LA MONTAGNE DE FER (1ère partie : à quoi sert la guerre ?)
(Jean Goychman)

 

RAPPORT DE LA MONTAGNE DE FER

La Paix Indésirable ?

1ère partie : A QUOI SERVENT LES GUERRES ?

 

Parmi les événements de l’après-guerre qui ont marqué les esprits et les mémoires, l’affaire des fusées de Cuba figure au premier plan. Pourtant, une de ses conséquences est restée ignorée du grand public et a cependant eu des répercussions très importantes, y compris sur notre vie actuelle.

Rappelons brièvement les faits : En mai 1962, alors que la « guerre froide » connaissait une période particulièrement glaciale en raison de la construction récente du « mur de Berlin », Nikita Khrouchtchev, Premier secrétaire de l’URSS, décida de déclencher à Cuba l’opération « Anadyr » consistant à envoyer 50.000 hommes et des missiles SS4 et SS5, accompagnés de 4 sous-marins afin de prévenir tout débarquement américain éventuel. L’Île de Cuba étant située à environ 200 km des côtes américaines, cette initiative ne pouvait être ignorée des services de renseignements américains, qui s’attachèrent à la surveiller comme « le lait sur le feu ».

Des vols de reconnaissance à haute altitude effectués par des avions espions américains montrèrent les sites de lancement des missiles en cours de construction dès le 14 octobre 1962. Entre-temps, 4 sous-marins soviétiques de classe « Foxtrot » à propulsion classique avaient appareillé pour rejoindre un convoi d’autres navires voguant vers Cuba. Le président J.F. Kennedy donna alors l’ordre à la force navale américaine de l’Atlantique de les intercepter.

C’est le 27 octobre que tout aurait pu basculer. Le sous-marin soviétique B 59 est traqué depuis deux jours par des destroyers américains. Il n’a donc pas pu remonter à la surface et la tension à bord est à son comble. Les hommes d’équipage commencent à manquer d’oxygène et le commandant Savitsky ne peut échanger avec son PC. Tout à coup, 5 explosions secouent le sous-marin et le commandant est persuadé que les navires américains veulent le couler. 1

Fait ignoré des renseignements américains, il possède une torpille équipée d’une charge nucléaire de 10 kt. Il donne l’ordre de préparer son lancement afin de riposter. Bien qu’effroyable, cette décision est cependant conforme à la doctrine d’emploi de ces armes telle que transmise au commandant avant son départ.

Seule l’intervention du commandant en second, nommé Vassili Arkipov, doté d’une forte personnalité, et qui n’aurait même pas dû se trouver à bord, ayant du remplacer le second prévu au dernier moment, a évité que la planète ne bascule dans un conflit nucléaire.
Arkipov sut trouver les arguments justes pour éviter le pire. Combien de vies furent alors sauvées grâce à Vassili Arkipov, décédé en 1998 dans l’indifférence quasi-générale ?

Or, ces événements auront des suites imprévues. Conscients d’être passés à un cheveu du cataclysme, Khrouchtchev et Kennedy en tirèrent des conclusions et tombèrent d’accord sur la nécessité d’aller vers un désarmement. Pendant que celui-ci se mettait en place, un groupe de personnes non clairement identifiées à ce jour, mais agissant depuis la Maison Blanche 2, commença à s’interroger sur les conséquences d’un état de paix quasi-éternel qui risquait de mettre à mal les intérêts financiers de ce que Eisenhower avait appelé « le complexe militaro-industriel » dans son dernier discours en tant que Président, en janvier 1961.
Ce groupe appartenait probablement à ce que Peter Dale Scott 3 désigne sous le nom « d’ Etat profond américain » (Deep State).

On peut penser que le but ultime était d’installer un gouvernement mondial à la surface de la planète, et le fait de ne pas pouvoir l’imposer par la menace et la peur d’une guerre nucléaire risquait de compliquer sérieusement les choses.

Les tentatives de conquérir le monde afin d’y installer un empire unique ne datent pas d’hier et le XIXème siècle avait vu l’empire britannique sur le point d’y réussir. Celui qui est le plus fort et le mieux armé a, en théorie, toutes les chances d’y parvenir. En théorie seulement, car nombreux sont ceux qui comptent bien pouvoir s’y opposer, et jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, les tentatives avaient toutes échoué.

L’arme atomique aurait pu changer la donne, à condition qu’elle reste l’apanage d’une seule puissance. Or, en 1949, l’URSS avait réussi à faire exploser sa première bombe nucléaire, remettant en cause ce leadership. Il s’établit ensuite progressivement un nouvel équilibre de la terreur, qui ne pouvait qu’aboutir à la destruction d’une bonne partie de la planète ou à la mise en place d’un désarmement équilibré et programmé.

