LE P’TIT DISCOURS DU P’TIT BONHOMME (par l’Imprécateur)

C’était un petit bonhomme
Qu’on avait ramassé
Il était tout en pleurs
Pensait qu’à l’Élysée… (1)

Le p’tit bonhomme nous a sorti un discours qu’il pensait génial : il ne parlerait pas de politique intérieure, seulement de politique internationale, un domaine où il croit exceller alors qu’il n’y connaît rien. Les questions des journalistes étaient celles proposées et autorisées par l’Elysée, d’où leur manque d’intérêt. Sauf une, demandant si le p’tit bonhomme suivrait l’exemple du premier ministre finlandais, Juha Sipilä qui a offert de loger des migrants dans sa maison de campagne, en mettant sa villa de Mougins et ses appartements de Cannes à la disposition des réfugiés.
Réponse embarrassée du p’tit bonhomme « Euuuuuh… non ! ».
S’il ne monte pas l’exemple, comment veut-il pouvoir imposer aux Français d’en héberger chez eux ou dans leurs communes ?

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Oubliés les agriculteurs en colère, toujours aussi mécontents de leur ministre dont l’incompétence et le manque de caractère s’affirment de jour en jour et qui, pendant que le p’tit bonhomme parlait, mettaient la pagaille à Bruxelles. Oubliée la Nouvelle-Calédonie où s’installe une confusion institutionnelle monstre, 6 000 électeurs supposés favorables au maintien de la présence française ayant encore été sortis des listes électorales. Car il faut le savoir : en Nouvelle-Calédonie ce sont des fonctionnaires métropolitains qui décident de qui aura ou n’aura pas le droit de vote. Elle est très bananière l’expression de la démocratie là-bas, dans ce territoire de la République qui, depuis plus d’une demi-siècle, clame à chaque référendum sur l’indépendance sa volonté de rester français.

Si l’on met pour le moment de côté quelques apartés sur la réduction des impôts, les deux grands sujets du petit discours ont été l’entrée en guerre de la France en Syrie et un discours d’un humanitarisme larmoyant sur l’impérieuse obligation d’accueillir toute la misère du monde qui vient se réfugier chez nous.

Roland Cayrol qui commence à gâtiser sérieusement a affirmé à C dans l’air « 24 000 réfugiés pour la France qui a 65 millions d’habitants et qui a accueilli un million de Pieds Noirs en 1962, c’est rien du tout… il y a beaucoup de fantasmes sur l’islam qui serait dangereux« .

Il y a au moins quatre inepties dans cette affirmation.

Christophe Barbier l’a rappelé, le chiffre de 24 000, claironné partout, y compris par le p’tit bonhomme, est faux. C’est de 30 000 migrants au minimum dont il est question, puisqu’avant l’annonce des 24 000 promis, il y a les 6 000 déjà acceptés dans les quelques jours précédents.
Et puis ces 30 000 viennent s’ajouter au 75 000 demandeurs d’asile déjà recensés en provenance de l’Afrique (dont quelques « vrais » réfugiés qui fuient la guerre chez eux) et aux 150 000 qui, venus clandestinement en France pour des raisons économiques ou de confort, campent ou squattent à Marseille, Calais, Paris, Lyon, Dunkerque…
De plus, le p’tit bonhomme a dit qu’il ne devrait pas y avoir de limites à l’accueil, c’est une question d’humanisme, ce qui ouvre la possibilité à 40, 50 ou 100 000 « réfugiés ».

Ensuite, en 1962, la France était en pleine croissance (PIB + 6,67 %) et le taux de chômage était proche de zéro (200 000 chômeurs, la plupart entre deux emplois). Accueillir des immigrants majoritairement originaires d’Europe, souvent catholiques et vraiment désireux de s’intégrer ne posait pas de gros problème.

Le plus scandaleux dans la bouche de Cayrol, c’est « la France a… accueilli un million de Pieds noirs« . D’abord parce qu’il oublie les Harkis abandonnés sur ordre, qui subirent en Algérie taxations, arrestations, brimades, et finalement exécutions souvent accompagnées de tortures (150 000 furent assassinés par le FLNA). Les 100 000 qui réussirent, grâce à la désobéissance de quelques militaires ayant le sens de l’honneur à gagner la France, furent à leur arrivée traités comme des chiens par les autorités.

