VIVE LE DIÉSEL ! (Éric de Verdelhan)

« Boudé, blacklisté, oublié, les temps sont durs pour le diésel. Après avoir été porté aux nues par nos politiques dans les années 1980 et développé en conséquence par nos industriels, le diésel est plus que jamais en sursis. Ces mêmes décideurs qui le jugent aujourd’hui trop polluant et qui sont donc en passe de le crucifier, avec une norme Euro7 actuellement en discussion et qui pourrait même lui être fatale plus tôt que prévu… »
(L’Automobile magazine).

 

 

Me voilà de retour d’un long (et beau) périple en Italie – Venise et sa lagune – et en Slovénie. Des kilomètres avalés gaillardement par mon fourgon diésel, bien que le carburant devienne un luxe. Quand je suis parti, le gasoil était à 2,10 euros en France, à 1,99 euro en Italie et 1,84 euro en Slovénie. Je vous livre ce détail, juste pour vous prouver que notre gouvernement, qui se targue de « préserver notre pouvoir d’achat », ferait mieux de la fermer car il se moque de nous.

A peine rentré, un ami, sur le point de remplacer sa vieille voiture, me pose la question suivante : « Avec ce que Bruxelles nous prépare en 2035, faut-il encore acheter un diésel ? » 

Est-ce le privilège de l’âge ? Aux yeux de mes amis plus jeunes que moi, je deviens un vieux sage, celui à qui on demande des conseils dans tous les domaines (y compris ceux pour lesquels je n’ai pas la moindre compétence). Un proverbe québécois dit que « le temps ne fait pas des sages mais des vieillards », alors, disons qu’à défaut d’être un sage, je suis un vieux singe auquel on n’apprend plus à faire des grimaces.

Faut-il continuer à rouler au gasoil ? Pour moi la réponse est oui sans hésitation ! (1).

Tant pis pour la doxa écologiste et le suicide industriel voulu par l’Union Européenne, je reste un inconditionnel du moteur diésel. Gros rouleur durant toute ma vie active, j’ai acheté mon premier diésel en…1977, et depuis presque un demi-siècle j’ai parcouru plus de 3 millions de kilomètres grâce à cette technologie dont la fiabilité n’est plus à démontrer. Et malgré les oukases de Bruxelles, le moteur diésel a, je l’espère, encore de beaux jours devant lui.

Rappelons, juste pour mémoire, qu’en 2035, seules les voitures de tourisme seront privées de moteur thermique. Les camions, les bateaux, les locomotives, les engins de chantiers et les machines agricoles, continueront à brûler du carburant « fossile » (majoritairement du gasoil).

En clair, on va surtout « emmerder » les particuliers les moins riches, ceux qui ne pourront pas s’offrir une Tesla à 80 000 euros, et uniquement en Europe car ce n’est pas demain le veille que les continents émergents, comme l’Afrique ou l’Inde, abandonneront le moteur thermique.

2035, c’est dans 13 ans. Si Dieu me prête vie, j’aurai 86 ans. Autant dire que je ne me sens pas concerné par la voiture électrique et encore moins par le vélo cher aux écolos-bobos.

Mais n’étant pas égocentrique, je pense aux générations suivantes et je me fais un devoir de dénoncer les mensonges proférés contre le gasoil et le moteur à explosion.

Il m’en vient quelques-uns à l’esprit, je vous les livre en vrac :

a)- Le diésel serait plus polluant que l’essence.

Non, le diésel n’est pas plus polluant que l’essence. Il faut tordre le cou à cette idée fausse, rabâchée et entretenue par les médias complices.

Tous les moteurs thermiques passent les mêmes cycles d’homologation. Lorsqu’une « norme Euro » entre en application, tous les moteurs doivent y souscrire. La dernière obligation en la matière est « Euro 6.d.full », que tous les diésels respectent depuis 2021, comme les moteurs à essence.

Le diésel émet plus de particules que le sans-plomb, mais depuis des années, avec les pots catalytiques, les vannes EGR, les filtres en tous genres et l’« AD-Blue », il est devenu très propre.

Et, comble de l’ironie, le gasoil  émet moins de CO2 que l’essence, si bien qu’il était, il y a encore dix ans, subventionné par l’Etat… Nos dirigeants sont vraiment complètement cinglés !

b)- Le diésel est moins performant que les moteurs à essence.

J’ai envie de répondre que pour rouler à 30 km/h en ville et à 80 sur route, on se moque de la performance, mais là encore, c’est faux : le moteur diésel moderne est performant ; son rendement  n’a jamais été aussi bon. Chez Peugeot et Citroën, le « 1.5 BlueHDi » de 130 ch développe environ 300 Nm de couple contre 230 Nm pour le « PureTech » 130, ces deux valeurs maximales étant obtenues à 1750 tr/mn. Dès que la voiture est chargée ou que la route grimpe, le diésel s’avère bien meilleur.

Certains diésels offrent même des performances de voitures sportives, notamment chez les Allemands. Les BMW M340d Touring et Audi S6  abattent le 0 à 100 km/h en 5,2 et 5,8 secondes…

c)-  Le diésel n’est pas plus économique que l’essence.

