LA DÉMOGRAPHIE : LE VRAI PROBLÈME – CRUCIAL – QU’IL EST INTERDIT D’ÉVOQUER (par l’Imprécateur)

La classe politique française s’est gargarisée de ce qu’elle a appelé la “grande réussite” de COP21. Succès diplomatique si l’on veut et pour faire plaisir au très prétentieux monsieur Fabius, mais échec complet sur trois plans : celui des résultats obtenus, celui de la méthode et celui du contenu.

Le résultat final est en effet assez pitoyable après les annonces préalables et solennelles du président Hollande sur le besoin extrêmement urgent d’un accord général engageant tous les pays du monde sur des critères précis et contraignants. L’urgence est reportée à Pâques ou à la Trinité (2020 à 2050). Tous les pays du monde ont, dit-on, signé l’accord final, mais certains ont déjà fait savoir par des confidences de couloirs diplomatiques ou des articles dans leur presse nationale qu’ils ne se sentent engagés en rien. Le seul critère précis, ne pas dépasser + 1,5°C d’ici 2100, est de l’avis de tous les experts, même la majorité de ceux du GIEC, inaccessible. Il n’y a aucune contrainte financière, rien que des promesses qui n’engagent que ceux qui les ont crues parmi ceux qui les ont entendues. Par contre, beaucoup d’États – c’est la raison pour laquelle ils ont signé – y ont vu le moyen de taxer leurs contribuables sous couvert d’écologie.

Bref, COP21 n’aura servi en rien à «sauver la planète ».

La méthode fabiusienne était-elle la bonne ? De toute évidence, non. On sait qu’il ne faut pas laisser la décision de la guerre aux militaires, mais aux politiques. Par contre, mieux vaut laisser la gestion des opérations aux militaires et en écarter les politiques si l’on veut gagner la guerre. De même, il est bon que les politiques prennent la décision des COP successives, mais il fallait en confier la gestion aux scientifiques si l’on voulait obtenir des résultats. COP21 aurait pu être un succès déjà considérable, si les données du problème avaient été discutées préalablement pour savoir si le document de travail fourni par le seul GIEC était crédible ou pas. Or il n’est pas certain qu’il le soit puisqu’un nombre non négligeable de scientifiques, y compris environ 400 de ceux à qui le GIEC a demandé des contributions, n’étaient que partiellement d’accord avec les conclusions de ce document qui a excessivement dramatisé la question du réchauffement climatique global dans un but purement politique.

La Terre est chauffée par deux sources d’énergie majeures : son cœur de roches et de métaux (nickel-fer) en fusion sous la croûte, et le rayonnement de type nucléaire provenant du soleil, qui chauffe la surface de la croûte. Que l’une de ces sources varie d’un iota et nous sommes soit cuits, soit surgelés.

Soutenir que le réchauffement actuel de la fine pellicule d’air qui entoure la Terre est dû à la seule activité humaine aurait pu être crédible si un lien direct entre la production humaine de CO2 et l’élévation de la température avait été démontré de façon certaine dans le passé et maintenant. Or il ne l’est pas.

Pour s’en tenir au seul “maintenant”, depuis quinze ans, la teneur en CO2 continue d’augmenter alors que la température globale reste stable, voire prend une tendance baissière.

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La bonne méthode eut été de laisser s’exprimer dans un premier temps les scientifiques qui ont des objections à présenter, car ils ne sont pas les incompétents imbéciles qu’a décrit la presse hargneuse et mal informée aux ordres du gouvernement et des écolos. Il est même possible qu’ils soient plus honnêtes que les 80 scientifiques qui ont rédigé le rapport du GIEC au sein duquel ils servent la propagande de l’ONU sur laquelle ils comptent pour les subventions dont ils vivent.

Enfin, le contenu. Un seul thème de discussion : le réchauffement climatique supposé d’origine uniquement anthropique (humaine). Supposons que ce soit exact (ce qui n’est pas certain) mais… admettons. Dans ce cas, il ne fallait pas se limiter à vouloir soigner les effets induits, la production de CO2 et autres Gaz à Effet de Serre (GES) par les énergies fossiles, l’industrie, les transports, l’élevage, la culture sur brûlis et les émissions de méthane par les hommes, les ruminants et la végétation, mais la cause initiale. Parce que cela revient à soigner avec de l’aspirine (les taxes écolos) les douleurs causées par un cancer.

Or la cause initiale est totalement ignorée par la très grande majorité des politiciens de ce monde parce que les grandes écoles dont ils sont issus, que ce soit Harvard, Eton, l’ENA, le MIT ou autres considèrent qu’il s’agit d’un sujet mineur : la démographie.

Une question quasiment taboue en Occident, que la Chine et à un moindre degré l’Inde ont, seules, tenté de résoudre. Politique de l’enfant unique en Chine, mesures contraignantes de régulation des naissances en Asie du Sud-Est.

On doit en effet à la multiplication rapide des humains la plupart des grands problèmes actuels et notamment plusieurs guerres, les grandes migrations africaines, la pollution généralisée, les migrations massives et même un certain nombre de dérèglements qualifiés à tort de “climatiques”.

Au moment où a lieu le débat sur le changement climatique, il est assez surprenant de voir que la question de l’effet de l’augmentation du nombre d’êtres humains sur la pollution et l’augmentation de la production de CO2 et autres GES n’est jamais abordée comme étant le facteur principal de l’accentuation des problèmes et a totalement été occultée lors de COP21 !