L’affirmation de Cayrol, c’est bien-sûr le point de vue du franco-marocain (il est né au Maroc) né de parents algériens professeurs d’arabe. Parce que si les Français ont fait majoritairement bon accueil aux réfugiés Pieds Noirs, les gaullistes et les socialistes, eux, n’en voulaient pas.
Que ce soit de Gaulle recommandant de « les orienter vers des pays vides… comme la Nouvelle-Calédonie« , ou Gaston Deferre « On n’en veut pas à Marseille, il n’y aura pas de place pour leurs enfants dans les écoles« .
Mais surtout, les Pieds Noirs n’étaient pas des immigrants, c’étaient des Français, se déplaçant de trois départements français, Alger, Oran et Constantine, vers les autres départements français. Ils avaient construit ces trois départements d’outre-Méditerranée à partir de l’ex-colonie turque qu’était le centre-Maghreb à l’époque, où seuls quelques chefs s’enrichissaient du trafic d’esclaves, avec un million d’habitants très pauvres.
Ils sont rentrés en France continentale ruinés par la volonté gaulliste et socialiste de larguer l’Algérie en abandonnant la richesse pétrolière et gazière découverte par les entreprises françaises et la grande richesse agricole que les Français d’Algérie avaient créée en plus des routes, des ports, des aéroports, des hôpitaux, des usines, des écoles, lycées et facultés, des tribunaux autres que ceux musulmans tranchant les pieds, les mains et les têtes. Et ils avaient apporté la démocratie.

Le p’tit discours du p’tit bonhomme a aussi montré une grande ignorance du droit international (2). Le Forum Social Mondial a défini des « pactes relatifs aux droits de l’homme », adoptés par l’Assemblée générale de l’ONU en 1966 et toujours en vigueur, énonçant le droit des peuples à contrôler leur destin historique et à protéger et défendre leur patrimoine génétique (« Nous défendons la souveraineté des peuples et des nations sur leur patrimoine génétique« ). C’est en fait la traduction en droit international du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Cela interdit à nos dirigeants politiques européens d’imposer aux peuples (qu’ils devraient servir et non asservir), l’obligation de garder définitivement les réfugiés qui demandent l’asile, ou de leur imposer des formes de quotas et de métissages culturels, voir physiques.

Les réfugiés doivent être protégés le temps nécessaire à l’assurance de leur sécurité, mais ils n’ont aucun droit à rester. Le pays d’accueil peut, si le peuple donne son accord, décider de les garder, mais il a le droit de procéder à des tris et de les expulser dès qu’il est jugé que la vie des réfugiés n’est plus en danger. Il est donc permis dans cette attente de les mettre dans des camps, comme l’ont fait par exemple les pays (Liban, Syrie, Jordanie…) qui ont accueilli des réfugiés palestiniens qu’ils ne veulent pas assimiler.

Autre exemple, « Le terme de souveraineté alimentaire comprend le droit pour les peuples de définir leurs propres politiques de consommation d’aliments, leur garantissant la possibilité de se nourrir dans le respect de leur culture« . Il est donc interdit d’imposer un mode de consommation s’il ne convient pas au peuple souverain dans la nation, s’il l’estime contraire à sa culture et ses traditions alimentaires. Ce qui veut dire  que la population indigène peut accepter d’autres modes de consommation d’origine étrangère, comme le « halal », mais a aussi le droit des les refuser et de refuser qu’ils soient imposés d’autorité à ses enfants.

Le p’tit bonhomme a beaucoup joué sur l’émotion provoquée par la photo du cadavre du petit Aylan Kurdi sur la plage de Bodrum en Turquie. Une photo truquée comme celles de BHL sur des barricades (Libye, Ukraine) qui sont prises en studio.

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Dans un précédent article, j’ai dit que le corps avait été déplacé, c’est maintenant prouvé. Une lectrice de Minurne, que je remercie, a observé que la position du corps n’est pas naturelle. Effectivement, un corps de noyé n’est très rarement perpendiculaire à la ligne de séparation des eaux et du sable, et jamais avec les pieds en avant et la tête tournée sur le côté, il est toujours parallèle, comme l’était celui d’Aylan là où il a vraiment été trouvé, entre deux rochers.

ob_aa1aa4_11951099-10208016032422566-17672254652La vraie photo d’Aylan Kurdi avant celle trafiquée pour exploiter l’émotion internationale

