1970 : L’ENA PREND LE POUVOIR… LA DECADENCE COMMENCE
(L’Imprécateur)

À partir du moment où diplômés de Sciences Po et de l’ENA sont arrivés au pouvoir comme présidents ou premiers ministres, tout a commencé à se dégrader en France, l’identité, la culture, la croissance du PIB, l’éducation nationale, l’emploi, le commerce extérieur, le rang de la France dans le Monde…
Et le début de la décadence peut être daté :1970.

Lors de la Conférence de l’Europe à Marseille, deux des intervenants, et pas des moindres, le Général Piquemal et Cristian Combaz, citèrent l’année 1970 comme étant le début de la destruction de l’identité française et de la culture française. On peut ajouter que 1970 fut aussi le commencement de la décroissance du taux annuel du P.I.B. français jusque là à 6 % l’an en moyenne, qui perdit à partir de là 1 % par décennie pour arriver à 0,93 % en 2018.

D’autres paramètres commencèrent à croître à partir de 1970 : Le chômage, les dépenses incontrôlées de l’Etat, la dette publique, la dégradation du commerce extérieur, la chute de la production industrielle, le niveau de l’Education nationale, etc.

En 1969, le premier gouvernement Sciences Po

Précision : les sciences-po et énarques dont il est question dans cet article sont ceux qui ont choisi la politique pour faire carrière, faute, souvent, d’être capables de réussir dans une autre voie, comme de gérer une grande entreprise ou créer une start-up.

Pourquoi 1970 ? Parce que le premier gouvernement Sciences-Po arriva au pouvoir en juin 1969 avec Georges Pompidou et Jacques Chaban Delmas. Lui succèdent Valéry Giscard d’Estaing, énarque, puis François Mitterrand, Sciences Po, Jacques Chirac, énarque, Nicolas Sarkozy, universitaire, François Hollande, énarque, Emmanuel Macron, énarque.

Les Premiers ministres ne valent pas mieux, chaque président ayant tendance à choisir le sien parmi ses anciens camarades d’école qu’il connait bien. Le taux de chômage qui oscillait autour de 2% jusqu’en 1970 monte en flèche pour culminer une première fois à 10,5 % en 1983-88 avec Fabius, Chirac et Rocard, trois énarques premiers ministres. Rocard réussit finalement à le faire baisser de 1 % en 1989-90. En 1991 arrive Edith Cresson, HEC JF, suivie de Pierre Bérégovoy, CAP d’ajusteur et syndicaliste, et le taux remonte cette fois à 12 %.  Entre 1994-97 Edouard Balladur et Alain Juppé, énarques, ne réussissent pas à le faire baisser. Lionel Jospin réussit à le faire tomber à 9% grâce à son talent et, surtout, à une large embellie de la croissance économique mondiale. Remontée à 10 % avec Raffarin, ESCP. Depuis il reste stable à l’entour de 9 %,  et Macron pas plus que les autres, ne réussit à le faire baisser. Par contre, comme Hollande dont il est le clone, il ne cesse de tenter de nous convaincre qu’il faut « être patients, ça va venir ».

Europe, 23 sur 28 des pays réussissent, pas la France

Ça va peut-être venir, Mais quand ? À Pâques ou à la Trinité ? Parce que, « en même temps », Trump et Orban, les deux chefs d’États que les énarques haïssent le plus, ont fait en deux ans tomber le taux de chômage dans leurs pays, et de beaucoup. Trump de 9 % (sous Obama), à 3,8 % – le taux de chômage des Afro-américains étant descendu de 12 à 5,5 % – raison pour laquelle ils votent de plus en plus pour Trump. Quant à Viktor Orban, il a réduit le taux de chômage en Hongrie de 11 à 4,5 %.

23 sur 28 des pays européens obtiennent aussi de bons résultats. Il est donc faux de dire que c’est l’Europe qui est nuisible à l’économie française, (elle l’est cependant, dans d’autres secteurs), mais l’incapacité des pays encore imprégnés des archaïques thèses économiques socialo-marxistes comme l’est la France, en est la cause réelle.
Avec l’égalitarisme outrancier et la haine d’un libéralisme dont ils ne connaissent rien et utilisent comme repoussoir pour éviter toute réforme qui permettrait de contrôler enfin la progression sans fin de l’administration qui corsète le pays de normes, de réglementations et de taxes.
De champions d’Europe des prélèvements obligatoires, nous sommes ainsi passés à champions du monde occidental et bientôt du monde tout court.

