GILETS JAUNES : BIZARRE ACTE VIII
(L’Imprécateur)

Un article de l’ancien gendarme J-P Fabre Bernadac, diplômé de criminologie et criminalistique, article diffusé par Boulevard Voltaire, a attiré mon attention. Il met en cause l’itinéraire autorisé par la Préfecture de police de Paris pour l’acte VIII des gilets jaunes.

Il est clair que les personnels en poste à la Préfecture de Paris ne sont pas des imbéciles et leurs compétences sont largement à la hauteur de la tâche qui leur est confiée. Par contre leur chef, Michel Delpuech, ne cesse, depuis sa nomination en 2017, d’accumuler les mauvaises décisions, à moins qu’elles ne lui soient imposées par l’Intérieur et l’Elysée, ce qui est très possible.

On voit nettement sur les premières images que celui qui frappe violemment  le policier à terre est entièrement en noir, avec cagoule et gants noirs, uniforme des Blacks blocs et des antifas. Ce n’est pas celui-là qui a été arrêté, mais un boxeur gilet jaune.

Commentaires de J-P Fabre Bernadac :

Une des images fortes qui restera de cet acte VIII des manifestations des gilets jaunes à Paris est l’affrontement qui se déroula à hauteur de la passerelle Léopold-Sédar-Senghor, notamment le face-à-face entre un manifestant et plusieurs gendarmes mobiles. Alors que la situation vire à la confrontation entre forces de l’ordre et manifestants, l’homme assène sous l’œil des caméras des droites à un gendarme protégé par son bouclier et son casque. Sous les coups de poing, le cordon des gendarmes recule avant de céder. 

La manifestation de milliers de gilets jaunes était partie de la place de l’Hôtel-de-Ville pour se conclure devant l’Assemblée nationale, point capital. Ce cortège était autorisé par la préfecture. Pourtant, la situation dégénère à hauteur du musée d’Orsay, où les forces de l’ordre tentent de bloquer les manifestants en faisant usage de gaz lacrymogènes. Ceux-ci reçoivent alors divers projectiles. C’est à ce moment que se situe la séquence de « boxe » qui, rapidement, fait le tour des réseaux sociaux. Le syndicat des commissaires de la police nationale lui-même affirme, sur Twitter, avoir identifié l’agresseur, déplorant que le boxeur s’attaque à un homme à terre : « Pour un boxeur, vous ne respectez apparemment pas beaucoup de règles, nous allons vous apprendre celles du Code pénal. » Il s’agirait de Christophe Dettinger, dit « Le Gitan de Massy », boxeur professionnel français champion de France des poids lourds-légers en 2007 et 2008. Personnellement, ce que je reproche le plus à cet homme est d’avoir porté des coups de pied à un militaire à terre. 

Mais le plus condamnable, pour moi qui ai commandé un escadron de gendarmerie mobile, est le dispositif établi par la préfecture de Paris. Celle-ci a, en effet, entériné un parcours le long des quais de Seine, et notamment un passage par le quai Anatole-France au niveau du musée d’Orsay. Or, sur ce quai, la passerelle Léopold-Sédar-Senghor permettant de passer de la rive gauche à la rive droite pour aboutir au jardin des Tuileries ne pouvait que tenter les plus décidés. 

Pourquoi un tel itinéraire ? Les spécialistes du maintien de l’ordre savent parfaitement qu’il est dangereux de bloquer des manifestants en bordure d’une étendue d’eau. En effet, un mouvement de foule ou un début de panique après une charge peut amener des participants à se jeter à l’eau pour fuir. Pourquoi ne pas avoir privilégié le passage par le boulevard Saint-Michel et le boulevard Saint-Germain, qui sont des voies de grande largeur, pour ensuite les orienter vers la rue de l’Université et finir aux Invalides ? Ce dernier lieu vaste et herbagé aurait permis une dissolution en douceur. Certes, des incidents étaient possibles, mais le principe du maintien de l’ordre français (éviter le contact avec les manifestants) était applicable par l’intervention du canon à eau alors que celle-ci est impossible sur une passerelle ou en contre-bas sur les quais.

Enfin pourquoi tolérer que le rassemblement se finisse devant l’Assemblée nationale pour le bloquer ensuite à hauteur du musée d’Orsay ?

L’étroitesse de la voie de dégagement (rue Solférino) incitait les participants à se répandre sur le quai Anatole-France et les berges de la Seine. Le positionnement des forces de l’ordre était d’autant plus inadapté qu’au départ, la passerelle était faiblement tenue et qu’il a fallu, en urgence, dépêcher des renforts de gendarmerie. C’est cette action qui a entraîné l’affrontement physique avec des gilets jaunes. 

