TSUNAMI DANS UN BÉNITIER… (Eric de Verdelhan)

« Depuis les débuts de la Troisième République, l’Église catholique et la Maçonnerie sont ouvertement ennemies et, chaque avancée de la laïcité est imputée à « la secte ». Les enquêtes pour entrer dans une loge sont devenues plus sérieuses. On pardonne à un candidat son inculture politique (mais il doit être républicain), mais pas de fréquenter une église. Être maçon, c’est s’afficher comme anticlérical, d’où, pour certains, des ennuis dans leur vie professionnelle ou affective car les épouses restent souvent attachées à la religion… »             

(André Combes, « Regard des F-M sur l’Eglise »).

 

 

Avant de parler de la « Commission Sauvé », qui a provoqué une véritable onde de choc dans les médias, et pour que  mes propos ne soient pas mal interprétés ou déformés, je tiens à dire ceci :

La pédophilie est un crime abject, injustifiable, inexcusable, impardonnable.

Si nos « démo-crassies » molles n’avaient pas aboli la peine de mort, les pédophiles (avérés) finiraient  sur la guillotine. A défaut, ils devraient être emprisonnés à vie et… castrés. Je ne crois pas à la castration chimique puisqu’on sait pertinemment que ceux qui y sont soumis ne suivent pas leur traitement et, bien souvent, récidivent dès qu’ils bénéficient d’une libération anticipée.

Jean Marc Sauvé

Précisons que je n’ai pas lu le fameux rapport Sauvé. Je m’en tiens à ce que résume, souvent avec une jubilation malsaine, une presse très majoritairement de gauche :

« Après 2 ans ½ de travaux, la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (CIASE), installée depuis le 8 février 2019, a rendu public son rapport le 5 octobre 2021. « Un rapport qui, annexes comprises, comprend 2 500 pages », a précisé Jean-Marc Sauvé. Le rapport donne un état des lieux quantitatif du phénomène, notamment du nombre de victimes. »  Un chiffre qualifié de « vertigineux ». Il y aurait eu « entre 2 900 et 3 200 pédocriminels, hommes – prêtres ou religieux – au sein de l’Eglise catholique depuis 1950 » a déclaré Jean-Marc Sauvé, « et il s’agit d’une estimation minimale  fondée sur le recensement et le dépouillement des archives (Eglise, justice, police et presse) et sur des témoignages reçus », a-t-il ajouté.

Au final, le  rapport propose des solutions sur lesquelles je reviendrai dans ma conclusion.

La première question qui me vient à l’esprit est la suivante: Qu’est-ce qui a poussé l’Eglise de France, déjà si mal en point, à se tirer une balle dans le pied en demandant qu’une commission – soi disant indépendante – enquête sur la pédophilie au sein de son clergé ?

A-t-elle fait ça dans un esprit de repentance, puisque c’est devenu, hélas, une habitude ?

Ou bien y a-t-il, derrière tout ça, quelque arrière-pensée machiavélique pour « moderniser » l’institution comme semble le vouloir le pape François ? J’ai bien une vague idée sur la question…   

Si j’étais Vénérable, Maître ou  simple Compagnon du Grand Orient de France, je me taperais sur les cuisses et, avec mes « frères », libres penseurs, bouffeurs de curés et autres saucissonneurs du vendredi-saint, je fêterais dans des agapes gargantuesques la victoire d’un combat contre l’Eglise catholique commencé il y a plus de deux siècles. Combat que « la secte » est en train de gagner.

Sous la Révolution, s’attaquer au Catholicisme  était, pour la Franc-maçonnerie, une chose relativement facile. Il suffisait d’agiter le chiffon rouge pour qu’une partie du bas peuple, pauvre et affamé, veuille se venger de la richesse, de la puissance et de l’arrogance du clergé.

Il aura suffi, ensuite, d’assortir cette haine de l’Autel de décisions aussi ridicules qu’inutiles, décisions qui d’ailleurs ne survivront pas à la Révolution : imposer un calendrier républicain, pour supprimer les fêtes chrétiennes, était parfaitement stupide. Transformer la Cathédrale Notre Dame de Paris en « Temple de la Raison » était, en revanche, un sacrilège… encouragé par les Loges.