L’ « État profond américain » eut rapidement conscience que l’ère de paix qui s’ouvrait risquait d’être très néfaste à ses projets. Cependant, hormis quelques actions 4, nécessaires à ses yeux, pour établir sa capacité à dominer le monde, son action s’exerçait beaucoup plus dans le domaine psychologique, et notamment celui de la « communication ».

Le problème qui était posé pouvait se résumer à : « Comment faire pour maintenir le bénéfice lié aux craintes d’une guerre sans qu’il y ait réellement une guerre ? ».

Une première analyse s’imposait, consistant à identifier les effets de la guerre sur le plan social, économique et politique. Un groupe de personnes, destinées à rester totalement anonymes, furent alors sollicitées par un correspondant, visiblement interne à la Maison Blanche, en vue de se réunir d’une manière régulière pour établir un rapport commun sur ce sujet. Le lieu de ces réunions fut fixé dans un gigantesque abri anti-atomique, une colline près de la ville de Hudson, à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de New-York, dans laquelle de nombreuses galeries et tunnels avaient été creusés, probablement dans le cadre du « projet Jugement Dernier 5».

On connaît relativement peu de choses sur les participants et les fréquences de ces réunions. On sait simplement qu’elles se sont tenues de 1963 à 1967, date à laquelle ce rapport fut remis à ses commanditaires. Néanmoins, bien qu’il eut dû rester secret, un des participants a tenu à le publier sous le pseudonyme de « John Doe » (équivalent de « Monsieur Dupont » en français).

D’après une conférence de Claude Timmerman 6, le titre était « Report from the Iron Mountain on the possibility and the desirability of peace »  Cette parution provoqua un certain émoi à la Maison Blanche (nous étions alors en pleine guerre du Viet-Nam) et la réalité de ce rapport fut catégoriquement démentie.

Cependant, un article de John Kenneth Galbraith, dans lequel il affirmait que ce rapport avait une réalité, et que, s’il n’avait pu lui-même y participer, il avait cependant été pressenti. Cet article à été reproduit en tant que préface de l’édition française, traduite de l’anglais par Jean Bloch-Michel, parue en 1968 et rééditée en 1984.

Dans cet article, Galbraith écrivait d’une façon très explicite :

« De même que je prends personnellement la responsabilité de l’authenticité de ce document, je puis témoigner en faveur de la justesse de ses conclusions. Mes réserves ne concernent que l’imprudence avec laquelle il a été mis à la disposition d’un public qui n’était évidemment pas prêt à le comprendre. »

Jean Goychman

21 juillet 2020

(Cliquez ici pour accéder à la 2ème partie de cette série de 4 articles)

(Cliquez ici pour accéder au préambule de l’Imprécateur)

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1    http://historyweb.fr/crise-des-missiles-de-cuba/

2    JF Kennedy y fera allusion dans son discours du 12 novembre 1963, 10 jours avant sa mort  https://blogs.mediapart.fr/mbdl/blog/161011/le-discours-de-jfk-10-jours-avant-sa-mort-1

3    Peter Dale Scott L’Etat profond américain  Editions Demi-lune

4    L’emploi contesté de l’arme atomique à Hiroshima le 06 aout 1945 ainsi que sur Nagasaki le 09 font partie de ces opérations destinées à démontrer cette capacité.

5    Le projet du « jugement dernier » est né en 1949 après l’explosion de la 1ère bombe atomique soviétique afin d’assurer la continuité de la chaîne de commandement dans le cas d’une attaque sur Washington qui aurait anéanti à la fois le Capitole, la Maison Blanche et le Pentagone. http://www.wikistrike.com/article-le-projet-jugement-dernier-et-les-evenements-profonds-jfk-le-watergate-l-irangate-et-le-11-septembre-97211509.html

6    http://openyoureyes.over-blog.ch/le-%C2%AB-rapport-de-la-montagne-de-fer-%C2%BB

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Claude Roland
Claude Roland
23 juillet 2020 8 h 40 min

Je suis ravi que l’on parle enfin de cet aspect des actions néfastes du Deep State démocrate et la bande à Clinton adulés par les médias français. Cela fait longtemps que je parle de tout ça à) mes amis, et de plus en plus d’entre eux commencent à peine à comprendre et accepter l’existence des ces malfaisants qui ont signé leur objectif sur les Pierres de Géorgie.

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