JACQUES  CHIRAC, UNE GIROUETTE  POLITIQUE (Éric de Verdelhan)

« Jacques Chirac, je le croyais du marbre dont on fait les statues. Mais, il est de la faïence dont on fait les bidets »

(Marie-France Garaud)

« Je vous surprendrai par ma démagogie. »

(Chirac à son équipe de campagne en 1995)

« Franchement, je n’ai jamais vu un type aussi corrompu… »

(Nicolas Sarkozy(1))

Il y a quelques jours, la Méditerranée était à…16° à Palavas-les-Flots, station balnéaire de l’Hérault. Les gens du coin n’avaient jamais vu ça ! En Charente-Maritime, où je réside, nous ne sommes pas beaucoup mieux lotis. Fin juillet et début août nous avons eu un temps d’octobre. 

Avec cet été bien « pourri », les ayatollahs de la météo-catastrophe ont arrêté de nous parler du « réchauffement climatique », leurs communicants ont trouvé un nouvel élément dehttps://www.babelio.com/users/AVT_Jean-Paul-Deleage_8744.jpg langage, le « dérèglement climatique », en oubliant simplement que le climat ne peut pas se dérégler puisqu’il ne peut pas se régler. Mais comme il faut continuer à nous faire peur pour mieux nous faire accepter l’écologie punitive, on a ressorti des oubliettes… Jacques Chirac et sa fameuse citation « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. » Cette phrase prononcée lors du IV° sommet de la Terre, en 2002, est entrée dans l’histoire or elle n’est pas de Chirac mais de Jean-Paul Deléage, historien des sciences de l’environnement. Ceci n’a d’ailleurs pas grande importance.

En parallèle de cette citation apocryphe, des tas de gens, à droite, déclarent vouloir recréer « le RPR de Jacques Chirac au début des années 80 ». D’autres voient en lui « le dernier gaulliste ».   

Laissez-moi rire, encore que ce ne soit pas vraiment risible. Par principe, je ne tire pas sur une ambulance, encore moins sur un corbillard or Chirac est mort depuis un certain temps.

Pourtant, au milieu du concert de louanges autour du personnage, j’ai envie de traiter de tartuffes, d’imbéciles ou d’ignares, les gens – politiciens, journalistes, etc… – qui nous bassinent avec les innombrables qualités et vertus du défunt.

Comment la pomme a changé le destin présidentiel de Jacques Chirac

Moniliose ou pourriture des fruits : conseils et traitementJacques Chirac était indéniablement une personnalité, un séducteur, une bête politique, mais « on juge l’arbre à ses fruits » pas à sa taille ou à sa ramure. Or les fruits du Chiraquisme étaient pourris avant même qu’on puisse les cueillir. Certes il avait des côtés sympathiques, voire attachants.

Ses (rares) vrais amis, Denis Tillinac et Jean-Louis Debré, étaient mieux placés que moi pour en parler. Je me contenterai de faire défiler quelques épisodes de sa longue vie de satrape:

Chirac est né en 1932 à Paris, dans un milieu de petits bourgeois radicaux-socialistes. Après son bac, il fait une campagne de trois mois comme matelot sur un navire charbonnier, le « Capitaine Saint-Martin », ce qui lui permettra de raconter qu’il a été marin.Navires avant 1970

C’est à cette époque qu’il signe – avec les communistes – le fameux « Appel de Stockholm » sur la non-prolifération des armes nucléaires… En septembre 1951, il intègre Sciences-Po Paris. Durant cette période, il milite dans la mouvance du Parti Communiste. Il vend « L’Humanité » dans les rues. À la même époque, il rejette la proposition de son ami Michel Rocard de rejoindre la SFIO qu’il ne juge « pas assez à gauche ».

Puis, ce dilettante s’accorde une année sabbatique pour parcourir les États-Unis. Il s’y fiance avec une fille de Caroline du Sud – Florence Herlihy – puis il rompt ses fiançailles pour rentrer en France. A peine rentré, le voilà fiancé à Bernadette Chodron de Courcel, une de ses conquêtes de Sciences-Po. À l’automne 1954, il est admis à l’ENA.

Le 16 mars 1956, il épouse Bernadette, malgré les réticences de la famille Chaudron de Courcel à l’égard de ce « coureur de jupons » de milieu modeste.

Quand Jacques Chirac racontait à Match "sa guerre d'Algérie"De 1956 à 1957, juste après son mariage, il effectue son service militaire. Il est sous-lieutenant en Algérie. Selon ses hagiographes, il aurait fait une « belle guerre ». Libéré le 3 juin 1957, il se déclare « partisan de l’Algérie française » puis il devient… gaulliste en 1958.