Un demi siècle d’erreurs dues aux Sciences-Po-ENA

Depuis l’année fatidique 1970, la France va de mal en pis. Un demi-siècle jalonné par les bourdes et les erreurs économiques, sociales et politiques des énarques et des Sciences-Po au pouvoir.

Les deux plus graves : en 1974 Giscard d’Estaing veut le regroupement familial que Chirac met en œuvre, deux énarques. On peut dater de là le début de l’invasion afro-musulmane qui contribue à ruiner l’Afrique.

Elle la prive de ses hommes jeunes qui pourraient travailler pour leurs pays, et qui ruine aussi la France et l’Europe en y amenant des jeunes inadaptés à la société occidentale et souvent inaptes aussi au travail autre que manœuvres ou l’équivalent, gardiennage, sécurité, etc.

L’usine à gaz du triple référendum calédonien pour rien

Ils ont pourri l’Outre-mer, en acceptant la départementalisation de Mayotte, et notamment en Nouvelle-Calédonie. Ils n’ont pas laissé aller à son terme le processus démocratique tel qu’imaginé localement dans le premier accord, celui de Matignon-Oudinot, dix ans de discussion pour trouver un terrain d’entente sur le vivre en commun suivi d’un référendum qui trancherait sur l’indépendance ou la France.

Dans le second accord, celui de Nouméa, un énarque, le préfet Alain Chrisnacht, invente une usine à gaz électorale. Trois référendums successifs favorisant ouvertement les indépendantistes par le blocage sur 20 ans du corps électoral loyaliste. Par le poids des décès, celui-ci a donc diminué, pendant que par le jeu des naissances et de l’arrivée de nombreux jeunes à la majorité dans le camp indépendantiste, celui-ci a gonflé. Mais prévoyant que malgré cette injustice, les trois seront perdus par le camp indépendantiste, Chrisnacht a fait avaliser que dans ce cas, c’est finalement le gouvernement français qui décidera ! 

Du pur néo-colonialisme. Or, la ministre des Outre-mer a fait récemment savoir que la préférence du gouvernement irait à l’indépendance, éventuellement suivie d’une association. Si toutefois la Chine aux aguets ne profite pas de cette opportunité pour s’emparer de la Calédonie. Si bien que par la faute d’un  énarque, la  France pourrait perdre dans quatre ans le rang de troisième producteur mondial de nickel, mais aussi le chrome et les métaux et terres rares abondants sur terre et dans le domaine maritime immense de la Calédonie.

Bercy, un repère de profiteurs mafieux

Ils ont aussi pourri le ministère de l’Économie et des Finances, Bercy. Le 25 août 1995, le Premier ministre de l’époque, Alain Juppé, retire le Ministère des Finances des mains du ministre libéral Alain Madelin qui réussissait, mais en s’écartant de l’orthodoxie économique socialiste, et surtout voulait arrêter les dérives ahurissantes en termes d’effectifs, de salaires et de primes. Il le remplace par le centriste Jean Arthuis, Sciences Po.

blank

Une curieuse architecture en rateau, tout un symbole

Deux ans plus tard, ce dernier quitte Bercy à son tour, en le qualifiant de colossal Coffre-Fort « aux allures staliniennes« . Les vrais patrons en sont les inspecteurs des Finances qui occupent tous les postes importants et illustrent parfaitement ce que sont les énarques : une mafia où le mot d’ordre est de gagner  « un maximum de pognon«  pour eux-mêmes.

Sans le moindre souci de légalité, ni la moindre pensée pour les victimes (les contribuables). Ils considèrent le Ministère des Finances comme leur chasse gardée et leurs actions y sont protégées par une omerta quasi impénétrable.

Le ministre y est Directeur de la Com’, c’est tout

Jean Arthuis avait dû attendre six mois pour avoir le droit de consulter la liste des 200 plus hauts salaires de son ministère et encore, elle lui avait été fournie sur du papier chimique non photocopiable !

