FAIRE SAUTER LES VERROUS DE BRUXELLES ET DE L’EURO
(Jean Goychman)

La situation de notre pays devient intenable. D’un côté, il y a une poussée du peuple français qui a vu ses ressources financières diminuer au fil du temps depuis des décennies et de l’autre une nécessité de respecter (sous peine d’amende) les termes du fameux traité européen signé en 2012 et connu sous le nom de « règle d’or »

A l’origine, la loi de 73

Après avoir connu une période d’essor économique important, grâce à laquelle les accords signés à Grenelle en 1968 sous la pression des événements ont permis d’augmenter le SMIG de 30% et de le transformer en SMIC (1) à partir de 1970, la situation économique a commencé à se dégrader. Certains économistes ont mis cela sur le compte du « choc pétrolier » de 1973 où le prix du baril a quadruplé en moins d’un an. En réalité, ce choc pétrolier n’a pu avoir lieu qu’en raison de la décision imposée par la FED de déconnecter le dollar de sa valeur en or.

A partir de cet instant, le dollar pouvait légalement être imprimé sans aucune limite.

La plupart des monnaies de l’époque s’évaluaient par rapport au dollar et le contrôle de notre monnaie était exercé par la Banque de France. La loi du 3 janvier 73, interdisant à cette dernière de continuer à prêter de l’argent sans intérêt à notre pays, a rendu obligatoire les emprunts auprès des banques privées, contre intérêt naturellement (2). J’invite le lecteur à regarder la courbe de notre dette publique depuis cette date : (courbe en rouge)

(Source : Insee, Dette publique notifiée depuis 1978)

Avant cette loi, l’Etat ne payait aucun intérêt. Certes, il y avait un peu d’inflation, mais celle-ci « mangeait » la dette. Ce nouveau mode de financement de l’Etat le rendait soumis aux banques et c’était un préambule indispensable à l’établissement de la future monnaie unique. Cette loi, fortement inspirée par le système bancaire international, avait fait un certains nombre d’émules en Europe et ailleurs. Certains pays, comme le Canada (3), ont su réagir pour se libérer de ce carcan et retrouver leur souveraineté monétaire pour leur plus grand bien.

Derrière l’euro, le fédéralisme européen.

La monnaie unique n’aurait dû voir le jour qu’après la mise en œuvre d’un fédéralisme qui impliquait une modification profonde des nations européennes à laquelle les peuples n’étaient pas prêts – et ne le sont toujours pas – en raison de la perte de souveraineté qui en résulterait. Or, l’élite technocratique européenne (et internationale) était impatiente d’y arriver et a préféré imposer cette monnaie unique, et avec elle la BCE (Banque Centrale Européenne). Ils pensaient ainsi mettre les peuples devant le fait accompli et c’est probablement la raison pour laquelle aucune clause des traités ne permet à un pays de sortir de l’euro, du moins sans quitter l’Union Européenne. Lorsqu’on voit les difficultés qu’ont les Anglais, pourtant hors de l’euro, à quitter l’UE, il y a de quoi réfléchir.

Derrière l’Europe fédérale, la mondialisation…

Pourquoi les mondialistes sont prêts à tout pour empêcher le retour des nations en Europe ?

Avant de répondre, essayons de voir ce qu’est la typologie des peuples européens.

Natacha Polony écrit dans son livre (4), à propos des élites et citant Christian Lash (5) «  l’évolution du système économique vers un capitalisme financier dérégulé à permis aux élites de s’affranchir de tout devoir envers le reste de la société et de nourrir un mépris pour tout ce qui peut évoquer un ancrage, un attachement à un territoire et un peuple »

Elle poursuit en disant « les élites de chaque nation ont davantage d’intérêts communs avec celles des autres nations qu’avec le peuple auxquelles elle sont censées appartenir »

Tout est dit. Le clivage entre les élites et le reste du peuple vient de ce que les intérêts sont antagonistes, alors qu’ils étaient souvent confondus dans les circonstances graves. Les élites avaient besoin des peuples et de leur multitude lorsqu’il s’agissait de défendre la Nation contre les envahisseurs, voire de conquérir de nouveaux territoires.