Grâce à son mariage, il change de milieu social. Il reprend ses études à l’ENA (promotion Vauban). En 1962, il est chargé de mission au cabinet de Georges Pompidou. Le Jeune ambitieux a trouvé sa voie et ne tarde pas à s’engager en politique. En 1965, il est conseiller municipal de Sainte-Féréole, en Corrèze, berceau des grands-parents de sa mère.

Un an plus tard, aux législatives de 1967, il se présente à Ussel, avec le soutien de Marcel Dassault, qui est un ami de son père et qui finance pour lui « L’Essor du Limousin ». Il l’emporte de justesse, face au candidat du PCF. Il a bénéficié de la neutralité bienveillante de la gloire locale, Henri Queuille, et de l’appui de l’inamovible maire d’Égletons, Charles Spinasse, ancien ministre socialiste de Léon Blum (exclu de la SFIO pour faits de collaboration).

Mort de Jacques Chirac : les secrets de son château en Corrèze

En 1969, simple secrétaire d’État, il achète le château de Bity, situé à Sarran en Corrèze (2). Il le fait aussitôt classer « monument historique » (3 avril 1969), ce qui lui permet de faire remplacer les… 300 fenêtres aux frais du contribuable. Georges Pompidou dira à Chirac :

« Quand on prétend faire de la politique, on s’arrange pour ne pas avoir de château, sauf s’il est dans la famille depuis au moins Louis XV ».

En 2011, « France-Soir » révélait que la surveillance du château de Bity coûtait 420 000 euros par an à l’État, alors que Jacques Chirac ne s’y rendait qu’une fois par an. Ceci en dit long sur la prétendue simplicité (et sur l’honnêteté) de Chirac !

Je n’entends pas retracer la carrière de celui qui fut conseiller général, député, ministre, premier ministre (1974-1976 et 1986-1988), dix-huit ans maire de Paris, et enfin président de la République de 1995 à 2007. Il laisse pourtant derrière lui un bien triste bilan.

Rappelons, brièvement (et de façon non exhaustive) ce qu’on lui doit :

a) – En 1975 : la « Loi Veil » légalisant l’IVG, qui tue légalement plus de 220 000 petits Français par an (soit environ neuf millions depuis 1975 ) !

b) – « Le regroupement familial », en 1976, qui est à l’origine de l’immigration-invasion que nous subissons depuis. Le tandem Giscard-Chirac est responsable du « remplacement de population » que nous sommes en train de vivre !

c)- Européiste forcené (favorable à l’entrée de la Turquie dans l’UE), Chirac milita pour le Traité de Maastricht. Il fit abandonner le Franc (et donc notre indépendance monétaire) au profit de l’Euro, qui devait nous apporter « plus de choix dans nos achats, des prix plus bas, de nouvelles possibilités d’investissements et donc d’emplois »… On connait la suite !

d)- De 1995 à 2007, avec Chirac président de la République, la dette de la France est passée de 600 à 1200 milliards d’euros.

e) – Dès 1986, Chirac s’engageait devant le « B’nai Brith » (3) à ne jamais s’allier au Front National, offrant ainsi un boulevard à la gauche. La lutte contre l’extrême-droite sera d’ailleurs le seul vrai combat de sa vie.

f) – La baisse promise de l’impôt sur le revenu, oubliée au profit d’une augmentation de la TVA,  le foncier, la taxe d’habitation, les charges patronales, salariales… Et la création, dès 1975, de la taxe professionnelle, ruineuse pour les entreprises et qu’il qualifiera plus tard d’« impôt imbécile ».

g) – En 1995 : la condamnation de la France pour la « Rafle du Vel’d’Hiv » des 16 et 17 juillet 1942 et pour les déportations des Juifs sous l’Occupation. Ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait accepté, Chirac l’a fait pour s’attirer les bonnes grâces de la communauté juive de France (4).

h) – En février 1996, la suppression du service militaire, qui est catastrophique à divers titres. Pour notre Armée, bien sûr, mais aussi pour l’intégration des jeunes dans la nation.

i) – En 1999, l’agression et le bombardement de la Serbie, pour lui arracher le Kosovo et le livrer aux islamistes.

j) – La suppression du Lundi de Pentecôte : une fête chrétienne qu’on ne fête plus !

k) – La prolifération des radars, manne financière pour l’Etat et véritable calvaire pour les usagers de la route.

Sans oublier les emplois fictifs, les affaires des HLM de Paris, la cassette Méry (financement du RPR), Clearstream… etc. Je m’arrêterai là, pour ne pas lasser mes lecteurs.

Chirac était tout sauf un homme honnête et courageux. Piètre orateur, mauvais débatteur, politicien sans foi ni loi, c’était une « girouette », un opportuniste sans aucune VRAIE conviction.

