« BIEN AGITER LE PEUPLE AVANT DE S’EN SERVIR » (Talleyrand) – 2ème partie –

La première phase du plan pour le changement d’idéologie et la prise du pouvoir qui en découle, soit violemment par une révolution socialiste ou islamiste, soit démocratiquement, le fruit tombant tout seul parce qu’il est mûr, est accompagnée plus ou moins vite d’une phase d’épuration qui touche tous les réfractaires.

Elle peut être très rapide, par exemple au Vietnam elle se fit en une nuit : des dizaines de milliers de Vietnamiens furent pris et fusillés au petit matin le lendemain de la prise de Saïgon. De même dans l’Etat islamique où elle intervient aussi en deux ou trois jours dans les régions conquises, les victimes étant soit abattues à la kalachnikov par dizaines, soit égorgées avec toute une mise en scène pour la propagande du système. Cela est possible parce que les exécuteurs ont les noms et les adresses des opposants, savent où les trouver.

C’est le résultat d’un travail préalable de repérage qui a consisté à trouver les noms, avec les noms trouver les adresses, aux adresses aller repérer s’il y a des issues secondaires, des chiens, des alarmes, noter les plaques minéralogiques des voitures, quand c’est possible interroger les voisins sur les heures de présence ou procéder à des sondages par téléphone comme le font les cambrioleurs qui veulent piller votre maison, mais pour une raison inverse puisque ce qui intéresse les cambrioleurs n’est pas de savoir quand vous êtes présent, mais quand vous êtes absents. Sont visés tous ceux qui ont des relations sociales nombreuses : politiques, journalistes, écrivains, enseignants, chefs d’entreprises, mais aussi chauffeurs de taxis, coiffeurs, barmen, restaurateurs, etc. Ils sont éliminés ou enfermés au moindre soupçon de tiédeur pour le nouveau régime.

Mais sont aussi visés la plupart de ceux qui s’y étaient déjà soumis ! Ces « idiots utiles » du socialisme et de l’islam doivent être « neutralisés » (en langage du renseignement « tués ») parce qu’idéologues ou idéalistes qui croient en la beauté du socialisme ou de l’islam. On sait que lorsque le changement arrive et qu’ils voient la brutalité des méthodes utilisées, ils peuvent ouvrir les yeux et devenir alors les pires ennemis du nouveau régime. Et surtout parce que c’est indispensable pour mener rapidement les changements de personnel politique, journalistique et administratif indispensables pour une prise du pouvoir rapide ou encore parce qu’ils en savent trop. « Ne vous occupez pas des gauchistes » ordonnaient les instructeurs du KGB, « éliminez-les, ce sont des prostitués politiques« .

imagesUnknown
« Idiot utile » type, à droite le même, en plus  jeune.
Qui pourrait avoir confiance en  Laurent Mouchard – Joffrin ?

Elle peut être plus lente quand la prise du pouvoir s’est faite par une élection, comme en France. On ne tue pas, mais on détruit socialement les personnes hostiles au socialisme ou à l’islamisme en les faisant dénigrer par la presse aux ordres, en les accablant de procédures judiciaires et d’amendes, en les faisant licencier par leur employeur, écarter des médias en menaçant leurs directions et leurs éditeurs, en fermant d’autorité leurs blogs sans la moindre procédure judiciaire, comme Riposte laïque, Minurne, Révoltes en Europe…, les obligeant, quand ils en ont les moyens, à quitter la France pour d’autres pays qui sont encore et beaucoup plus démocratiques, comme la Suisse ou la Belgique, voire les Etats-Unis ou même la Russie.

Pour remplacer les éliminés, les instructeurs du KGB recommandaient de recruter « les cyniques, ceux qui savent mentir les yeux dans les yeux, les immoraux, les criminels, les gens avides de pouvoir ou qui se croient importants« , c’est ce que fait le PS et qui explique qu’il y ait autant de ses membres qui fassent l’objet de poursuites judiciaires. Ils seront utiles pour mise en œuvre de la seconde phase : la déstabilisation du pays. Ce que fait également E.I. en Syrie et en Irak pour administrer les zones conquises. Mais ces gens qui se sont cru malins en ayant franchi la phase du changement de régime, sans se faire éliminer comme les idéologues et les idéalistes qui l’attendaient pourtant avec espoir, ne savent pas qu’ils seront à leur tour éliminés dès cette seconde phase de déstabilisation terminée. Ils devraient le savoir puisqu’on l’a vu partout : Afghanistan, Irak, Syrie, URSS, Cambodge… Et même Cuba où Castro fit emprisonner et exécuter presque tous ceux qui l’avaient aidé à prendre le pouvoir en 1959, même le Che Guevara qui comprit en 1965 que son tour arrivait et qu’il valait mieux quitter le pays tant qu’il le pouvait encore. Ce qu’il fit pour aller au Congo-Léopoldville, puis en Bolivie où il fut, semble-t-il,  vendu à la CIA qui l’exécuta, blanchissant Castro. Celui-ci put faire du Che mort, donc qu’il n’avait plus à craindre, le héros révolutionnaire que l’on connaît.

Ils devraient le savoir, mais aveuglés par leurs illusions, tous ces gens de gauche ne veulent pas le savoir : les profs, les politiques, les journalistes, les défenseurs des beaux principes d’égalité, les féministes, les homophiles, les écolos politiques et les islamophiles. Ils ne voient pas qu’ils sont déjà instrumentalisés par l’islam parce qu’ils croient pouvoir le maîtriser, le rendre « modéré » et « compatible avec les valeurs de la République« . Ils croient qu’ils vont conserver leur pouvoir (ou le prendre pour ceux qu’y n’y sont pas encore), même si la charia était imposée en France.