Aujourd’hui, les élites considèrent les peuples comme un fléau, une charge  qui empêche de « mondialiser en rond »

Nous avons un clivage qui se retrouve dans tous les pays européens. Bâtie au départ sur la paix entre les peuples et le respect absolu de la démocratie, l’Europe est aujourd’hui aux mains des élites financières qui sont entrées en révolte contre les souverainetés populaires. Bien sûr, l’affrontement est feutré et ne se déroule pas sur la place publique. L’objectif est de prendre le pouvoir en respectant en apparence la démocratie mais en faisant élire des gens que ces élites auront préalablement choisis. C’est ainsi que beaucoup de futurs dirigeants européens (ou américains) ont été adoubés par les clubs très fermés que sont le Bilderberg (6) ou la Commission Trilatérale.

Dans leur livre « Macron, un mauvais tournant (7) », les économistes atterrés écrivent : « Ce sont ces élites financières qui ont soutenu Emmanuel Macron, qui ont façonné ce personnage de rénovateur moderne alors même que son programme économique ne recevait pas une large adhésion. Il est possible aujourd’hui de faire une politique « pro 1% » et d’être élu, compte-tenu du pouvoir grandissant de ces 1% »

Accédant au pouvoir par personne interposée, ces élites peuvent orienter la politique dans le sens de leurs intérêts. La mondialisation leur ayant permis de réaliser des bénéfices colossaux, au prix de l’endettement de la multitude qui, elle, ne cesse de s’appauvrir, elles veulent maintenant parachever leur œuvre en passant du mondialisme financier au mondialisme politique. Cela suppose la disparition préalable des nations et des peuples qui les constituent. Voici pourquoi, conscient probablement de la difficulté qui émerge, ils cherchent à nous égarer avec des « éléments de langage » tels que le globalisme ou le multilatéralisme (employés à la place du mondialisme) ou encore la « souveraineté européenne » qui n’a aucun sens. Ayant déjà trompé les peuples d’Europe depuis des décennies, il doivent impérativement continuer.

Le ferment de la révolte des peuples européens

Conscients du recul généralisé de la démocratie, les peuples européens ont, dans un premier temps, manifesté ce sentiment en s’abstenant de plus en plus lors des élections. Cela a commencé par les élections européennes, puis s’est étendu aux scrutins nationaux. Puis, en raison d’événements précis tels que la crise financière de 2008 ou bien celle, migratoire, de 2015, ils ont réalisé qu’il n’y avait pas grand’chose à attendre de la classe politique. En France, cela s’est traduit par une « usure prématurée » des présidents qui devenaient de plus en plus impopulaires depuis une quinzaine d’années. Parallèlement à cela, les partis « non-gouvernementaux » (Front National en tête) voyaient leur audience augmenter. Pourtant visibles, ces signes sont restés ignorés tant par les dirigeants que les médias auxquels ils devaient leur élection.

Ces mouvements se sont observés dans la plupart des pays européens, et même ailleurs dans les pays industrialisés. Ces pays ont en commun d’être des démocraties. Celles-ci sont redistributives par nature, ce qui leur a permis de faire émerger des classes « moyennes » Le capitalisme financier, contrairement au capitalisme industriel, à fait des pays en voie de développement l’atelier du monde, en raison de leurs coûts salariaux extrêmement bas. Les ouvriers de ces démocraties industrielles se sont retrouvés les premiers au chômage et les cadres, décalés dans le temps, ont suivi le même chemin. Pour rester compétitifs, ces pays ont dû baisser leurs coûts salariaux dans les  secteurs concurrentiels. Lorsqu’ils avaient gardé le contrôle de leur monnaie, ils ont pu faire des dévaluations compétitives en baissant le cours de la monnaie. Par contre, ceux qui ont abandonné cet attribut essentiel de la souveraineté, ne pouvant dévaluer, n’ont d’autre possibilité que de diminuer la masse salariale. Cette diminution peut se faire, soit en diminuant les charges, soit en diminuant les salaires, et souvent les deux à la fois.

