« LE DISCOURS DU SIÈCLE ? » NON, JE RIGOLE ! (par Maurice D.)

En écrivant hier ce que m’avait rapporté un ami, que le discours de Hollande au Panthéon « sonnait creux« , je n’avais pas entendu la chronique d’Eric Zemmour sur RTL. Un commentaire de Christian Balboa sur La gauche m’a tuer m’apprenait que, suite à l’aimable recommandation du service de communication de l’Elysée, toute la presse et les télés aux ordres, et notamment TF1, avaient fait une pub d’enfer pour annoncer « THE discours, le plus important du quinquennat« , bien que prononcé devant deux cercueils vides, le troisième étant celui d’un traitre à la France et à son drapeau dont il est utile de citer à nouveau les vers pour montrer l’ignominie du personnage :

« Laisse-moi, ignoble symbole, pleurer tout seul, pleurer à grand coup
Les quinze cent mille jeunes hommes qui sont morts.
Et n’oublie pas, malgré tes généraux, ton fer doré et tes victoires,
Que tu es pour moi de la race vile des torche-culs ».

Comment les militaires commis d’office à la cérémonie ont-ils pu saluer la dépouille de ce type sans tourner le dos me surprend, mais peut-être ne connaissent-ils pas le parcours de Jean Zay, le Vincent Peillon des années 30, dont le seul mérite est d’avoir été un ministre de l’Education nationale socialiste, parce que, pour ce qui est de sa participation à la résistance…

On comprend mieux que les familles de Gaulle et Tillion aient refusé le transfert au Panthéon des corps de leurs héroïnes en compagnie de ce Jean Zay.

Le discours de Hollande contenant tous les poncifs et les lieux communs du politiquement correct en vigueur depuis 2012, les communicants du président n’ont pas du se masturber trop longtemps pour l’écrire !
Rien à voir avec celui de Malraux en hommage à Jean Moulin.

Mais il se trouvera bien quelques 10 ou 15 % de fidèles socialistes résiduels pour trouver le discours de Hollande excellent.

Qu’en dit Zemmour ?

« Hollande n’a fait que montrer sa petitesse.
Et oui, on y pensait depuis le début, on ne pouvait pas ne pas y penser et tout le monde y avait pensé, journalistes, politiques, spectateurs et d’abord François Hollande lui-même !
C’était fait pour : « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège », et on entendait la voix chevrotante de Malraux, à la fois émouvante et ridicule, la figure hiératique du Général de Gaulle en grand manteau de soldat, le souffle lyrique des mots qui s’enfuient dans le vent glacial, l’Histoire qui vous étreint, l’Histoire qui vous prend aux tripes, la guerre, l’occupation, la résistance, la torture, la mort, sans avoir parlé, ou ce qui est pire après avoir parlé. Hollande ne pouvait pas se manquer ! L’Histoire, c’est son truc, nous murmurent depuis des jours ses communicants …
Alors on a vu et on a entendu … Les mots, les grands mots étaient tous de cérémonie, aussi bien alignés que les cercueils drapés de tricolore. Liberté, fraternité, courage, patrie, république, toutes les familles politiques honorées, même les royalistes qui vomissaient la gueuse. Il faut dire que ces réprouvés-là furent souvent les premiers à s’engager. Oui, tous les mots étaient là.

Il ne manquait rien … sauf l’essentiel : le style, le talent, l’âme …

Le texte était à la fois solennel et ennuyeux, empesé et soporifique. L’auteur butait sur certains mots. Il était comme absent, flottant dans un costume trop grand pour lui.
On avait affaire à une petit biographe besogneux, un tâcheron sans souffle ni force.
Son discours sonnait comme un match de foot sans buts, comme un concert des Rolling Stones sans Mick Jagger ! Comme un grand vide … Pire que l’ennui, le chagrin prenait place ici avec ce long cortège de jeunes, de femmes, de déshérités. On passait insensiblement de l’hommage au clin d’oeil et du clin d’oeil au pastiche quand l’un évoquait Carnot et Victor Hugo, l’autre pensait à ses électeurs. Quand l’un écrivait pour la légende des siècles, l’autre rédigeait ses futurs slogans électoraux : “la solidarité n’est pas l’assistance“ ou “quand il y a des ratés d’intégration, ce n’est pas la faute de la République mais faute de République“. On passait de Victor Hugo à Séguéla ! De Chateaubriand à Marc Lévy ! Comme boire un vin de table après un Gevrey-Chambertin !

Hollande ne semblait pas habiter son texte, ne semblait pas vivre cette grandiose Histoire. Il avait choisi la résistance pour se hisser à la hauteur des derniers géants, pour nous refaire le coup du 11 janvier. Ses prédécesseurs avaient été plus prudents ou plus malins. Chirac avait pris Alexandre Dumas, Mitterrand, Jean Monnet, le métissage pour l’un, l’Europe pour l’autre. C’était politiquement correct en diable. On n’en attendait rien et on fut servi.

Hollande, lui, a voulu s’égayer dans la cour des Grands. Il n’a fait que monter sa petitesse. Alors, pour se consoler, on se repassera en boucle « Entre ici, Jean Moulin et ton terrible cortège », pour oublier la médiocrité des temps, pour noyer son chagrin … »
Eric Zemmour pour RTL.

Maurice D.

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