LE XXIème SIÈCLE, OU LA DÉFAITE DE L’INTELLIGENCE
(Alexis Céron)

Le XXIème siècle consacre officiellement la défaite de l’intelligence : le syllogisme l’emporte sur le raisonnement et le slogan sur la pensée.

Cet article de L’Obs en est la plus parfaite démonstration.

Point de départ : deux photos sur le compte Facebook d’une sénatrice FN montrant côte à côte deux photos, l’une prise à Paris au XXIe siècle et l’autre en 1940.

Capture d’écran du Facebook de Claudine Kauffmann

À peine compare-t-on deux situations, que les MAPCIF (Maîtres À Penser Comme Il Faut) sautent à pieds joints sur une interprétation biaisée du fait des mots qui déforment le message initial.

La comparaison avec l’Occupation est évidente, et elle est est loin d’être inappropriée : occupation physique, multiplication des attitudes dominatrices de gens reconnaissables et parlant une langue étrangère, soumission des autorités à la loi de l’occupant, législation de circonstance, milices, censure, collabos…

Bref, quelque chose qui évoque les heures « les plus sombres de notre histoire » comme disent les bêlants répétant ce que disent les rugissants quoique, pour être franc, les heures La Fayette, Philippe-Égalité, Condorcet, Robespierre et consorts (pour piocher quelques noms au hasard) n’étaient pas tristes non plus côté « les heures les plus sombres de notre histoire ». Mais, bêlation oblige, ayant été baptisées « heures de lumières », la police de la pensée doit s’assurer que l’on s’extasie devant ces grands moments de fierté nationale que fut « l’after » du serment du Jeu de Paume.

Là où commence le travail des faussaires c’est dans le glissement de la situation aux mots. Rappelons que l’Occupation, c’est le constat d’une présence pour le moins lourde de conséquences de très nombreux Allemands en France et que le nazisme est un problème interne à l’Allemagne. Certes les Allemands sont aujourd’hui nos meilleurs amis, mais quand on réécrit l’histoire avec les armées nazies, les troupes nazies, les mégastructures nazies comme le font régulièrement les chaînes « Planète + » et « Nat Geo », c’est de la falsification crétinisante pure malgré la qualité documentaire servie par ailleurs.

L’Obs (contraction de « L’Obsédé ») voit des nazis partout. Le FN, c’est des nazis et quand la dame Kauffmann − sénatrice FN − ose souligner le caractère un peu voyant de l’occupation migratoire de la France, voire le dénoncer, cela revient pour L’Obs à traiter les « nombreux venus » de nazis. Pas même d’Allemands. Car, toujours dans le camouflage verbal ambiant, ce ne sont pas les Allemands qui ont emmerdé le monde de 1938 et 1945, ce sont les nazis. Des extraterrestres apatrides, ces nazis provenant d’une planète au nom inconnu mais revendiquant haut et fort un nationalisme, une nationalité et une nation (ainsi qu’un peuple et un chef) !

Quant à L’Obs, sa filiation intellectuelle avec l’excellent Dr Goebbels n’a évidemment rien à voir avec les nazis, naturellement.

Il faut cependant souligner que la comparaison avec les nazis est idiote. C’est du reste L’Obs qui la fait sous couvert de relater une « polémique » qu’en réalité il travaille à déclencher : d’une part parce que le mot nazi est inapproprié pour ce qui est de l’occupation ALLEMANDE et d’autre part parce que l’occupation « nazie » en question a été de relativement courte durée : au bout de cinq ans, non seulement c’était terminé, mais tous ceux qui étaient soupçonnés de fricoter avec l’occupant ont eu de sérieux ennuis.

Rien de tel aujourd’hui, au contraire. Tout cela a même un petit air de station thermale (on hésite entre Vichy et Évian). Et pour ce qui est de la durée, personne ne peut raisonnablement penser que les choses redeviendront ce qu’elles étaient… avant.

Enfin, tout le monde sait que les nazis étaient radicalement antisémites. Peut-être L’Obs ne tardera-t-il pas à accuser la dame Kauffmann de négationnisme, car rien ne permet de soupçonner quoique ce soit de tels chez les « nombreux venus ». Les gens comme ça, ça ose tout. Comme les nazis, du reste.

Évidemment, si la sénatrice Kauffmann a voulu dire que la France était partie pour en prendre pour mille ans, L’Obs aurait peut-être quelque bonne raison d’écrire ce qu’il écrit, mais ceci est une autre histoire. La juxtaposition des deux photos voulait dire quelque chose que L’Obs a compris sans pouvoir le traduire autrement qu’à travers sa pauvreté de vocabulaire habituelle.

Petit conseil à ceux qui ont le sentiment que la France est occupée : mieux vaut dire qu’on se croirait pendant la guerre de Cent ans. Comme ça personne n’accusera personne de comparer les migrants aux nazis. L’Obs écrira alors qu’on compare les migrants aux Anglais et tout le monde sera tranquille. Mais attention, pour mettre le feu aux poudres, L’Obs serait tout à fait capable d’écrire qu’on a traité les migrants de cochons d’Anglais. Et là, ce serait le début d’une sorte d’Anschluss, car jamais « l’État Islamique » ne permettrait qu’on dise une chose pareille !

Alexis Céron



 

GRAND REMPLACEMENT : LE CAS TRAGIQUE DE LA SUEDE
(Renaud Camus)

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J’aime passionnément la Suède. J’ai consacré jadis un épais volume de ma collection “Demeures de l’esprit” à ses maisons d’artistes, d’écrivains, de compositeurs, de poètes, de cinéastes. Il me semble avoir rarement été aussi heureux qu’à Pajala, chez Læstadius, en Laponie, sur les bords de la Torne déchaînée, ou bien sur le chemin qui mène à la petite maison de Dan Andersson, Luossastugan, en Dalécarlie. Et c’est pourquoi je souffre autant du sort de la Suède que de celui de la France, ou de celui de la Grande-Bretagne ou de la Belgique. Mais le cas de la Suède a quelque chose de plus tragique encore, de plus extrême, de plus dément. Nulle part on ne songe plus fort à une volonté de suicide, de la part d’un peuple et d’une nation.

Je veux dire le remplacement, comme référence commune, de la haute culture par la culture de masse.

Pourquoi ? Pourquoi ? J’ai soutenu, dans La Deuxième Carrière d’Adolph Hitler, que l’Europe ne s’était jamais remise du traumatisme hitlérien, qu’elle était comme un patient ayant souffert d’un cancer, le nazisme, et que des chirurgiens trop zélés opèrent et réopèrent indéfiniment jusqu’à lui enlever, avec la moindre trace du mal, toutes les fonctions vitales : plus de cœur, plus de cerveau, plus de poumons, plus de nerfs, plus de virilité, plus de membres. Hitler est au bout de toutes nos phrases, comme référence inversée, comme figure absolue du négatif ; et sa carrière de fantôme, sa deuxième carrière, à l’envers, quoique moins criminelle que la première, est de plus vaste conséquence encore, puisqu’elle signe la mort de l’Europe. Ce que le racisme, en 1945, a échoué de justesse à accomplir — détruire la civilisation européenne —, l’antiracisme est à deux doigts d’y parvenir aujourd’hui.

Il tire sa légitimité incontestable des camps de la mort, et du désir ô combien compréhensible de “plus jamais ça” : mais dans la société qu’il a bâtie on ne peut plus enseigner la Shoah — ses protégés ne le tolèrent pas —, et les juifs fuient chaque année notre continent par milliers.

La Suède, plus ou moins consciemment, essaie-t-elle d’expier d’avoir été moins fermement hostile au Troisième Reich que sans doute il aurait fallu ? Je ne sais pas. On dirait que dans son zèle puritain à bien faire elle va toujours trop loin dans un sens ou dans l’autre. Peut-être faut-il voir dans le délire masochiste qu’elle étale un nouvel accès de cette fureur piétiste qui a fait tant de ravages dans la Scandinavie de la deuxième moitié du XIXe siècle, Ibsen, Dreyer, Munch ou Laestadius, justement, en témoignent assez chacun à sa façon. La dimension névrotique de la situation actuelle ne me paraît pas contestable. Faut-il rappeler que l’hospitalité, évidemment, n’a jamais consisté à se laisser envahir par des hôtes innombrables et pas particulièrement amicaux, à leur abandonner sa maison ou sa patrie, et finalement à devoir les prier de bien vouloir vous laisser une petite place et quelques droits, dans ce qui fut votre pays ? Non seulement aucune morale n’a jamais exigé cela, mais toutes l’ont sévèrement condamné comme une affreuse complaisance à la mort, un reniement des ancêtres, un injuste sacrifice des générations à venir.

Le cas de la Suède, s’il est effroyable à mes yeux, est aussi tout à fait passionnant. Je suis en effet persuadé que ce que j’appelle Le Grand Remplacement — le changement de peuple et de population, la submersion démographique, la substitution ethnique —, tel qu’y est soumise l’Europe entière, mais surtout l’Europe de l’ouest, n’est en fait, malgré son énormité de phénomène, qu’une partie d’un mouvement plus large, le remplacisme, l’idéologie de l’interchangeabilité générale, des hommes avec les hommes, des peuples avec les peuples, des hommes avec les femmes, des êtres humains avec les machines, du vivant avec l’inanimé, des animaux avec les choses, comme dans ces effroyables usines à veaux ou de pauvres bêtes qui ne verront jamais l’herbe ni le ciel sont littéralement produits, comme des objets inanimés, qui pis est, souvent, pour la mort halal. Le remplacisme est un tout. Qui n’a pas compris que le remplacisme était un tout ne peut rien comprendre au Grand Remplacement. Et la Suède, s’il faut en croire les échos horrifiés qui en parviennent à nos oreilles incrédules, est le laboratoire le plus avancé de ce remplacisme global, l’industrie de production de la matière humaine indifférenciée. Est-il vrai que les petits garçons suédois se sont vus interdire de pisser debout ? Est-il vrai que l’arabe a dépassé le finnois comme seconde langue du pays ? Est-il vrai qu’un petit film gouvernemental invite les Suédois d’origine suédoise à se fondre dans une nouvelle nation, dont ils ne seraient qu’une composante parmi d’autres, à égalité avec les autres, en attendant sans doute que le triomphe islamique les place dans une situation inférieure de peuple conquis et soumis, de dhimmis ? Il n’est pas jusqu’au prix Nobel de littérature décerné à Bob Dylan qui ne témoigne de ce remplacisme global, en l’occurrence du Petit Remplacement, condition nécessaire du Grand, car les peuples qui connaissent leurs classiques ne se laissent pas mener sans regimber dans les poubelles de l’histoire : je veux dire le remplacement, comme référence commune, de la haute culture par la culture de masse.

Le pire est que cette horreur qui survient pourrait encore être évitée. Il suffirait que les peuples européens se réveillent, qu’ils sortent de cet état végétatif où les ont plongés l’enseignement de l’oubli et l’industrie de l’hébétude. Je ne crois pas à la possibilité, pour paraphraser Staline, d’un antiremplacisme dans un seul pays. C’est notre continent tout entier qui est menacé dans sa civilisation et son indépendance. Il doit se révolter tout entier, et d’abord contre les traîtres qui le livrent à l’invasion. Si d’aucuns parlent de guerre civile, néanmoins, ils se trompent. La lutte à mener s’apparente bien davantage à une classique guerre d’indépendance, à une révolte anticoloniale. Le moyen et la fin ne font qu’un : c’est la remigration — le retour chez eux des peuples conquérants.