Face à ces interrogations, la préfecture de police doit répondre au plus vite.

Les commentaires du professionnel compétent qu’est monsieur Fabre Bernadac incitent à se poser des questions sur le rôle ambigu du préfet de police dont on sait qu’il ne fait rien sans en référer à ses chefs Nunez et Castaner.

La manifestation était autorisée, signe que les gilets jaunes respectent maintenant les consignes d’information qu’ils ne respectaient pas dans les épisodes précédents. Les manifestants étaient calmes, aucun incident ou dégradation préalable n’a été constaté. D’ailleurs qu’y aurait-il à casser sur un quai ? Pourquoi leur avoir imposé ce trajet étroit et dangereux en bord de Seine, suivi de deux autres passages étroits, la rue de Solferino d’un côté, la passerelle Léopold Sédar-Senghor de l’autre ? Et surtout, pourquoi avoir tenté de les disperser à ce moment-là, en prenant le risque d’accidents potentiellement mortels dans une bousculade consécutive à une charge de policiers, si des manifestants et peut-être des policiers étaient tombés dans la Seine, glaciale ces jours-ci ?

Qui a cherché l’accident dont le ministère n’aurait pas manqué d’imputer la responsabilité aux gilets jaunes ? Car dans ce domaine le pouvoir ne manque pas d’imagination, comme lorsque le président dans son discours de vœux accuse les gilets jaunes d’avoir fait la chasse aux Juifs et aux homosexuels alors qu’aucun constat n’a été fait, qu’aucune inculpation n’a pu être prononcée sous ce motif.

Pourquoi le préfet Michel Delpuech est-il encore en poste alors qu’il a atteint l’âge de la retraite depuis cinq ans ? Ce fut un préfet exemplaire tout au long de sa carrière, aussi bien sous la droite que sous la gauche, mais depuis qu’il a été nommé Préfet de police de Paris, les incidents de carrière s’accumulent.

À 64 ans il a été nommé en urgence pour remplacer son prédécesseur qui s’était fracturé la hanche en Vélib’. Il s’est rendu sympathique en freinant les folles ardeurs (mais pas dues à la ménopause) anti-voitures de Anna-Maria Hidalgo qui voulait réduire la rue de Rivoli et l’avenue du Général Leclerc à une seule voie étroite. Mais son souci d’éviter tout blessé dans les manifs du 1er mai, permettant aux Black blogs et Antifas d’exercer leur extrême violence anti-policière en toute impunité ou presque, a été jugé excessif. Puis il y a eu l’affaire Benalla où il s’est mal défendu, laissant un doute sur ses déclarations, suivie de l’enfoncement le 5 janvier dernier de la porte du godillot Benjamin Griveaux, porte-parole de sa Majesté le président qui, selon Mediapart (l’officine de délation de l’extrême gauche stalinienne), aurait demandé à Castaner sa démission. Et enfin cette mauvaise gestion du parcours des gilets jaunes vers l’Assemblée nationale. Cela sera-t-il le prétexte qu’attendait Castaner pour le mettre en retraite ?

La révolte a repris de plus belle en 2019, comme nous l’avions prévu.

A Bordeaux, 5 janvier

A Dijon, 5 janvier 

A Paris, 5 janvier

Violence des gauchistes infiltrés dans le mouvement, c’est certain, des gilets jaunes excédés aussi, mais également grande violence policière voulue par le pouvoir minoritaire qui ne cherche pas la désescalade, mais à humilier et « corriger » les manifestants parce qu’il refuse de donner une réponse politique sérieuse à la colère des Français : 

Avertissement : Le journaliste David Dufresne est un ancien de Libération, iTélé et Mediapart, maintenant indépendant, ce qui influe par moments son jugement, mais c’est un bon journaliste.

L’Imprécateur

8 janvier 2019

 



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BobbyFR94
BobbyFR94
12 janvier 2019 14 h 18 min

Pardonnez-moi la répétition de ce commentaire… Je viens de mettre à jour LA plainte contre le gouvernement, mais il faudra, au départ un groupe de gens motivé, qui est prêt(e) à se lancer avec moi ? Sachez que chacune des accusations peut être PROUVEE, c’est l’avantage d’INTERNET, rien NE SE PERD !!! J’invite donc chacune & chacun à consulter ce document, à ajouter des choses si j’en ai oubliée, ce qui est surement le cas, et à me faire un retour :-))) https://vk.com/doc435966458_489925895 Pour ceux que la mise à jour de la déclaration des droits de l’homme & du citoyen… Lire la suite »

franjeu
franjeu
10 janvier 2019 15 h 05 min

Sa Majesté sait ce qu’elle fait : elle veut exaspérer le peuple pour qu’il pète les plombs. C’est son projet ou plus exactement celui de ses Maîtres banquiers. Lesquels comptent sur des incidents graves et sanglants pour que soit décrétée la loi martiale. Alors, amis Gilets Jaunes, attention au coup fourré !

