EMMANUEL MACRON ou LA CONFIANCE PERDUE
(Jean Goychman)

Le peuple ne fait plus confiance à Emmanuel Macron. Cela n’est pas venu brutalement mais le doute s’est instillé, petite phrase après petite phrase, jour après jour, photo après photo.
Au début de son mandat, il intriguait les gens, y compris nombre de ceux qui avaient voté pour lui.
A vrai dire, peu le connaissaient vraiment. Les communicants avaient réussi à lui fabriquer une image qui faisait de lui une sorte de « gendre idéal ».
Et puis…


LE DEGAGISME IMPOSE COMME SOLUTION MIRACLE

Cela aurait pu commencer comme la chanson d’Edth Piaf : « Il était jeune, il était beau, il sentait bon le sable chaud.. » Reproduite à l’envi durant des mois en page de couverture de nombreux magazines, sa tête nous était devenue familière. N’ayant pas de passé, du moins en politique, il ne pouvait qu’être promis à un brillant avenir.

Jusqu’alors, la présidentielle était plutôt une affaire de vétérans blanchis sous le harnais d’un parcours souvent commencé très tôt. Il fallait faire, depuis près de 40 ans, plusieurs « tours de chauffe » avant de pouvoir espérer être élu. Mitterrand en était au troisième, Chirac également, au moment de leur élection respective. Les élections primaires, qui redonnent le pouvoir aux partis – de Gaulle n’aurait pas apprécié – permettent de concentrer les suffrages pour le second tour mais dénaturent l’élection. Ne pas en être issu a pu donner un avantage à Emmanuel Macron car il apparaissait libre et indépendant.

On sentait que soufflait dans le pays comme un vent de « dégagisme » et, même si la perspective de l’élection de ce dernier ne semblait guère enthousiasmer les foules, une acceptation raisonnée était de mise. Après tout, après le désastre de François Hollande, ce ne pouvait qu’être mieux.

Fillon ayant été rapidement mis hors course et Marine Le Pen, bien qu’ayant fait une campagne tout à fait honorable, avait contre elle l’ensemble de la classe financiaro-politico-médiatique.
Le chemin, parfaitement balisé, ne pouvait que conduire à la victoire.

UNE PREMIERE ANNEE EN DEMI-TEINTE

La seconde moitié de 2017 et le premier semestre 2018 se déroulèrent dans un calme relatif. D’aucuns y voyaient déjà le calme précédent la tempête, tempête qu’il disait lui-même préférer au calme des années Hollande.

Ce souhait allait être exaucé début de l’été 2018, avec ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Benalla ». Les gens découvrirent alors ce qui aurait dû rester caché sous les lambris et le point d’orgue fut le tonitruant « qu’ils viennent me chercher ! », sur un ton de matamore qui raidit quelque peu une opinion publique déjà dubitative. Phrase imprudente s’il en fût, qui donna peut-être à certains quelques idées un peu plus tard.

A peine terminé l’été 2018, la grogne commença à monter. Ce n’est cependant qu’en novembre que les choses commencèrent vraiment, avec le mouvement spontané des « gilets jaunes » qui prit l’exécutif de court.

HESITATIONS DANS LA TEMPETE

Contrairement à ses propos, notre capitaine de gros temps marqua des hésitations qui ne furent pas de bon augure. Après avoir préféré ignorer le phénomène, il se trouva confronté à la réalité lorsque les manifestants vinrent à portée de voix de l’Elysée. Afin d’assurer sa sécurité, un hélicoptère était sur place, prêt à l’exfiltrer.

Peu après, afin de calmer le jeu, le discours changea complètement et on comprit que les gilets jaunes avaient été entendus. Plus de taxe écolo sur le carburant, augmentation du pouvoir d’achat, bref, Noël avant l’heure.

blankMais les choses ne se calmèrent pas pour autant. Alors on inventa une arme pacificatrice, le « Grand Débat ». Intéressés au départ par cette idée qui aurait pu passer pour une réelle ouverture de dialogue, les gens se rendirent vite compte que le capitaine les menait « en bateau ». On eut le sentiment que l’important, c’était un peu comme au rodéo, il fallait gagner du temps et rester en selle. On passa ensuite les élections européennes, mais le petit canard des gilets jaunes était toujours vivant. Les mouvements de protestation se raréfiaient, mais ne cessaient pas.

LA REFORME DES RETRAITES A FAIT LONG FEU

Dès la rentrée 2019, pensant avoir gagné sur les syndicats de la SNCF une sorte de victoire en rase-campagne avec la disparition programmée du statut des cheminots, le gouvernement s’attaqua à la réforme de la retraite. Ce qui devait être une promenade de santé au départ fut conduit d’une façon telle qu’on déboucha sur une sorte d’usine à gaz dont le fonctionnement était totalement incompréhensible par l’immense majorité des concitoyens. C’est certes le cas de beaucoup de réformes.