Cette photo est non seulement un mensonge mis en scène par des professionnels de la communication.
Elle est illégale puisque la loi interdit maintenant de montrer les victimes de la barbarie islamique, elle est surtout malhonnête en permettant au pouvoir politique de passer outre à la volonté majoritaire du peuple français en organisant une immigration massive dont les Français ne veulent pas, ouverte à tous les vrais et faux réfugiés.
Aylan n’est pas né à Kobané, ville syrienne martyre, mais en Turquie où ses parents vivaient depuis trois ans. Leur passage en Europe n’était pas motivé (ou seulement indirectement) par la fuite du conflit syrien, mais par le besoin pour son père de se faire soigner les dents si possible gratuitement (source : la tante qui vit au Canada et le père lui même dans sa première déclaration).

« Il y a beaucoup de fantasmes sur les dangers de l’islam » ajoute Cayrol.
Kadhafi, qui connaissait tout de même un petit peu l’islam, avait prévenu en 2011 « si vous n’aidez pas la Libye, vous aurez Al-Qaida aux portes de la Méditerranée, à 50 km des frontières de l’Europe« .
Non seulement la France n’a pas aidé la Libye, mais elle y a créé à l’incitation de BHL une pétaudière islamiste ! Il n’est donc pas étonnant que l’Etat islamiste et Al Qaïda soient à nos portes et même déjà en France.
Abou Muqatil, le mentor des frères Kouachi qui a organisé l’attentat du Prado à Tunis l’a dit depuis la Syrie « Avec la permission d’Allah, vous verrez la bannière « la ilaha illallah » {de l’Etat islamique] flotter sur l’Elysée. L’État islamique est proche maintenant. Entre vous et nous, il y a la mer. Avec la permission d’Allah, nous avançons vers vous. Et si Dieu le veut, nous vendrons vos femmes et enfants sur les marchés de l’État islamique« .

Et puis tout le monde sait que Merah, Sahli, Kouachi, Nemmouche, Coulibaly, etc. n’étaient pas des bouddhistes ou des Témoins de Jéhovah, et que s’ils ont crié « Allah Akhbar » en mitraillant, poignardant ou décapitant, ce n’était pas pour tromper le monde et faire tomber la faute sur les gentils musulmans, mais bien pour affirmer « nous sommes chez vous et nous allons vous tuer si vous ne vous pliez pas à la charia ».

Même Dalil Boubakeur l’a dit « La communauté musulmane de France, minée par le communautarisme et par le fondamentalisme, s’est bien dégradée du fait de l’inertie de fonctionnaires peu vigilants et d’un laisser-faire coupable permettant au salafisme, aux imams autoproclamés et à tous les meneurs de travailler sans cesse » une population « déboussolée ». Nous sommes loin d’une vision religieuse laïque et moderne. Je crois vraiment, dans le réveil de l’islam, que les prophéties négatives prennent corps« .
Traduction pour les jeunes lecteurs : « L’islam bascule du côté obscur de la Force« .

L’islam « modéré de France » est comme les démocrates modérés que voit Fabius en Syrie : de plus en plus introuvable.

L’ONU a également validé cet élément de la déclaration finale du Forum Social Mondial sur : « le droit des peuples à connaitre et critiquer les décisions de leur propre gouvernement, particulièrement en ce qui concerne leur politique au sein des institutions internationales. Les gouvernements sont comptables devant leurs peuples. »

Le p’tit bonhomme nous a informés de sa décision de faire procéder « dès demain à des survols de la Syrie » en vue de bombardements à venir. Une telle décision est illégale tant que l’ONU ne l’a pas validée et il nous est légalement permis de la critiquer et de dire qu’elle est irréfléchie et irresponsable, surtout tant qu’il n’est pas décidé, comme l’a déclaré Fabius, qui sera bombardé : l’armée régulière de la Syrie, pays souverain dont la France viole l’espace aérien, celle de l’Etat islamique qui occupe et colonise illégalement la Syrie, ou les troupes terroristes équipées d’armes françaises des amis de monsieur Fabius, Al-Qaïda-al-Nosra qui « font du bon boulot », dit-il ?

L’Imprécateur

Ban last

1 Adaptation de C’était un p’tit bonheur, de Francis Leclerc

2 Voir l’excellent article Merkel et Hollande : deux beaux exemples de confusion intellectuelle, Henri Temple dans Boulevard Voltaire qui traite de la légalité internationale de l’immigration

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