PARDON, MON COLONEL
(Éric de Verdelhan)

Dans un de mes livres, publié en 2014 [1], j’avais osé écrire : Depuis l’époque d’Hélie Denoix de Saint-Marc, les majors de Saint-Cyr ne choisissent plus la Légion Étrangère mais la Gendarmerie où, bien au chaud dans leur bureau, ils peuvent driver leur carrière et envoyer leurs pandores traquer la « délinquance routière ». C’est moins risqué qu’une balle perdue lors d’une OPEX, ou même d’aller (tenter de) rétablir l’ordre républicain dans une banlieue de non-droit…

Oserais-je dire qu’aujourd’hui, en lisant la presse, j’ai un peu honte ?

« Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, 44 ans, major de Saint-Cyr puis de l’École des officiers de la Gendarmerie Nationale, a été tué par balles par un islamiste ».

Cette phrase, reprise en boucle dans les médias, résume assez bien les approximations du monde journalistique chargé, en théorie du moins, de nous informer. En effet Arnaud Beltrame, après un peloton d’EOR [2], a servi comme ORSA [3], entre autres au 35ème RAP [4]. Ensuite il a intégré l’EMIA [5]. Il est bien sorti major de sa promotion et a opté pour la gendarmerie. N’étant pas issu de l’ESM [6], il n’a jamais porté le casoar mais le képi bleu-gris des écoles. Arnaud Beltrame a donc été d’abord un officier parachutiste avant d’intégrer la gendarmerie : il était des nôtres.

Il n’est pas mort par hasard, d’une balle perdue ou de s’être trouvé au mauvais moment au mauvais endroit. Non, il a choisi délibérément, avec courage, avec abnégation, de prendre la place d’un otage. Et il n’est pas mort par balles mais poignardé au cou dit pudiquement le rapport d’autopsie : en clair, il a été égorgé. L’égorgement des infidèles est un rituel islamiste.

Mais la presse n’en parle pas : « surtout ne stigmatisons pas une communauté ! ».

Depuis ce funeste 24 mars, le pays tout entier est stupéfait et abasourdi : il existe donc encore des héros chez nous ! On pensait que le moule était définitivement cassé !

Quelques plumitifs, plus ou moins talentueux, plus ou moins sincères, se sont empressés de faire l’éloge de cet officier supérieur courageux. J’ai lu, ça et là, des envolées lyriques du genre « plus que jamais, resserrons les rangs autour de notre drapeau » : que voilà une bien belle formule qui ne veut strictement rien dire ! Une faune allogène – Français de papiers grâce au Jus Solis – se torche dans notre drapeau (ou le brûle lors de match de foot…).

Lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, veuillez accepter, ici, mes excuses pour avoir porté un jugement sévère et hâtif sur les majors de Saint-Cyr.

Mais j’ose espérer que vous n’étiez pas l’exception qui confirme la règle.

Le Narcisse qui préside aux destinées de la France a aussitôt déclaré que vous êtes mort « au service de la nation ». Il n’a pas osé dire « mort pour la France » et, pour une fois, je partage sa précision sémantique : car vous êtes tombé en héros, victime du devoir et de votre sens de l’honneur militaire, à cause d’une France pétocharde, avachie, laïcarde, gavée aux droits-de-l’homme, au vivre-ensemble, au multiculturalisme, au melting-pot, au pas d’amalgame et autres niaiseries compassionnelles qui permettent à l’islam conquérant de nous imposer sa loi, tantôt violemment, par des actes terroristes, tantôt plus sournoisement par la burqa, le halal et les prières de rues.

Avant de parler de la suite, mon colonel, pardon pour les propos infâmes de l’ordure, ex-candidat de la France Insoumise, qui estime que votre mort venge celle d’un écolo-voyou à Sivens.

Pardon aussi pour les youyous des mouquères, les hourras et les cris de joie qui, dans certaines banlieues, ont accompagné l’annonce de votre décès.

Il y a des moments – de plus en plus souvent hélas – où j’ai honte de mon pays.

Demain et dans les jours qui viennent, on parlera beaucoup de vous, mon colonel : on vous doit bien ça ! Vous aurez droit à un hommage national dans la cour des Invalides. Vos frères d’arme seront là, émus et discrets, dignes aussi car on leur a appris à l’être : la Grande Muette déteste, et elle a raison, les effusions sentimentalo-pleurnichardes.

On vous fera Chevalier de la Légion d’Honneur – vous l’avez amplement mérité – peut-être vous élèvera-t-on au garde supérieur à titre posthume ?

Formé par Brigitte (née Trogneux) au bon français et au théâtre, le jeune Micron fera un discours – bien troussé et théâtral à souhait – et tout le monde, à gauche comme à droite, trouvera ça très bien. Un long prêche qui, accessoirement, lui permettra de redorer de 5 ou 10 points sa cote de popularité en berne [7].

Ensuite, on assistera sans doute à quelques « marches blanches », des dépôts de fleurs, de post-it, de nounours : toutes ces singeries ridicules qui, dans un pays déchristianisé, rappellent le culte vaudou. Un publicitaire inventera des autocollants « je suis Carcassonne » ou « je suis Arnaud ».

Les curaillons progressistes, sur consigne de leurs évêques roses, feront des cérémonies œcuméniques (« ta mère ! », comme on dit en banlieue) avec des imams en répétant à l’envi que le terrorisme n’est pas l’islam, cette belle religion de tolérance, d’amour et de paix.

À Coëtquidan, on donnera votre nom à une promotion d’élèves-officiers. On fera de même à l’école des officiers de gendarmerie. Il est bon, il est salutaire, que l’armée entretienne la flamme et le culte du héros : vous irez rejoindre, dans la mémoire collective, le colonel Driant, le lieutenant Péguy et tant d’autres officiers français morts au combat.

Faut-il rappeler ici que la guerre d’Indochine a tué sept promotions de Saint-Cyriens ?

Un peu partout, une place, une avenue, une rue, un square, une caserne porteront le nom de « Lieutenant-colonel Arnaud Beltrame ». Nous avons à votre égard, un devoir de mémoire.

La Légion Étrangère a coutume de dire qu’elle ne pleure pas ses morts, elle les venge. Le GIGN a fait ce qu’il avait à faire : il a évité un bain de sang, il a éradiqué définitivement une racaille radicalisée [8], et il vous a vengé.

On me dit, mon colonel, que vous étiez converti au catholicisme depuis peu (et sur le point de vous marier religieusement).

Que l’Archange Saint Michel, notre saint patron, vous conduise au paradis des paras.

Et que votre sacrifice déclenche (enfin !) une prise de conscience, pour que la « fille ainée de l’Église » refuse de devenir la catin de l’islam et qu’elle amorce sa « Reconquista ».

 

Éric de Verdelhan
25/03/2018

 

[1] « Le cœur chouan et l’esprit para » (DFS 2014, épuisé).
[2] Élève Officier de Réserve.
[3] Officier de Réserve en Situation d’Active.
[4] 35ème Régiment d’Artillerie Parachutiste, un régiment para cher à mon cœur car c’est celui de feu mon père. Il me remémore mon enfance à Tarbes.
[5] École Militaire Inter-Armes, basée jadis à Strasbourg et maintenant à Coët.
[6] École Spéciale Militaire appelée, dans le langage courant « Saint Cyr ».
[7] On se souvient que « Flamby » Hollande a gagné + 15% après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper-casher.
[8] Fiché « S » depuis 2014, ce délinquant marocain a obtenu la nationalité française quelques mois plus tard. Cherchez l’erreur !

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