Renaud Camus

Renaud Camus (né en 1946) est un écrivain et penseur très connu parmi les patriotes européens. Il est l’auteur de plusieurs romans, poèmes, écrits de voyage et journaux, et il est également à l’origine du concept du grand remplacement. En 1977, il reçoit le prix Fénéon pour son livre Échange, en 2003 il obtient le prix « 30 millions d’amis » pour son livre Vie du chien Horla et en 2015 il reçoit le prix Jean-Ferré décerné par les auditeurs de Radio Courtoisie célébrant la défense de la langue française pour l’ensemble de son œuvre.
Ce texte est paru sur le site Freewestmedia le 23 octobre 2016
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RENDEZ-VOUS DE BEZIERS : LA CONTRIBUTION DE RENAUD CAMUS

Il m’a semblé nécessaire de soumettre aux lecteurs de Minurne le projet de Renaud Camus, tel que présenté aux journées de Béziers.
Un projet conçu pour relever la France, guidé par le bon sens, libéré de toute autocensure et des critères stériles et asséchants de la bien-pensance.
Un projet exprimé en 59 points, qui nécessitera une solide Union Nationale et un courage patriote, lequel ne devrait plus tarder à se manifester, comme aux grandes heures de notre Histoire.
Comme on pouvait s’y attendre, un grand nombre de ces propositions correspondent souvent à l’esprit et parfois même à la lettre du projet de gouvernement conçu par la communauté de Minurne.
Dans le détail, on peut ne pas être d’accord sur tel ou tel point, mais on ressent, à la lecture de ce document un souffle, une dynamique, une ardeur, bien loin des misérables promesses électorales de ces petits politiciens de métier qui entraînent depuis cinquante ans notre Patrie dans les abysses.
Le Grand Remplacement n’est pas une simple vue de l’esprit, le Changement de Peuple est une dure réalité qui s’impose par la force à la France et à l’Europe, même si la doxa officielle la nie et la refuse à grands cris.
Ayant terminé la lecture de ce document, je pensais irrésistiblement au Cid, exposant à son Roi son combat victorieux contre les Maures :

« Le flux les apporta, le reflux les emporte » 

Le Général de Gaulle voulait rendre à la France sa grandeur, Renaud Camus veut maintenant lui rendre son âme…

Marc Le Stahler

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PAR RENAUD CAMUS

CAMUS

Cher Amis,

L’expérience du “Rendez-vous de Béziers”, intéressante, mais très frustrante,  m’a convaincu : il n’y aura pas aux élections présidentielles de 2017 de candidat ou de candidate qui porte au nom de ses électeurs potentiels cette idée simple, énorme, urgente et décisive : nous ne voulons pas du Grand Remplacement, du changement de peuple et de civilisation, de l’immigration de masse, de la submersion migratoire, de la colonisation de la France et de l’Europe par l’Afrique, réplique très aggravée — car, démographique et non plus seulement militaire, économique, administrative, elle menace d’être irréversible —  de l’ancienne colonisation de l’Afrique par la France et par l’Europe.  Il n’y aura pas de tel candidat, alors qu’il est essentiel, et c’est bien le cas de le dire, qu’il y en ait un. Dans ces conditions ce devra être moi. C’est pourquoi je déclare officiellement ma candidature, ou plus exactement candidature à candidature, car il existe évidemment l’obstacle des cinq cents signatures à obtenir. Se trouvera-t-il en France cinq cents élus assez courageux et patriotes pour mettre en cause, peut-être, leur petit confort afin de donner à la France une chance de rester la France ?  

Des obstacles, il n’y a pour ainsi dire que cela, sur mon chemin. Mais il n’est pas possible de ne rien faire, et de laisser passer sans bouger le petit doigt pour la saisir la dernière chance offerte à notre peuple, probablement, de rester maître chez lui, et même de disposer d’un territoire qu’il puisse encore dire vraiment sien. Voulons-nous être comme les Tibétains au Tibet, submergés ? L’élection présidentielle de 2017 sera en fait un référendum autour de cette question simple :

« Acceptez-vous que la France cesse d’être essentiellement la patrie du peuple français et de ceux qui s’y sont assimilés, ou désirent le faire ? ». Expressément ou tacitement, tous les candidats jusqu’à présent répondent Oui, oui, nous acceptons cela, ou du moins nous y sommes résignés. J’entends être le candidat de tous les Français qui à cette question simple répondent simplement NON, avec horreur, ne serait-ce qu’en pensant à tous les sacrifices de leurs aïeux.  Il y a des moments dans la vie des peuples, comme dans celle des individus, où c’est un grand NON qui est l’affirmation suprême et qui constitue, dans l’être, le sursaut de la volonté, de l’honneur et du désir de vivre. 

Certains jugent que le Front national remplit déjà une partie de la mission que je m’assigne.  D’une part il l’assume et la remplit de moins en moins, jusqu’à paraître de plus en plus souvent la renier. D’autre part il s’en assigne beaucoup d’autres, qui écartent de lui des millions de Français. Je ne viens pas pour diviser, mais au contraire pour accroître les chances de succès des patriotes. Je tirerai, à la veille du scrutin, les leçons du rapport de forces qui se manifestera. S’il apparaît que je risque en quoi que ce soit de compromettre les chances de la candidature la moins remplaciste la mieux placée — sans doute celle de Marine Le Pen—, je me retirerai pour ne lui nuire en rien. Difficulté en cette occurrence, mes frais de campagne, ne seront pas remboursées. Il convient donc, afin que je puisse garder toute ma liberté d’agir jusqu’au dernier moment, qu’ils soient aussi peu élevés que possible. Voilà qui ne tombe pas mal, puisque le parti de l’In-nocence, dont je suis également président, milite pour la réduction draconienne, de dix à un, des frais de campagne autorisés : la contrainte et la conviction idéologique coïncident.

Le programme de l’In-nocence, publié naguère en volume chez David Reinharc, épuisé, mais dont une nouvelle édition va paraître dans les semaines qui viennent, donne d’ailleurs toute indication sur la nature de mon programme en dehors de la question du Grand Remplacement. Mon Avant-Projet pour Béziers (et pour la France) — lisible ici : https://www.renaud-camus.net/journal/2016/05/08 —, en offre également une idée, plus sommaire, mais substantielle, avec ses cinquante-neuf propositions (pour l’instant). Mais c’est bien sûr autour du refus irréductible du changement de peuple et de civilisation que je vous invite, Mes Chers Amis, et mes compatriotes en général, donc, à vous unir plus que jamais, à me soutenir et à m’aider.

Je dépose ici mes travaux pour Philippe Martel et pour Béziers, qui devront servir d’entrée du jour pour ce journal, quitte à être modifiés et complétés au fur et à mesure. Jetés un peu en vrac, les points du projet de programme sont précédés d’un préambule.
Voici…

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Préambule

L’élection présidentielle de 2017 sera en fait un référendum autour de cette question simple : « Acceptez-vous que la France cesse d’être la patrie du seul peuple français (et assimilés) ? » Par conviction ou par résignation, par lâcheté le plus souvent, à peu près tous les candidats répertoriés jusqu’à ce jour représentent tacitement ou expressément le Oui. Il en faut un, ou une, qui représente le Non.

Le point capital, auprès duquel tous les autres, même les plus graves, sont secondaires, est celui de l’“immigration” — autant dire désormais de la submersion migratoire, du changement de peuple et de civilisation, du Grand Remplacement. La France et l’Europe sont soumises à une colonisation bien plus sévère et bien plus profonde que celle qu’elles ont elles-mêmes fait subir à d’autres parties du monde. Celle-ci n’était que militaire, en effet, politique et administrative, une superstructure, en somme ; tandis que celle que nous subissons est démographique : elle touche à l’identité même de la nation, et dans très peu d’années elle sera irréversible.

Dans la vie des peuples comme dans celle des individus il est des moments où un grand NON est l’affirmation suprême, le témoignage le plus éclatant de l’adhésion à la vie, du désir de perdurer dans l’être. Il faut de toute urgence à la France un projet et un candidat qui disent clairement et simplement ceci : nous ne voulons pas de l’invasion en cours ; non seulement nous avons l’intention d’y mettre un terme mais nous entendons la refouler.

Indépendance, libération, remigration : nos deux sources d’inspiration doivent être la Résistance et les luttes anticoloniales, de Charles de Gaule à Jean Moulin, de Gandhi à Frantz Fanon. S’il y a bien des différences entre les deux Occupations de la France, celle de la dernière guerre et l’actuelle, les deux Collaborations, elles, se ressemblent comme deux gouttes d’eau. D’autre part il faut en finir une bonne fois avec la trop longue ère coloniale de l’histoire de l’humanité et arrêter enfin, au dessus de la Méditerranée, le balancier fou des colonisations et contre-colonisations : de l’Afrique et du monde par l’Europe, d’abord ; de l’Europe par l’Afrique et le monde, depuis un demi-siècle.

Cette tâche est d’autant plus urgente que prétendre traiter des autres questions qui semblent essentielles est parfaitement vain si ce n’est pas accompli à la lumière du Grand Remplacement, la substitution ethnique, qui les commande toutes. Affecter de se soucier de la sécurité, de la délinquance, de la justice, du logement, de l’éducation, de l’équilibre des comptes, de la conservation des paysages ou de la surpopulation carcérale sans tenir compte du changement de peuple en cours est aussi ridicule que de se préoccuper d’écologie sans porter attention à la démographie, qui en est le régulateur principal et presque unique. Ces agitations ne servent à rien : c’est pourquoi les discours des hommes et des femmes politiques ne touchent plus la réalité, ne font que brasser du vent. On ne réforme pas comme si de rien n’était un pays qui passe d’une population à une autre. Ça n’a aucune espèce de sens et ne saurait avoir le moindre effet, sinon aggraver le chaos et précipiter l’asservissement.

Ajoutons que la France, tant qu’elle a été grande, a fait servir son économie à sa grandeur : pas son identité à son économie. Il faut renverser l’ordre des priorités et remettre le politique au premier plan : d’autant plus qu’il s’agit moins ici de politique que d’histoire, et moins d’histoire que d’ontologie. C’est l’être même d’une nation qui est en jeu.

(1) Il sera mis un terme immédiat à toute immigration, quitte à ce que la France doive se retirer ou soit exclue, au moins provisoirement, de certaines instances supra ou internationales qui se révèlent dans  leur pratique les instruments mêmes du remplacisme global, l’idéologie qui promeut le Grand Remplacement et tous les autres.

(2) Le droit d’asile ne pourra être accordé, au cas par cas, que sur demande présentée hors du territoire national. La présence d’étrangers non autorisés sur le territoire national ne sera en aucune façon, pour eux, créatrice de droits mais elle constituera au contraire un délit entraînant l’expulsion immédiate, aux frais du contrevenant.

(3) La Marine nationale, si elle a l’occasion de secourir des migrants, les raccompagnera d’où ils viennent. En aucun cas le naufrage ne constituera un droit d’accostage, ni l’accostage un droit de séjour.

(4) On prendra au mot ceux qui répudient par leurs attitudes, leur accoutrement ou leurs paroles — et ils sont des millions —, leur caractère de Français. Tout reniement public, en paroles ou en actes, de l’appartenance au peuple français, de la part d’immigrés ou de descendants d’immigrés extra-européens, entraînera la déchéance de nationalité et constituera un titre à la remigration.

(5) Le dit “droit du sol” sera supprimé.

(6) La dite “double peine” sera rétablie.

(7) L’adoption d’enfants extra-européens sera interdite, sauf obligation, pour les parents, d’aller les élever sur place ou de participer à distance à leur éducation ; même en ce dernier cas, l’adoption n’entraînera pas la citoyenneté de l’adopté.

(8) Il ne sera plus procédé ni à “régularisations” ni naturalisations, sauf rarissimes cas exceptionnels, pour services éminents rendus à la nation.

(9) Les permis de séjour renouvelables ne seront pas renouvelés, sauf cas exceptionnels comme à l’article précédent.

(10) Toute condamnation d’un immigré ou descendant d’immigré à moins de cinq ans de prison pourra donner lieu à remise de peine en échange d’un consentement effectif à la remigration immédiate.

