EDITO 734 – MACRON EN GUYANE (Marc Le Stahler)

La visite de Macron en Guyane – et l’effondrement économique en cours pour la France – m’incitent à évoquer ce département d’outre-mer qui illustre à merveille l’incurie et l’imprévoyance de nos dirigeants, et ce depuis de longues années. Avec peut-être une accalmie dans les années 60/70.

A la fin de la guerre, en 1946, l’État décide de transformer en départements les anciennes colonies d’Antilles / Guyane et de la Réunion.

Intention louable, on instaure donc localement le même type de structures administratives que pour les départements de la métropole.

Pour inciter les fonctionnaires issus de la « coloniale » à accepter une mutation dans ces nouveaux départements éloignés (à l’époque, l’essentiel des voyages se faisait encore en bateau), on crée une prime spéciale de 40 % qui s’ajoute au traitement de base.

Mais qui dit « département » dit « équité de traitement » et on comprend vite (syndicats locaux inclus) que ce statut accordé aux « métropolitains » doit nécessairement être étendu à tous les fonctionnaires locaux. Ce qui est fait.

Cette arrivée surprise d’un « pognon de dingue », crée alors rapidement un pouvoir d’achat supplémentaire inattendu, bouleversant tous les équilibres existants : les prix augmentent, l’importation de biens en provenance de la métropole explose et – cerise sur le gâteau – les jeunes n’aspirent plus qu’à devenir… fonctionnaires !

Au fil des ans, l’organisation socio-économique locale est complétement chamboulée. La Martinique finit par importer la quasi-totalité de ce qu’elle consomme et à exporter le peu qu’elle produit. L’activité productive s’effondre : artisanat, industrie, commerce et surtout agriculture ne sont plus attractifs et tout ce qui ne relève pas de la bureaucratie et du tertiaire (surtout public) disparait peu à peu.

Pendant ce temps, les autres pays de la Caraïbe, non soumis à cette politique de gribouille, continuent leurs exploitations agricoles, au détriment des agriculteurs martiniquais et guadeloupéens, qui dépendent de plus en plus de subventions pour vendre les produits locaux devenus non compétitifs (bananes, avocats, ananas, etc)…

Voici donc comment, à partir d’une décision a priori juste et équitable, mais irréfléchie, déstabiliser gravement et pour longtemps – économiquement et socialement – l’ensemble d’un territoire !

J’ai eu la chance et le plaisir, pendant une dizaine d’années, de travailler aux Antilles. L’entreprise que je dirigeais alors étant impliquée dans la formation et le développement, j’ai eu l’occasion de participer à des séances de travail consacrées à ce problème du développement local.

Lors d’une réunion, présidée par le préfet et un élu de la Martinique, j’émis l’idée saugrenue, non de supprimer violemment ce surplus de traitement de 40 %, mais de le « figer » en valeur absolue, afin qu’il ne soit plus soumis aux augmentations indiciaires régulières. On aurait ainsi pu espérer que le problème serait amorti à moyen terme, au bout de 10, 15 ou 20 ans. On y serait sans doute largement maintenant…

Le préfet d’alors, représentant de l’État, fut le plus virulent opposant à cette idée, tout en en reconnaissant (mollement) la pertinence économique. Mais face aux conflits syndicaux qui auraient pu survenir, et craignant, pour sa carrière, de ternir son passage à la Martinique, il s’y opposa fermement.

Tout bien considéré, ce manque de courage, de lucidité et d’autorité, privilégiant le court terme au détriment du long terme pour des raisons triviales et égoïstes, est en grande partie la racine du mal qui fait mourir la France.

Et ce n’est pas Macron, qui croyait en 2017 que la Guyane était une ile, et qui aura accru de 800 milliards d’euros la dette publique, qui parviendra à redresser la France. 

Marc Le Stahler

26/3/2024 

3 Commentaires

  1. Faut-iol déjà être assez niais (je reste poli) pour remettre la Légion d’Honneur à un chef de tribu qui n’a pas la moindre idée de ce qu’il reçoit !!!! Vraiment ce président nous aura tout fait ….; Enfin jusqu’à présent, il a surtout détruit la France, notre Patrie, et alors que nous sommes au fond du trou, lui continue de creuser. N’y a-t-il donc aucun moyen de l’arrêter ?

  2. Macron prend la parole devant des indiens de Guyane :
    – Vous pouvez être fiers de me voir me déplacer dans votre île…
    Les Indiens : – Houffa ! Houffa !
    – Je vais faire construire des ponts pour rattacher votre île au continent…
    – Houffa ! Houffa ! Houffa !
    Macron à son conseiller : Ils ont l’air enthousiastes !
    Les Indiens : Houffa ! Houffa !
    Au bout de 40 minutes de baratin, Macron quitte la tribune et traverse le parking pour aller saluer les sauvages qui hurlent Houffa ! Houffa !
    Brusquement, le maire de Cayenne pousse le président sur le côté : Attention M. le président ! Vous allez marcher dans la houffa…

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