OUI, JE SUIS RÉACTIONNAIRE, ET J’EN SUIS FIER ! (Éric de Verdelhan)

« Réactionnaire : qui appartient à la réaction (au sens politique) … »

(Définition du « Petit Larousse illustré »)

Définition de réactionnaire (exemple de la beauté) - Le blog de stoni

 

 

Quand on ne me traite pas de « souchien », de « Gaulois réfractaire » ou de « facho », on me traite de « réactionnaire ». Est-ce une infirmité, une tare plus ou moins congénitale ? Qu’est-ce qu’un réactionnaire ? Ce qualificatif, qui de nos jours est une insulte, ne peut se résumer à la définition très sommaire du « Petit Larousse ». Alors faisons appel à « Wikipédia » qui est devenu, au fil du temps, l’outil indispensable de la sous-culture branchée : l’encyclopédie des gens qui n’ont plus le temps de lire (et encore moins d’apprendre) mais qui vont chercher, en quelques clics sur Internet, le vernis superficiel et monocouche qui leur tient lieu de culture générale. Mai 68 a abaissé le niveau scolaire et a intellectualisé des imbéciles dont 95,5% ont obtenu un Bac au rabais. Ignares ils sont, ignares ils resteront, mais Internet leur fait croire qu’ils sont savants, qu’ils savent tout sur tout. Quand il m’arrive – le moins souvent possible – de subir un dîner « mondain », je suis toujours étonné de voir pérorer des gens qui ont un avis sur tout. Ils se croient omnisciences alors qu’ils devraient méditer le vieux dicton : Abdelkader Baaziz sur LinkedIn : La culture, c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale. -…

On parle beaucoup, de nos jours, d’« intelligence artificielle » mais il y a bien longtemps que l’intelligence est artificielle. Intelligence vient du latin « intelligere » qui veut dire « comprendre » or les gens qui prétendent nous gouverner, les « élites » autoproclamées, ne comprennent absolument RIEN aux aspirations du vulgum pecus qu’ils méprisent. Mais revenons à mon sujet :

En matière de « réaction », que dit « Wikipédia », cette encyclopédie pour les nuls ?

« Une réaction désigne la politique prônant un retour à une situation passée réelle ou fictive, révoquant une série de changements sociaux, moraux, économiques et politiques. Un partisan de la réaction est nommé « réactionnaire ». Le terme s’oppose à révolutionnaire, à progressiste, ces derniers employant de façon raccourcie le mot « réac », pour désigner péjorativement toute personne identifiée comme réactionnaire qui s’oppose aux idéaux qui se veulent progressistes… »

Même si c’est filandreux, mal torché, verbeux, je suis d’accord – une fois n’est pas coutume – avec la définition de « Wikipédia » : le mode de pensée réactionnaire rejette souvent un présent perçu comme « décadent » et prône un retour vers un passé parfois idéalisé. Le terme serait apparu – mettons ça au conditionnel ! – au cours de la Révolution, pour qualifier les gens opposés aux idéaux révolutionnaires, et qui rêvaient à un retour à l’Ancien Régime et à la Monarchie de droit divin.

Les religions – et en particulier le catholicisme – sont souvent qualifiées de réactionnaires par ceux qui se réclament d’un progressisme généralement athée et qui clament leur opposition totale aux philosophes « religieux » (comme Louis de Bonald, Joseph de Maistre ou Chateaubriand). Les « parpaillots », imprégnés de l’esprit des Lumières, lui-même issu de la Franc-maçonnerie, sont plus humanistes, plus universalistes, plus progressistes. Le catholique cherche à œuvrer Franc-maçonnerie : il n'y a pas que Le Drian à en être…pour le bien commun, l’intérêt général, alors que les « frères la gratouille » (1) militent pour l’individualisme, que je m’autorise à qualifier d’égoïsme, d’égocentrisme, ou si vous préférez, de gravitation narcissique autour de son nombril. C’est à cet égo, souvent surdimensionné, que nous devons les exigences, les colères, les caprices, de minorités qui refusent les lois applicables au plus grand nombre et se disent discriminées dès qu’on ose s’opposer à leurs mœurs et à ce qu’elles estiment être leurs droits.

Karl Popper a parlé de « croyance progressiste », qui conduit à identifier la religion catholique comme génératrice de préjugé et donc au final à chercher à abolir la religion. Les loges maçonniques ont joué un rôle prépondérant dans la lutte contre le catholicisme, en France, en 1789, mais on peut en dire autant de l’Espagne, du Portugal…et de presque tous les pays qui avaient fait du catholicisme une religion d’État. Ceux dont les principes régissant la société découlaient du décalogue chrétien.