Mais c’est là qu’intervient le problème de la confiance. Je pense que la plupart des gens n’avaient pas lu la constitution de la Vème République. Elle a pourtant été adoptée par référendum avec une large majorité. Pourquoi ? Parce que c’était de Gaulle. Et les gens avaient confiance en de Gaulle et qu’il avait fait ce qu’il fallait pour ça.

Alors on a essayé de nous faire croire qu’en élisant Emmanuel Macron, le peuple avait de facto approuvé cette réforme, puisqu’elle avait été mentionnée dans les discours de campagne. C’est le pire des arguments qui puisse être utilisé dans ce genre de circonstances. Et personne n’est dupe. C’est le genre de truc qui vous fédère un peuple entier, même les plus indifférents. C’est admettre que la souveraineté populaire ne doit pas s’exercer hors de l’élection. On rejoint là les dénis de démocratie qui, hélas, deviennent monnaie courante.

On sait que nos élites (souvent autoproclamées à défaut d’être reconnues comme telles), n’aiment pas le peuple depuis des décennies et, pire, elles se méfient de lui. Pas question de référendum, le peuple ne comprend rien à la question posée. Et  quand, malgré tout, il n’est pas possible de l’éviter, on se débrouille pour en contourner le résultat. Que l’on ne s’étonne pas de voir le peuple se méfier à son tour de ceux qui prétendent le diriger mais qui n’ont pas le courage de s’adresser à lui.  La durée d’un mandat n’est limitée que dans son maximum, mais il n’y a pas de temps minimum. Elu au suffrage universel, seul le peuple peut y mettre un terme anticipé, même si la révocation n’existe pas dans notre constitution.

MACRON EST AVANT TOUT EURO-MONDIALISTE

blankEt c’est là le principal problème. Les nations sont, pour lui (et tous ceux qui pensent comme lui), des entités révolues appartenant au passé. Les souverainetés nationales doivent être combattues et il s’est employé à le faire, chaque fois qu’il l’a pu, en inventant la souveraineté européenne. Or, la principale composante de la nation est le peuple. Si on accepte d’être élu par lui, il est difficile de s’attaquer au concept même de la nation. C’est pourtant ce qu’il fait en essayant d’aller sans cesse vers plus d’intégration entre les Etats européens et en développant le concept de « globalisation » qui n’est qu’un synonyme de la mondialisation.

Loin de rassembler tous les Français, Emmanuel Macron agrandit chaque jour ce fossé qui sépare le peuple de l’élite dirigeante. Ce phénomène, conséquence typique de cette mondialisation que l’on veut imposer aux peuples « à marche forcée », est en train de se généraliser en Occident et même dans certaines parties du monde. De plus en plus, les peuples y sont réticents. Le récent succès électoral de Boris Johnson s’inscrit dans ce contexte.

UN « DEEP STATE » A LA FRANCAISE ?

Comment peut-on caractériser l’Etat profond lorsqu’il se substitue à l’Etat officiel ?

Il possède l’apparence d’un pouvoir démocratique, mis en place conformément à la Constitution. Mais son fonctionnement est plus subtil.

Il s’agit de faire élire des personnes qui sont pré-désignées par une  oligarchie qui tient à rester la plus secrète possible. Ce groupe dominant met au service du candidat ou des candidats blankfuturs ainsi désignés les moyens nécessaires à leur élection. Ces moyens sont essentiellement financiers et médiatiques. Dans une campagne électorale « normale », chaque candidat dispose, en principe, des mêmes moyens. Par contre, rien n’interdit de commencer à faire la promotion de telle ou telle personne plusieurs mois, voire plusieurs  années à l’avance. Cette personnalité choisie deviendra, en quelque sorte, le ou la candidate naturelle, le moment venu. C’est une opération de « marketing » dont le succès est directement lié à l’importance des moyens mis en œuvre. Evidemment, ces opérations de communication requièrent une certaine « complicité » ou, pour le moins, une certaine coopération avec ceux qui devront les réaliser.

Dans son livre « Crépuscule », Juan Branco écrit :

« Tous les faits, pourtant, ont été enquêtés et vérifiés au détail près. Ils exposent un scandale démocratique majeur : la captation du pouvoir par une petite minorité, qui s’est ensuite assurée d’en redistribuer l’usufruit auprès des siens, en un détournement qui explique l’explosion de violence à laquelle nous avons assisté.