Encore faux ! Les moteurs au gasoil sont plus sobres que ceux à essence. Certes, en ville, les motorisations hybrides essence/électrique battent des records, mais tous parcours confondus, les diésels restent nettement meilleurs.

d)- Le litre de gasoil est aussi cher, sinon plus, que l’essence.

Pour  nous inciter à abandonner le diésel, le gouvernement procède à un réalignement progressif de sa fiscalité sur celle de l’essence. Il n’y a donc plus d’avantage à la pompe, c’est même l’inverse ! Mais le diésel étant plus sobre, le coût aux 100 km reste plus favorable que l’essence.

e)- Les grandes villes vont toutes chasser les diésels. Rouler au gasoil va devenir difficile.

Aujourd’hui, c’est un fait, le terrorisme écologiste fait que les vieux diésels ne peuvent plus rouler dans les  fameuses « ZFE » (2) mais pas de manière systématique, car chaque agglomération définit ses propres règles. Paris, par exemple a décidé de reporter l’interdiction des « Crit’Air 3 » du 1er  juillet 2022 au 1er  juillet 2023.
C’est le manque de combativité – voire la soumission pure et simple – des automobilistes qui amène les municipalités (principalement écolos) à toujours plus de restrictions. Or on peut encore se battre, en boycottant systématiquement les voitures électriques.

Carlos Tavares, le patron du groupe Stellantis (3) vient d’annoncer qu’il retirait son groupe de la liste des constructeurs européens pour pouvoir continuer à produire des moteurs thermiques.

J’espère que son exemple fera école et sera suivi par beaucoup d’autres constructeurs.

Les « ZFE » sont au nombre de 12 actuellement en France (et une douzaine d’autres sont à l’étude). Ailleurs, aucune restriction n’est faite aux diésels. On peut donc encore se déplacer.  

f)- Bientôt une voiture diésel d’occasion sera invendable.

C’est sans doute vrai…en partie. Le Français, éternel râleur, est aussi parfois un pétochard bête et discipliné. Il suffit, pour s’en convaincre, de voir le nombre de gens qui se sont rués sur des voitures électriques ou hybrides (4). Si vous avez peur d’acheter un diésel, prenez-le en LOA (5) ce qui vous évitera les problèmes de revente. Pour ma part, je suis persuadé que, malgré la volonté européenne de tuer une industrie pourtant florissante, il restera, pendant des années encore, un marché du diésel d’occasion avec, entre autres, des débouchés sur l’Afrique – Noire ou du Nord – et les pays de l’Est.

g)- Le diésel et ses particules fines seraient responsables de 40 000 morts par an.

Personne n’est en mesure de dire d’où sort ce chiffre impressionnant. Il est indéniable que les poussières fines émanant des voitures (ou plus exactement de TOUS les véhicules à moteur) sont nocives, mais elles proviennent essentiellement… des freins et des pneumatiques. Or, que je sache, tous les véhicules – à essence, diésels, hybrides ou… électriques – sont dotés de freins et de pneus.

h)- Encore une petite dernière : Essence ou gasoil, le moteur thermique est condamné par la disparition des énergies « fossiles ».  

On nous sérine ça depuis des décennies.

Dans un article de mai 2022, j’écrivais :

« En 1974, lors du premier choc pétrolier, on nous annonçait  comme une fatalité inéluctable :
« Dans 20 ans (soit en 1994) il n’y aura plus de pétrole ».

Nous sommes en 2022 et notre consommation de pétrole a été multipliée par dix depuis !
Les réserves de pétrole mondiales sont deux fois plus importantes qu’en 1974.
Du pétrole – énergie fossile donc qui se régénère – il y en a partout ; sous les grands lacs africains, en Mer du Nord, sous la calotte arctique… etc ».

Et puis, si le pétrole venait à manquer, on peut encore miser sur du carburant de synthèse ou sur l’hydrogène. Porsche a annoncé qu’il n’entendait pas abandonner le moteur à explosion et qu’il travaillait à la mise au point d’un carburant de synthèse non polluant (6).

i)- J’allais oublier l’argument massue, celui qui interdit toute contestation, tout débat, et doit convaincre le citoyen-lambda à rouler en voiture électrique : Le moteur thermique serait responsable du réchauffement climatique.
Ben voyons !
On ne demande qu’à le croire mais c’est méconnaître notre histoire récente.

Depuis l’An 1000, resté célèbre pour sa grande sécheresse, la France et l’Europe ont connu de nombreuses périodes de canicules.