L’IFRAP et la Cour des Comptes ont fini par découvrir que ces hauts fonctionnaires chargés de surveiller la régularité des dépenses de l’État ont des choses importantes à cacher à leurs ministres et à leurs concitoyens.
« Le ministère le moins scrupuleux dans l’application des règles des finances publiques est le ministère des Finances » (1).

Entre autres, 70 % de leurs primes « n’ont aucune base légale et ce pourcentage atteint 100 % dans le Service des Impôts (hors Cadastre), et une grande partie de ces primes ne sont pas déclarées dans les déclarations d’impôts ».

Dans son dernier rapport, publié fin 2018, la Cour des Comptes constate, malgré quelques régularisations (et non annulations de primes), la « persistance de pratiques indemnitaires irrégulières, notamment de dispositifs de rémunération sans base juridique et d’indemnités sans fondement légal« .

blank

Ces deux ministres ne savent pas ramener
les salaires et primes illégales de centaines de leurs adjoints
en-dessous de 10 000 € par mois !

Autrement dit des vols, ou, pour être moins dur, de la corruption passive. Bercy compte à lui seul 193 des 219 fonctionnaires les mieux payés de France, avec des salaires nets de 15 000 à 20 000 € par mois, nettement plus que les ministres à 10 000 € bruts, et même le président et le 1er ministre à 15 000 €. Et on ne sait rien, bien entendu, de la part non imposable de leur rémunération globale et des avantages en nature !

Mêmes pratiques de primes illégales au gouvernement

Mais ils ne sont pas les seuls. Au gouvernement, où les énarques sont excessivement nombreux dans les cabinets ministériels, René Dosières, le « Monsieur propre » des dépenses publiques a découvert que les salaires des Conseillers du gouvernement Philippe avaient augmenté de plus de 20 % par rapport à ceux du gouvernement Valls en 2016. Et aussi que les jeunes hauts fonctionnaires, énarques ou pas (2), envoyés au charbon dans les Cabinets Ministériels peuvent y profiter des Indemnités de Sujétions Particulières (ISP) réservées aux fonctionnaires, qui leur permettent parfois de doubler leur rémunération.

Pour les fonctionnaires de Bercy elles ont augmenté de 39 % par rapport à 2016, un record, et se montent à 5 484 euros par mois en moyenne, un autre record. S’ajoutant à leur salaire de base, cela leur donne un traitement brut moyen de 12 000 euros par mois, bien plus que celui de leur ministre !

Dans l’énarchie tout est permis !

On a vraiment le sentiment que ces gens vivent dans un autre monde où tout est permis, même le pire, habités qu’ils sont d’un sentiment d’invulnérabilité, quoi que puisse en dire la Cour des Comptes depuis une vingtaine d’années.

Avec les énarques au pouvoir, Bercy est devenu un monstre administratif aussi nuisible qu’inutile, qui s’arroge illégalement des droits invraisemblables aux frais des contribuables !

145 000 fonctionnaires à Bercy quand il y ne sont que 400 aux Ministères des Finances de la Suisse ou de la Suède (plus quelques milliers d’employés mais qui ne sont pas fonctionnaires).
Et ces pays sont mieux gérés que le nôtre.

Leur « progressisme » est nuisible à la France

Il existe un dernier point qui rend les énarques nuisibles : leur conception du progressisme. Le premier à démontrer qu’ils en ont une conception frelatée fut Chirac en faisant inscrire dans la Constitution le principe de précaution !
Il a eu pour effet de mettre à l’écart des préoccupations gouvernementales le progrès scientifique considéré comme a priori dangereux dans leur mentalité moutonnière et conformiste. Par contre, ils plébiscitent le progressisme sociétal tel que le pense Macron. Un progressisme qui s’obstine à méconnaître les besoins fondamentaux de l’âme et de la nature humaine, ceux mêmes qu’expriment maladroitement les Gilets jaunes : l’enracinement dans une histoire locale et nationale, la sécurité physique et sociale, un revenu suffisant pour faire vivre décemment une famille, la liberté de penser et de parler, être associé à la prise des décisions qui concernent soi et sa communauté.

Dans son discours de 1978 à Harvard, Soljenitsyne avait dit que cette conception du progressisme n’était qu’une idée dégradée et dégradante de l’homme qui aboutirait à un homme mutilé et désarmé face à l’Etat tout puissant, comme le furent les soviétiques. Elle ne peut, insistait Soljenitsyne, qu’aboutir « à une triple catastrophe : anthropologique, civilisationnelle et environnementale« .

