GRAND REMPLACEMENT OU GRAND RECHAUFFEMENT ?
(L’Imprécateur)

Le programme d’Emmanuel Macron au G7 tient en une ligne : faire oublier le Grand Remplacement au profit du Grand Réchauffement.
Pour cela il est prêt à mentir, comme rarement un président de la République a osé le faire, en publiant sur son compte tweeter une photo dont l’auteur, Lauren McIntyre, est mort en 2003, donc une photo qui date d’au moins seize ans et en a très probablement trente. En 1989, il y eut beaucoup plus d’incendies qu’aujourd’hui.


« Vingt mille kilomètres carrés brûlaient en moyenne chaque année. On était alors en pleine phase d’ouverture de l’Amazonie et la législation était beaucoup plus souple. Les agriculteurs brûlaient de grandes parcelles pour développer l’élevage et les cultures, les aménageurs ouvraient des routes, des mines et planifiaient des villes« . Rappelle Martine Droulers du CNRS dans L’Obs.

Leur fréquence avait baissé depuis, mais leur reprise en force ne date pas de l’arrivée du président Jair Bolsonaro au pouvoir, ils avaient repris il y a deux ans déjà et l’on pourrait aussi bien accuser Dilma Roussef. Elle a relancé l’industrialisation de l’Amazonie en tant que ministre de Lula pour les mines et l’énergie. Et ces feux n’ont  pas la gravité qu’on leur prête si l’on sait que la plupart sont des feux de nettoyage et d’entretien de parcelles déjà déboisées autrefois.

Les départs de feu en lisière et sur des parcelles déboisées sont très nets

Qui pousse à la déforestation par brûlis ?

La moitié environ  de l’Amazonie est en réserve nationale, l’autre moitié mi-privée sous la juridiction du Code forestier, mi-publique. C’est dans la partie publique que la plupart des feux ont commencé en juillet, selon Greenpeace, et presque tous sont volontaires. C’est la raison pour laquelle Bolsonaro pose la question de savoir qui pousse les paysans à incendier.

Des ONG hostiles comme il le pense ? C’est possible pour des raisons politiques, Bolsonaro ayant diminué leurs subventions en fin d’année 2018 en même temps qu’il diminuait le budget alloué à l’entretien des forêts pour des raisons budgétaires. La crise économique profonde provoquée par la politique socialiste de Lula et Dilma Roussef n’étant pas encore terminée.

Le lobby agro-pastoral très puissant au Brésil ? C’est possible aussi, mais pour des raison économiques, afin de développer les cultures de canne, soja, etc. Elles font la richesse des exploitants et des exportateurs. Greenpeace dit avoir été prévenu d’au moins « une action concertée entre fermiers et agriculteurs pour incendier simultanément le bord d’une route amazonienne« . Une action sur plus de 70 000 départs de feu recensés, c’est peu, mais c’est un signe. Cela pourrait provenir de ce que le défrichement est rendu plus difficile par la pousse plus rapide des plantes du fait de leur plus grande vigueur et hauteur de pousse en raison de l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère, dont profitent aussi les cultures industrielles, et aussi de ce que la saison est moins sèche que d’habitude à cause de quelques pluies malvenues rendant le brûlis peu efficace.

Macron instrumentalise ces feux pour imposer la question de l’environnement au G7

Il faut savoir encore que la quasi totalité de l’entretien des parcelles et des défrichements actuels se  font par la pratique traditionnelle des brûlis. Ils sont nécessaires pour faire face à la formidable extension de la culture du soja pour répondre à la demande végétarienne et végane à la mode en Occident, la plupart des produits de substitution tels que le lait végan, le beurre, les fromages et la viande artificielle végane, étant à base de soja.

À chaque saison sèche il y a des départs de feux. Cette année, ils ont commencé début juillet, selon Jérôme Frignet, directeur des programmes chez Greenpeace. Pourquoi attendre la veille du G7 pour dénoncer Bolsonaro ? Sinon parce que Macron veut instrumentaliser ces feux pour tenter de contraindre les participants au G7 à traiter en priorité la question environnementale alors qu’ils voudraient parler des migrations et de la crise financière et économique en perspective. Et, « en même temps », poursuivre sa conquête de l’électorat vert en montrant que le  grand manitou de l’écologie c’est lui et pas Yanick Jadot, tout en stigmatisant le « populiste » brésilien Bolsonaro et faire pression sur lui avant la ratification par la France du traité Mercosur.

