« MOI OU LE NATIONALISME »
(l’alternative Macron)
(Jean Goychman)

Lors de sa prise de parole préliminaire lors d’une rencontre des chefs d’Etat européens à Siriu (Roumanie) Emmanuel Macron a tenu des propos qu’il voudrait rendre définitifs, comme s’il voulait couper court à tout débat.

« Est-ce qu’on veut encore construire ensemble l’Europe, même différemment et en améliorant les choses, ou est-ce qu’on veut la déconstruire ou la détruire et revenir au nationalisme ? »

Par cette phrase de pur communicant, notre président, comme l’avait fait Georges W Bush en son temps, lorsqu’il avait proclamé « ou vous êtes pour moi, ou vous êtes contre moi » semble perdre patience et agite encore une fois sa muleta préférée de la peste brune des années 30.


Comment est née l’idée de nation ?

Au moyen-âge, le terme « nation » a un sens très précis, venant du mot latin « nascere » qui signifie « naître » et désigne un groupe à qui on attribue une origine commune. Ensuite, le mot nation s’emploie surtout pour désigner des hommes venus d’ailleurs qui se distinguent entre eux par leur langage. C’est en 1789, dans la déclaration des Droits de l’Homme qu’apparaît une notion plus moderne : la Nation s’apparente à « une société politique organisée, souveraine et légitime » Ces trois qualificatifs sont essentiels car ils font référence à une société organisée, dont les règles sont édictées, légitime en ce sens qu’elle est établie par la Loi et souveraine qui indique qu’il ne peut y avoir d’autorité supérieure à elle.

Les premières organisations humaines furent, d’après les historiens, les tribus. Ce sont des concepts  pré-étatiques qui sont une évolution des premiers regroupements tels que la famille ou le clan. Les territoires ou les zones deviennent propres à une ou plusieurs tribus qui peuvent y coexister après entente préalable. La nation souveraine, telle que nous la connaissons, apparaît en Europe en 1648 avec le traité connu sous le nom de « Paix de Westphalie ».

Il faut noter que ce traité mettait fin à une période ininterrompue de guerre, dont la « guerre de trente ans » alors qu’on essaie aujourd’hui de nous imposer cette fausse idée que les nations sont à l’origine des guerres.

La Nation est un élément de stabilité internationale

Ce concept de nation souveraine a permis d’établir tout un système de relations des nations entre-elles. La paix de Westphalie, dans sa rédaction, imposait un critère d’une importance considérable, en empêchant qu’une nation puisse être plus puissante que toutes les autres réunies. Cela revenait à dire que la souveraineté reconnue d’une nation ne pouvait s’imposer aux autres qui perdraient ainsi la leur. Au lendemain de chacune des guerres mondiales qui ont embrasé le XXème siècle, force est de constater que ce sont des instances regroupant des nations qui ont émergées, basées sur le concept westphalien.

Ainsi fut créée en 1919 par le Traité de Versailles la Société des Nations , dont le but était de résoudre un éventuel conflit entre deux nations par la diplomatie et la négociation.

En 1945, à l’issue de la Conférence de San Francisco, ce fut le tour de l’Organisation des Nations Unies (ONU) qui fut officiellement créée le 24 octobre . Celle-ci a pour but de :

« Unir toutes les nations du monde dans une œuvre de paix et de développement, fondée sur les principes de justice, de dignité humaine et de bien-être pour tous. Elle aide à affronter les problèmes internationaux en tenant compte de façon équilibrée à la fois de l’interdépendance entre les pays et des intérêts de chacun d’eux ».

En outre, la Charte de l’ONU reconnaît la souveraineté des nations et l’intangibilité de leurs frontières. On peut y voir la consécration de la Nation comme une forme aboutie d’organisation humaine mariant les deux entités qui sont le peuple et l’État pour constituer une nation.
De Gaulle disait que « la seule réalité internationale, ce sont les nations »

Pourquoi Emmanuel Macron veut-il détruire les nations européennes ?

Une partie de la réponse se trouve dans les mémoires de Jean Monnet qui, dans une lettre adressée au président Roosevelt le 5 août 1943, écrivait :

«Il n’y aura de paix en Europe si les États se reconstituent sur une base de souveraineté nationale»1

La vision de l’Europe de l’après-guerre de Jean Monnet était déjà celle d’un ensemble supra-national dans lequel les nations et leur souveraineté allaient disparaître.

Cette vision prévaut encore aujourd’hui dans l’élite internationale et mondialiste qui a porté Emmanuel Macron à l’Elysée il y a deux ans. Or, les peuples n’ont aucune envie d’être dépossédés de la souveraineté que leur confèrent les nations. Et on peut même penser que ce phénomène est en nette augmentation partout dans le monde.
Jaurès et Péguy, tous les deux hommes de gauche, étaient des « nationalistes », c’est à dire qu’ils étaient tous les deux très attachés à la nation.