Le terme « réactionnaire » est donc utilisé pour désigner de manière péjorative une personne s’opposant aux changements de la société, au progressisme, aux idées nouvelles…

Le réactionnaire serait une sorte de ringard, vieux jeu, réfractaire au progrès de la science.

Dans les pays communistes, c’était une insulte adressée aux dissidents (et aux démocraties occidentales). L’insulte, qui ringardise, a été reprise depuis par presque toute la classe politique : la gauche, l’extrême-gauche, les centristes, les libéraux débridés et les européistes forcenés.

Dans « L’opium des intellectuels » (1955), Raymond Aron note que le mot « réaction » peut servir à forger un ennemi imaginaire pour faciliter la cohésion d’un camp progressiste. Il écrit que :

« radicaux et socialistes ne se sont réellement accordés que contre un ennemi insaisissable, la réaction ».

Reconnaissons qu’Emmanuel Macron et ses sbires ont bien retenu la leçon !

Daniel Lindenberg a utilisé le terme dans « Le rappel à l’ordre : enquête sur les nouveaux réactionnaires » (2002), pour qualifier – ou plutôt disqualifier – certains intellectuels qui ne buvaient pas comme du petit lait la doxa socialisante officielle. Au-delà de ce (mauvais) livre, l’expression « réactionnaire » sert à désigner, à critiquer, à diaboliser une frange d’individus – intellectuels, entrepreneurs, décideurs, hommes politiques – qui osent faire l’apologie de l’ordre moral, de la sécurité, du patriotisme et de l’identité nationale. Le plus cocasse c’est que ce qualificatif infamant de « réactionnaire » stigmatise généralement ceux que la gauche considère comme des renégats du fait de leur conversion à des croyances nostalgiques et qui, inquiets de la dégénérescence de notre société, prônent un retour à l’ordre moral, à l’autorité, à la restauration des valeurs, voire au culte du passé, des racines et des identités. Ceux qui osent dire que finalement « c’était mieux avant ».

Maurice Maschino, en Fouquier-Tinville de la bienpensance, désigne à la vindicte populaire : Alain Finkielkraut, Eric Zemmour, Elisabeth Levy, Ivan Rioufol, Pascal Bruckner et quelques autres, ainsi que des auteurs comme Michel Houellabecq, Maurice Dantec ou Laurent Obertone. Il est vrai que beaucoup viennent de la gauche ; ils sont donc impardonnables ! J’y vois, pour ma part, une évolution normale – donc très positive – chez des gens intelligents ; elle traduit un ras-le-bol.

Pierre-André Taguieff, a répliqué dans : « Les contre-réactionnaires. Le progressisme entre illusion et imposture ». Selon lui, les véritables réactionnaires sont ceux qui utilisent le terme pour disqualifier leurs opposants. Il parle, à juste titre de « terrorisme intellectuel » voire d’« inquisition ».

Pour lui,

« le progressisme, c’est la foi dans le progrès sans l’esprit critique ni le sens de la tolérance, avec la conviction de posséder la vérité et d’être installé dans le bien…. Si les réactionnaires n’avaient pas existé, les progressistes les auraient inventés… »

Le philosophe Rémi Brague pose la question qui tue : « Le prétendu « réactionnaire » est-il le seul vrai « progressiste » ? », et il a parfaitement raison, car le réactionnaire n’est pas réfractaire au progrès. C’est un individu – je suis de ceux-là – qui place le bon sens avant tout, se méfie de la nouveauté, des effets de mode, de ce qui est « tendance », sans pour autant tout condamner. Il est partisan d’un ordre moral – base de toute civilisation – et ne se jette pas aveuglément vers les nouvelles idéologies. Il est adepte de l’« empirisme organisateur » tel qu’il a été défini par Charles Maurras : connaître et comprendre notre passé pour mieux envisager l’avenir.

Je pense, sincèrement, être un réactionnaire, un « affreux réac », car je me définis souvent comme « un homme de progrès, pas de changement pour le changement ». Je pense que notre société s’est bâtie, au fil des siècles, sur le décalogue chrétien qui a inspiré le « Code Napoléon » et qui reste, qu’on le veuille ou non, la base de l’Ordre social-chrétien qui a permis à notre société de fonctionner – plutôt bien – durant 1800 ans. En tuant « le Trône et l’Autel » les révolutionnaires de 1789 ont tué aussi cet ordre social qui nous évitait de nous comporter en barbares. Les philosophes des Lumières, qui furent les maîtres à penser des dirigeants de cette époque funeste – tous ou presque instruits en Loges maçonniques – ont réussi à faire disparaître la notion du bien et du mal au profit de la seule raison. Leurs héritiers, socialistes ou assimilés, ont fait évoluer ce concept mortifère : si l’homme, débarrassé de « la superstition », ne fait plus la différence entre le bien et le mal, s’il ne suit que ses instincts et ses désirs, il n’a plus aucun devoir, il n’a plus que des droits.