Qui l’explique car le scandale dont il est sujet n’a pas été dit ni révélé, nourrissant à force de compromissions successives une violence qui ne pouvait qu’éclater. En un pays où 90% de la presse est entre les mains de quelques milliardaires, l’exposition de la vérité est affaire complexe, et la capacité à dire et se saisir du réel ne cesse, pour les dirigeants et les « élites » tout autant que pour le « peuple », de se dégrader. » 

Jean Goychman
6 janvier 2020

 

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Pellerm
Pellerm
12 janvier 2020 12 h 12 min

Confiance perdue ??? désamour ?? ou …HAINE …? L’ Histoire est un éternel recommencement .. Il suffit de se pencher sur l’histoire de la Révolution Française pour comprendre que le peuple n’a été qu’un jouet entre les mains des intellectuels bourgeois …Macron aujourd’hui est la triste reproduction du psychopathe Maximilien de Robespierre , père de la TERREUR .. Du reste , c’est assez « amusant » …Regardez le portrait de Robespierre , ôtez lui sa perruque , et vous voyez …Macron ! Même processus de paupérisation , de spoliation , de déchristianisation , d’églises vandalisées …au nom du bonheur futur du peuple… Lire la suite »

Filsde1789
Filsde1789
10 janvier 2020 19 h 59 min

Macron a un grand merite, avec lui le foutage de gueule est tellement evident que meme le plus bête, le plus timoré ou angélique des Francais s’en rend compte, la taxation tellement lourde que les Francais prennent enfin conscience que l’état les rackette, que la gabegie généralisée est insupportable, que le déni de l’islamisation nous mène a la catastrophe, il est tres pédagogue et nous montre que nos élites se servent avant de servir la France et méprisent le peuple. Merci Mr Macron de cette belle démonstration.

Albatros
Albatros
10 janvier 2020 19 h 46 min

Mais bon sang il suffisait de suivre la campagne de Macron pour deviner le petit prétentieux sans expérience, mais avec un égo surdimensionné, qui n’avait d’autre avenir que se mettre au service de ses sponsors !! Qu’avait il fait avant ??: ficeler le dossier « petits pots Nestlé » pour son patron banquier, ensuite brader l’industrie française à ceux qui lui promettaient un futur « soutien »….et pour finir trahir celui qui l’avait fait « Ministre » !! Aucune classe, aucune personnalité, aucun projet pour sortir la France de cette descente aux enfers !! RIEN!!! RIEN!!! creux, hystérique et mégalo ! enfin briller auprès de sa… Lire la suite »

MELVIN VAN arne
MELVIN VAN arne
10 janvier 2020 12 h 29 min

ce type a tue la france il a tout vendu brade alors que le peuple francais etait proprietaire il est devenu sdf plus de rentes annuelles l argent recolte envoye a l etranger notre savoir balaye aux 4 vents il a dionne les secrets industriels notrtre pays imaginez aeroports routes barrage electrique normalement chaque francais aurait dut toucher une compassation pour ces ventes mais rien….il devrait etre en prison pas a l elysee pour trahison mais personne ne voit rien venir et prefere payer …..

jjgg
jjgg
7 janvier 2020 11 h 50 min

La dictature Macron est en train de nous dépouiller. Une nouvelle loi a été voté en catimini pour dissocier le bati du foncier
http://www.lcp.fr/actualites/dissociation-du-foncier-du-bati-la-proposition-de-loi-adoptee-en-1ere-lecture?fbclid=IwAR2tg_0rTKThbZQE-lMsEfoYCVhs-QjckdlnRasjQSxQjpKtUtEOYLAQ8Jk

il va falloir qu’ils arrêtent là. si non ça va mal se terminer pour eux.

Michel
Michel
7 janvier 2020 13 h 43 min
Répondre à  jjgg

Il ne va pas s’arrêter là cet olibrius qui vient de déclarer la guerre à l’Iran.
Complètement cinglé ce type, il est dangereux, il obéit aveuglément à ses maîtres, ça va très mal se terminer pour nous.
Oui il faut arrêter là, ça suffit!

Filsde1789
Filsde1789
6 janvier 2020 16 h 50 min

En économie, on parlait de la main invisible virtuelle qui regulait les marches, en France il semble qu il y ait une main invisible bien réelle qui décide qui sera ou ne sera pas président…. ce n est pas cela la démocratie !

Pellerm
Pellerm
12 janvier 2020 11 h 50 min
Répondre à  Filsde1789

= Union Européenne dirigée par la Franc-maçonnerie …!
Pour reprendre notre souffle et notre indépendance , il faut commencer par sortir de ce carcan ..=
UPR

Michel
Michel
6 janvier 2020 15 h 58 min

Ce n’est pas nouveau, mais puisque vous semblez avoir fait la découverte récente du Deep State, il ne reste plus qu’à se débarrasser de toutes ces ordures qui le compose.
Messieurs les généraux : ACTION!
« La dictature parfaite est une dictature qui a les apparences de la démocratie, une prison sans mur dont les prisonniers ne songent pas à s’évader; un système d’esclavage où grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves ont l’amour de leur servitude. » Huxley.

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