LA FIN DE LA GUERRE DE CORÉE
(L’Imprécateur)

Le 12 juin, les deux dirigeants les plus imprévisibles et les plus mal coiffés, parce que peut-être les plus intelligents et efficaces du monde, se retrouveront à Singapour.

 

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Kim Jong Un, un abruti communiste sectaire ?

blankKim Jong Un, le nord-coréen, était décrit comme un abruti sectaire, buté, froid, cruel et dangereux. Il maintenait pourtant en vie le seul régime authentiquement communiste du monde à tous points de vue, depuis que le Chine est, dans le domaine économique, passée à un modèle très libéral, ne gardant du communisme maoïste que l’encadrement administratif et politique.

blankCe modèle de communisme aurait dû plaire à la gauche mondiale, mais paradoxalement celle-ci voyait avec effroi perdurer cet exemple de gestion socialo-économique absurde produisant, comme dans l’ex-URSS, deux classes antagonistes : une classe dirigeante de fonctionnaires, militaires et policiers bien payée, bien logée, bien nourrie et bénéficiant de quelques libertés minimales, opprimant un peuple affamé, connaissant des périodes de grande famine, et pourchassé par la police politique au moindre mot d’opposition au régime ou à la plus petite peccadille.

 

Kim Jong Un, afficionado du modèle suisse

Kim Jong Un souhait-il cet état de fait ? Ce n’est pas certain. On oublie toujours qu’il a fait des études supérieures en Suisse, pays pour lequel son père Kim Jong Il avait déjà une grande admiration, et qu’il parle l’allemand et l’anglais assez bien, comprend le français et le russe, en plus du coréen et du chinois, même s’il lui arrive de faire semblant d’ignorer ces langues, pour obliger ses interlocuteurs à blankemployer celle de son choix où il est plus à l’aise.

Mais comment passer du modèle communiste légué par le grand-père Kim Il Sung au modèle suisse quand vos deux plus grands voisins frontaliers, la Chine et la Russie, ne vous soutiennent que parce que vous êtes l’amortisseur indispensable avec le troisième voisin frontalier, la Corée du Sud, vitrine du capitalisme armé américain, adossé au Japon lui aussi capitaliste et allié des États-Unis ? Si, en plus, vous êtes, par l’exemple que vous donnez d’une gestion économique et politique socialiste absurde et mortifère du pays, le repoussoir qui dissuade les peuples russe et chinois d’un retour au communisme ? Et quand, de surcroit, vous êtes le laboratoire expérimental de l’industrie nucléaire militaire iranienne ? Ce qui agace les Américains à la grande joie des Russes et des Chinois, faute d’agacer les Européens dont les diplomates semblent complètement dépassés, « à la ramasse », dès qu’ils parlent du Moyen-Orient et de l’Orient asiatique.

 

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L’Iran, partenaire nucléaire de la Corée du Nord

Je précise pour ceux qui soutiennent que l’Iran et la Corée du Nord n’ont jamais collaboré sur le nucléaire militaire, que l’agence de presse iranienne IRNA a récemment déploré le rapprochement coréen sud-nord et le probable prochain accord Kim-Jong-Un/Trump, comme « une catastrophe pour le nucléaire iranien », car ils se doutent que Trump va exiger du Nord-coréen qu’il abandonne sa collaboration avec l’Iran en échange (entre autres choses) du soutien financier américain pour l’introduction de la Corée du Nord dans l’économie mondiale. Ce qui catastrophe l’Europe dont les entreprises se réinstallent dans ce pays actuellement semi-sous-développé.

Lors des entretiens entre les deux présidents coréens, les observateurs sud-coréens ont été étonnés par le comportement de Kim-Jong-Un qu’ils ont qualifié de « direct », « courageux » et d’une « spontanéité étonnante », bref celui d’un dirigeant exceptionnel quand on connaît la rareté de l’union de ces trois qualités chez nos dirigeants européens.