En  1132, en Alsace, le Rhin pouvait être traversé à pied. Même chose  en 1152.
En 1160, à la bataille de Bela, en Hongrie, les soldats tombaient comme des mouches à cause d’une chaleur excessive.
En 1276 et 1277, en France, la récolte d’avoine et de seigle ont été totalement détruites par la chaleur.
En 1303 et 1304 la Seine, la Loire, le Rhin et le Danube pouvaient être traversés à pied.
En 1393 et 1394 le bétail mourrait et les récoltes étaient brûlées par la chaleur.
En 1440, 1538, 1539, 1540 et 1541 les rivières européennes étaient littéralement asséchées.
En 1556, nouvelle sécheresse généralisée dans toute l’Europe.
En 1615 et 1616 la canicule s’abattait sur la France, l’Italie et les Pays-Bas.
En 1646 il y eut en Europe 56 jours consécutifs de grosses chaleurs.
En 1676, nouvelle canicule.
En 1718, aucun jour de pluie d’avril à octobre. Récoltes brûlées, rivières asséchées (et théâtres fermés à Paris par ordre du Préfet de police) en raison des températures excessives.
En 1723 et 1724, encore des températures extrêmes.
En 1746 l’été a été très chaud, les récoltes furent littéralement calcinées.
En 1748, 1754, 1760, 1767, 1778et1788 les chaleurs estivales furent excessives.
En 1818 les théâtres parisiens restèrent fermés pendant un mois en raison des fortes chaleurs.
En 1830, nouvelle canicule durant l’insurrection des « trois glorieuses » (27,28 et 29 juillet).
Fort coup de chaleur encore lors de l’insurrection du 6 juin 1832.
En 1835 la Seine était presque à sec.
Même chose en 1850, au mois de juin, au cours de la seconde épidémie de choléra de l’année.

On peut lire tout cela en détail dans un journal anglais, le « Ampshire Advertiser from Southampton »(7), en date du 17 juillet 1852, il y a 170 ans presque jour pour jour.

A l’époque, le moteur à explosion allait connaître ses premiers balbutiements. Le premier moteur à combustion à un cylindre a été réalisé par Eugenio Barsanti et Felice Matteucci en 1854. Le moteur « deux temps » a été réalisé par Étienne Lenoir en 1859. Le moteur à quatre temps a été inventé par Beau de Rochas en 1862, développé par Nikolaus Otto en 1867, puis perfectionné par Gottlieb Daimler et Wilhelm Maybach en 1886.

Quant au moteur Diesel, il est né  en 1893.  

Ne l’accusons pas de tous les maux de la planète, il y avait des sécheresses bien avant que le moteur thermique ne supplante le moteur à crottin. Mais ne demandons pas aux écolos, ces crétins pétris de certitudes, de connaître l’histoire de leur pays, ses canicules – dévastatrices – et ses inventions – souvent géniales et qui ont fait de la France une grande nation. Je ne conteste pas à ces imbéciles sectaires le droit de vivre comme les Amish de Pennsylvanie, mais de grâce, qu’ils arrêtent d’emmerder les Gaulois qui ne vivent pas, ne mangent pas et ne pensent pas comme eux !

J’ai trois véhicules à moteur : un fourgon et un 4×4 qui roulent au gasoil, et une moto, un gros « V-Twin » à essence.
Pour moi, ils symbolisent la liberté, les voyages et les grands espaces, mais l’écolo-bobo perché sur son « Vélib »  ne peut pas comprendre ça.

Eric de Verdelhan

15 juillet 2022

1)- Ne serait-ce que pour ne pas collaborer à la destruction d’une technologie que nous maitrisons parfaitement dans le seul but de complaire à la secte écolo.
2)- ZFE : Zone à Faible Emission.
3)- Qui regroupe Citroën, Peugeot, Fiat et Chrysler.
4)- Alors que l’UE veut aussi la mort des voitures hybrides.
5)- LOA : Location avec Option d’Achat.
6)- Durant la Seconde Guerre Mondiale, le 3ème Reich a fait fonctionner son imposante machine de guerre (chars, camions, avions et bateaux) avec du carburant de synthèse car il manquait de pétrole.
7)- On peut le trouver sur Internet.

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Dorylée
Dorylée
20 juillet 2022 16 h 46 min

J’espère que les constructeurs automobiles français auront bien archivé tout le savoir faire de nos ingénieurs et mécaniciens car il faudra bien un jour revenir au moteur diesel et bien plus tôt que les crétins écolo ne le croient ; le monde manquera très bientôt de nickel, néodymes et autre lithium, cuivre, cobalt, argent… En effet un véhicule électrique nécessite six fois plus de métaux que son équivalent thermique pour des performances moindre et une autonomie ridicule. Et une éolienne, neuf fois plus qu’une centrale au gaz. Et ça, ce sont des ressources NON RENOUVELABLES !

.Jacques Boutté
.Jacques Boutté
19 juillet 2022 14 h 06 min

Victime de la mode, j’ai abandonné ma 3008 diesel qui prenait de l’âge pour une idem à essence . Je suis bien plus souvent à la pompe et ne peux que rarement utiliser la 6ième vitesse dans ma région à collines drues. Je bats ma coulpe !

Joséphine
Joséphine
19 juillet 2022 3 h 56 min

Comme l’a écrit un certain général : « J’ai mal à ma France », moi j’ai mal à ma Diesel !!! Bien que datant de 1995, je prie pour qu’elle obtienne bientôt son contrôle technique.

Allobroge
Allobroge
18 juillet 2022 17 h 13 min

Parions que l’après diesel, en Europe de l’ouest en tout cas profitera à des multinationales américaines !..L’Europe à bien des égards est un marché captif que les USA s’ingénient à développer vers l’est :!

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