Les réseaux sociaux parlent aussi d’énormes surfaces, mais personne n’est actuellement en mesure de donner un chiffre fiable pour une raison fort simple. La quasi totalité des feux a lieu dans des forêts inaccessibles. La seul façon d’avoir une idée des superficies concernées sera donnée par des reconnaissances aériennes et satellitaires, mais seulement après l’arrêt des feux avec les pluies qui comme tous les ans arriveront bientôt, entraînant l’arrêt des épaisses fumées. Actuellement, elles masquent les sols et les arbres.

Faut-il accuser le président du pays où des incendies ont lieu ?

Les 5,5 millions de km2 de la forêt amazonienne (dont 60 % au Brésil) se répartissent sur 9 pays : le Brésil, la Bolivie, le Pérou, l’Equateur, la Colombie, le Venezuela, le Guyana, le Surinam et la Guyane française. La Bolivie et le Pérou sont également touchés, mais moins parce que seuls les incendies naturels s’y développent. Les pays du nord comme la Guyane ne le seront pas ou très peu parce que leurs forêts sont très humides. Une estimation raisonnable (et personnelle) donne 5 % de la forêt amazonienne touchés à terme au maximum, avec une forte probabilité pour moins de 2 %. Mais seule l’évaluation aérienne, quand elle sera possible, donnera le bon chiffre.

Rappelons que lors des précédents « grands incendies » similaires de 1989, 2012, 2014 et février 2018, moins de 1 % de l’Amazonie a brûlé et que Bolsonaro n’y était pour rien.

Alors pourquoi l’accuser aujourd’hui si on ne l’a pas fait pour Lula hier ?

Et pourquoi ne pas accuser le président Macron des incendies de Provence si c’est le président du pays concerné qui doit endosser la responsabilité des feux de forêts ?

Ce serait ridicule ?
Bien sûr, comme l’est le tweet élyséen et ses deux mensonges : la photo datant probablement de 1989 et « le poumon  de la Terre en feu » alors que le seul vrai gros poumon de la Terre, ce sont les océans. Si quelqu’un veut mettre en accusation le président brésilien, qui porte peut-être une part de responsabilité, qu’il ait le courage de le lui dire face à face et en quoi elle consiste. De toute façon elle serait loin d’être la plus importante. Mais vouloir copier Trump en tweetant…

Le présent article n’a pas été écrit pour la défense du président Bolsonaro. Il sait très bien se défendre tout seul comme le montre le tweet qu’il a publié en réponse à celui de Macron :

« Le ton sensationnaliste avec lequel il (Macron) fait référence à l’Amazonie (jusqu’à faire usage de fausses photos) ne fait rien pour résoudre le problème. (…). La suggestion du président français selon laquelle les affaires amazoniennes soient discutées au G7 sans la participation de la région évoque une mentalité colonialiste dépassée. ».

Il veut montrer comment le président Macron, à partir d’incendies de forêt dont l’histoire de l’Amazonie montre qu’ils sont finalement assez banals, veut imposer aux membres du G7 d’en faire un G7 écologiste parfaitement inutile, alors que l’approche d’une grave crise économique menace et que le rôle du G7 a toujours été économique depuis sa création.

Si le président est en mal de  tweets, signalons-lui qu’il y a actuellement des incendies de forêt énormes en Afrique centrale :

Mais peut-être que se mettre à dos des chefs d’état africains, ce n’est pas son truc ?

L’Imprécateur
25 août 2019

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L M
L M
27 août 2019 21 h 39 min

Hallucinant… Culture du soja brésilien pour alimenter le marché vegan… On croit rêver devant tant d’absurdites… Le soja c’est pour nourrir le bétail qui sera mangé par les européens. Le soja c’est aussi pour fabriquer le bio ethanol pour les voitures européennes…
Bravo pour ce magnifique article absolument « fake »

claude Roland
claude Roland
28 août 2019 10 h 28 min
Répondre à  L M

Le soja cultivé en majorité dans le monde est un soja OGM sacrément modifié (et non pas un hybride) pour résister aux insectes et maladies. Sa valeur nutritionnelle est pour faire de la protéine, c’est tout. Côté nutritif, l’acide phytique de la coque de la fève bloque l’absorption de vitamines et minéraux. De plus, les produits au soja que mangent les vegan ou végétariens sont conditionnés dans des cuves d’aluminium et donc contaminés à l’aluminium. La seul forme de soja comestible sans danger est la sauce de soja.