Chris83
Chris83
10 janvier 2019 15 h 24 min
Répondre à  franjeu

La situation s’envenime du fait des débordements des forces de l’ordre qui ont des ordres. Les fonctionnaires même de haut niveau ne sont plus maîtres des ordres qui certainement passent largement au-dessus d’eux…

necas
11 janvier 2019 10 h 47 min
Répondre à  Chris83

De même que certains ont porté plainte contre l’État, pour Inaction Écologique, les gens honnêtes, je précise, honnêtes, qui vivent dans des cités Invivables, devraient aussi porter plainte contre le goûvernement pour Inaction Sécuritaire , par rapport aux exactions commises par la racaille ! Car bcp de Crs ou gendarmes le disent :
On nous demande de Ne Pas Intervenir ……. dont act .

BobbyFR94
BobbyFR94
12 janvier 2019 14 h 17 min
Répondre à  necas

Je viens de mettre à jour LA plainte contre le gouvernement, mais il faudra, au départ un groupe de gens motivé, qui est prêt(e) à se lancer avec moi ? Sachez que chacune des accusations peut être PROUVEE, c’est l’avantage d’INTERNET, rien NE SE PERD !!! J’invite donc chacune & chacun à consulter ce document, à ajouter des choses si j’en ai oubliée, ce qui est surement le cas, et à me faire un retour :-))) https://vk.com/doc435966458_489925895 Pour ceux que la mise à jour de la déclaration des droits de l’homme & du citoyen intéresse, voici la dernière datant du… Lire la suite »

guyguy
guyguy
10 janvier 2019 14 h 53 min

Nous pourrions parler aussi de ces mains arrachés par des grenades, des yeux perdus et des blessures gravissimes qu’engendrent l’utilisation des flashball. Cette violence là orchestré par le gouvernement fait aussi très mal à la population et à un moment donné cela finit par exacerber des hostilités à l’égard de la police. L’usage systématique des gaz contre les manifestants est scandaleux d’autant que les policiers prennent le soin de récupérer les masques et lunettes de protection des gilets jaunes aux endroits de contrôle. Sans légitimer l’acte du boxeur, il est anecdotique par rapport aux différentes violences que l’on a pu… Lire la suite »

Claude Roland
Claude Roland
10 janvier 2019 10 h 06 min

La caractéristique première d’un Etat qui glisse vers le totalitarisme est la violence policière outrancière. Car il y a des outrances dans l’action comme le prouvent les blessures et mutilations. Parce qu’il y a aussi un fait, c’est pour les force de l’ordre de mettre tout le monde dans le même sac : manifestants et casseurs. Sous prétexte que les uns sont confondus avec les autres, on met tout le monde au même régime ; c’est plus facile. Mais il est un fait que cette violence appelle la violence d’une foule de Français pacifiques qui, par exaspération, devient agressive. Est-ce… Lire la suite »

necas
18 janvier 2019 10 h 31 min
Répondre à  Claude Roland

Par contre , Macron sait très bien utiliser la diversion : on reparle de Benalla, pour moins parler des GJ gênants . Et quoique , cette histoire Benalla, peut s’avérer un danger pour Jupiter , au cas où le Benalla irait se confesser chez Mediapart ou au Canard Déchaîné? ?……..Mais , bien sûr , le « cher » Benalla, ne peut faire fausse route , car , on a vu certains destins s’assombrir : cf ; Coluche et autres ….. En attendant, Macron fait son simulacre de Grd Débat, alors , que , en réalité , il applique la méthode Sarkozy :… Lire la suite »

Philvar
Philvar
19 janvier 2019 16 h 38 min
Répondre à  necas

cerise sur le gâteau le pacte franco-allemand d’Aix qui acte une organisation autoritaire commune contre les peuples !

Philvar
Philvar
19 janvier 2019 16 h 41 min
Répondre à  Philvar

Rectification :
Pacte plutôt Macron/Merkel que franco-allemand

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