Le sens qu’Emmanuel Macron veut donner au nationalisme n’a rien à voir avec cette vision. Il n’emploie pas, à dessein, le mot de nation, mais le remplace par nationalisme dans l’espoir que les gens entendront « national-socialisme ». La ficelle est très grosse. Même si ses propos sont répétés à l’envi par une cohorte de partisans qui peuvent s’apparenter à des courtisans, les gens ne seront pas dupes. Il peut nous répéter à satiété que seule plus d’intégration européenne nous permettra de survivre en conservant, grâce à cette Europe imaginaire et virtuelle, cette souveraineté à laquelle nous sommes si attachés, mettant même dans la balance le chaos meurtrier qui suivrait immanquablement le retour au pouvoir des nationalismes, où cela nous conduit-il ?

Vers la même destination qui nous est promise depuis près de cinquante ans, à savoir nulle part. Peut-être que certaines illusions d’un monde dominé par cette élite financière et qui aspire à le faire depuis près de deux siècles persistent encore, mais le monde a changé. La roue planétaire est en train de tourner et l’hégémonie de l’occident va s’estomper au profit d’autres pays considérés comme « émergents » il y a encore quelques décennies. Et eux n’ont aucune envie de voir leurs nations disparaître.

Le libre-échange sans limite a vécu

Et avec lui-tous les rêves de la suprématie occidentale. Il va falloir nous battre à nouveau comme nous l’avons fait depuis près de quatre siècles si nous ne voulons pas être colonisés, et un occident libre-échangiste ouvert à tous les vents de la concurrence internationale n’a aucune chance d’y résister. Les méthodes ne seront pas les mêmes, mais n’en seront pas moins efficaces. La Chine avec sa politique d’investissement tous azimuts en est un bon exemple. Ceux qui nous disent que notre pays est trop petit oublient simplement que les États européens ont conquis la majeure partie du monde justement parce qu’ils étaient divisés et que chacun scrutait très attentivement tout ce que faisaient les autres.

Le Portugal, petit pays s’il en est, a pourtant partagé le Monde avec l’Espagne. La taille d’un pays n’a pas grand chose à voir avec son rayonnement.

Ce retour aux nations souveraines est inéluctable car il correspond à la volonté du plus grand nombre. Souvenons de cette parole de de Gaulle, partant vers la Syrie après la guerre de 14 et parlant du peuple arable : « Les arabes sont un peuple n’ayant, depuis les jours de Mahomet, jamais réussi à constituer un Etat… » 2

Alors, nous, peuple de France, qui avons réussi à créer ce bien inestimable, « patrimoine de ceux qui n’ont rien », comme l’écrivait Charles Péguy et qui s’appelle la Nation, allons-nous nous laisser déposséder de ce pourquoi tant des nôtres ont  accepté de sacrifier jusqu’à leur vie, c’est à dire la dignité d’un peuple incarnée par sa souveraineté nationale ?

Jean Goychman
10/5/2019

1   « j’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu » Philippe de Villiers / Editions Fayard op cit p 105

2 Cité par Cyrus Sulzberger, Les derniers des géants, Ed. Albin Michel, 1972

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Alain Billieres
Alain Billieres
18 juin 2019 16 h 56 min

Demandez donc à Macron quelle peut être la différence entre  » Patrie  » et  » Nation « 

Allobroge
Allobroge
20 mai 2019 12 h 35 min

«Il n’y aura de paix en Europe si les États se reconstituent sur une base de souveraineté nationale»1Et bien entendu ça s’appliquait à l’Europe pas aux USA !

necas
20 mai 2019 0 h 37 min

des migrants clandestins ont perturbé CDG aujourd’hui ; se plaignant des expulsions !? Les types sont clandos et sont toujours en france ? Et des expulsions de nos jours , sont très très très rares , de nos jours ! encore une manip de je ne sais ou ? Par contre , tous ces types ne feraient pas un 1000 ème de ce qu’ils ôsent faire en france , en Afrique noire !!!! ils se feraient allumer à balles réelles ! les flics french sont très doux , en comparaison ! du n’importe quo cette france , quel laxisme honteux… Lire la suite »

Rossi
Rossi
14 mai 2019 15 h 09 min

Je suis pour une Europe intelligente c’est à dire avec une même culture et une langue officielle commune. Unir des gens qui ne se comprennent est une aberration totale, l’Ucef préconise d’unir les pays Francophones et inviter les autres à adopter le Français. Faites nous savoir si vous êtes de cet avis ici « ucef5302@gmail.com ?