Une équation sans solution

Or, la diminution des charges se traduit par une baisse des recettes de l’Etat, qui doit la compenser.

Cette compensation peut se faire par une diminution des dépenses publiques, une augmentation des impôts ou une augmentation de la dette. Le problème est qu’une diminution des dépenses publiques se traduit généralement par une baisse du PIB, sauf à considérer que les dépenses évitées ne servaient à rien et n’employaient personne. Une augmentation des taxes provoque, à partir d’un certain niveau, une explosion sociale et une augmentation des dettes, outre les intérêts générés, se traduit en général par une augmentation des taux d’emprunt pour le pays.

Ne pouvant jusqu’à présent sortir de ce dilemme, les gouvernements, malgré les baisses de salaire, n’ont pas réussi à endiguer le chômage. Pire encore, la numérisation et la robotisation ont encore diminué les emplois restants, augmentant encore les gains des actionnaires.

Ajoutez à cela un phénomène migratoire difficilement contrôlable au niveau européen qui a brutalement fait comprendre aux peuples que l’Europe, pourtant censée les protéger, pouvait devenir l’instrument de leur perte en s’attaquant à leur identité.

Tous les ingrédients du mélange détonnant sont donc réunis.

La solution raisonnable est la sortie de l’euro pour relancer la machine France

Il est facile de constater que les pays qui ont conservé leur souveraineté monétaire s’en sortent mieux que les autres. La raison en est très simple : ils ne payent aucun intérêt sur l’argent prêté par leur banque centrale qui émet la monnaie en fonction des besoins économiques du pays. Tous les pays qui ont transféré ce pouvoir à une banque centrale indépendante croulent littéralement sous le poids de leur dette publique (8). C’est d’ailleurs notre dette publique (2300 milliards d’euros soit 100% du PIB) qui rend très problématique cette sortie pourtant indispensable.

Si l’euro avait tenu ses promesses et nous avait permis d’accéder au fédéralisme (on peut rêver) la dette publique serait commune à tous les pays de la zone. Or, ce fédéralisme est exclu en raison de l’importance des dettes des différents pays et du fait que ceux qui auraient encore les moyens de le financer n’ont aucunement l’intention de le faire… Souvenez-vous du projet mort-né des « euro-bonds »

Si la sortie individuelle d’un pays semble impossible, la solution sera un éclatement de la zone euro, et c’est justement ce qui horrifie notre élite euro-mondialiste qui verrait ainsi s’écrouler ce projet qu’elle s’évertue à construire depuis plus de cinquante ans…

Jean Goychman
09/12/18

1. SMIG Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti et SMIC Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance 

2. http://france-inflation.com/dette_publique_france_1950.

3. http://www.alterinfo.net/La-loi-Rothschild-a-ete-annulee-au-Canada-le-26-janvier-2015–A-quand-la-France-video-3-57_a111672.html

4. Changer la vie  Natacha Polony  Edition de l’Observatoire

5. Christian Lash Historien américain, auteur de « La révolte des élites et la trahison de la démocratie »

6. https://www.lejdd.fr/politique/ce-que-macron-a-dit-au-groupe-bilderberg-en-2014-3509507

7. Macron, un mauvais tournant 2conomistes atterrés éditions Les liens qui libérent

8. http://www.eifr.eu/uploads/eventdocs/5b3cddff95c45.pdf

 


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Claude Roland
Claude Roland
18 décembre 2018 14 h 36 min

[Aujourd’hui, les élites considèrent les peuples comme un fléau, une charge qui empêche de « mondialiser en rond »] – Vous ne croyez pas si bien dire. Les peuples se rebellent et les financiers n’aiment pas ça. Ils ont prévu de toute façon une solution dans ce cas : Ramener la population de la planète à 500 millions d’habitants. Pour ce programme clairement gravé dans le granit sur les « Pierres de Georgie », ils ont prévu plusieurs moyens : épidémies, guerres entre pays, guerres civiles. Ils peuvent provoquer tout ça si les peuples les énervent vraiment. Et ça sent actuellement le… Lire la suite »

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