Mais, depuis la prise de la Bastille, toutes les surenchères étaient permises: le conventionnel Rühl brise la Sainte Ampoule dans la cathédrale de Reims. On change le nom des villes si ce nom fait référence à un saint : Saint-Malo, par exemple, devient Port-Malo, Saint-Denis devient Franciade…

Et on va beaucoup plus loin dans l’abject. Ruault écrit : « On a creusé à Saint Denis, une grande fosse dans laquelle on a jeté pêle-mêle tous les ossements des rois, des princes et des princesses… ». Cet épisode peu connu de la furie révolutionnaire mérite qu’on s’y attarde, même s’il est parfaitement répugnant. Personnellement, je l’ai découvert  il y a quelques années déjà, en lisant le roman « Sire » de Jean Raspail (1):

« Le 6 août 1793, l’église (de Saint Denis) grouilla soudain de soldats à bonnets rouges, d’ouvriers armés de pics, de masses, de marteaux, de leviers. La foule les encourageait… Firent leur entrée ces spoliateurs de tombeaux, ces hommes abominables qui eurent l’idée de violer l’asile des morts et de disperser leurs cendres… Au milieu d’une foule surexcitée (…) on commença à creuser deux fosses carrées. La première était destinée à recevoir les ossements des Bourbons, la seconde ceux des Valois et des Capétiens directs… Puis l’on enfonça au bélier les portes des caveaux… » 

Raspail raconte que la profanation des tombeaux de nos Rois ne s’avéra pas florissante : 

« Nos princes s’étaient le plus souvent couchés dans leur tombeau en chemise, sans bijoux ni attributs royaux, en signe d’humilité chrétienne. Le total de la collecte donna onze couronnes de vermeil ou de cuivre doré, onze sceptres de même métal, quatre mains de justice en argent, trois anneaux dont un seul en or … ».

La fosse commune  des Bourbons  a été fermée le 16 octobre 1793, celle des Valois le fut le 25 octobre. Ainsi fut consommée la seconde mort de nos Rois.

Il restait aux valeureux fils du peuple à rendre compte à la Convention. Ils y allèrent en délégation. En tête marchait, titubant, Pollart, maire de Franciade (nouveau nom de Saint-Denis), curé défroqué. Le suivaient, assis sur des ânes auxquels on avait enfilé, sous les rires, des chasubles et des étoles, des employés municipaux aussi éméchés que leur maire. Parvenu à la Convention, le maire Pollart hoqueta un discours d’ivrogne: « Citoyens… nous vous apportons toutes les reliques puantes et les pourritures dorées qui existaient à Franciade. Nous vous prions de nous en débarrasser sans délai, pour que le faste catholique n’offense plus nos yeux républicains… ».

Hormis ce qui disparut dans quelques poches, tout fut fondu. N’en réchappa que le sceptre de Charles V qui tapa dans l’œil d’un conventionnel au fanatisme tempéré par le goût.

Mais, puisqu’on avait pris l’habitude de « bouffer du curé » et de tuer « la superstition », il eut été dommage de s’arrêter en si bon chemin ! On avait commencé, le 4 novembre 1789, par la confiscation des biens du clergé, puis la Terreur avait détruit les temples et tué bon nombre de curés « non-jureurs ». L’œuvre de déchristianisation de la France était en marche, elle n’allait plus s’arrêter.

C’est d’abord Émile Combes, franc-maçon qui doit ses brillantes études aux institutions catholiques et qui, par la loi du 7 juillet 1904, interdit aux congrégations d’enseigner. Il fait fermer, en quelques jours, 2 500 écoles religieuses.

C’est le général André, qui, le 4 novembre 1904, est giflé à la Chambre par le député Syveton; point d’orgue de l’ « affaire des fiches », dans cette « république des francs-maçons » (on évaluait à 30 000 le nombre des francs-maçons dans les instances politiques, parmi lesquels 250 députés et 200 sénateurs). Le général André, pour favoriser l’avancement des officiers républicains ET anticléricaux, faisait ficher les officiers catholiques. Le scandale sera énorme. Beaucoup d’officiers indûment promus (dont presque la moitié des 425 généraux ! ) seront alors limogés.

Le général André dut démissionner et, après lui, le gouvernement Combes.