(11) Tout désir de participation hors d’Europe à quelque djihad que ce soit sera scrupuleusement respecté, voire encouragé. Il entraînera la déchéance immédiate de la nationalité française, quand elle existe, et la stricte interdiction de tout retour sur le territoire national.

(12) Il sera établi une charte de ce qui constitue la culture et la civilisation françaises ou européennes dans les comportements comme dans les références ; et ce qui n’en relève pas, dès lors que c’est adopté comme mode de vie, sera considéré comme impliquant une vocation à la remigration. Aucune égalité ne sera admise, sur le territoire national et éventuellement européen, entre ce qui appartient à cette civilisation — christianisme, judaïsme, héritage gréco-romain, traditions celtes, pratique du libre-examen, liberté sexuelle, courtoisie, indépendance des femmes, etc. —, et ce qui n’y appartient pas ou, a fortiori, s’y oppose.

(13) Toute foi musulmane intense et extériorisée sera jugée étrangère aux traditions nationales et à la civilisation européenne, et impliquant par la même une vocation manifeste et autoproclamée à la remigration ou à l’exil vers de quelconques terres d’islam. Un musulman convaincu qui désire vivre en France et en Europe est dans la contradiction totale avec lui-même et avec les principes de sa religion — sauf, bien entendu, s’il entend conquérir ces territoires pour sa foi et sa civilisation, ce qui, bien entendu, n’est pas acceptable pour les Européens.

(14) Toute nouvelle construction de mosquée sera interdite, comme contraire à la charte de la civilisation européenne (12). La plupart de celles qui existent déjà seront démolies ou converties en vue de quelque autre fonction, au fur et à mesure de la remigration.

(15) La Grande Déculturation, la décivilisation, la substitution systématique de la sous-culture à la culture, du divertissement de masse à la vie avec la pensée, le “Petit Remplacement”, sont la condition nécessaire du Grand. Lutter contre l’un n’a pas de sens sans un combat simultané contre les autres, sans une reprise déterminée dans les domaines intellectuel, culturel, artistique, spirituel et d’abord scolaire. Hélas, du fait des corporatismes divers qui y sévissent, le système scolaire dans son ensemble n’est plus réformable, du moins à court terme et autrement que par l’exemple. Au lieu de tenter vainement une millième réforme, on créera une sécession scolaire interne, à l’intérieur du système, sur le fondement d’un triple volontariat : des maîtres, des professeurs, des élèves. Pour cet enseignement réformé il sera alloué des établissements et des crédits au pro rata des volontariats.

(16) Le corps professoral et l’enseignement lui-même seront divisés en trois branches à peu près égales quant aux moyens mis à leur disposition : générale, professionnelle et d’assistance individuelle. Le but recherché sera un égal accès à l’inégalité, à cette inégalité fondamentale, et d’abord avec soi-même, que constituent par excellence l’éducation et la culture. À cette fin le corps professoral d’assistance individuelle sera à la disposition de tout élève ou de tout adulte qui jugerait insatisfaisante sa situation scolaire, intellectuelle, culturelle ou professionnelle, et qui serait désireux de l’améliorer par son travail. Le désir de la connaissance, et la claire conscience du privilège que c’est de se la voir transmise, seront considérés comme le moteur de l’enseignement.

(17) Dans les établissements réformés le savoir ne sera prodigué qu’à ceux qui le désirent et n’empêchent pas leurs camarades de l’acquérir. Ceux qui se révèleraient incapables ou sans désir d’en profiter ne connaîtraient pas sort plus amer que le retour au système actuel, dont les champions célèbrent tant les mérites. Il faut espérer toutefois que ce système actuel sera rapidement influencé par les sanctuaires de qualité érigés en son sein, et qu’il manifestera progressivement la volonté de s’y agréger, ce qui ne pourra se faire, bien sûr, que sur le fondement du triple volontariat.

(18) Dans les établissements réformés selon la méthode du triple volontariat seront rétablis l’autorité, le formalisme, l’enseignement du grec et du latin, la chronologie continue pour les enseignements d’histoire, d’histoire de l’art et de littérature, etc. Y aura cours la semaine de cinq jours, et les trimestres ne connaîtront qu’une seule courte interruption. Les rythmes scolaires annuels seront ceux du calendrier chrétien, sans qu’il soit le moins du monde tenu compte des exigences du tourisme, de l’hôtellerie ou des civilisations étrangères.

(19) Le projet antiremplaciste, celui qui s’oppose à la poursuite du Grand Remplacement et que devra incarner notre candidat ou candidate, repose sur la claire conscience que  le remplacisme, son formidable adversaire, est un tout, un totalitarisme, une conception matérialiste et basse, cynique, post-industrielle et même post-humaine, antispiritualiste et purement économique de l’homme, dont elle fait l’“homme remplaçable”, déculturé, décivilisé, désoriginé, artificialisé comme le sol où il est produit, réduit à l’état d’objet, délocalisable et interchangeable à merci. Le projet, le nôtre, qui va contre ces desseins mécanistes doit prendre à revers les préjugés et clichés des médias — c’est-à-dire, pour l’essentiel, du pouvoir remplaciste — et se poser, lui, contre toutes leurs attentes, en champion de tout ce qu’ils ont abandonné, de la haute culture, de la discrimination intellectuelle et artistique, de l’élévation spirituelle.

(20) Gestation Pour Autrui et Procréation Médicalement Assistée participent manifestement du remplacisme global, dans ses desseins de remplacibilité générale, d’interchangeabilité universelle, de chosification post-industrielle et normalisée du vivant. On s’y opposera résolument.

(21) La loi de 1993 sur les prénoms, accordant toute latitude aux parents de donner à leurs enfants n’importe quel prénom de leur choix, sera abolie. On reviendra à l’ancien système, c’est-à-dire à une liste (très longue) de prénoms autorisés, empruntés aux saints du calendrier, au martyrologe chrétien, aux héros antiques et modernes. Il ne sera pas permis de changer de prénom à volonté, ni bien sûr de nom. Quant au patronyme au sens strict, il redeviendra la règle, à laquelle il ne pourra être contrevenu que par décision de justice. Il est essentiel de réinscrire les Français dans la lignée, c’est-à-dire dans l’histoire, dans le temps, dans la longue durée, plutôt que de les abandonner, sous couvert de libertés individuelles, à une anomie présentéiste, hors-siècles autant que hors-sol, qui bien entendu est la condition souhaitée pour eux, c’est-à-dire pour lui, pour ses intérêts et ses desseins, par le remplacisme global.

(22) Il sera mis un terme progressif, mais immédiat dans les cas les plus scandaleux, à l’industrialisation de l’élevage animal : fermeture des fermes des mille vaches, des usines des mille veaux, des camps de concentration et d’extermination pour les poulets, les oies et les canards, surtout lorsque ces animaux chosifiés, produits comme des objets manufacturés, sont en plus promis à la mort halal. L’abattage rituel sera interdit. Non seulement l’élevage intensif, mais l’agriculture intensive en général, profondément contraires au génie de la France, seront progressivement abandonnés, pour un retour à des unités de petite taille, plus conformes aux dimensions de notre pays à l’intérieur du monde globalisé et à ses traditions d’excellence. Le nombre de fermes cessera de diminuer, la proportion de la population agricole par rapport à la population globale aussi. On favorisera les circuits courts, dans la géographie comme dans les systèmes de distribution.

(23) Étant donné l’état de délabrement avancé de notre pays, de notre culture et de notre civilisation après quarante ans de remplacisme de gauche ou de droite, et compte tenu des mauvaises volontés à l’œuvre, il faudra suivre, dans nombre de domaines de l’activité et de la pensée, une politique de sanctuaires : sanctuaires pour l’école nous venons de le voir, sanctuaires pour la culture, sanctuaires pour la beauté du monde, dressés en forteresses ou en couvents fortifiés, en jardins clos, parcs protégés et zones à défendre contre l’hébétude, le devenir-banlieue général, le réensauvagement de l’espèce. Écoles, grandes écoles, musées, ateliers, laboratoires, conservatoires, sites pour la réflexion, pour la recherche ou la méditation, monuments historiques, monastères, lieux préservés du silence, parcs nationaux, réserves ornithologiques ou autres : les sanctuaires seront des points d’appui pour la reconquête, des modèles, des sources d’inspiration et d’espérance.

(24) Il sera créé une station de radio et une chaîne de télévision consacrées à la culture, à l’art, à la science, à la vie avec la pensée, sans parasitage aucun par la politique, l’idéologie, le divertissement et le désir d’audience.  Ces deux médias pourront puiser à satiété, pour la réalisation de grands entretiens, par exemple, dans le réservoir très sous-exploité des artistes, des compositeurs, des écrivains, des philosophes, des savants, et bien entendu de leurs œuvres, et de celles du passé, sans oublier les enregistrements d’archives.

(25) Il sera créé un droit au silence.

(26) Dans les établissements scolaires seront données des leçons d’in-nocence, c’est-à-dire de non-nuisance, de façon à ce que soit rétabli et renforcé ce principe fondateur de tout contrat social, de tout civisme et de toute civilité : la résolution de ne pas nuire, que ce soit par son bruit, par son incivilité justement, par son agressivité ou par le truchement de la pollution, qu’elle soit sanitaire ou esthétique. Comme l’antiremplacisme, l’in-nocence est une écologie (et une règle de vie).

(27) Les zones encore vides du territoire seront sanctuarisées et tout empiètement sur elles, notamment sous la forme d’“aménagement touristique en vue de retombées économiques” sera interdit.

(28) Des aménagements fiscaux et une fiscalité résolument écologique favoriseront la restauration du patrimoine bâti plutôt que la construction de logements nouveaux. Le remigration, d’autre part, favorisera la lutte contre l’artificialisation du territoire et résoudra d’elle-même la dite “crise du logement”, qui n’est bien entendu qu’un effet collatéral parmi tant d’autres de l’interminable submersion migratoire,  lente ou précipitée.

(29) La construction d’éoliennes sera immédiatement interrompue. Un des caractères propres de l’écologie antiremplaciste (expression qui est presque un pléonasme, tout antiremplacisme étant immédiatement écologique) est son caractère esthétique : il s’agit pour elle de préserver aussi et peut-être d’abord la beauté du monde, les paysages, la nature, les droits des animaux, le patrimoine, la dignité de la présence sur la terre. La lutte contre le réchauffement climatique sera menée principalement comme un combat pour la réduction de la consommation d’énergie.

(30) La publicité sera interdite le long des routes, et très étroitement réglementée ailleurs.

(31) Grâce aux progrès de la géolocalisation, on procèdera à une désignalisation aussi poussée que possible. L’espace sensible sera rendu à lui-même, libéré des inscriptions qui le doublent, le recouvrent et le remplacent par ses seuls noms, symboles, “logos” ou “icônes”.

(32) Sauf rares exceptions (pour les ambulances, la police, ou à des fins militaires), il sera interdit de fabriquer et d’importer des voitures plus rapides que les limites autorisées sur les routes et autoroutes.

(33) Les courses et rallyes automobiles seront interdits.

(34) Le champ d’intervention du ministère de la Culture sera réduit des deux-tiers et resserré autour de la culture proprement dite, de la conservation du patrimoine et de la création artistique, à l’exclusion du divertissement commercial et de la gestion des loisirs. Tout ce qui, dans ses attributions actuelles, relève de l’“industrie culturelle” et du divertissement de masse sera transféré dans les compétences des ministères de l’Industrie, du Commerce ou du Tourisme. En revanche sera ajoutée à ses responsabilités celle de la conservation des paysages et des sites, qui relève éminemment de la protection du patrimoine et de la défense de l’héritage culturel.