L’Imprécateur

16 janvier 2019

1 : Sources Cour des Comptes, Rapport Spécial sur les Rémunérations dans la Fonction Publique

Bernard Zimmern, IFRAP, Changer Bercy pour changer la France (Tatamis, 2014)
Jean Arthuis, Le Cinquième Pouvoir (Albin Michel 1998)
Olivier Babeau, L’Horreur Politique
Thomas Bronnec et Laurent Fargues, Bercy au cœur du Pouvoir (Denoël, 2011)

2 : C’est normal en milieu mafieux, afin qu’ils respectent eux aussi l’omerta.


blank

blank


0 0 votes
Évaluation de l'article
7 Commentaires
plus récent
plus ancien Le plus populaire
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires
Dorylée
Dorylée
19 janvier 2019 21 h 33 min

Quand on dit :  » 70 % de leurs primes « n’ont aucune base légale et ce pourcentage atteint 100 % dans le Service des Impôts (hors Cadastre), et une grande partie de ces primes ne sont pas déclarées dans les déclarations d’impôts… de dispositifs de rémunération sans base juridique et d’indemnités sans fondement légal« .ça signifie que ces canards VOLENT dans la caisse. Ce ne sont pas des énarques hauts fonctionnaires, ce sont des voleurs. Il me semble que le procureur de la République a  » l’opportunité des poursuites  » c’est à dire qu’il peut engager des poursuites judiciaires… Lire la suite »

Lilou35
Lilou35
19 janvier 2019 10 h 06 min

Pour moi la décadence n’a pas commencée en 70 mais en 69 au départ de De Gaule, tous ces politiquarts qui lui ont succédé ont fait la politique inverse croyant bien faire, le malheur c’est qu’ils étaient tous sans cervelle, donc dans l’erreur. Macron ne va pas nous en sortir, il va finir de nous enfoncer, réagissons avec les gilets jaunes ! Seul tout le peuple doit choisir ses dirigeants (j’allais dire leader, excusez moi) Le seul mérite de Macron est de nous avoir fait prendre conscience que le clivage droite /gauche est remplacé par le clivage public/privé. Les fonctionnaires… Lire la suite »

necas
19 janvier 2019 13 h 12 min
Répondre à  Lilou35

Seule et unique solution pour virer le poète ?
La Grève Générale !!!!!!

Zglb
Zglb
17 janvier 2019 11 h 47 min

Ce régime corrompu est irréformable.

necas
18 janvier 2019 9 h 38 min
Répondre à  Zglb

Et ça continue , encore et encore, et ça continue, d’accord d’accord. …. Jouannau, Toubon ( à 30 000 plaques /mois !!!!!), et on ne vous dit pas Tout ! Dixit , Roumanoff. …. Des Royal , Hollande , Sarko , Raffarin, Lang , Kouchner , Mélenchon, Le Pen , Hamon, etc ……. Que de magnifiques émoluments par mois , que ts ces gens ramassent ! Sans compter un cacochyme comme Giscard , qui palpe , monstre , les Hauts fonctionnaires d’État , sénateurs , députés européens , etc …… Et tous ces gens là qui veulent donner des leçons… Lire la suite »

necas
17 janvier 2019 10 h 28 min

Tout est permis , oui ! La preuve ? L’affaire Benalla , qui , en dépit de ses turpitudes, pour ne pas dire autre chose, n’est toujours pas inquiété par la justice ! Alors que ce type est loin d’être net ! Le Drian et Castapoker qui se mettent à plas ventre devant Macron , pour prendre sur eux mêmes, au niveau de cette affaire Benalla, de peur de perdre leur bonnes gamelles ! Les deux zouaves font la carpette pour Macron. Benalla , lui , qui connait sûrement bcp de secrets sur Macron et la Ziziite , se frise… Lire la suite »

Claude Roland
Claude Roland
21 janvier 2019 8 h 52 min
Répondre à  necas

« Parce que la gamelle est trop bonne »… Et que les Français laissent faire depuis trop longtemps aussi ! Quand on est trop lâche pour changer les choses, on subit, et on se débine quand il faut voter.

blank