C’est la loi de séparation de l’Église et de l’État, d’Aristide Briand, le 9 décembre 1905 et le scandale des inventaires qui se dérouleront dans un climat de guerre civile.
L’apaisement ne viendra qu’après la saignée de la Grande Guerre, avec l’ « Union Sacrée ».

C’est la scandaleuse condamnation de l’Action Française par Pie XI, le 25 décembre 1926 ou, plus exactement, l’interdiction faite, en 1927, aux adhérents de l’A.F, de recevoir les sacrements de l’Église. Ce drame va déchirer des familles et troubler les consciences mais il était parfaitement orchestré puisque, en dissociant le Trône de l’Autel, il interdisait toute possibilité d’un retour de la Monarchie en France. Cette condamnation sera levée par S.S.Pie XII en 1939, mais le mal était fait : la blessure était profonde, elle ne cicatrisera jamais totalement.

C’est le Concile Vatican II, commencé sous Jean XXIII en 1962 et clôturé sous Paul VI en 1965, qui va prôner l’œcuménisme, abandonner le rite tridentin et le latin – langue universelle de l’Église – provoquant une forte crise des vocations et une désertification des séminaires, et… des églises.

Ce sont les abus, les excès, les abandons liturgiques d’après Vatican II, qui vont amener la rupture entre les « traditionalistes », sous l’égide de Monseigneur Marcel Lefebvre, et le courant progressiste de l’Église. Monseigneur Marcel Lefebvre, fondateur de la Fraternité Saint Pie X, sera d’abord « suspens a divinis » en juillet 1976, avant d’être excommunié le 30 juin 1988.

Cette excommunication a été levée (le 21 janvier 2009) par S.S. Benoît XVI ; qu’il en soit remercié ! Je ne peux que conseiller la lecture de sa « Lettre ouverte aux Catholiques perplexes » (2) qui est un modèle de lucidité, de clairvoyance et de foi chrétienne.  

C’est encore le retour en force  de l’Islam, qui, dans notre ancien Empire colonial, reprend le terrain jadis conquis par le Catholicisme. Comme « un clou chasse l’autre », le recul du Catholicisme se traduit aussi par une montée des sectes, en métropole mais aussi dans nos ex colonies (cf : les Evangélistes américains en Afrique) et la métropole devient elle aussi, peu à peu, terre d’Islam.

Et puis, la morale n’étant plus chrétienne, les idéaux maçonniques débattus en Loges arrivent à l’Assemblée Nationale : ainsi de la « Loi Veil », en 1975, autorisant l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). On légalise le droit de tuer l’« infans conceptus », cet « enfant à naître » qui a des droits depuis la plus haute antiquité. En 1981, la France abolit la peine de mort sur pression de Robert Badinter, le garde des sceaux de l’époque, et nous arrivons à cette aberration: en France, on n’a plus le droit de tuer que… des innocents (3).

Dans un article déjà ancien, j’écrivais : « A force de tout accepter, tout expliquer, tout admettre, tout excuser (sauf d’être franco-français, hétérosexuel  et catholique), on récolte ce que l’on a semé : accepter l’avortement hier, c’est accepter le mariage « Gay », l’homoparentalité aujourd’hui, l’euthanasie demain, la pédophilie après-demain et pourquoi pas l’inceste et la zoophilie ? ».

Par démagogie ou clientélisme électoral, nos dirigeants – dont beaucoup sont francs-maçons –  acceptent  tout, au nom de la sacro-sainte liberté. Une liberté qui n’implique plus aucun devoir, seulement des droits individuels. «  La liberté du fou s’appelle folie, celle du sot, sottise, celle du bandit, banditisme, celle du traître, trahison, et ainsi de suite… » disait Charles Maurras.

Je ne suis ni donneur de leçons, ni calotin, ni « cul-béni », mais, qu’on le veuille ou non, notre civilisation s’est construite sur le décalogue. Les Dix Commandements de l’Eglise sont à l’origine de nos lois et de cet « Ordre social chrétien » cher à La Tour du Pin (4).

Les coups de boutoirs contre l’Eglise sont une stratégie voulue, entretenue par les Loges qui profitent de la passivité, de la veulerie, voire de la complicité d’un clergé progressiste.

