NE PAS SE TROMPER D’ENNEMI ! (Jean Goychman)

En 2102, durant la campagne présidentielle, François Hollande avait déclaré que son seul adversaire était « la Finance » :

« Je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire », avait lancé François Hollande lors de son premier meeting de campagne dimanche au Bourget. « Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti. Il ne présentera jamais sa candidature. Il ne sera pas élu. Et pourtant, il gouverne », a ajouté le candidat socialiste à l’élection présidentielle. « Mon adversaire, c’est le monde de la finance », avait ajouté François Hollande.

« En 20 ans, la finance a pris le contrôle de nos vies. En une fraction de seconde, il est désormais possible de déplacer des sommes astronomiques, de faire tomber les banques. Les G20 se sont succédé sans résultat tangibles. En Europe, seize réunions de la dernière chance n’ont jamais rien donné. Les banques, sauvées par les Etats, mangent la main de ceux qui les ont nourri. Ainsi la finance s’est affranchie de toute règle, de toute morale, de tout contrôle », avait-il conclu.

Où en sommes nous aujourd’hui ?

 

 

Depuis quelques années, nous vivons une période vertigineuse sur le plan financier. Après la crise de 2008, qui avait à l’époque justifiée une création monétaire échevelée, au mépris du carcan des traités (et de tout bon sens), nous avons laissé sans réagir la finance internationale inonder le monde de ce que de Gaulle appelait de la « fausse monnaie » dans des proportions insensées, uniquement pour prolonger la vie d’un système qui risque de détruire l’économie de la planète toute entière pour l’unique bénéfice d’un petit nombre qui, lui, le contrôle entièrement.

En vérité, très peu de gens s’intéressent à la création monétaire, et d’ailleurs, personne n’en parle. Rappelons cette phrase attribuée à Nathan Rothschild, déjà citée dans un article précédent:

« La minorité qui comprend le système sera si intéressée par ses profits ou si dépendante de ses faveurs qu’il n’y aura jamais d’opposition de la part de cette classe sociale ».

Vraie ou fausse, chaque citoyen de la planète devrait l’avoir présente à l’esprit tant elle résume ce que nous subissons depuis des siècles.

L’APPARENCE ET LA RÉALITÉ

En apparence, car l’enfer est toujours pavé de bonnes intentions, et afin de mettre un zeste de morale dans la conduite financière des États, on nous dit que s’endetter est mauvais et que seule la vertu de l’équilibre budgétaire permet d’assurer la croissance économique qui nous apportera la prospérité éternelle. En réalité, nous empruntons toujours plus, au prix d’un endettement cumulé qui deviendrait insupportable si on devait le rembourser. Pour le moment, cette question ne se pose pas car ceux qui nous prêtent cet argent ne nous le demandent pas. Et pour cause…

Car, et la question mérite d’être posée, a qui l’empruntent-ils à leur tour ? Quels sont les généreux mécènes qui nous prêtent de l’argent, contre intérêts évidemment, en faisant preuve d’une telle patience ?

La réponse est : « Personne ! » Cet argent qui nous inonde est créé à partir de rien. Dans les temps jadis on imprimait du papier avec de l’encre, mais aujourd’hui, cet argent est créé avec une ligne d’écriture. Cela est en tout point analogue à de la « fausse monnaie » que certains imprimaient dans leur cave.
La seule différence est que cette fausse monnaie est rendue légale. Par quel miracle ?

Le plus simplement du monde, par un jeu d’écriture qui s’appelle une reconnaissance de dette, inscrite en face de la ligne comptable du prêt. Évidemment, ceux qui font cela exigent des garanties. Et ils les obtiennent le plus légalement du monde par le système fiscal des États emprunteurs qui transfèrent sur la collectivité la charge de ces dettes, c’est à dire les impôts.

Ce tour de passe-passe remonte à plusieurs siècles, mais il ne trouve sa dimension actuelle qu’en s’étant affranchi d’un certain nombre de difficultés qui gênaient sa mise en œuvre généralisée.

UN LONG CHEMINEMENT

L’or a toujours fasciné les hommes. Ses propriétés physiques et chimiques, ainsi que sa rareté et sa difficulté d’extraction l’ont désigné comme monnaie d’échange à peu près universelle.

Son commerce et son stockage étaient effectués par les orfèvres depuis toujours. Vers la fin du Moyen Age et en raison de l’insécurité grandissante, l’or circulait de moins en moins et restait entreposé à plus de 90%, les clients préférant obtenir des certificats de possession d’or pour payer leurs achats. Les bénéficiaires pouvaient ensuite l’échanger contre de l’or chez l’orfèvre émetteur du certificat.

Au fil du temps, c’est le certificat qui circulait de plus en plus et tardait à revenir chez l’orfèvre.

Parallèlement, les orfèvres se risquèrent à émettre plus de certificats qu’ils n’avaient d’or dans leur cave, tout en restant prudents. Le système des réserves fractionnaires naquit ainsi. La conjonction des deux conduisit progressivement vers le « billet de banque » et il n’est pas illogique que beaucoup de banques aient été créées par d’anciens orfèvres.

Ces billets de banques étaient cependant censés représenter une contre-valeur en or. Ce qui impliquait que le stock d’or de la banque émettrice de ces billets soit suffisant pour faire l’échange avec la totalité des billets émis. Il était difficile de tricher et, avec ce système, on ne pouvait créer de la monnaie que si le stock d’or augmentait. Il fallait, pour acheter à crédit, que quelqu’un prête de la monnaie existante, ce qui limitait les choses.