(35) Il sera procédé immédiatement à une considérable réforme fiscale, dans le sens de la simplification, de la stabilisation et de l’écologie. L’impôt de solidarité sur la fortune sera supprimé. La proportion des assujettis à l’impôt sur le revenu sera portée de moins de 50 % actuellement à plus de 90 % des ménages, seuls en étant exemptés les indigents en quelque sorte “statutaires”, handicapés physiques et mentaux, victimes de catastrophes naturelles, soit toute personne en état de faiblesse tel qu’il rende légitime l’assistance du corps social. Les taux de prélèvement seront réduits à trois : 1%, 17%, 33%. Nul ne pourra être soumis à des prélèvements dépassant le tiers de ses revenus. Les droits de succession seront supprimés, surtout ceux qui portent sur les biens culturels et les maisons ou propriété de famille. Il sera mis fin au déracinement, au déclassement et à la prolétarisation culturelle systématiques des Français tels que les a entraînés l’impôt, presque au même titre que l’école ou la télévision.

(36) Le septennat sera rétabli, comme l’exige la cohérence des institutions de la Ve République.

(37) La somme des dépenses autorisées pour les campagnes électorales sera divisée au moins par dix. Il est profondément immoral que le résultat des élections puisse dépendre des sommes investies par les uns et les autres, et du degré de dépendance des candidats et des partis à l’endroit des entreprises, des banques, de la finance remplaciste. L’importance de ces sommes encourage d’autre part la politique-spectacle et contribue à déconsidérer l’activité politique. Selon des modalités à préciser les divers canaux d’information devront être mis à la disposition des candidats, lesquels disposent déjà gratuitement des nouveaux moyens de communication et des réseaux sociaux. Les vieux procédés de campagne n’ont plus de raison d’être, d’autant que l’affichage, y compris l’affichage politique, doit être sévèrement réglementé, on vient de le voir, et l’affichage sauvage sanctionné.

(38) Il est absolument essentiel que la candidature antiremplaciste à l’élection présidentielle de 2017 ne risque pas de faire échouer le camp des patriotes, qu’il s’agit d’élargir et en aucune façon de diviser. J’avais proposé que le candidat antiremplaciste s’engage, si, d’après les sondages quelques semaines avant le vote, il apparaissait qu’il pouvait coûter, sans avoir lui-même de chance de l’emporter, le second tour ou la victoire au candidat le moins remplaciste — selon toute vraisemblance Mme Marine Le Pen —, à se retirer devant lui, ou devant elle. On me fait remarquer que ce plan n’est pas praticable, car les dépenses de campagne d’un candidat qui n’affronterait pas les urnes ne pourraient pas être remboursées. Comme l’impérieuse nécessité demeure de ne surtout pas gâcher les chances des patriotes, une solution serait peut-être une campagne presque sans dépenses, conformément aux vœux de la proposition (33) : elle serait pleinement conforme aux principes fondamentaux de la candidature envisagée et lui laisserait, à la dernière minute, toute liberté d’agir au mieux des intérêts de la France, des Français et de la lutte contre le Grand Remplacement.

(39) Toutes les lois relatives à la parité entre les hommes et les femmes seront abolies. Les femmes n’ont pas à subir l’humiliation de ne devoir qu’à la loi leur présence ici ou là.

(40) Les ministres et responsables des grands services, organismes et agences d’État seront nommés en fonction de leurs seules compétences et sans considération de leurs origines, de leur sexe ou de leurs préférences sexuelles.

(41) Les départements et les régions seront supprimés, les anciennes provinces rétablies, quitte à ce que soient regroupées certaines des plus petites, comme jadis l’Aunis et la Saintonge. Cette révision de la carte administrative pourra et devra s’opérer pratiquement sans dépense, en utilisant les structures existantes. Le nombre des conseillers élus sera fortement réduit.

(42) La France, et l’Union européenne dans la mesure où la France pèsera sur ses positions ainsi qu’il est souhaitable, soutiendront avec énergie et détermination l’existence et la sécurité d’Israël. Ils lui reconnaîtront la pleine possession de Jérusalem, ville qui, en son entier, est encore plus étroitement liée au peuple juif que Saint-Denis au peuple français. En revanche elles condamneront les implantations au-delà du mur et réclameront leur abandon.

(43) La France reconnaîtra l’État palestinien et soutiendra, pour en finir, une paix par nette séparation des deux parties.

(44) La France avancera et soutiendra l’idée d’un État chrétien au Proche-Orient, une sorte de deuxième Israël, probablement un Grand Liban, où trouveront asile les chrétiens d’Orient qui souhaiteraient quitter leur pays, ou seraient contraints de le faire. La France et, si possible, l’Europe, s’estimeront aussi étroitement responsables de la sécurité et de l’indépendance de ce réduit chrétien qu’ils estiment l’être, à juste titre, de l’indépendance et de la sécurité d’Israël. Il faut espérer que ce nouvel État manifestera autant d’ardeur à vivre et à se défendre que le fait son voisin hébreu.

(45) La France s’opposera de toutes ses forces à l’admission de la Turquie dans l’Union européenne. Elle se retirerait immédiatement de cette entité supranationale si ce pays qui n’a rien à y faire y était admis.

(46) La France reconnaîtra le retour de la Crimée à la Russie et proposera à la communauté internationale, pour la crise russo-ukrainienne, un arrangement de bon sens, respectueux des frontières culturelles, historiques et linguistiques véritables, en vertu duquel les zones russophones de l’Ukraine qui en exprimeront la volonté seront rattachées à la Russie tandis que l’Ukraine véritablement ukrainienne accèdera à une liberté entière et sera accueillie comme elle le souhaite, et si elle le souhaite, au sein de l’Union européenne, sans restriction d’aucune sorte.

(47) La France agira pour un retour de l’Europe en tant que puissance dans l’histoire, et donc pour son réarmement rapide, non seulement moral, intellectuel, culturel et spirituel mais aussi militaire. Notre continent, avec la civilisation qu’il porte, doit reconquérir sa pleine indépendance et rejeter avec détermination les deux colonisations dont il est victime : démographique et civilisationnelle de la part de l’Afrique, culturelle, économique et politique de la part des États-Unis. Il lui faut mettre fin de toute urgence, de préférence par des moyens  politiques et pacifiques, à l’invasion migratoire dont il fait l’objet, et d’autre part se donner les moyens d’assurer enfin lui-même sa propre défense, de façon à n’avoir pas, s’il parvient à se libérer d’une tutelle, à se précipiter servilement vers une autre.

(48) La France soutiendra partout, comme elle l’exige pour elle-même, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à posséder un État, qu’il s’agisse des Tibétains, des Kurdes, des Kabyles, des Sahraouis ou d’autres.

(49) La France, avec ses amis et alliés patriotes, antiremplacistes, anticolonialistes et résistants européens, œuvrera à une refonte fondamentale de l’Union européenne dans un sens confédéral, sur le modèle de la Confédération hélvétique, avec stricte et simple répartition des pouvoirs entre les États et l’autorité confédérale. Elle proposera la rapide rédaction et le vote d’approbation ou de rejet, au suffrage universel, d’une constitution européenne prévoyant notamment l’élection d’un président, également au suffrage universel.

(50) La France proposera la création d’une académie européenne de la Culture, composée des écrivains, des artistes, des compositeurs, des savants et des penseurs les plus éminents du continent et de ses îles, afin de bien marquer que la nouvelle élaboration européenne doit s’opérer à partir de la culture et sur le fondement de la civilisation commune.

(51) Les diverses politiques natalistes et d’encouragements pécuniaires aux familles nombreuses ont représenté, contrairement aux intentions qui avaient présidé à leur conception, une des principales incitations à l’immigration de masse et à l’accroissement démographique prodigieux des populations immigrées ou issues de l’immigration. Elles ont eu en somme l’effet exactement contraire à celui qui était recherché, et beaucoup contribué au Grand Remplacement. Néanmoins l’Europe et la France n’ont jamais eu autant d’habitants qu’aujourd’hui, y compris d’habitants d’origine indigène. Le but à rechercher n’est donc pas d’entrer en compétition avec les Africains pour imiter leur natalité, dont l’explosion constitue l’une des principales menaces pesant sur la planète. Il ne s’agit pas de faire autant d’enfants qu’eux, ce qui est une folie, mais de cesser de les inciter à venir faire les leurs en France et en Europe — il ne serait d’ailleurs pas mauvais, accessoirement, d’essayer de les dissuader, dans la mesure du possible, d’en faire tant même dans leurs propres pays. En France on pourra aider les familles à élever les enfants qu’elles ont, mais il n’y aucune raison de les encourager à en faire davantage. À partir de deux enfants, les allocations familiales cesseront d’augmenter.

(52) Les diverses allocations versées aux familles le seront indépendamment des revenus. On reviendra sur la suppression de celles qui étaient destinées aux familles les plus aisées. La politique socialiste a fait qu’il est de plus en plus coûteux et difficile d’élever des enfants dans les classes moyennes ou supérieures tandis qu’il peut être au contraire très rémunérateur d’en élever, ou du moins d’en faire, dans les classes les plus défavorisées. Cette politique double le Grand Remplacement ethnique par un remplacement social et culturel, et elle contribue pour une large part à la si visible prolétarisation culturelle du pays, à son appauvrissement général, à sa tiers-mondisation à vue d’œil. Il faut élargir en quantité et en proportion la classe aisée et non pas accroître indéfiniment la classe défavorisée en privilégiant les encouragements spécifiques à sa natalité.

(53) Notre civilisation est la première dans l’histoire de l’humanité à se ruiner pour subvenir aux besoins de sa propre conquête, de sa colonisation, de son asservissement, en somme de son suicide. La remigration, même appuyée sur des incitations pécuniaires, coûtera toujours infiniment moins cher que l’immigration et, a fortiori, que la submersion ethnique assistée. Elle entraînera rapidement de très importantes économies budgétaires, en particulier dans le domaine social. Les sommes ainsi libérées serviront au renforcement aussi marqué que possible des budgets de l’armée, de la justice, de la culture, de l’aide aux pays en voie de développement.

(54) L’aide aux pays en voie de développement devra atteindre le seuil de 1 % du budget de l’État. Cette aide sera liée à des projets déterminés étroitement contrôlés et suivis, et elle pourra aller à des particuliers, à des organisations ou à des populations soigneusement choisies, sans passer nécessairement par le truchement des États et de leurs dirigeants.

(55) Nul ne sera tenu d’employer qui que ce soit dont cet employeur n’aurait pas ou n’aurait plus besoin. Liberté entière sera donnée de cesser d’employer comme d’employer, d’accepter un emploi ou de le quitter. Tout juste sera-t-il exigé un préavis variant de un à trois mois selon les cas et les contrats particuliers.

(56) Il sera institué un salaire universel, ou revenu de base inconditionnel : il est la condition d’application évidente du point précédent, et il se trouve d’autre part en conformité entière avec toute analyse sérieuse de la situation du travail dans le monde, qui montre bien qu’il y  en aura partout de moins en moins. L’Europe, entrant en stagnation ou en légère décroissance économique (et démographique), ne fait qu’être en avance sur le reste du monde, comme elle l’a toujours été. Il y a certes un problème de revenus, pour les individus, il n’y a pas de problème de l’emploi. Être employé n’est pas une fin en soi, ne pas l’être peut être un idéal. Il faut développer massivement le travail indépendant. L’auto-entreprise a plus d’avenir que le salariat, et elle est plus que lui à encourager et à défendre.

(57) Il sera dressé une liste des biens immobiliers, établissements, sociétés qui, de par leur portée symbolique telle que définie dans la charte de la culture française et européenne (12), ne pourront pas être aliénés à des étrangers, même, dans certains cas, européens. Un certain nombre de grands hôtels, par exemple, représentatifs de par leur nom, leur situation ou leur prestige, de l’hospitalité et de l’art de vivre français, devront être maintenus, au besoin par la loi, entre des mains françaises. Pour d’autres raisons il en ira de même, autre exemple, de la plupart des clubs de football et autres clubs de sport.