En 2019, toute la presse faisait des gorges chaudes lors de la parution du livre  « Sodoma ». Ce livre, écrit par l’inverti Frédéric Martel, nous apprenait que la curie romaine était composée à 80% de pédérastes. Le nouveau dogme de l’Eglise devenait : « aimez-vous les uns dans les autres ».   

Sur un plateau-télé, le curé-loubard Guy Gilbert venait nous dire qu’il refusait le port de la soutane pour ne pas « être déguisé en drag-queen ». Tout ceci est assez pitoyable !!!

Un récent sondage nous apprend que 51% des Français se déclarent totalement athées et que 3% des Catholiques pratiquent encore leur religion. L’Islam est donc devenu, incontestablement, la première religion de France (et de loin la plus pratiquée !).

Mais le cadavre du Catholicisme bouge encore, il fallait donc que ses ennemis réinterprètent la parole divine : « Laissez venir à moi les petits enfants » (Mathieu 19.14) et découvrent, telles des vierges outragées, qu’il y a des pédophiles dans l’Eglise, car, c’est bien connu, Il n’y a pas d’imams, de rabbins, de pasteurs, d’éducateurs, d’acteurs, d’écrivains ou d’économistes de gauche (suivez mon regard !) pédophiles.

Au lendemain de mai 68, j’avais pourtant cru comprendre que la pédophilie était presque admise, voire encouragée, par cette gauche dépravée qui prônait la libération des mœurs et le vagabondage sexuel. C’est la même qui défendait Gabriel Matzneff ou Olivier Duhamel…

Il n’est pas question de minorer les choses mais je note que, selon le rapport Sauvé, le nombre de pédophiles dans le clergé catholique se situerait entre 2 800 et 3 200, dans un espace-temps d’un demi-siècle (5) durant lequel le nombre de clercs était de 115 000.

Retenons le chiffre de 3200 pédophiles sur 115 000 ecclésiastiques, ce qui revient à dire que l’Eglise catholique a eu 2,8% de pédophiles en son sein. C’est parfaitement dégueulasse mais il est assez vraisemblable qu’on retrouve un tel pourcentage dans toutes les professions, associations, groupements (religieux ou non) qui mettent en contact des enfants et des adultes.      

Ce rapport – d’une commission indépendante – propose, me dit-on, 45 mesures.

Je suis persuadé qu’on va voir ressurgir quelques vieilles lunes comme le mariage des prêtres, l’ordination des femmes et la suppression du secret de la confession.

Notre époque décadente a même tué le bon sens, car je ne vois pas en quoi le fait d’être marié serait une garantie contre la pédophilie (Marc Dutroux et Michel Fourniret – entre autres – étaient mariés), mais ce serait une étape décisive vers une religion fourre-tout, permissive, tolérante et sans contrainte

Il faut lire ou relire « Nous serons tous des Protestants » (6), de Robert Beauvais, publié en 1985. Mais la prémonition de Robert Beauvais se heurtera à la prédiction de Chateaubriand qui disait en son temps : « Chassez le Christianisme et vous aurez l’Islam ».

Nous y sommes, enfin presque ! Et ceux qui ont tout fait pour tuer le Catholicisme, auront été les « idiots utiles » d’une religion forte qui déteste les traîtres,  les infidèles, les mécréants et les kouffars (كفار ). Ils n’auront même pas droit au statut de dhimmi (ذمّي). Tant pis pour eux !

On me dit que certains « frères la gratouille » commencent à s’en inquiéter…

Éric de Verdelhan

10 octobre 2021

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1)- « Sire » de Jean Raspail ; Éditions de Fallois ; 1991.
2)- « Lettre ouverte aux Catholiques perplexes » de Monseigneur Lefebvre ; Albin Michel ; 1985.
3)- Le code de la chasse punit sévèrement celui qui tuera une hase (lièvre femelle) pleine mais tuer le petit homme à naître est parfaitement légal !
4)- « Vers un ordre social chrétien » de La Tour du Pin ; Réédition Trident ; 1987.
5)- On aimerait comprendre pourquoi avoir fait porter les recherches sur 50 ans, alors que la prescription des crimes pédophiles est passée de 10 à 20 ans en 2004 ?
6)- « Nous serons tous des Protestants », de Robert Beauvais ; Plon ; 1985.

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