Pellerm
Pellerm
13 mai 2019 16 h 46 min

NATION : Patrimoine de ceux qui n’ont rien .. disait Péguy .. Aujourd’hui , selon Macron , c’est le Chaos Populiste de « ceux qui ne sont rien.. » Pauvre petit homme qui ne se rend même pas compte que lui même n’est qu’un pion minuscule entre les mains des grandes puissances financières ! Alors OUI au Frexit .. de François Asselineau . Malheureusement , le peuple est tellement formaté depuis 40 ans , entre les infos d’état , les pubs , le matraquage dès la maternelle , le confort que nous procure l’idée assénée à longueur de temps que l’Europe ,… Lire la suite »

Gérard Lehmann
Gérard Lehmann
13 mai 2019 16 h 33 min

Moi ou le nationalisme? En réalité, voici deux questions. À la question moi? je dis qui? question rhétorique en fait, car moi n´existe pas. à moins qu´on veuille absolument brandir l´hologramme d´un gamin nobrilique et coléreux. Donc il ne reste que le nationalisme.Mais c´est un peu court. A la question nationalisme? encore une fois, la réponse est rhétorique. Car notre civilisation est fondée sur une nation, sur un peuple, avec son identité protégée par des frontières. Si être nationaliste c´est vouloir la pérennité de notre nation, c´est vouloir rester ce que nous sommes, je pense à cet enracinement dynamique, à… Lire la suite »

Claude Roland
Claude Roland
13 mai 2019 10 h 45 min

Le nationalisme revient à la préservation de l’identité d’une nation sous l’élan du patriotisme. Tout ce que je vois, c’est que pour remplacer M.1er, il n’y a personne de sérieux, de charismatique ou d’expérimenté. Est-ce que cela ouvre la porte à un coup d’état d’un outsider compétent ? je ne sais pas. On tourne en rond pour l’instant. Mais en tous cas, je sens de plus en plus que M.1er nous amène le chaos car selon ses maîtres, ce sera lui ou le chaos. Et ce scénario pend au nez de tous les autres pays d’Europe voire du monde par… Lire la suite »

Zglb
Zglb
11 mai 2019 14 h 49 min

Je ne crois pas à Macron, je ne crois pas à l’homme nouveau que veut nous imposer Macron à grands coups de clystères, je ne crois pas à cette tour de Babel européenne si chère à Macron, je ne crois pas à son capitalisme financier, je ne crois pas à son socialisme et à tous les autres socialismes. Je ne crois plus à la république française, je ne crois plus à la démocratie française, je ne crois plus à l’état français et à aucun politicien français. Je crois encore et toujours à la France car je sais qu’elle ne périra… Lire la suite »

Claude Roland
Claude Roland
13 mai 2019 10 h 26 min
Répondre à  Zglb

Frexit, je ne sais pas, mais faire un doigt d’honneur à l’Europe et faire fi de sa législation perverse, c’est sûrement possible en jetant les accords au panier. Il faut imposer une confédération, sinon rien.

Rossi
Rossi
14 mai 2019 15 h 18 min
Répondre à  Zglb

Depuis plus de 40 ans, nos élus des Mairies au haut de l’État pour lutter contre le chômage n’ont rien trouvé de mieux que de créer des postes de fonctionnaires, faisant grossir le monstre qu’il faut nourrir, cette nourriture est prise dans la bouche du secteur privé créateur de richesses. Ce secteur a du mal à survivre le petit commerce, l’artisanat sont mourants, visible dans toutes les rues de tout le pays. Le chômage s’installe durablement, les prélèvements coupés en petits morceaux pour être plus digeste, ajouter les uns aux autres deviennent indigestes, ils créent l’enfer fiscal qui progressent plus… Lire la suite »

Filsde1789
Filsde1789
11 mai 2019 13 h 06 min

Quelle stupidité que d’avoir mis à la Présidence de notre Nation un franc-maçon qui veut la disparition des Nations

Claude Roland
Claude Roland
13 mai 2019 10 h 23 min
Répondre à  Filsde1789

Mais Macron a réussi parce que la majorité des gens sont ignares et ne veulent rien voir d’autre que les illusions diffusées par une certaine caste bien équipé de médias à la botte et bien payés. A part ces évidences, on se moque des gens qui parlent de complot ! Mais il y a bel et bien une conspiration mondiale qui ne se cache même plus ! Certains livres la détaille mais il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir les évidences décrites dans ces livres et qui sautent aux yeux d’une personne lucide. Plus… Lire la suite »

trarieux
trarieux
15 mai 2019 10 h 57 min
Répondre à  Filsde1789

je répondrai a Filsde1789 jusqu’à preuve du contraire Macron n’a jamais été initié franc-maçon. Mais que veux dire ces propos que les franc-maçon seraient des sous hommes et seraient du gibier pour gros con comme toi. Je suis F:. et j’ai en mémoire l’exposition anti-maçonnique durant la deuxième guerre mondiale et le passage au four crématoire de mes FF:. qui ont été dénoncés a vichy par des individus tel que toi. Arnaud Beltrame, Pascal Filoé responsable de la police a Rodez ont donnés leur vie alors que toi tu craches sur des hautes valeurs morale et une fraternité humaine dont… Lire la suite »

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