Zglb
Zglb
28 août 2019 13 h 04 min
Répondre à  claude Roland

Au Brésil, c’est le soja dit « RR » qui est cultivé, RR pour Roundup Résistant, résistant au glyphosate quoi. C’est un OGM. Ceci, le fait que le contrôle des « mauvaises » herbes est dès lors résolu, a entrainé des investissements financiers massifs dans le soja. Le glyphosate est pulvérisé par avion sur les champs de soja, or le glyphosate détruit la vie microbienne des sols et donc les stérilise, or les « mauvaises » herbes sont devenues encore plus méchantes et ont développé à leur tour des résistances au glyphosate. Des herbes monstrueuses sont apparues, des herbes désormais incontrôlables sauf à la main ou… Lire la suite »

Zglb
Zglb
28 août 2019 14 h 06 min
Répondre à  Marc Le Stahler

Selon Stéphanie Seneff du MIT, les maladies modernes y compris l’autisme viennent du fait qu’il y a des résidus de glyphosate dans la nourriture industrielle.

Zglb
Zglb
28 août 2019 15 h 51 min
Répondre à  Zglb

Soja RR = soja « Roundup Ready » et pas roundup résistant, mais ca revient au même.

Pellerm
Pellerm
27 août 2019 21 h 34 min

Le populisme le met en danger en France …il s’attaque donc à tous les chefs d’états ou de gouvernements populistes …pas d’ombre au Prince ! qui en profite pour s’accaparer le pouvoir du seul soutien qui lui reste …les VERTS …Pauvre petit Jadot …il avait cru gagner le gros lot …mais il avait juste oublié que le Prince continuerait à prélever sa dîme ….!!!
Sans compter que le seul vrai fléau du soit-disant réchauffement climatique est dû en premier lieu à la SURPOPULATION mondiale …!

claude Roland
claude Roland
28 août 2019 10 h 31 min
Répondre à  Pellerm

Le changement climatique (vrai terme judicieux) est dû d’abord à l’activité solaire actuelle. Mais le véritable danger pour la planète est en effet la surpopulation. Mais pas de souci, nos ultra-riches et leurs caniches qui nous gouvernent ont pensé à la solution : guerres et épidémies. Le tout est d’amener cela discrètement de façon « naturelle ».

stephane seban
stephane seban
27 août 2019 19 h 09 min

On discute, on discute et on ne fait toujours rien pour l’environnement. Ce qu’il faut faire ? Arrêter immédiatement d’utiliser sa voiture, réduire sa consommation de tout et faire des jardins potagers partout en enlevant le bitume dans les villes. On ne peut pas faire ça tout de suite ? C’est impossible ? Et bien soit…Cest donc suffocquement et guerre civile qui nous attendent.

claude Roland
claude Roland
28 août 2019 10 h 33 min
Répondre à  stephane seban

Bien sûr, on devrait revenir aux chevaux et voitures à cheval (ce qui satisfera les éleveurs équins), supprimer les avions, les hélicos, les trains, les voitures, revenir à la marine à voile, etc. pardi !

Geo
Geo
27 août 2019 12 h 28 min

Monsieur, le soja nourrit les élevages de vaches… Pas le mode de vie vegan ou le végétarisme

Engelhardt
Engelhardt
27 août 2019 12 h 04 min

Viva el comandante Chavez !

Zglb
Zglb
27 août 2019 11 h 59 min

Macron, en attaquant Bolsonaro, a déployé un rideau de fumée afin de dissimuler quelque chose, mais quoi ? Peut-être faudrait-il chercher à savoir ce que fait ces jours-ci Bolsonaro qui gênerait le pantin navrant Macron et ses maitres occultes ? Sans doute faudrait-il remonter à la trace, snif snif snif, la piste du fric pour trouver la clé de compréhension de l’attitude imbécile du président de la république ? quoi qu’il en soit, il est certain que l’Amazonie a toujours brulé, c’est même à cause de ces brulis traditionnels qu’il existe en Amazonie des loupes de terres noires richissimes qu’on… Lire la suite »

Claude Roland
Claude Roland
27 août 2019 11 h 56 min

« Mais peut-être que se mettre à dos des chefs d’état africains, ce n’est pas son truc ? »

Ben, Bolsonaro est de l’autre côté de l’Atlantique… Et les Africains n’ont qu’une méditerranée à traverser pour envoyer leur hordes de migrants dont, notamment, les délinquants de leurs pays… L’Algérie, par exemple, vide bien ses prisons chez nous.

Bref, on constate bien la « légèreté » de M.1er avec ses petites agitations anecdotiques. M.1er n’est pas de l’envergure de Trump ou Poutine, loin de là.

Bakounine
Bakounine
27 août 2019 11 h 37 min

Bandes de gros fachos climatoseptiques, la plupart des données que vous avancés sont fausses. Vous défendez Bolsonaro un des héritiers d’Hitler exactement comme vous. La seule chose que vous attendez c’est que Adolf le Pen soit élu !

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