COMMENT NOS ENNEMIS SE REGALENT DE NOTRE FAIBLESSE
(Olivier Piacentini)

Ecrivain, essayiste, Olivier Piacentini (49 ans) est notamment l’auteur des ouvrages suivants (aux Editions de Paris) : Vers la Chute de l’Empire Occidental, Le Dossier Noir du Socialisme Français, Le Crépuscule de l’Occident (2017), La Mondialisation Totalitaire (2018), OPA sur l’Elysée (2018)… Il intervient régulièrement sur les réseaux sociaux et a accepté notre proposition de reprendre son article, récemment posté sur Facebook, concernant l’agression de la Turquie contre les Kurdes et le récent chantage d’Erdogan d’ouvrir les vannes du déferlement migratoire à 2 millions de migrants potentiels. En quelques phrases bien senties, tout est dit sur la faute originelle de Madame Merkel et la duplicité d’Erdogan…


Il y a trois ans, Mme Merkel négocia, sans associer ni même prévenir aucun de ses partenaires européens, un accord avec Erdogan : pour 6 milliards d’euros de « rançon », la Turquie s’engageait à retenir les migrants sur son sol. Ce sont désormais deux millions de réfugiés qui sont retenus sur le territoire turc, à la merci d’Erdogan et de l’AKP. Et voilà comment transformer un islamiste patenté, ennemi  déclaré de l’Europe et de l’Occident, qui proclama un jour qu’il œuvrait à l’islamisation du vieux continent, en maître de la politique migratoire de tous les pays européens, l’arbitre de notre identité multiséculaire.

Bien joué, Frau Angela : depuis le début de la crise des réfugiés, en 2015, vous aurez décidément fait très fort d’un bout à l’autre, sans qu’aucun commentateur patenté des médias officiels ne vienne vous déchoir du piédestal où l’on vous a placée. Il parait que vous êtes une grande dirigeante : il vous aura juste échappé que faire entrer d’un seul coup un million et demi de réfugiés, pour la plupart musulmans, juste parce que la photo d’un cadavre d’enfant échoué sur une plage vous a ému, cela pouvait poser quelques problèmes.

Deux ans après, vous avez versé en public une larme sur le retour de l’antisémitisme en Allemagne : vous ne l’aviez donc pas anticipé, lorsque vous ouvriez grand vos portes ?
Mais bravo aussi Macron, Hollande, May, Renzi et les autres, qui vous êtes toujours couchés devant la chancelière : à présent, Erdogan est le maître absolu du Moyen Orient, il peut y faire ce qu’il veut et se moquer de toutes vos gesticulations.

L’Arabie Saoudite empêtrée au Yemen, l’Iran exsangue du fait des sanctions, la Turquie peut décréter, sans en référer à personne, un « cordon sanitaire » au nord de la Syrie, en écrasant les kurdes au passage. Et nous voilà contraints de trahir une fois de plus ce peuple courageux qui nous a sauvé de Daesh : face à Erdogan, nous sommes impuissants, nous, nos armements ultra sophistiqués, nos missiles nucléaires et tout le toutim.

Erdogan détient l’arme absolue : deux millions de réfugiés, qui n’attendent que le pouce levé du sultan d’Ankara pour se ruer sur nos côtes.  Nous voilà pieds et poings liés, condamnés à assister à la probable dispersion dans la nature de centaines de prisonniers djihadistes que les kurdes retenaient jusqu’ici dans leurs geôles.

Pauvres démocraties européennes, contraintes à chaque fois de gérer dans l’urgence, non pas les priorités stratégiques de long terme, mais les sautes d’humeur des opinions publiques, et les agendas électoraux des dirigeants.

Mais au palmarès des responsables de cette tragédie diplomatique, il ne faudrait surtout pas oublier celui qui a probablement inspiré tous les autres : feu le « grand » président Chirac qui milita avec acharnement pour faire entrer la Turquie dans l’Union Européenne…

Une idée géniale, très inspirée, vous ne trouvez pas, messieurs les journalistes, qui à aucun moment n’êtes revenu là-dessus la semaine dernière : grâce à vos commentaires si éclairés, on se souviendra donc de Chirac comme d’un président « sympatoche », grand amateur de bière Corona et de tête de veau sauce Gribiche…

Olivier Piacentini
12 octobre 2019

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Claude Roland
Claude Roland
14 octobre 2019 10 h 11 min

Le seul qui peut arrêter les Turcs est Poutine. La Russie a un vieux contentieux avec la Turquie qui lui a piqué son sanctuaire chrétien : Sainte Sophie transformée en moquée depuis la renaissance… Un jour, les Turcs devront payer.

Michel
Michel
13 octobre 2019 13 h 03 min

La sauvagerie des turcs n’est pas nouvelle, et les kurdes, présentés par les médias maçonniques comme pacifiques et modérés, ont été les grands alliés des turcs pour l’extermination des chrétiens. Ces musulmans à qui on garantissait le paradis pour sept Chrétiens passés au fil de l’épée. Ce fut le génocide Arménien, plus d’un million de victimes…
Maintenant, les Kurdes, qu’ils se démerdent.

Claude Roland
Claude Roland
14 octobre 2019 10 h 12 min
Répondre à  Michel

Vous avez raison, mieux vaut daesh essaimée au proche Orient et en Europe que les Kurdes…

Michel
Michel
13 octobre 2019 12 h 37 min

Les kurdes? Ce sont les ennemis les plus implacables des Chrétiens d’Orient.
Saladin était kurde. Les Kurdes sot impliqués jusqu’au cou dans les massacres des Chrétiens Arméniens.

Claude Roland
Claude Roland
17 octobre 2019 7 h 58 min
Répondre à  Michel

Les Kurdes ont en effet été impliqués dans le massacre des Arméniens, en tant que bourreaux opportunistes parce qu’ils sont musulmans et donc anti-chrétiens. Mais toutes les autres tribus musulmanes locales ont massacré de l’Arménien à leur passage. Reste que ce sont les Turcs qui ont initié le génocide des Arméniens.
Mais ça c’est le passé.
Actuellement, les Kurdes sont l’outil anti-daesh le plus efficace. Et les Turcs jouent double jeu depuis un bail avec daesh.

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