Il faut se souvenir, par exemple, du discours dithyrambique tenu à l’Elysée pour le 275ème anniversaire de la Franc-maçonnerie en France.

Chirac s’est toujours opposé à la reconnaissance des racines chrétiennes de la France et de l’Europe.

Il est l’instigateur de presque tous les traités qui ont détruit les attributs de souveraineté de notre pays : Acte unique, Amsterdam, Nice, Constitution européenne… Il n’avait, disait-il « qu’une haine au monde : le fascisme ». En diabolisant durant trente ans la droite nationale, en jetant sur elle les pires anathèmes, en accordant le statut d’ancien combattant aux anciens des « Brigades internationales » (5), il est resté fidèle au jeune homme qui vendait à la criée « l’Humanité » et qui signait « l’appel de Stockholm ».

Mais, ce menteur patenté avait, parfois, des accents de sincérité. Quand il déclarait par exemple :

« Ce n’est pas de ma faute si j’ai une gueule de droite »,

ou, quand il évoquait le gauchisme de sa jeunesse :

« Quand j’avais 20 ans, j’avais un certain nombre de convictions et au fond je ne suis pas sûr qu’elles aient beaucoup changé. Je crois même qu’elles sont finalement restées les mêmes. »

Chirac s’est opposé à la Guerre d’Irak en 2003. C’est, à mes yeux, le seul point positif de son bilan à l’Élysée. Il s’est revendiqué fervent gaulliste, mais il est passé par diverses phases comme le « travaillisme à la française » ou le « libéralisme à la française ». Les commentateurs politiques ont estimé que sa véritable sensibilité politique était proche du radical-socialisme d’antan. Son maître à penser aurait pu être le « bon docteur » Henri Queuille, qui estimait qu’« il n’est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout ».

Un jour viendra où l’histoire reprendra ses droits. Elle ne retiendra de Jacques Chirac qu’un bilan globalement négatif, son inconstance, son côté « girouette », celui d’un éternel opportuniste, sa propension effarante aux beaux discours non suivis d’effets et aux grands engagements jamais tenus, son absence de scrupules, et les corruptions couvertes par une immunité ad hoc.

Notre « Chichi » national était aussi un chaud lapin. L’une de ses (nombreuses) maîtresses l’avait surnommé « Monsieur deux minutes, douche comprise ». Il faut croire qu’il était en politique comme en amour : hardi dans la conquête et très décevant dans l’action.

Mais, après tout, si cette vieille catin de « Ripoux-blique » s’est fait b… pendant 40 ans par un éjaculateur précoce, c’est qu’elle aime ça (ou qu’elle y trouve son intérêt) !

Éric de Verdelhan

11/8/2023 

1)- Qui, dans le genre corrompu, était pourtant un maître !

2)- J’invite mes lecteurs à découvrir cette « modeste demeure de fils du peuple » sur Internet.

3)- Le « B’nai Brith » est une obédience maçonnique interdite aux non juifs.

4)- Pour remettre les choses à l’endroit, on peut lire mon livre « Mythes et Légendes du Maquis » ; Editions Muller ; 2018.

5)- A la demande du communiste Robert Hue, dont le beau-père avait été brigadiste.

7 Commentaires

  1. Quand un pays n’est pas dirigé par des personnes honnêtes ,intègres qui en conséquence ne travaillent pas dans l’intérêt de leur pays ,il ne peut que s’effondrer. De plus il est particulièrement inquiétant que la justice depuis bien longtemps ne fasse pas son travail comme dans l’affaire de Monsieur Robert BOULIN en 1979 qui n’a jamais abouti.

  2. Le pire de tous !
    Trahison de Chaban Delmas en 1974 (groupe des 43) ,le regroupement familial en 1976,trahison de Giscard en 1981 (500000 voix d’écart entre Mitterrand et Giscard)…mais ça ne durera que 2 ans, tu parles … 14 ! Maastricht en 1992 qui passe à 51,75 % (à titre personnel je voterai oui !),refus du débat de l’entre deux tours avec JMLP en 2002.

  3. Merci de nous détailler le menu de cette ignoble crapulé.
    La cerise sur le gâteau (ou la pomme pourrie sur le tas de fumier), c’est la déclaration de sarko-le-traitre.

    En attendant, on croyait avoir touché le fond, puis il y a eu Hollande, un record à lui tout seul !
    Hollande qui a enfanté µcron, la petite saloperie insupportable au service de soros.
    Jusqu’où allons-nous descendre ?
    Je me souviens d’une vielle blague de Vanony : “on a arrêté de creuser, on entendait causer chinois !

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