MACRON JOUE AVEC LE FEU
(Jean Goychman)

Mais quelle mouche a piqué les tenants du mondialisme pour qu’ils fassent ainsi feu de tout bois ?
Est-ce la perspective de voir surgir à la surface de la planète un grand mouvement des peuples (qu’ils appellent le populisme) qui risque de bouleverser leur plan de gouvernance mondiale, alors qu’ils entrevoyaient la victoire finale ?


Car il est vrai que les lignes bougent, et bougent rapidement.
Il y a une quinzaine d’années, la mondialisation « heureuse » s’était imposée comme une sorte de fait irréversible, suivant la pente naturelle du « sens de l’Histoire ».
L’Europe, aux mains d’une oligarchie non élue, avançait à grand pas vers le fédéralisme, accéléré par l’adoption de la monnaie unique, à laquelle personne ne semblait être en mesure de s’opposer. Appartement-témoin du Nouvel Ordre Mondial, consacrant la disparition des « Etat-nations », l’Europe devait être le « monde promis ».  Il ne restait plus qu’à unir de proche en proche, grâce à la généralisation des traités de libre-échange, celle-ci avec le reste du monde et le tour était joué.

Le grain de sable…

Il a grippé la machine fédérale en 2005, avec le rejet cinglant du traité de projet de constitution, qui aurait dû passer « comme une lettre à la poste ».
Sans refaire toute l’histoire, la crise de 2008, les tensions entre les Etats européens, le Traité de la « règle d’or » et les politiques d’austérité qu’il a entraîné, suivi par le Brexit, ont agi comme un révélateur de la réalité européenne.

Même si le principe du libre-échange n’était pas encore sur la sellette, les questions commençaient à poindre. Le coup de grâce est venu de l’élection de Donald Trump. Rompant la lignée des présidents  « mondialistes », il s’inscrivit dans la lignée des « América First », et n’hésita pas à remettre en question le dogme du libre-échange.

Trump le climato-sceptique

La rupture fut consommée lorsque les Etats-Unis dénoncèrent les « Accord de Paris » de 2015.

Or, la lutte contre le changement climatique constitue l’essentiel de l’action mondialiste.

Le document écrit par Simon Linett  pour la réunion de Copenhague de 2008 établissait très clairement cette ligne.

Cela explique pourquoi les mondialistes doivent réagir le dos au mur avec toute l’énergie dont ils sont capables. Et pour cela, le temps presse et il doivent établir une ligne de défense médiatique pour maintenir la peur dans l’opinion mondiale. La ligne de fracture est claire : les gentils mondialistes qui veulent sauver la planète des méfaits des méchants populistes qui veulent la détruire.

Tout est bon pour enfoncer le clou…

De ce point de vue, cet été nous a gâté. Les quelques jours de grandes chaleurs du mois de juillet, nécessairement liées au réchauffement climatique, le discours de Greta Thunberg devant les députés, les annonces en cascade des relevés des températures et pour finir, la reprise par Macron de la phrase de Chirac sur la planète qui brûle ont parachevé cette dramatisation médiatique.

La réunion du G7, qui fait aujourd’hui un peu figure de « dinosaure mondialiste », prévue de longue date, va également servir de « caisse de résonance » et d’amplificateur médiatique. Et pour cela, il y a un coupable tout trouvé…

Jair Bolsonaro, l’homme à abattre !

Il a toutes les qualités pour servir de cible : il est populiste (donc d’extrême-droite) et n’a pas respecté (aux dires d’Emmanuel Macron) les engagements de son pays. De plus, cerise sur le gâteau, il ne sera même pas présent à Biarritz, n’étant pas invité.
L’angle d’attaque est simple : la forêt amazonienne est en feu et il en est responsable.
Bien sûr, la ficelle est grosse, mais, suivant le dicton « plus c’est gros et plus ça passe ».

Cette photo, postée par Macron sur Twitter le 22 août, date d’au moins 16 ans ! 

Et tous les médias vont produire à l’envi des tas de photos (y compris anciennes, et qui n’ont rien à voir avec les incendies actuels – voir ci-dessus) montrant ce prélude à l’Apocalypse que serait devenue cette région du globe.