.Pièce jointe copie 3photo

photo peguy

Dans ses instructions l’Etat islamique leur dit NON ! Alignés contre un mur et exécutés. Il y aura toujours un plus islamiste que le musulman « de base » pour faire le boulot.

Contrairement à ce que l’on croit, recruter des exécuteurs est la chose la plus facile au monde, voyez E.I., même les enfants ! Leurs illusions seront tombées, mais trop tard.

Et puisqu’il faut des exemples, encore un autre.
À Barcelone, pendant la guerre d’Espagne tous les communistes qui avaient participé aux combats contre les troupes de Franco furent exécutés en moins de 48 heures dans des conditions horribles (dans des pneus arrosés d’essence que leurs bourreaux enflammaient). Ils étaient les meilleurs, les plus fidèles, expérimentés et tout et tout, ils avaient presque gagné et pourtant ils furent éliminés. Et par qui ? Par une équipe dirigée par un agent du GRU, une agence du NKVD (1) , Georges Zaksas, sur ordre du Comité central du PC soviétique qui, prévoyant une prise du pouvoir imminente par les Républicains en Catalogne, avait jugé que c’était le moment de se débarrasser des idiots utiles où se mêlaient communistes et trotskistes, pour mettre de nouvelles équipes à la place. Zaksas, comprenant subitement que son tour viendrait en suite logique, passa en France où il se dissimula sous un faux nom basque et entra dans la Résistance à Toulouse, sabota des trains, fut élu député socialiste à la Libération, fut distingué par de Gaulle qui, à sa demande (Zaksas avait découvert que le KGB avait retrouvé sa trace et voulait l’exécuter comme traître) le nomma trésorier payeur général en Afrique puis en Nouvelle-Calédonie et Zaksas finit par mourir d’un cancer dans le château de la Loire qu’il avait acheté avec l’énorme fortune amassée quand il était haut fonctionnaire des finances.

C’est une belle histoire, mais c’est un cas quasi unique, la règle générale est que les idiots utiles des révolutions et des idéologies, qu’elles soient socialistes ou islamistes, finissent assassinés ou au mieux socialement éliminés, comme toute les équipes qui entourèrent Lénine et Staline à leur prise du pouvoir.

On en revient toujours à la même question : pourquoi cet aveuglement des idiots utiles du socialisme et de l’islamisme ? Parce qu’ils sont programmés pendant leurs études ou leur formation pour penser et réagir à des stimuli implantés dans leurs esprits de façon déterminée. Il leur est impossible, quel que soit le niveau de leur intelligence, de changer leur façon de voir ou de raisonner, même face à l’évidence des faits. Il existe un symptôme qui montre leur état d’asservissement intellectuel : leur manque d’imagination, caractéristique de nombreux énarques. Ils sont et resteront formatés tant qu’ils ne seront pas eux-mêmes touchés dans leurs vies ou leur famille. S’ils le sont, ils deviennent dangereux pour le nouvel ordre mondial socialiste ou islamiste et doivent être neutralisés ou éliminés, c’est la règle.

Cette seconde phase, la déstabilisation du pays, peut durer de deux à cinq ans. C’est ce que disent Youri Bezmenov, transfuge du KGB en 1970 et réfugié aux Etats-Unis, comme Abu Bakr Naji, auteur de Gestion de la barbarie, théoricien de la prise du pouvoir islamique. Dans cette phase, l’objectif est la prise en main des fondamentaux du pays : l’économie, la défense, les relations avec l’étranger trois secteurs où le rôle de l’idéologie est considérable.

La troisième phase, c’est l’insurrection. Elle dure rarement plus de six semaines. Tous les idiots utiles ont été mobilisés pour amener le pays au bord de la crise : ceux des administrations, de la justice, des médias, des syndicats, fonctionnaires, étudiants, intellectuels, et cela tétanise le pouvoir en place qui réagit mal ou trop tard (2). Il peut y avoir un coup d’Etat, mais pas nécessairement, les choses ont pu se faire par « le coup d’État permanent » tel que l’a théorisé François Mitterrand en 1964. Tout est une question de circonstances et d’économie de moyens.

Le peuple ne réagit pas non plus, ou insuffisamment, parce que tous les relais médiatiques et sociaux tenus par la gauche l’ont convaincu que ce qui se passe, c’est la démocratie. La crise permet de justifier le changement de régime, de structures, de modèle économique. Je ne vais pas insister sur cette troisième phase puisque nous l’avons tous connue.

Le prochain article sera consacré à la quatrième phase : la normalisation, qui révèle bien des surprises, tant pour les naïfs de la politique que ceux qui croient, comme Hollande, maitriser leur prise du pouvoir.

L’Imprécateur

1 : Le GRU était le service du renseignement extérieur soviétique, rattaché au NKVD qui assurait la sécurité intérieure et exécuta, selon les révélations du général du KGB Alexandre Karbanov, 3,5 millions de communistes russes, la plupart de bons communistes innocents des crimes qu’ils finissaient par avouer sous la torture, pendant les purges successives destinées à maintenir la terreur au sein de la population, et pour les raisons exposées dans cet article.

2 : Ce fut caractéristique en mai 1968, le gouvernement croyait à un début d’insurrection générale et prenait de mauvaises décisions, il fallut l’intervention énergique de de Gaulle pour rétablir la situation.

minurne-300x78

0 0 votes
Évaluation de l'article
25 Commentaires
plus récent
plus ancien Le plus populaire
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires
blank