NOËL ET LES CRÉTINS (par Maurice D.)

En cette veille de Noël, il est bon de rappeller quelques-uns des symboles et des traditions bi-millénaires consubstantiels de cette fête pour les Chrétiens, mais aussi plus largement pour les Occidentaux et les populations sémites de tout le Moyen-Orient jusqu’aux frontières de l’Inde. Par le fait, cela démontrera quelle somme d’inculture et de racisme représente l’interdiction des crèches dans les villes et les provinces de France, une interdiction présentée à tort comme républicaine et laïque alors qu’elle n’est qu’idéologique.

Un peu avant cette année zéro que le monde considère majoritairement comme le début de l’histoire moderne, l’Occident, en y incluant toute la frange nord de l’Afrique, est romain. À l’Est, plusieurs peuples ont constitué des empires qui ont dominé en alternance la région : Hittites, Babylone, Perses, Parthes… L’un des derniers étant l’empire mède dont la supprématie militaire et politique commence à être contestée en Perse par les Sassanides qui formeront vers le 3ème siècle le Second empire perse.

Les Mèdes sont une population de six grandes tribus sémites du Nord-ouest de l’actuel Iran, les unes perses, les autres arabes. Ils sont réputés pour leurs connaissances en philosophie, notamment la logique, la géométrie et l’astronomie qui se confond à l’époque avec l’astrologie, d’où leur réputation de liseurs de rêves et de faiseurs de prédictions. Moitié prêtres de la religion zoroastrienne (« les adorateurs d’étoiles » dit le Coran), moitié sorciers parce qu’ils savent aussi guérir, ils sont des « mages ». Les plus riches d’entre eux, parce qu’ils appartiennent à des familles régnantes, voyagent volontiers pour s’instruire et les peuples qu’ils visitent les appelent « rois » ou « mages » selon qu’ils sont frappés par leur richesse ou par leurs connaissances. L’historien romain Tertullien dit d’eux qu’ils sont fere leges « presque rois ».

À la même époque, le peuple juif qui dominait la côte de l’Est de la Méditerranée est soumis comme tant d’autres, même la puissante Égypte, aux Romains. Une légende court dans tout le Moyen-Orient. Elle affirme que la restauration de la royauté juive par la puissante tribu des David approche et qu’elle sera signalée par l’apparition d’une « étoile ». Comète, super-nova, l’étoile Spica (Al Zimach en arabe, Tsemech en hébreu ce qui signifie l’étoile des David) bien connue des astronomes de l’époque qui se lève tous les 25 920 ans exactement à l’Est ? On a longtemps hésité, mais on sait aujourd’hui qu’il y eut effectivement au moins deux phénomènes astronomiques cette année-là. Trois savants mèdes ont calculé qu’elle doit apparaître cette année précisément et voyagent en espérant être les témoins de son apparition qui signifier le retour d’un roi David.

Les Romains ont du fil à retordre avec les Juifs, peuple réputé indocile et contestataire. C’est d’ailleurs la raison de son incapacité à dominer durablement l’Est de la Méditerrannée : les tribus juives sont constamment en dispute les unes avec les autres, au sein des tribus les clans font de même et la tribu David est incapable d’élire un roi. Ils répètent d’année en année, « ça va se faire » comme dit Hollande, mais comme en France socialiste, les années puis les décennies ont passé et il n’y toujours pas plus de roi d’Israël en l’an zéro que de retour de la croissance et de l’emploi en France aujourd’hui.

Les Romains ont nommé d’office des rois « administratifs », les Hérode. Les Juifs ne les aiment pas, ils ne sont pas des David, et les traitent de « collabos » de l’occupant romain. Ils ne sont pas très efficaces non plus puisque les Parthes arrivés de Syrie ont pu prendre Jérusalem et aller jusqu’à Gaza en – 40.

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Les points rouges sont les villes tenues par des tribus non-juives, elles sont à la périphérie de la Judée, le pays des Juifs, au Nord (Liban) , à l’Est (actuelles Syrie et Jordanie) et au Sud (Egypte), une seule, à l’Ouest, Ashkelon est  tenue par les Philistins. À l’époque, les Arabes n’ont pas encore colonisé la Judée, ils n’arriveront que six siècles plus tard. Les petits châteaux symbolisent les forteresses juives

Bref, les Romains ont du remettre de l’ordre et décident pour s’y retrouver, car Rome ne c’est pas seulement la plus puissante armée du monde de l’époque, c’est aussi une énorme administration, de compter tout le monde, de faire un recensement pour lequel chaque famille doit rejoindre le village natal du père. Joseph David et sa jeune épouse Marie partent donc avec leur âne pour aller se faire recenser à Bethléem, fief des David. Les auberges et caravansérails sont pleins, Marie est enceinte et ça se voit, les hôteliers ont peur d’un accouchement chez eux, les repoussent, ils passent la nuit dans une étable où se trouve un bœuf, grâce à la gentillesse des bergers du coin. La paille, l’animal qui dégage un peu de chaleur, Marie fatiguée par le voyage accouche.