(58) Le gouvernement prendra ses distances avec le sport professionnel qu’il considèrera, sauf nécessité impérieuse d’ordre public,  comme ne relevant pas de sa compétence. Il encouragera l’exercice, la gymnastique, les joutes, les jeux, les tournois, les compétitions amicales, et ne se mêlera pas du sport spectacle.

(59) La France, comme d’ailleurs le continent européen dans son enfance, devra réapprendre l’autonomie et à ne compter que sur son propre peuple pour remplir toutes les fonctions nécessaires au sein de la société. L’enseignement professionnel veillera à ce que cet objectif soit atteint. La remigration et le désencombrement du marché du travail qu’elle entraînera assureront aux artisans et travailleurs indépendants une forte demande qui permettra la nette réévaluation à la hausse de la rémunération de leur labeur.

Renaud Camus
Président du parti de l’In-nocence

 

COLLOQUE ILIADE – 9 AVRIL 2016 – INTERVENTION DE RENAUD CAMUS

IL FAUT LIRE CE TEXTE !
Il ne s’adresse pas seulement à l’intelligence d’un peuple, il parle directement au coeur des hommes. Si nous survivons – et NOUS SURVIVRONS -, il sera un jour étudié dans nos lycées et nos universités, comme un constat amer et un appel au sursaut salvateur face à l’engourdissement prélude à la mort annoncée d’une civilisation qui fut pourtant forte et brillante.
Avec une logique implacable, ciselée  par une culture exceptionnelle, épicée parfois d’un humour glacial et désespéré, tout est dit ou presque sur la tragédie d’une Europe finissante, trahie et fracassée par ses prétendues élites avec la complicité plus ou moins passive de ses propres enfants.
« On n’arrête pas un fleuve avec les mains », écrivait Parménide. Par sa pensée, par ses écrits, par son courage, Renaud Camus s’efforce pourtant de contenir le tsunami qui tente de balayer notre culture millénaire.
Si tous les patriotes de France et d’Europe, « remplacés récalcitrants » héritiers des Lumières, finissent par se reconnaître et s’unir pour reprendre en mains leur destin confisqué par des lâches ou des traîtres, ce sera – entre autres – grâce à des hommes de la trempe de Renaud Camus qui leur auront montré le chemin.

Marc Le Stahler

Bannière 2016

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CAMUS

La Fierté contre la repentance — tel est le titre, et le sujet, qui m’ont été donnés pour mon allocution ici. J’avoue en avoir été un peu désarçonné. Je ne suis certes pas homme à discuter l’autorité de notre ami Le Gallou, mais je dois reconnaître que je me suis demandé pourquoi j’avais été choisi pour traiter de ces questions-là. Ces mots-là ne sont pas vraiment de mon registre, croyais-je. Je parle plus volontiers d’honneur que de fierté, et plus de haine de soi, ou de sentiment de culpabilité, que de repentance. Cependant je suis tombé par hasard, plus ou moins, sur le point sept de la profession de foi du NON, l’un des deux mouvements que je préside, et qui œuvre à l’union, hors parti, de tous les antiremplacistes, c’est-à-dire de tous ceux qui sont convaincus que la seule question vraiment vitale est celle du Grand Remplacement, du changement de peuple et de civilisation, de la submersion ethnique, de la colonisation précipitée de notre pays et de notre continent ; et qu’en conséquence la seule ligne de partage vraiment sérieuse, c’est celle qui sépare les remplacistes, les partisans et promoteurs de ce changement de peuple et de civilisation, et les antiremplacistes, ceux qui sont prêts à tout pour empêcher son parachèvement.

Et donc ce septième point de la profession de foi du NON, que bien entendu j’assume pleinement, est ainsi rédigé :

« Nous sommes persuadés que la France doit sortir de l’absurde haine de soi et de la repentance perpétuelle que lui impose l’idéologie remplaciste et retrouver la fierté d’une histoire parmi les plus honorables et d’une culture parmi les plus brillantes que la terre ait portées ».

Repentance, fierté, les mots sont bien là et peut-être est-ce paragraphe qui a donné à Jean-Yves Le Gallou l’idée de m’attribuer ce sujet-là ; ou bien est-ce le souvenir d’un conte pour grands enfants, Ørop, que j’ai eu l’honneur de lire devant lui, que j’attribuais à Hans Christian Andersen, et qui décrit un empire, une vaste péninsule si profondément traumatisée par les crimes survenus sur son territoire qu’elle préfère sortir de l’Histoire que continuer la sienne : ce qui survient sera dit ne pas survenir, on prétendra que rien n’arrive, même l’invasion de l’Empire. C’est, en somme, l’inverse des fameux Habits neufs de l’empereur : dans Les Habits neufs on s’accorde à voir ce qui n’existe pas, les habits de fil d’or d’un roi nu ; dans Ørop on s’entend pour ne ne pas voir ce qui crève les yeux, l’invasion et la conquête du territoire.

Je vous prie de m’excuser de faire référence à mes propres ouvrages mais, soumis à deux thèmes que je n’ai pas choisis, je suis obligé, par souci de cohérence, ne serait-ce qu’avec moi-même, de chercher au sein de ma propre réflexion, et des volumes qui la reflètent, ce qui relève du sujet proposé, et qui en traite. Ce qui en relève le plus étroitement se trouve dans un petit essai intitulé “La deuxième carrière d’Adolf Hitler”, qu’on trouve avec deux ou trois autres textes dans le recueil Le Communisme du XXIe siècle — ce titre étant emprunté à Alain Finkielkraut et désignant bien sûr l’antiracisme. Pour ma part je ne parle plus guère d’antiracisme, quoique la chose m’ait beaucoup occupé. J’aime mieux dire remplacisme, qui me semble un concept plus riche, plus critique, aussi, plus polémique, et surtout plus aisément déclinable : remplacistes, remplacés, remplaçants.

Ainsi la situation actuelle a quatre protagonistes : les remplacés récalcitrants, vous, moi, ceux qui sont prêts à mourir plutôt que de consentir au Grand Remplacement ; les remplacés consentants, que ce soit par hébétude, par aveuglement, par repentance, justement, ou bien par sincère conviction masochiste ; les remplacistes, qui sont encore le pouvoir, peu ou prou ; et les remplaçants, de plus en plus nombreux, agressifs, revendicateurs et conquérants. Mais les remplacés consentants ne font qu’un avec les remplacistes, à toutes fins utiles, et tous seront mangés par leurs remplaçants même. De sorte qu’il n’y a vraiment que deux groupes, j’y reviens : les partisans et les acteurs du changement de peuple et de civilisation d’un côté, ses adversaires résolus de l’autre. Oserais-je ajouter que cette ligne de fracture passe aujourd’hui au sein même du Front national ?

Le remplacisme est la forme achevée de l’antiracisme, son horizon indépassable, sa conséquence inévitable, son aboutissement nécessaire : ce que l’état d’urgence est au vivre ensemble, si vous voulez. Mais d’abord il est son fils. Plus précisément le remplacisme — l’idéologie qui promeut le Grand Remplacement et le remplacement de tout par tout, des hommes par les hommes, des peuples par les peuples, des êtres humains par les machines, des animaux par les choses, du vrai par le faux, de la vraie vie par son imitation à bas coût, du réel par son double inversé, le fauxel, bref, l’interchangeabilité générale — le remplacisme est le fils monstrueux de la Révolution industrielle dans sa phase tardive, post-fordienne, tayloriste, et de l’antiracisme à son stade sénile.

“La deuxième carrière d’Adolf Hitler” désigne le rôle qu’a tenu après sa mort, et de plus en plus à mesure qu’on s’éloignait des événements de la Seconde Guerre mondiale, le führer comme référence absolue et inévitable, comme terminus ad quem de toutes les phrases, butoir obligé de tous les raisonnements. La deuxième carrière d’Adolf Hitler est moins criminelle que la première, et cela d’autant plus que lui n’était plus là pour la mener personnellement ; mais elle est d’aussi graves conséquences historiques, sinon plus vastes encore. L’Europe post-hitlérienne ressemble à un patient qui a souffert d’un cancer, l’hitlérisme, en l’occurrence, et que des chirurgiens qui ne sont pas tous professionnels, je le crains, opèrent et réopèrent pour lui arracher toute métastase possible, toute trace du mal, la moindre zone suspecte ou pré-suspecte. L’ennui est que ces médecins exhaustifs, dans leur désir compréhensible d’éradiquer à jamais le mal, emportés par leur élan, ont enlevé à leur malheureux patient, aussi, toutes les fonctions vitales indispensables : il n’a plus de cerveau, plus de cœur, plus de poumons, plus de virilité, plus de bras, plus de jambes et plus le moindre élan vital. C’est un zombie, un mort-vivant, un cadavre, qui met à ne pas être tout ce qui lui reste de volonté, et n’a d’autre désir que sortir de l’histoire. C’est ainsi que l’on voit l’Europe refuser toute dépense militaire, abandonner sa défense à des États-Unis qui s’en soucient de moins en moins et, dernièrement, aller jusqu’à confier à l’un de ses principaux envahisseurs, la Turquie, à grands frais, le soin de retarder un peu l’avance des autres : ce dont bien entendu ce pays n’a cure, si encore il n’est pas, de cette avance, plus qu’un peu responsable.

Foyer de la repentance, l’antiracisme, en tant que puissance politique majeure, est né à la fin de la Seconde Guerre mondiale de la fumée des camps de la mort et il tire d’eux la plus grande part de sa légitimité, érigé en arme absolue de langage par le truchement de l’incontestable “Plus jamais ça !”. Qui pourrait faire la moindre objection, en effet, à cette résolution négative ? La question est de savoir si on peut s’opposer au retour de l’histoire en sortant d’elle, en la quittant ; et, d’ailleurs, si on la quitte jamais, si on échappe à ses cauchemars, même quand on prend le parti de n’y plus figurer. Mais peut-être ce caractère cyclique est-il celui-là même du sens. Un beau et sinistre retournement, le sens ayant parcouru sa boucle complète, est que l’antiracisme, né comme je viens de la rappeler de ce qui ne s’appelait pas encore la Shoah, a donné naissance à une société, la nôtre, où en des parties de plus en plus nombreuses du territoire, les fameux territoires perdus de la République, la Shoah ne peut plus être enseignée — pas plus que l’évolutionnisme, d’ailleurs ; et d’où les juifs sont obligés de fuir, tous les ans par dizaines de milliers. Par repentance du génocide des juifs l’Europe accueille des millions de musulmans, d’où résulte un monde que les juifs sont forcés de quitter.

Un autre retournement tout aussi saisissant, mais plus satisfaisant pour l’esprit, est celui qui affecte la fameuse référence aux années trente, et aux non moins illustres heures les plus sombres, sœurs les plus ombres, devenues à la longue presque comiques — je ne parle bien entendu que du syntagme —, à force d’avoir trop servi. Cette référence a été utilisée pendant des lustres à fustiger et à confondre toute tentative de résistance à la dictature antiraciste et bientôt remplaciste qui s’installait : à peine risquait-on la moindre objection à cette croissante tyrannie, à ce communisme du XXIe siècle, et au changement de peuple qu’il entraîne, on devenait mécaniquement un intellectuel des années trente, c’est-à-dire nécessairement antisémite, d’extrême-droite, fasciste, pronazi et par définition collaborateur, bien entendu. Or, par un plaisant renversement récent, la référence aux années trente a totalement changé de camp ; et ce qu’elle sert a fustiger désormais, c’est l’aveuglement et la complaisance face au totalitarisme qui vient, l’illusion de pouvoir traiter avec lui, l’esprit munichois et la collaboration, oui, mais celle du pouvoir remplaciste et de sa presse, de la presse remplaciste et de son pouvoir, plutôt, avec le nouvel envahisseur.