Tous les continents ont connu dans le dernier siècle une évolution démographique connue sous le nom de « transition démographique », c’est-à-dire le processus de passage d’une haute natalité et mortalité à une faible natalité et mortalité, conséquence des progrès techniques et de ceux de la médecine occidentale généralisés au monde entier. Quand la durée de vie augmente, l’effectif de la population augmente mécaniquement. Le coefficient “2”, considéré comme indispensable au renouvellement des générations perd ainsi son sens. “1,8” ou “1,6” voire moins suffisent, comme l’a démontré la Chine qui a presque doublé sa population en deux générations avec un enfant par famille parce que les Chinois ont gagné dans le même temps trente années de temps de vie supplémentaire. C’est pourquoi aussi, toujours parce que la durée de vie y augmente, des pays comme la France ou le Japon ont une population qui, pour le moment (car il y a un plafond atteint au-delà de cent ans) continue à augmenter malgré des taux de fécondité bas. Ce qui pose aussi un autre problème : celui des populations vieillissantes où le nombre d’actifs diminue par rapport à l’effectif de la population.

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L’Europe et l’Amérique du Nord sont sorties de la transition démographique, l’Amérique du Sud et l’Asie en sortent, on pourrait espérer une stabilisation de la population mondiale pour la fin du siècle qui stabiliserait aussi la pollution et les émissions de CO2 et autres GES. Mais l’Afrique n’en sort pas. La mortalité a fortement baissé grâce à la médecine occidentale, alors que la natalité demeure encore très élevée.

Il y a plusieurs raisons à cela.

L’Afrique est le dernier continent à être entré dans le processus de la transition démographique. Il est normal qu’elle y soit encore. L’anomalie est qu’il s’éternise alors qu’après plus d’un demi-siècle d’indépendances l’Afrique devrait être en train d’en sortir. Après la période des indépendances, au XIXème siècle pour l’Amérique du Sud et au XXème pour l’Asie, les élites locales se sont appuyées sur l’aide et les techniques occidentales pour enclencher des processus de développement économique qui, malgré des hauts et des bas, réussissent globalement : Japon, Brésil, Vietnam, Corée, Chine, Inde… La population s’enrichit, s’urbanise, vit de plus en plus longtemps en travaillant moins et fait de moins en moins d’enfants.

L’Afrique reste handicapée par la survivance de structures tribales et claniques très fortes qui empêchent en beaucoup de pays l’émergence d’États dignes de ce nom. L’État, c’est une tribu dominant les autres, et son chef, un Bokassa, N’Guesso, Campaoré… qui pour se maintenir au pouvoir place les siens aux postes gouvernementaux et les enrichit par la corruption généralisée.

Ce type de société empêche la création d’États puissants où chaque citoyen se reconnaît, comme cela s’est passé ailleurs dans le monde où tous les pays en voie de développement devenus des pays industrialisés riches et bien gérés ont connu une forte baisse de leur natalité (ex. : Corée du Sud).

Le paradoxe est que l’Afrique dispose des ressources nécessaires pour abriter une population beaucoup plus importante, que ce soit en eau, en sources d’énergies fossiles ou renouvelables, en terres agricoles et en ressources minérales. Leur répartition n’est pas très bonne, mais des politiques de coopération efficaces permettraient à l’Afrique d’avoir deux milliards d’habitants avec un niveau de vie à l’européenne si de multiples facteurs n’intervenaient qui ruinent cet espoir, sauf un miracle que personne n’imagine pour le moment (un développement à la chinoise par exemple). En fait, « L’Afrique paie lourdement la gabegie de sa classe politique, puisqu’une croissance démographique trop élevée obère les perspectives de développement économique » (Laurent Chalard, Atlantico).

La solution serait donc la mise en place de politiques de régulation des naissances ? − Pas si simple, parce que l’Afrique musulmane interdit la contraception et que l’Afrique Noire a bien ancrée dans sa mentalité que les enfants sont la richesse de la famille. Certains États valorisent même le fait d’avoir beaucoup d’enfants. La maîtrise des démographies nationales est donc loin d’être acquise. Seul le Rwanda a une telle politique parce qu’il a compris que la surpopulation avait été la cause du génocide qui s’y est déroulé en 1994. La fécondité y est passé en dix ans de “6,1” à “4,2” enfant par femme, et continue de baisser.

D’autre part, les politiques d’aide au développement des Occidentaux et de la Chine qui intervient lourdement en Afrique depuis une vingtaine d’années sont très hypocrites, y compris celle de la France. Leur objectif reste très largement néo-colonialiste et consiste trop souvent à piller les ressources de l’Afrique sous couvert d’une aide publique au développement, en fermant les yeux sur le fait qu’elle sert trop souvent à acheter des fonctionnaires et des politiciens corrompus.

Nous en payons les conséquences avec les centaines de milliers d’Africains qui viennent chercher de quoi vivre et la sécurité en Europe, un flot qui ne fera que croître dans les années à venir si des politiques de régulation des naissances ne sont pas mises rapidement en œuvre en Afrique.

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Cette courbe est très classique en démographie. Toutes les populations animales débutent lentement, puis connaissent une expansion rapide en forme de courbe de Gauss et s’effondrent parce qu’elles ont épuisé le milieu qui les faisait vivre. Il n’y a pas de raison que l’espèce humaine y échappe.

La prévision actuelle prévoit l’inversion de la courbe de la population mondiale à partir de 2115 avec 12 à 12,5 milliards d’habitants.

Un meilleur contrôle de la démographie et des ressources naturelles permettrait d’étaler la courbe sur quelques siècles supplémentaires.

L’Imprécateur

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