Les mages mèdes ont vu l’étoile qu’ils cherchent apparaitre, elle brille dans le ciel, le roi des Juifs est donc né, ils veulent être les premiers à l’honorer car ce geste serait bon pour leur pays qui est en perte de vitesse et manque d’alliés régionaux. Avoir les Juifs avec eux sur leur frontière ouest serait bon pour leur politique. Un savant ami venant d’Inde, un sujet du roi Gondopharès 1er les accompagne, il est plus noir de peau. Il est lui aussi en quête de la fameuse étoile qui signalera la naissance du nouveu roi des Juifs et son maître veut avoir confirmation de l’événement. Ayant rencontré les Mèdes en cour de route, il s’est joint à eux, il est toujours instructif et agréable de discuter entre savants de questions pour lesquelles on éprouve un intérêt commun. Et l’idée de visiter le pays des Juifs qui font parler d’eux depuis trois mille ans les excite.

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Ils envoient donc leurs gardes et domestiques à la recherche d’un bébé qui serait né non loin d’où ils campent, grosso-modo dans la direction où brille l’étoile chaque soir.

Hérode aussi a été prévenu que l’apparition de l’étoile est le signe de la naissance d’un David, donc d’un roi concurrent derrière lequel les Juifs vont se rallier. Il envoie une troupe à Bethléem avec l’ordre de tuer tous les nouveau-nés et par précaution précise « de zéro à deux ans ». Ce qu’on appelle « le massacre des Saints Innocents ».

Pour que les soldats chargés du massacre ne commettent pas d’erreur car il doivent agir de nuit afin de ne pas être reconnus, un espion a marqué dans la soirée la porte de chaque maison où est né recemment un enfant d’un signe convenu. Exctement comme le font les soldats musulmans du califat islamique quand ils prennent une ville, un signe est tracé sur chaque porte des familes chrétiennes pour que les égorgeurs sachent où violer, piller, torturer et décapiter quand ils arrivent.

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« Nazaréen » ou Chrétien, c’est là qu’il faut égorger

Quelques jours après la naissance, on prévient enfin les rois-mages mèdes et leur ami indien que l’enfant est trouvé. Il est juif, son père est un David, l’étoile est bien au-dessus de l’étable où ils se trouvent en attendant que la jeune accouchée ait repris des forces. On selle les chameaux et tout le monde va voir l’événement rare de la naissance d’un roi dans une étable, un roi dont tous les présages disent qu’il changera le monde. Ils apportent les cadeaux prévus qui représentent symboliquement leurs sciences respectives : l’or, l’encens et la myrrhe. La myrrhe est une résine dont on se servait pour stériliser les plaies. Trois produits parmi les plus précieux à l’époque. L’or symbolisant aussi le pouvoir royal, l’encens le pouvoir sacerdotal et la myrrhe le pouvoir spirituel de la science et de la philosophie.

Se retouvent donc dans l’étable : une famille et quelques bergers juifs, et trois savants « presque rois », un Perse, un Arabe et un Indien et leurs personnels respectifs, mélange hétéroclite de serviteurs et de gardes, probablement des esclaves, des Iraniens, des Arabes et des Noirs. Tous sont sémites.

Pour les Chrétiens cela symbolise la capacité de la Chrétienté à accueillir les étrangers ainsi que les philosophies et les sciences diverses que l’on trouve dans le monde. Un magnifique symbole d’accueil de l’autre, de tolérance et de paix.

En voulant exclure les crèches de la sphère publique, des esprits mesquins, chagrins et incultes, ceux des fonctionnaires du tribunal administratif de Nantes, ceux des Francs-maçons de la Libre pensée et ceux des associations telles la LICRA qui par leurs choix douteux, irréfléchis et inconséquents en matière d’antiracisme contribuent à développer le racisme en France, commettent un crime, pire, une faute. L’interdiciton des crèches est un acte antisémite raciste et sectaire. C’est un déni révisionniste de l’histoire que l’Occident et l’Orient (fut-il « moyen ») ont en commun car, faut-il le rappeler et il le faut puisqu’ils l’ignorent, l’islam reconnaît la naissance de Jésus, le considère comme un prophète important, et vénère Marie. C’est aussi un acte anti-républicain puisqu’il dévoie la laïcité dans le sens grotesque que veulent lui donner certains.

Pour une fois, le Premier ministre a été mieux inspiré que les ilotes et les illetrés précédemment cités : « La séparation des Églises et de l’État ne doit pas être comprise comme visant à l’éviction hors de l’espace public de toute manifestation d’une conviction religieuse. » Sinon il faudra interdire aussi le calendrier et son année zéro qui divise le temps en « avant » et « après » Jésus-Christ, et aussi les manifestations religieuses comme le ramadan et sa clôture l’Aït el-Kébir.

Maurice D.

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