien entendu, rien compris, récolté quelques ragots dont BFM-TV a fait son beurre et qu’il a repassés à midi. Plus d’une heure de direct pour du tout faux !

En fait une camionnette s’est présentée à l’entre de l’usine à 9 h 28. Le chauffeur a sonné. Son véhicule, son patron et lui-même sont agréés pour pénétrer dans l’usine, ils sont livreurs-distributeurs de bouteilles de gaz, on leur a donc ouvert.

Donc, pas de bris de barrière par une voiture dont le passager brandissait un drapeau noir d’E.I.

Le chauffeur, Yassin Salhi, circule dans les allées de l’usine et pénètre dans un hangar où sont stockées des bouteilles de gaz divers, notamment air liquide et acétone. Il fonce dans le tas, il en résulte une explosion violente, à 9 h 35 et non à 9 h 50, qui détruit une partie eu bâtiment et l’arrière de la camionnette.
Il sort la tête tranchée qui se révèlera être celle de son patron, un brave type de 54 ans, et va la planter sur la grille de l’usine qui est non loin et la décore de deux drapeaux, un noir et un blanc, portant le texte de la shaada, la prière musulmane.
Il laisse le corps décapité à côté de la camionnette.
L’a-t-il égorgé et décapité avant d’arriver à l’usine ou dans les minutes où il s’est trouvé seul dans le bâtiment ?
L’autopsie ne l’a pas encore dit, mais le couteau qui a servi à égorger a été retrouvé, on le saura donc. Puis il passe dans un bâtiment voisin pour y ouvrir des bouteilles d’acétone, c’est à ce moment-là qu’un pompier qui l’a aperçu vient le ceinturer, il est 9 h 40.

Il faut féliciter les pompiers pour leur rapidité et leur réactivité : ils ont mis 4 minutes pour arriver après l’explosion et une minute pour neutraliser le tueur !

Qui est ce Yassin Salhi (que le procureur de Paris appelle Yassin S.) ? Un brave type de 34 ans, marié père de trois enfants, salarié, bon vivant, bon musulman modéré, sa femme n’est pas voilée, qui participait volontiers à des repas avec des voisins, un gentil qui rigolait facilement.

Mais, nous apprennent le procureur et Cazeneuve, il avait été fiché « S » entre 2006 et 2008 comme salafiste, puis, comme il ne commettait aucun délit et semblait calmé, retiré du fichier.

Cependant en 2011 et 2014 il avait parfois été aperçu avec des gens du tabligh. Le tabligh a plusieurs mosquées en France qui sont des centres d’enseignement au djihadisme. Le tabligh – comme le salafisme – est une branche du sunnisme proche du wahabisme saoudien.

À C dans l’air on observe que le ramadan est une période de violence pour l’islam, à preuve, les cinq attentats qui ont eu lieu dans la journée de vendredi, dont celui de Tunisie, 37 morts, et celui dans une mosquée chiite au Koweit (Hollande en a parlé), 25 morts.
« Et ce n’est pas fini, il y en aura d’autres« , prédit sans difficulté l’un des intervenants.

C’est alors que Mohammed Sifaoui, journaliste spécialiste de l’islam bien connu, monte au créneau : « les gens qui répètent sans cesse « pas d’amalgame » font une erreur et provoquent le résultat inverse de celui qu’ils cherchent« , dit-il, expliquant que le salafisme est la branche rigoriste de l’islam qui interprète littéralement le Coran du VIIème siècle dont l’un des versets dit « armez-vous et combattez vos ennemis et les ennemis de Dieu« .

Donc, dit Sifaoui, quand on les accuse de terrorisme, « oui, ils sont terroristes parce qu’Allah leur a dit d’être terroristes » et que cela prouve qu’ils sont dans la voie de Dieu. Ils signent en égorgeant et en décapitant, « ils égorgent et posent les têtes sur les ventres, excusez-moi de dire ces horreurs« , poursuit Sirfaoui, parce que le Coran dit « frappez-les au cou« .

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Et, dit encore Sirfaoui, « il faut cesser de parler de terrorisme« .

Le terrorisme n’est que le moyen efficace qu’ils ont trouvé pour imposer leur idéologie et cette idéologie, c’est l’islam interprété strictement. « Ils sont terroristes, mais avant tout musulmans salafistes« , des musulmans qui pratiquent l’islam d’une façon que l’on condamne parce que les temps ont changé depuis le VIIème siècle, mais si l’on veut combattre vraiment l’ennemi, « il faut le désigner avec les mots justes, il faut dire les choses avec les mots justes et les dirigeants politiques ont peur de dire les mots justes« . Pire, ajoute Sifaoui, « ils entreprennent des poursuites contre les gens qui utilisent les mots justes, les accusent d’islamophobie, d’incitation à la haine raciale et de racisme« .

L’animatrice effarée lui demande « quand même ! tous les salafistes ne sont pas dangereux ? »
« Si, répond énergiquement Sifaoui, tous les salafistes sont potentiellement dangereux, surtout ceux qui paraissent modérés » (C dans l’air, 26 juin 2015)

Merci Monsieur Sirfaoui de dire ce que Minurne répète depuis des mois, même si nous comprenons bien votre objectif et votre message : la majorité des musulmans n’est pas salafiste ni terroriste, mais la meilleure façon d’éviter que l’islam soit considéré globalement comme dangereux par les Français est que les musulmans eux-mêmes sacrifient la branche pourrie du sunnisme qu’est le salafisme.

Dans une autre émission de ce vendredi, Thierry de Montbrial était outré de ce que Hollande parle de « nos adversaires« . « Ils ne sont pas nos adversaires, ils sont nos ennemis et sont en guerre contre nous. Il ne sait donc pas qu’il nous ont déclaré la guerre ? Ils le disent dans toutes leurs vidéosc’est une guerre, et pas une guerre étrangère, ils sont français, c’est une guerre civile et religieuse… Il faut arrêter la morale et le sentimentalisme, les hommes politiques doivent être réalistes et efficaces… Les salafistes pensent que l’occident est en déclin et n’aura pas le courage de livrer cette guerre à l’islam, donc ils ont gagné d’avance« .

Sur une autre chaîne encore, Dounia Bouzar, une ethnologue, expliquait que les djihadistes ont inventé un nouveau terrorisme : ils forment des jeunes et leur disent : choisissez vous-même votre cible, préparez-vous et agissez quand vous le déciderez. C’est donc imprévisible puisqu’il n’y a pas de supports et de réseaux. Elle estime le nombre de djihadistes français potentiels à 5 000 dont 1 700 répertoriés, 1 500 en « formation » en Syrie, 2 à 500 déjà rentrés et ceux qu’on ne connaît pas.

Bonnes vacances !

L’Imprécateur

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