Il y a bien de différences, certes, entre les deux Occupations, celle de 1940-1945 et celle d’aujourd’hui, qui menace d’ailleurs d’être encore plus grave que la précédente, car plus irréversible. Celle que nous subissons cette fois-ci n’est pas militaire, elle est démographique, et c’est pourquoi beaucoup de Français ne la reconnaissent pas pour ce qu’elle est. Elle ne se manifeste pas par des armées ennemies défilant sur les Champs-Élysées mais par des pieds sur les banquettes du RER, des sommations du regard à devoir descendre du trottoir, la tiers-mondialisation de l’espace sensible et les rafales de kalachnikov : tout ce que j’ai nommé la nocence, l’art et la manière de nuire, et que désigné justement, il m’en coûte d’interminables procès, comme l’instrument de la conquête. Mais si les deux Occupations divergent sur bien des points, les deux Collaborations, elles, se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Il ne se passe pas de jour qu’on ne croie entendre le pouvoir remplaciste citer, à un mot près, la fameuse déclaration de Pierre Laval, « Je souhaite la victoire de l’Allemagne ». Encore n’est-ce même pas toujours à un mot près, ce nom de pays, que ces discours sont semblables : car l’Allemagne, par le truchement de son actuelle chancelière, joue un rôle considérable, soit en tant que telle, soit comme puissance tutélaire de l’Europe institutionnelle, dans l’accélération actuelle du changement de peuple — annoncé d’ailleurs, faut-il le rappeler, par un Allemand, Bertolt Brecht :

« Ne serait-il pas possible pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? ».

Changer de peuple, dissoudre le premier par la destruction systématique de toutes ses structures, famille, citoyenneté, espace, paysage, langage, culture, et par l’enseignement de l’oubli, n’est-ce pas exactement ce que met en œuvre l’Europe telle que la pilote la chancelière allemande ? N’est-ce pas l’Allemagne — non pas celle que nous admirons et qui nous inspire, celle de Pegida, mais l’Allemagne institutionnelle — qui s’enthousiasme à l’idée d’accueillir des millions d’immigrés, et qui prétend ensuite les répartir dans tous les pays d’Europe, le nôtre éminemment compris, sur le modèle de la trop fameuse “politique de peuplement” de Manuel Valls, laquelle a au moins le mérite de la franchise, même si elle semble oublier, dans sa distraction, qu’en France il y a, ou il y avait, déjà un peuple. Tout juste pourrait-on dire que jadis l’Allemagne se donnait au moins la peine de nous envahir elle-même. Aujourd’hui elle sous-traite. Mais le résultat risque d’être encore pis.

C’est cela aussi, la deuxième carrière d’Adolphe Hitler, sa carrière inversée, arc-boutée sur l’horreur qu’inspire la première. Le racisme a échoué de très peu, en 1945, à détruire la civilisation européenne ; l’antiracisme, en 2016, paraît encore plus près d’y parvenir. Aussi bien racisme et antiracisme ont-ils beaucoup en commun, ne serait-ce que la même acception ridicule, pseudo-scientifique et incroyablement limitée, du mot race : la même qui permet au racisme d’entreprendre l’éradication d’une ou deux races qui ne sont pas à son gré, et à l’antiracisme de les effacer toutes, en soutenant qu’elles n’existent pas. Ceux qui prétendent que les races n’existent pas sont peut-être de grands biologistes, et encore, je n’en mettrais pas ma main au feu ; mais de toute évidence ce sont de très mauvais linguistes. Ils ne savent pas ce que c’est qu’un mot — ce qui les rend d’autant plus imprudents de s’attaquer à l’un des mieux inscrits de notre langue, de notre poésie et notre littérature, en cinquante acceptions diverses : famille, lignée, dynastie (les rois de la troisième race), type humain (la race des avaricieux, la race des héros), catégories de praticiens d’un art, d’un plaisir, d’un vice ou d’un métier (race des peintres du dimanche, des canotiers, des fumeurs de pipes, des dentistes et celle, trois fois maudite, des plombiers qui ne viennent jamais). Et je ne dis rien de nos amies les bêtes, chiens, chats chevaux, auxquels personne n’a eu le courage de signifier jusqu’à présent qu’il n’y avait pas de races parmi elles.

Dire qu’il n’y a pas de races, à la vérité, c’est aussi bête que de dire qu’il n’y a pas de mythes, ou pas de classes sociales. Et l’on ne s’étonnera pas dans ces conditions que les gens n’aient jamais tant parlé à partir de la leur, et chanté dans leur arbre généalogique, que depuis l’invention française de leur inexistence, il y a un petit demi-siècle.

Quand je prends le risque de faire référence à la race je ne fais pas référence à Vacher de Lapouge, faut-il le dire, à Rosenberg ou à Chamberlain, que je ne n’ai pas lus et qui ne m’inspirent guère de curiosité ; mais à Malherbe (Que direz-vous, races futures, / Si quelquefois un vrai discours / Vous récite les aventures / De nos abominables jours ?), à Pascal (Les Suissses s’offensent d’être gentilshommes et prouvent leur roture de race pour être jugés dignes des grands emplois), à Racine (Aux portes de Trézène et parmi les tombeaux / Des Princes de ma race, illustres sépultures… ) ; et moins à Gobineau qu’à Bernanos, qui en a donné je crois la plus belle image :

« Hélas, autour des petits garçons français penchés sur leurs cahiers, la plume à la main, attentifs et tirant un peu la langue, comme autour des jeunes gens ivres de leur première sortie sous les marronniers en fleurs, au bras d’une jeune fille blonde, il y avait jadis ce souvenir vague et enchanté, ce rêve, ce profond murmure dont la race berce les siens. »

Ma référence n’est pas le moins du monde innommable, elle est le général de Gaulle, que je ne vous ferai pas l’offense de citer devant vous une fois de plus sur ce point ( «Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche… etc. » ) et même Georges Pompidou que j’aurais pu entendre déclarer à Sciences-Po :

« Le choc de la défaite, l’extraordinaire aventure du général de Gaulle, et sans doute une réaction en profondeur de notre race… »

Et quelques lignes plus bas, dans le même discours pour le centième anniversaire de la rue Saint-Guillaume :

« Le second obstacle est sans doute le plus rude. Il tient, nous ne le savons que trop, au caractère même de notre race, à cette versatilité que César discernait et utilisait déjà contre les Gaulois… etc. »

Nous sommes en 1973. C’est sans doute une des toutes dernières fois qu’un président de la République va parler aux Français de leur race, car nous sommes juste à l’orée de la dictature antiraciste, qui va s’abattre comme une effroyable chape sur la langue et sur la pensée, et jouer le rôle capital qu’on sait dans le processus d’imbécilisation et dans l’industrie de l’hébétude. J’ai fait remonter aux camps de la mort et à l’incriticable plus jamais ça la légitimité qui donne à la tyrannie son pouvoir, et lui fournit ses armes absolues de langage ; mais il faut remarquer qu’entre la première et la deuxième carrière d’Adolf Hitler il y eut une période de latence d’une trentaine d’années environ. L’effet paralysant sur la vie de l’esprit n’a commencé à se manifester en France qu’en les dernières décennies du XXe siècle.

Je crois, pour ma part, deux choses : d’abord que la race, non pas la chose, qui n’existe pas, mais le mot, est indispensable à la défense de l’identité, autant dire à la défense de l’indépendance et de la liberté : ce terme est l’un de ces éléments vitaux dont je parlais il y a un instant, et que des chirurgiens fous ont arraché par fureur d’exhaustivité, et par ubris de la prudence, au corps pantelant de l’Europe ; et deuxièmement que l’antiracisme est au mieux inutile, au pire une perversion de l’esprit : tout ce qu’il y a en lui de précieux, et c’est beaucoup, se trouve déjà dans la morale, en effet ; le reste est gros de cette monstruosité éthique, le remplacisme, cette fabrique de l’homme remplaçable. Pourtant son hégémonie idéologique a été avalisée dans notre pays par François Mitterrand qui, voyant le socialisme décidément impossible, le remplace par l’antiracisme comme religion d’État, de même que ses successeurs remplaceront leur électorat populaire, qui les a quittés, par l’électorat des quartiers populaires, comme on dit pour désigner ceux dont notre peuple a été chassé, dans la langue du faux, celle que j’ai appelée le fauxel, et qui sert à assurer que ce qui survient ne sera pas nommé.

Du changement d’électorat au changement de peuple il y a si peu qu’on ne sait pas lequel a précédé l’autre. Il s’agit toujours de remplacer. Et en chacune de ces substitutions le remplacisme s’affirme pour ce qu’il est, un tout, une idéologie totalitaire, née de la bienheureuse convergence d’intérêts entre antiracisme de gauche, d’une part, devenu stratégie électorale et plan de carrière, et d’autre part financiarisme de droite, lui-même dénationalisé, désoriginé, dénaturalisé et même dénaturé, et qui a tout à gagner à la conception d’un homme lui-même désoriginé, déshistoricisé, déculturé et si possible hébété, interchangeable à volonté, comme un produit dûment normalisé. L’opposition gauche droite subsiste, mais comme une opposition secondaire par rapport à la seule ligne de fracture qui compte vraiment, j’y reviens, celle qui oppose remplacistes et antiremplacistes.

La Némésis du remplacisme c’est qu’il remplace un peuple soigneusement préparé par ses soins au Grand Remplacement par un peuple de farouches identitaires ; un peuple de veaux industriels, si l’on veut, par un peuple de loups affamés. Ce faisant, il creuse son tombeau. En attendant, entre les deux totalitarismes qui se partagent l’espace occidental, le remplacisme et l’islamisme, c’est pacte germano-soviétique permanent — disons plutôt germano-turc.

Entre-temps la repentance, à partir du foyer central brûlant des camps de la mort, où elle a très inégalement lieu d’être suivant les nations (on voit mal en quoi la Grande-Bretagne est concernée, par exemple), s’est élargie à toute l’histoire occidentale et à toute celle, car c’est bien de cela qu’il s’agit, même si le mot ne doit pas être prononcé, de notre race. Le blanc est l’homme coupable de la Terre. Et bien loin de moi de vouloir en rien réduire ses torts ni ses crimes quant à la colonisation et l’esclavage qui sont, avec la Shoah, mais en général pas par les mêmes accusateurs, les principaux reproches qui lui sont faits, non sans assimilation rhétorique, au passage, avec crime contre l’humanité et génocide. Tout juste se permettra-on de souligner le paradoxe d’un génocide, la colonisation, qui, en deux ou trois siècles, a multiplié par dix ou vingt les populations concernées ; et c’est d’ailleurs, cette contribution à la surpopulation, un autre reproche qu’on pourrait faire à l’homme blanc, d’un point de vue cette fois purement écologique. La forme extrême et presque comique du paradoxe, emblématique en tout cas, c’est l’habitude du président algérien Azziz Bouteflika, grand praticien du recours polémique et rémunérateur au terme de génocide, pour parler de la colonisation de l’Algérie, de se précipiter en France au moindre bobo, afin de se faire soigner dans nos hôpitaux, aux frais de la République je crois bien — ce serait un peu, si l’on prenait un instant au sérieux ses discours, comme si les Israéliens n’avaient confiance qu’en la médecine allemande en Allemagne, ou comme si la famille d’Anne Frank avait fait dix fois le voyage du Brésil pour recevoir les soins du docteur Mengele.

Il faut que les colonisateurs n’aient pas laissé si mauvais souvenir à leurs colonisés pour que ceux-ci, à peine débarrassés de ceux-là, n’aient d’autre idée que de se précipiter chez eux pour continuer à jouir de leur compagnie et de leur administration — à moins qu’ils ne viennent en conquérants à leur tour, ce dont il ne serait pas mauvais, si c’est bien le cas, comme je le crois, de s’aviser.