Certes, le lien avec le réchauffement climatique (uniquement d’origine humains selon le GIEC) n’est pas clairement établi, mais il est tellement suscité qu’on ne peut qu’y penser. La réalité est cependant quelque peu différente. La pratique du « brûlis » remonte à plusieurs millénaires, donc bien antérieure à tous les accords sur le climat, et est pratiquée par des tribus autochtones comme moyen de subsistance.

Alors Emmanuel Macron tire argument de la frontière commune entre le Brésil et la Guyane pour justifier une intervention auprès de Jair Bolsonaro au titre de la défense des intérêts français.
Pourquoi ne pas l’avoir fait avant ?

Un plan de reboisement en vue

La forêt amazonienne est considérée comme le poumon de la planète. C’est vrai que son survol est interminable et nécessite même des règles spécifiques pour les avions biréacteurs. Mais Emmanuel Macron, en proposant un vaste plan de reboisement de l’Amazonie, semble ignorer que la production d’oxygène des végétaux se fait grâce à la photosynthèse et que celle-ci se fait à partir du dioxyde de carbone (CO2) présent dans la basse atmosphère.
Donc, si on veut plus d’oxygène, il faut davantage de dioxyde de carbone !
C’est peu compatible avec les plans actuels de réduction des émissions de ce gaz…

A moins qu’il ne s’agisse que de justifier d’une augmentation de la taxe carbone…

Jean Goychman
24/08/2019

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BAUDOUIN
BAUDOUIN
5 septembre 2019 16 h 48 min

J’ai énormément apprécié la réponse de Bolsonaro disant que Micron ferait mieux de reboiser la France….. Quelque part il a sérieusement raison.

Claude Roland
Claude Roland
27 août 2019 11 h 20 min

Si vous le permettez, je lancerais une piste sur des observations : Les régimes trop autoritaires ou totalitaires ne durent jamais longtemps. Les régimes totalitaires de droite (les moins nombreux) ont duré moins longtemps que les régimes de gauche (plus nombreux) comme le nazisme ou le socialisme. Pourquoi ? Parce que ces derniers faisaient rêver genre « demain on rase gratis », etc. Hitler a fait rêver les Allemands. Staline a fait rêver les Russes. Les nazis ont commis des exactions sur les peuples de façon ouverte ; les communistes ont fait pire plus longtemps mais de façon plus discrète.… Lire la suite »

Claude Roland
Claude Roland
27 août 2019 9 h 19 min

Il semble en effet que la mondialisation commence à souffrir d’une sorte de prise de conscience de nombreux peuples à propos de son escroquerie et son néo-totalitarisme caché. Les puissants et les ultra-riches, qui pensaient s’approprier à eux seuls le monde en régnant sur les gueux esclaves (ramenés à 500 millions sur toute la planète), commencent à s’inquiéter car ils vivent sur la même planète et la pollution ou les troubles climatiques les touchent également… A quoi cela sert-il de régner sur 500 millions de gueux si la planète est ravagée ? Donc pour placer leur mondialisation dans les esprits,… Lire la suite »

Pellerm
Pellerm
27 août 2019 21 h 53 min
Répondre à  Claude Roland

L’immigration forcée et forcenée dans toute l’Europe est voulue et alimentée par les oligarques …En déracinant et en déculturant les peuples , ils en feront des esclaves décervelés ..des « gueux » prêts à faire n’importe quoi contre un bout de pain ..Encore une trentaine d’années et on y sera …sauf si les peuples sortent enfin de leur torpeur …et ce sera par la guerre civile …Si notre bien -aimé président perd la face ..il la déclenchera lui-même …n’en doutons pas !

claude Roland
claude Roland
28 août 2019 10 h 23 min
Répondre à  Pellerm

C’est pour ça que je pense que nous repasseront par une phase type « moyen-âge » où ce sera le même boxon ou chaos avec la même cartographie de la France au 12ème et 13ème siècle. Une jungle parsemée de territoires acquis par les islamistes, les gitans, les roms, les mafias, etc. avec des secteurs contrôlés par l’Etat au milieu.

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