C’est la raison pour laquelle, au niveau d’un État, la tentation était forte de déconnecter la monnaie de l’or afin de faire marcher « la planche à billets » Ce qui se produisit dès le début de la guerre de 14 dans la plupart des pays d’Europe afin de financer les dépenses militaires. La conséquence fut, à terme, une diminution de la valeur de la monnaie et une augmentation des prix.

La seconde guerre mondiale ayant consacrée la mondialisation de facto, il fallait trouver une monnaie utilisable par tous pour les échanges. Ce fut le dollar, car il avait gardé sa convertibilité en or, ce qui était un gage de stabilité monétaire. Émis par la FED depuis sa création en 1913, il était cependant limité dans son émission par les réserves d’or de cette banque. On comprend alors que les propriétaires de celle-ci (qui est une banque privée) aient tout fait pour lever ce frein.

Ce fut chose faite il y a cinquante ans, le 15 août 1971, lorsque Nixon annonça la fin (provisoire à l’époque ) du Standard Gold Exchange. Ainsi, plus rien ne s’opposait à ce que les dollars fussent créés sans limite à partir de rien.
D’autant plus que le dollar était la monnaie de réserve internationale et que l’augmentation du prix du baril en 1973 imposait une création énorme pour couvrir les besoins en devises des achats des pays consommateurs. Pour créer ces dollars, le Trésor américain émettait des « bons » qui servaient à justifier cette création et se transformaient en dette de l’Etat fédéral américain.

C’est également autour de cette date que les banques centrales de la plupart des démocraties devinrent indépendantes des pouvoirs politiques, qui ne pouvaient plus financer leurs déficits budgétaires auprès d’elles sans payer le moindre intérêt.
En France, ce fut la « Loi de 73 », imposant à l’État de financer ses déficits publics auprès des banques privées, naturellement en payant des intérêts.
La mécanique était dès lors fonctionnelle et elle a fonctionné au delà de tous les espoirs.

La servitude de la dette se fit sentir de plus en plus et nombre d’états durent s’endetter, y compris pour payer les intérêts des emprunts.

En France, alors que la dette représentait moins de 20% du PIB en 1972, elle dépasse aujourd’hui les 130% de notre PIB, ce qui est insoutenable et totalement contraire à l’esprit des traités européens.

Parallèlement, la fortune des élites financières est telle que  1% de la population mondiale possède plusieurs fois la richesse de 6.9 milliards d’individus (90% de la population mondiale).

Aujourd’hui, ce système de banques centrales dont le modèle initial est la Banque d’Angleterre créée en 1694, règne sur la finance occidentale. Cette banque, privée malgré son nom, a obtenu le droit, octroyé par Guillaume d’Orange, « d’émettre annuellement des billets à hauteur de 1 200 000 £ sans aucune couverture en or »  d’après Stephen Midford Goodson dans son livre « histoire des banques centrales et de l’asservissement de l’Humanité. (page 58  Editions Omnia Veritas).

Ce sont plus de 150 banques centrales qui opèrent dans le monde. Avec ce système de monnaie « fiduciaire », c’est pratiquement toute l’économie mondiale qui est sous la coupe des grandes banques centrales qui décident, hors de tout contrôle démocratique, de l’avenir des nations et des peuples qui les ont fait naître.

LES DANGERS DU SYSTÈME

L’émission de l’argent-dette en énorme quantité comme c’est le cas depuis plusieurs décennies rend le système financier instable. La crise de 2008, qui aurait dû ramener à la raison les dirigeants des banques centrales et ceux des banques privées qui les contrôlent, a eu un effet inverse, montrant clairement à tous ces gens qu’ils étaient au-dessus de toutes les lois. La notion de « banque systémique », totalement contraire à la « loi du marché » si chère aux libéraux, a fini de consacrer la domination de ce système financier auquel nul ne semble pouvoir s’opposer aujourd’hui.

La réunion annuelle des principales banques centrales à Jackson Hole en août 2019 a clairement montré comment les derniers îlots de résistance allaient être réduits avant d’être éliminés par la mise en service d’une nouvelle monnaie internationale. Celle-ci serait entièrement dématérialisée et aurait pour vocation de supplanter toutes les monnaies actuellement existantes à l’horizon d’une dizaine d’années.

LA FIN DE LA DÉMOCRATIE

Exercer sans partage le contrôle monétaire mondial confère à ceux qui ont ce privilège un pouvoir quasi-illimité. En clair, c’est le règne d’une oligarchie qui imposera sa volonté dans tous les domaines à l’ensemble de l’Humanité. Il y a longtemps que l’on parle d’un gouvernement mondial, sans toutefois que les formes et les compétences de celui-ci soient clairement définies.

Cependant, une chose apparaît à peu près certaine, c’est que ses membres ne seront pas élus, pas plus que ne le sont les actuels dirigeants des banques centrales. Disposant de moyens illimités, on ne voit pas quelle forme de pouvoir pourrait encore leur échapper ?

Une seule question se pose néanmoins :

Allons-nous, nous, peuples du Monde attachés à notre indépendance et à la souveraineté de nos Nations, nous laisser déposséder de ce bien inaliénable qui est la Liberté, sans laquelle nous ne serions plus que des esclaves soumis ?

Jean Goychman 

19/08/2021

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