Quant à l’esclavage il n’est pas question non plus, bien entendu, d’en diminuer ou même d’en relativiser l’horreur, pour ses victimes. Mais puisque nous en sommes aux paradoxes et retournements on notera celui-ci, que les descendants des esclaves ont depuis plusieurs générations, aux États-Unis, aux Antilles — exception faite pour Haïti, trop vite indépendante — un sort mille fois plus enviable que leurs frères de race qui n’en comptent pas parmi leurs ancêtres, et qui semblent n’avoir désir plus ardent que de venir s’agréger, par-delà les mers, à cette aristocratie de privilégiés. Si les descendants des millions d’esclaves rendus tels par les musulmans n’inspirent pas de pareille envie c’est qu’ils n’y en a pas, et pour cause : les maîtres ont veillé de façon un peu radicale, de ce côté-là du monde, à ce que leur population servile ne se reproduise pas.

Tout ce que je viens de dire est éminemment discutable, il va sans dire, contestable, nuançable surtout. Or, le contestant, le corrigeant, l’euphémisant, le retournant et retournant encore, on serait au cœur de la tradition intellectuelle et même spirituelle de notre civilisation. Racines chrétiennes, certes, juives, gréco-latines, celtes, et j’en passe. Mais, liée à elles et d’ailleurs jaillie de certaines d’entre elles, cette tradition tout aussi vive de notre race, comme dirait Georges Pompidou — cependant, ici, je songe moins à la France qu’à l’ensemble de l’Europe —, j’ai nommé l’esprit de libre examen, et d’abord de soi-même. Dérivé sans doute de la foi en le péché originel, et donc de la conviction que la nocence précède l’in-nocence, ainsi que le montre assez la configuration des mots, il y a dans le génie des peuples européens une tendance non seulement à l’introspection mais au remords, à la correction, au pentimento, à la honte.

J’ai écrit jadis un “Éloge de la honte”, et je m’y tiens. La honte, ou si l’on veut la paranoïa, le doute, le scrupule, la conviction qu’on n’est pas toujours assez bon pour l’autre et pour soi-même, sont au fondement de la civilisation, et en tout cas de la nôtre. Les êtres sans paranoïa sont des rhinocéros. Les individus qui ne connaissent pas la honte, qui sont insensibles à l’opinion qu’eux-mêmes et les autres peuvent bien nourrir de leurs actions, les êtres sans vergogne, disaient nos aïeux, ceux-là sont des brutes, des nocents permanents, une racaille inassimilable aux exigences de la cité. Joseph Needham, le grand historien de la science chinoise, que cite Jacques Dewitte dans son essai L’Exception européenne, demande pourquoi c’est l’Occident qui a créé la science. Et de répondre : parce qu’il connaissait la honte. « L’essence même de la démarche scientifique est en effet de se mettre sans cesse en question, de chercher à se prendre soi-même en défaut » dit François Lurçat, le physicien, dans son livre au titre et sous-titre significatifs, La Science suicidaire, Athènes sans Jérusalem. Mais ces réflexions valent aussi bien pour la littérature occidentale, et sans doute pour la philosophie. Commencer à écrire, pour un Européen, c’est corriger une phrase qui précède et qui, elle, n’a jamais été écrite. Tout art est pentimento. Toute constitution est remords. Nous sommes la civilisation chassée du Paradis terrestre, et qui se souvient des dieux. La perte, Rilke l’a souligné, voilà ce qui fonde notre possession. La honte, écrivais-je dans son éloge que j’ai dit, est le revers de l’honneur : sans la sanction toujours à craindre du déshonneur, il n’y a pas d’honneur possible. Cependant il est grand temps de renverser ce postulat, ou plutôt de lui faire effectuer, à lui aussi, un tour supplémentaire dans la spirale du sens. En situation de grave menace pour l’existence même de notre patrie et de notre civilisation, ce n’est pas sur le sentiment de culpabilité et sur la repentance qu’il faut bâtir notre fierté et notre désir de libération du joug colonial. Il faut remonter plus haut. Si nous sommes travaillés à l’excès par la repentance, c’est d’abord que nous avons été hantés par la pensée. En cette banlieue de l’être où nous sommes réduits par l’aliénation, par la chosification du vivant, par l’hébétude, par le remplacisme global et pour-toussiste, c’est sur la vie de l’esprit, sur la culture, sur la connaissance, sur la science, sur la spiritualité, sur l’interrogation perpétuelle de nous-même et de l’autre, sans haine de soi ni haine de lui, en leur érigeant de toute part des sanctuaires — et ce colloque en est un —, qu’il faut reconstruire notre honneur, c’est-à-dire notre identité : elle est passion de la liberté, irremplaçable.

Renaud Camus

 

« JE SUIS RENAUD CAMUS » (par Marc Le Stahler)

Les quelques milliers de patriotes qui avaient défilé de Denfert Rochereau à la Place d’Italie le 18 décembre 2010 se souviennent peut-être de cet homme élégant aux yeux bleus, à la barbe blanche finement taillée, tiré à quatre épingles comme sorti du siècle dernier, qui avait évoqué tranquillement et sans haine sa vision d’une France inéluctablement soumise à ce qu’il avait pertinemment nommé « le Grand Remplacement ».

Hélas, les censeurs de la République veillaient. Ces veilleurs de la pensée officielle qui ne s’offusquent de la violence que si elle provient « des petits blonds » ; ces commissaires du peuple, toujours prêts à expliquer l’inexplicable et à excuser l’inexcusable ; ces ardents défenseurs des droits de l’homme – pourvu que ce ne soient pas les immigrés qui les transgressent – ; ces chiens de garde de la bien-pensance grassement subventionnés par un Etat oublieux de ses premiers devoirs ; ces censeurs, disais-je, n’ont pas raté Renaud Camus et lui ont intenté un de ces procès que l’Histoire classera peut-être un jour dans la continuité de ceux de Moscou, de Prague, de Budapest, en attendant mieux…

Le MRAP avait obtenu sans surprise le 10 avril 2014 la condamnation de Renaud Camus pour « provocation à la haine ou à la violence », avec une amende de 4 000 € et 500 € de dommages-intérêts à la clé.

La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris avait en effet estimé que ses propos constituaient une « très violente stigmatisation des musulmans », présentés comme des « voyous », des « soldats », « le bras armé de la conquête », des « colonisateurs cherchant à rendre la vie impossible aux indigènes », à les « forcer à fuir, à évacuer le terrain » à défaut de « se soumettre sur place ».
La courageuse libraire du Bourget ne manquera pas de se reconnaitre dans cette diatribe si elle lit ces lignes…
L’écrivain ne voulait pas en rester là. Il faisait appel et se présentait à l’audience hier, jeudi 5 février, sans avocat, bien décidé à assurer lui-même sa propre défense, peut-être encore trop naïf et confiant « en la justice de son pays »…
Renaud Camus relate lui-même sur sa page Facebook cette séance kafkaïenne d’un procès où les juges ne sont pas là pour juger mais pour condamner et où le verdict est connu d’avance. Il est de notre devoir de relayer ce texte, pour faire savoir à toutes celles et à tous ceux qui lisent Minurne l’état déplorable dans lequel se trouve la justice de notre beau pays « des droits de l’homme », où ceux dont la pensée n’a pas l’heur de plaire au pouvoir et à ses sbires n’auront bientôt plus que le droit de se taire ou de croupir dans les geôles politiques de notre république finissante.Je ne suis pas « Charlie », mais ce soir, un mois après les attentats de Paris, je pleure encore pour ma France, et je suis fier de dire
« JE SUIS RENAUD CAMUS« 

Marc Le Stahler

- MINURNE

 

Cet article est visible sur la page Facebook de Renaud Camus


JOURNAL FACEBOOK DE RENAUD CAMUS

000 - Renaud Camus

Paris, jeudi 5 février 2015.

L’audience à la 7e Chambre (du pôle II de la Cour d’appel) s’est passée aussi mal que possible (pour moi). Le pire est que j’ai tout à fait perdu mon sang-froid, au beau milieu des opérations. J’expliquais pour la quatrième fois à l’un des assesseurs, une femme, que jamais je n’avais dit, ni certes pensé, que les musulmans étaient des voyous, comme le prétendent les termes de ma condamnation en première instance ; que mon discours portait sur la nocence, autrement dit sur la délinquance petite et grande, que c’étaient les délinquants qui étaient le sujet de ma phrase et de mes propos.

« Oui mais ces délinquants, ils sont musulmans !

— Ceux dont je parle à cet endroit sont musulmans, en effet.

— Donc tous les musulmans, pour vous, sont des voyous ? »

C’est là que mes nerfs ont un peu lâché, j’ai dit qu’on ne se comprenait pas du tout, qu’apparemment il m’était impossible d’expliquer les choses les plus simples, que je renonçais à essayer de rendre raison des propos incriminés puisque semble-t-il je ne parvenais pas à me faire entendre.

« Je vois bien que je vais être condamné, ai-je dit. Eh bien condamnez-moi, condamnez-moi, mais ne me condamnez pas pour avoir dit que les musulmans étaient des voyous, ce que non seulement je n’ai pas dit mais pas non plus pensé un seul instant.

— Mais alors, a repris la présidente avec une moue moqueuse, si vous ne dites pas que les musulmans sont des voyous, ce que vous dites c’est que les voyous sont des voyous, c’est bien cela ? Il n’est peut-être pas nécessaire de faire une conférence pour expliquer cela…

— Je ne dis pas que les voyous sont des voyous, Madame la Présidente, je dis que les voyous sont des soldats. Et s’il me semble insultant de dire que des soldats sont des voyous, dire de voyous que ce sont des soldats, c’est plutôt leur faire honneur, il me semble. Et il me semble aussi que les tragiques événements que nous venons de vivre, que nous vivons encore, sont la confirmation éclatante de ce que j’avançais : pour ainsi dire tous les tueurs de ces dernières semaines avaient fait leurs armes dans la délinquance civile, profane, de droit commun, dans ce que j’appelle la nocence ; et de là ils étaient passés tout naturellement à la criminalité d’inspiration politique, idéologique, religieuse, comme s’il n’y avait aucune solution de continuité entre ceci et cela. C’est très précisément le sujet de mon discours : “La nocence, instrument du Grand Remplacement”. C’est dans ce sens que je dis : “Ces voyous sont des soldats”. Je ne parle en aucune façon des musulmans en général, je parle des délinquants parmi eux. »

On résiste un peu, pour le principe, quand les personnes qui sont plus ou moins de notre bord (plutôt moins que plus, en général, car on n’a guère de bord…) disent, un peu par automatisme, juge-t-on, que nous vivons en dictature, que la justice est à la solde du pouvoir, qu’il ne faut en rien compter sur elle pour défendre la liberté d’expression ni même le droit. Il en va ici comme du concept de collaborateur, collabo, que je trouvais jadis exagéré et pour tout dire déplacé, quand il était appliqué aux personnalités du remplacisme. J’estimais aussi que c’était une hyperbole excusable, mais regrettable, de parler de tribunaux d’exception, de magistrats suppôts du pouvoir remplaciste, de justice à la solde du changement de peuple et de ses artisans. Mais je ne suis plus si résolu à en juger de la sorte. Un homme de je ne sais quelle nationalité, mais originaire de l’est de l’Europe, et qui était là parmi les personnes venues me soutenir, disait à l’issue de l’audience que ce qu’il venait de voir était exactement semblable aux procès de l’ère stalinienne, dans son propre pays. De fait il avait été absolument évident d’emblée, cette après-midi, que j’étais là pour être condamné et recondamné, et rien d’autre.