 

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Donald Trump, un crétin grossier et dangereux ?

blankDonald Trump part du même schéma erroné de l’intelligentsia européenne qui le traite d’imbécile grossier, machiste et dangereux. Sa tare principale étant de ne pas être issu de l’establishment blanc anglo-américain et protestant qui peuple les grandes universités et a cru malin de faire élire un afro-américain, B. Obama, à la présidence pour un résultat minable.

blankEn France, nous avons les Sciences-Po-ENA, qui se piquent d’être de gauche pour mieux embobiner le peuple avec des programmes politiques sérieusement teintés de marxisme. Ils ne sont finalement que très partiellement mis en œuvre (heureusement pour nous) mais du point de vue de gauche sont de droite. Mélenchon a raison sur ce point (et uniquement sur ce point), comme on le voit avec Macron qui combine programme économique de droite avec oppression sociétale de gauche (impôts, 80 km/h, surveillance des réseaux sociaux, etc.).

Alors qu’aux États-Unis, il est pratiquement acquis que la campagne voulant présenter l’élection de Trump comme pilotée par la Russie a été inventée, montée et financée par la galaxie financière Clinton, on continue en Europe à dire le contraire. On nie aussi que l’électorat afro-américain, constatant la chute du chômage et l’amélioration de son niveau de vie avec un meilleur traitement du racisme dans les états du Sud et une diminution de la corruption, passe lentement mais sûrement du côté républicain. On refuse de voir que Trump a réalisé en quelques mois 70% de son programme électoral et notamment une forte baisse de la pression fiscale amenant une amélioration du niveau de vie résultant de la reprise de l’emploi et de l’essor des entreprises.

 

Donald Trump en passe de réussir la fin de la guerre froide en Corée

blankMais surtout, Trump fait ce qu’Obama-Va-t’en-Guerre qui obtint le prix Nobel de la Paix sur sa bonne mine n’a pas su faire : désengager les États-Unis des guerres arabes où ils s’enlisaient pour rien, remettre sur le tapis les accords internationaux qui aboutissaient à la désindustrialisation de l’Occident au profit de la chine, pousser l’Europe à assumer sa propre défense, contrecarrer la progression iranienne au Moyen-Orient en faisant faire le travail par Israël, et surtout reprendre en mains la Corée du Nord, pour aboutir, non pour le moment, à la réunification des deux Corées, mais déjà à la fin de la guerre froide qui leur coûte une fortune depuis plus d’un demi-siècle.

Après le succès des entretiens entre les dirigeants des deux Corées, il faut espérer que la rencontre entre Kim Jong Un et Donald Trump aura aussi une issue positive, que la péninsule coréenne connaitra enfin la paix. Et il n’y aurait rien d’étonnant à ce que l’on découvre prochainement que Kim Jong Un a préalablement remarquablement manipulé la diplomatie américaine en la provoquant par ses tirs de missiles et ses essais nucléaires payés par l’Iran. Cela a amené son allié chinois (ne voulant pas d’une guerre américano-coréenne à sa porte et encore moins une chute de ses échanges commerciaux avec les États-Unis) à lui tordre le bras pour qu’il accepte de négocier avec la Corée du Sud et Trump.

 

Kim Jung Un contraint de moderniser son pays à l’insu de son plein gré

Le voilà « à l’insu de son plein gré » volontairement mis au pied du mur par Xi Jinping et Trump, « contraint », donc il ne perd pas la face vis-à-vis de son armée et de son peuple, de dire qu’il arrête ses tirs et dénucléarise la Corée du Nord parce qu’il n’a pas d’autre possibilité que d’accepter pour éviter une guerre avec les États-Unis et des sanctions chinoises. Mais qu’en échange il fera de son pays, avec l’aide des États-Unis et de la Corée du Sud, la Suisse de l’Est asiatique. Voyez son air heureux et satisfait sur les photos prises de lui à l’issue de son entretien avec son homologue sud-coréen Moon Jae-in : c’est celui de quelqu’un qui a réussi à obtenir ce qu’il voulait, pas une tête de perdant !

 

L’Imprécateur
15/05/2018


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