On voit où nous a mené cette idéologie fumeuse ! Les gens scandalisés par « l’Eurovision de la chanson (dégénérée) » (2) ; ceux à qui la vision – répugnante ! – de la « satanique » représentante de l’Irlande ou de l’accoutrement ridicule de l’Helvète non-binaire, donnent envie de vomir devraient comprendre que la perte de la beauté – physique, mentale et morale – découle de la Révolution.

Le bon goût, le refus de la vulgarité, l’attirance vers la beauté, le sens de l’esthétique, sont foncièrement réactionnaires.  Mais notre époque décadente est attirée par le laid, le crapoteux, le salace, le dégueulasse, le crasseux, ce qui est révélateur de la dégénérescence de notre civilisation.

De nos jours, la laideur sévit partout, dans tous les domaines. Et on cherche à l’imposer à ceux qui tentent encore de résister. Je ne peux m’empêcher de penser au livre de Raymond Loewy, « La laideur se vend mal » (3).La Laideur se vend mal Loewy est considéré comme le père-fondateur du design industriel.  En 1952, il publiait « Never leave well enough alone », édité en français sous le titre « La laideur se vend mal ». À son époque, la laideur faisait fuir le client, mais ça, comme dit la pub, « c’était avant » car, de nos jours, la laideur est omniprésente ; on se complet, on se vautre comme un porc dans la fange, dans le moche, le répugnant et le vulgaire. Le vent de l’histoire a viré à la flatulence, au pet !

Je me faisais cette réflexion, l’autre soir, devant ma télé, en revoyant – pour la troisième ou quatrième fois – le beau film de Jean Becker « Les enfants du marais » qui date de 1999 : une histoire d’amitié, servie par une pléiade de bons acteurs (Jacques Gamblin, Jacques Villeret, André Dussolier, Michel Serrault, Jacques Dufilho, Suzanne Flon…etc…), et tournée dans la France profonde, la France d’avant, aujourd’hui presque disparue. À sa sortie, ce film avait été catalogué par « Télérama » et quelques autres torchons de gauche de « film poujadiste » et de « cinéma pétainiste ».

Non, c’est un film résolument « réactionnaire », un remède contre la laideur de notre époque décadente ; l’antidote au poison de « l’Eurovision de la chanson ». Ça fait du bien !

Éric de Verdelhan

15 mai 2024

1) Nous devons ce surnom amusant à François Mitterrand.

2) Spectacle affligeant que je ne regarde plus depuis…50 ans et la victoire du  Groupe ABBA.

3) « La laideur se vend mal » a été publié en France en 1953 et réédité plusieurs fois depuis.

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1 Commentaire

  1. Complêtement dans l’actualité : Vous avez oublié pour appuyer encore et encore votre
    théorie laideur et bien pensance de gauche ,”le jean troué” un symbole et cela montre à quel point la société dite “moderne” peut vendre de la merde en y mettant le label “tendance ” et cela à des prix non negligeables: Idem pour la politique d’aujourd’hui “tous azimuts ” et bonne à rien avec le principe du sans principe” et du fric facile à court terme qui nous a mené à l’échec tous azimuts niant toutes les règles de base :Nous sommes donc arrivés maintenant au niveau de la colombie: eux ont peut être maintenant compris en infligeant aux trafiquants de drogue des peines signifiant la honte s’ajoutant à des peines physiques.L’eurovision 2024 a été vraiment le symbole de la decadence qui est bien EUROPEENNE et même MONDIALE,alors que le chanteur français dont j’aurais aimé qu’il s’appelle Dupont ou henri a chanté merveilleusement bien sans s’accoutrer comme une gonzesse ou une putain d’amsterdam: Il a fait preuve d’un certain nationalisme puisqu’il n’a pas fait comme les autres imbéciles et dit d’ailleurs bien fort qu’il aime la france : je le crois.C’est un bon et quand les gens ont bon esprit et sans haine ils seront toujours bienvenus avec cependant l’exces de naiveté à laisser au fond de la poche.J’oubliais c’est vrai : le nationalisme
    c’est le mot “interdit” mais brûler les autos les magasins,soutenir le terrorisme et
    entretenir les trafiquants de drogue,en en consommant et se la jouer pierre palmade c’est mieux. Le problême ce n’est pas forcément la politique ,mais la compréhension de l’homme par l’homme qui ne se méfie pas de ses démons prêts à resurgir à la moindre
    faiblesse et les hommes politiques n’en sont pas exempts.(il y a et il y a eu des exemples)
    VIve la france ….. merde c’est interdit