Un des aspects les plus spectaculaires du parti-pris de la Cour, par exemple, était la colossale différence de traitement entre l’avocat de la partie civile et moi. Ainsi, moi, pour montrer à quel point l’In-nocence et moi étions radicalement insoupçonnables d’incitations à la violence à l’égard des musulmans ou d’autres, je me suis mis à lire des communiqués du parti — le 733, par exemple, 4 octobre 2008, Sur l’agression antimaghrébine d’Ajaccio :

« Le parti de l’In-nocence condamne avec la plus rigoureuse fermeté l’agression dont ont été victimes trois jeunes gens d’origine maghrébine à proximité des jardins de l’Empereur, à Ajaccio.

« Le parti de l’In-nocence est hostile à l’immigration de masse et au multiculturalisme pluriethnique, entre autres raisons parce qu’il voit en eux un facteur capital de violence, de criminalité et de nocence au sein de la société : ce n’est donc certainement pas, à ses yeux, en recourant soi-même à la nocence, à la violence et la criminalité qu’on saurait combattre les maux dont ces phénomènes sont porteurs ; c’est au contraire y ajouter ».

Ou bien le 59, 16 juin 2004, Sur la profanation du carré musulman du cimetière de la Meinau, à Strasbourg :

« Le parti de l’In-nocence exprime l’indignation totale et la vive inquiétude que lui inspirent les profanations abjectes qui ont été perpétrées contre plus de cinquante tombes musulmanes au cimetière de la Meinau, à Strasbourg. Il réitère l’expression du sentiment d’horreur dont l’emplissent de tels actes, dont la prolifération, quelle que soit la communauté visée, lui paraît significative de la dégradation sans cesse accrue du climat national ».

Ou encore le 62, 26 juin 2004, Sur la profanation des tombes de soldats musulmans :

« Le parti de l’In-nocence exprime un dégoût particulièrement marqué pour la profanation de caractère néo-nazie visant cette fois, au cimetière militaire de Haguenau, les tombes de combattants musulmans de la dernière guerre, marocains pour la plupart, qui ont donné leur vie, en 1944 et 1945, pour la France et pour la liberté ; et dont les dépouilles ont un droit sacré, non seulement au respect le plus strict, comme il va sans dire, mais à une immense gratitude ».

Ou encore, n° 455, 19 avril 2007, Sur la profanation des tombes musulmanes de Notre-Dame-de-Lorette :

« Le parti de l’In-nocence exprime l’horreur qu’il éprouve à la nouvelle de la profanation, sous des emblèmes nazis, de cinquante-cinq tombes musulmanes de la nécropole militaire de Notre-Dame-de-Lorette, dans le Pas-de-Calais : quels que soient les motifs, les bas calculs ou les manœuvres électorales de dernière minute qui ont pu inspirer ces actes, ils sont également révoltants, et par l’irrespect sacrilège à l’égard des morts, et par l’abjecte ingratitude à l’égard de soldats tombés pour la France. »

J’aurais pu en citer une vingtaine de cette eau, à propos de mosquées autant que de cimetières, et d’individus autant que de “communautés” — tous parfaitement pertinents à mon sens, et étroitement liés à l’affaire débattue, puisque j’avais été présenté, aux Assises sur l’islamisation, comme président du parti de l’In-nocence et qu’on m’accusait, et m’avait même condamné, pour incitation à la haine religieuse et à la violence. D’autre part ces communiqués figurent tous dans le gros volume de près de six cents pages publiés chez Davis Reinharc en 2012 et que j’ai montré à la Cour, puisque le tribunal correctionnel avait estimé, lui, que je ne proposais rien, politiquement (et que donc seule la violence pouvait répondre à mes propos). Pas un des magistrats ne s’est intéressé le moins du monde à ce volume, et la présidente a interrompu sèchement ma lecture, au motif que ces communiqués n’avaient rien à voir avec la conférence incriminée ; moyennant quoi l’avocat du Mrap, lui, sans émousser si peu que ce soit la complaisance presque amoureuse des juges, a pu faire toutes les digressions qu’il voulait, et par exemple parler longuement de mon “affaire” de l’année 2000, dont le rapport avec l’affaire d’aujourd’hui est autrement plus ténu, me semble-t-il, que celui des communiqués de l’In-nocence, qui ne peuvent que réduire à néant, selon moi, toute accusation d’incitation à la haine et encore plus à la violence ; mais qui sont reçus par la présidente, eux, avec une expression d’impatience exaspérée, comme si vraiment j’abusais de façon scandaleuse de la patience de la Cour. J’ai d’ailleurs commis l’erreur de demander si je pouvais poursuivre ma lecture au lieu de la poursuivre sans rien demander : et la réponse à ma question, il va sans dire, a été non.

Sur l’affaire du “Panorama de France Culture” en 1994 j’ai dit ce que je dis toujours, qu’une émission censément généraliste (le “Panorama”) se transformait d’évidence, à cette époque, en émission communautariste ; que ce n’était certes pas bien grave, que c’était même plutôt comique, mais que ça devait être dit, précisément parce que ça ne pouvait pas l’être (on l’avait bien vu) ; que j’avais toujours conçu la tâche de l’écrivain comme consistant à se porter au point aveugle de la société dans laquelle il vit, à pointer du doigt ce qui, en elle, ne doit sous aucun prétexte être mentionné ; que ce qui ne doit pas être mentionné par excellence, dans notre pays depuis quarante ans, c’est le changement de peuple et de civilisation, l’immigration de masse, le Grand Remplacement ; que si j’avais pris la liberté de mentionner la dérive communautariste du “Panorama” de France Culture, c’est précisément parce que j’étais radicalement insoupçonnable d’antisémitisme ; qu’être antisémite ce n’était pas critiquer tel ou tel juif une fois ou deux pour ceci ou cela, comme on critiquerait n’importe qui d’autre, mais que c’était l’affaire d’une vie et, dans le cas d’un écrivain, d’une œuvre ; que si j’étais antisémite il y en aurait des traces autres que cette affaire dans les quelques cent ouvrages que j’ai publiés : or non seulement il n’y en avait pas, mais il y avait d’abondants témoignages du contraire ; que, pareillement, être un écrivain d’extrême droite c’était un emploi à plein temps, “tout un ensemble” auquel je ne correspondais en rien ; et que déplorer la colonisation dont ma patrie était victime ne devrait pas suffire à me valoir ce qualificatif, dont la presse, dernièrement, m’affublait pourtant de façon systématique.

Le juge assesseur de gauche était de ces personnes qui, dans leur ennui, se grattent avec application le nez et les oreilles puis considèrent longuement, entre le pouce et l’index, ce qu’ils ont pu rapporter de ces explorations, quitte à disposer alors dans la nature, d’un habile coup d’ongle, de ce qui ne leur paraît pas devoir être conservé. On imagine qu’il se croit inobservé. Mais comment peut-on se croire inobservé quand on est assis à un bureau sur une estrade, face au public ? Lui avait eu manifestement en charge l’affaire précédente, autour du docteur non-docteur Sainz, dit le docteur Mabuse, un as des prescriptions spéciales pour coureurs cyclistes, qui poursuit pour diffamation un journaliste de l’agence Reuters, fort dépenaillé, jean pendouillant et pull-over à col roulé avachi. Mais le pseudo-docteur l’était aussi passablement, dépenaillé, avec sa vieille doudoune matelassée, à manches courtes. Je suis toujours très étonné, mais je suis sans doute le dernier, que les gens se présentent devant leurs juges, comme aux messes d’enterrement, comme partout désormais, comme devant leurs classes, devant leurs patients, vêtus comme s’ils avaient l’intention de se livrer incontinent, dans leur garage, à des travaux de bricolage très salissants. Moyennant quoi, par réaction, je tombe dans l’excès inverse.

Le juge assesseur de droite, une femme, donc, était celui qui avait spécialement en charge mon affaire. Pendant les échanges précédents autour du pseudo-docteur Sainz, cette magistrate avait été prise de très visibles accès de somnolence. Ce n’est pas moi qui lui jetterai la pierre, je suis exposé aux mêmes maux. Mais même quand elle ne dort pas elle n’a pas l’air très éveillée. On se demande si ces gens sont complètement idiots, abrutis par la déculturation générale, hébétés par la prolétarisation de masse (la même qui vêt leurs justiciables…), incapables de suivre le raisonnement le plus élémentaire ; ou bien s’ils font semblant de l’être quand ils sont tout à fait résolus à ne pas comprendre ce qu’on leur dit, et qui paraît pourtant bien clair.

Le cas le plus manifeste est cette histoire ridicule du “bras armé de la conquête”, sur laquelle il a été beaucoup revenu, sans notable éclaircissement. Dans les attendus du premier jugement, je suis condamné pour avoir dit que les musulmans étaient “le bras armé de la conquête”, ce qui constitue une stigmatisation caractérisée. Mais bien entendu je n’ai jamais dit que les musulmans étaient le bras armé de la conquête, car alors ce serait la conquête de qui ? Ça n’aurait pas de sens. Je parlais, comme tout au long de mon discours, des délinquants parmi les “nouveaux venus” (pas exclusivement musulmans, d’ailleurs), des “nocents”, des voyous. Si la conquête ce sont les musulmans, comment peuvent-ils en être le bras armé ? Ils ne peuvent être à la fois la partie et le tout. Il y a là pour moi une confusion énorme, manifeste, très facile à démêler (théoriquement), et qui d’ailleurs recoupe exactement celle qui voudrait que j’eusse appelé les musulmans des voyous. Cependant, rien à faire : on voit ces gens ne pas comprendre ou ne pas vouloir comprendre les explications les plus simples. L’avocate générale a repris le syntagme des musulmans bras armé (des musulmans), absolument comme si de rien n’était, comme si mon exégèse doublement inutile était passée sur elle comme de l’eau sur les ailes d’un canard.

Elle trouve d’ailleurs que je suis très intelligent, très subtil — mais ces belles qualités sont retenues entièrement à charge contre moi, bien entendu. Grâce à elles, en effet, je n’ai pas à dire clairement ce que je dis : il me suffit de le faire comprendre sans le dire. Donc, si j’incite à la haine et à la violence, je suis coupable d’incitation à la haine et à la violence, bien entendu ; mais si je ne le fais pas je suis coupable aussi, et encore davantage, même, car ma subtilité et mon intelligence me permettent de le faire sans le faire.

J’avais bien vu venir cette structure accusatoire diabolique et avais tâché de la parer par une citation de Diderot dans une lettre à Sophie Volland, phrase fameuse et magnifique :

« Partout où il n’y a rien, lisez que je vous aime ».

Retournée dans sa substance par l’avocat du Mrap, par l’avocate générale et par la Cour elle-même, cette phrase définit exactement la posture qu’ils sont d’accord pour me prêter :

« Partout où il n’y a rien, lisez que je vous hais ».

Jérôme Dupuis, de L’Express, auquel j’ai parlé au téléphone, ce soir, car je souhaitais avoir sur le procès auquel il avait assisté un sentiment plus objectif que le mien, est beaucoup plus modéré que moi, prévisiblement, dans son appréciation de ce qui m’a paru, donc, un procès “stalinien”. Lui se contente de parler d’un dialogue de sourds — c’est d’ailleurs le sens de l’article qu’il a déjà mis en ligne, honnête et neutre. Il me dit que les juges sont d’évidence stupéfaits de me voir et entendre assumer pleinement ce que les accusés de mon bord, d’habitude, nient mordicus : à savoir la conviction que la France fait l’objet d’une colonisation, d’un changement de peuple et de civilisation, d’une islamisation précipitée.

« Je veux bien être condamné pour cela, lui dis-je, puisque ce sont exactement mes convictions en effet. Mais je ne veux pas être condamné, comme je l’ai été, pour avoir dit que les musulmans sont des voyous, ce que je n’ai jamais dit et jamais pensé ; ou pour avoir incité à la haine et à la violence, ce qui est le contraire exact de mes sentiments et de ceux de l’In-nocence, laquelle porte la non-violence dans son nom même. »

« Vous serez condamné pour les deux », dit-il cheerfully.

Renaud Camus

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