METEO DU CHÔMAGE OU METEO DE L’EMPLOI ?

François Hollande a répété récemment sur Canal + qu’il conditionne sa candidature à l’élection de 2017 à la baisse du chômage. Mathématiquement, démographiquement et statistiquement, c’est impossible, il ne pourra donc pas se représenter. « Je ne veux rien lâcher, a-t-il dit, je me battrai pendant les deux années qui me restent pour atteindre l’objectif que j’ai fixé, la baisse du chômage« .

S’il savait lire un tableau statistique, monsieur* Hollande apprendrait que sa politique économique et sociale ajoutée à une immigration massive a produit 571 200 chômeurs de longue durée de plus depuis son arrivée au pouvoir (chiffre Pôle emploi), sans compter les chômeurs à temps partiel, malgré une augmentation importante du nombre des fonctionnaires (environ 100 000), le seul secteur où il y en a moins étant celui où il en faudrait  plus : la police et l’armée.

En effet, il n’y a pas que la dégradation de l’économie qui produit du chômage, l’immigration en produit aussi. Dans un pays où il y a près de 6 millions de chômeurs, laisser entrer plus de 200 000 immigrés chaque année, dont la plupart ne sont pas en mesure de travailler faute de formation, de parler la langue française, d’être aptes au travail et souvent faute de volonté de travailler quand ils constatent que l’on peut vivre de subventions et d’allocations bien mieux que l’on ne vivait au pays ajoute forcément du chômage au chômage.

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Débarquement en Italie de futurs chômeurs européens envoyés par Daesh-Libye

Il impute cet échec à son prédécesseur, en oubliant de regarder les statistiques du chômage de 2007 au premier trimestre 2012 : baisse du nombre de chômeurs en 2007, brusque remontée en 2008 en conséquence directe de la grande crise financière mondiale qu’aucun des économistes qui pérorent sur les antennes et dans les cabinets ministériels n’avait vu venir, nouvelle diminution en 2011, stoppée début 2012 dès l’annonce de la candidature de Hollande assortie de sondages le donnant gagnant qui provoque aussitôt une crise de confiance chez les entrepreneurs et les investisseurs.

Il faut dire que si, en 2007, le redressement de l’emploi amorcé par Borloo et Juppé n’a pas survécu à la crise et qu’ils n’ont pas su le retrouver, en 2008, le choix de Christine Lagarde dans le gouvernement Fillon 2 a permis la belle remontée de l’emploi de 2011.

Hollande n’a aucune chance d’obtenir un retour de l’emploi avec les deux ministres de l’économie qu’il a choisis, de bons copains de promotion sans aucun doute, mais des économistes de salon : Moscovici dont la nullité a été récompensée par un poste en or de commissaire européen avec un gros salaire défiscalisé, et Sapin qui ne vaut guère mieux en compétence économique appliquée. Aucun des deux n’a d’ailleurs jamais travaillé en entreprise comme Christine Lagarde.

Or, pour amorcer une reprise de l’emploi de meilleure qualité – c’est-à-dire durable – que les deux réussies par Sarkozy, et pour que Hollande, s’il est décidé à respecter sa parole et sa promesse – mais rien n’est moins sûr – puisse se représenter, il faudrait qu’au moins 600 000 emplois soient créés en 24 mois. En effet, il ne suffira pas d’invoquer 9 ou 10 mille emplois créés artificiellement en embauchant des fonctionnaires de décembre 2016 à février 2017 par exemple, pour justifier qu’il se représente. Il faudra d’abord résorber le trou dans l’emploi que son incompétence et celle de ses ministres de l’économie ont creusé : 600 000 chômeurs de longue durée de plus. Ce qui signifie permettre la création par les entreprises de 25 000 emplois productifs nouveaux par mois dès maintenant. La solution qui consisterait à embaucher 600 000 fonctionnaires de plus ne ferait qu’aggraver la dépense de l’État et l’endettement de la France car il faudrait emprunter pour les payer.

L’embauche de fonctionnaires a déjà été utilisée trois fois et a provoqué une très légère remontée de l’emploi de trois fois un mois, mais trois mois non consécutifs, donc sans effets visibles sur la courbe, qui ont mis en évidence la flagornerie de la presse de gauche et des télévisions dont les analystes économiques annonçaient chaque fois en écho au gouvernement « Ça y est, la courbe du chômage s’inverse !« . Il y a bien eu un quatrième mois (août 2014) où « la courbe du chômage s’est inversée », mais l’INSEE a annoncé elle-même qu’elle était due à une erreur de calcul !

Ils nous refont le coup depuis le début de l’année 2015 en annonçant un retour imminent de la croissance dû à trois facteurs : baisse de la valeur de l’euro, baisse du prix du pétrole, baisse des taux d’intérêt. Trois facteurs provisoirement positifs pour la France certes, mais dont les effets secondaires nocifs commencent à se voir en Chine et aux Etats-Unis. Dans cette amélioration le gouvernement socialiste français n’est strictement pour rien, son seul espoir étant de réussir à éviter que le wagon France ne décroche du train de la croissance qui redémarre en Europe.

Nous avons actuellement 5 560 000 chômeurs (Pôle emploi). Les rares et très brèves embellies sont dues, outre l’embauche de fonctionnaires, a des tentatives qui toutes tournent à l’échec : emplois d’avenir, contrats de génération, Garantie jeunes… à l’issue desquelles les jeunes ne sont finalement pas embauchés. Une partie des contrats aidés leur est aussi réservée. C’est le cas du contrat « starter », lancé en avril 2015 pour les jeunes de moins de 30 ans. Le gouvernement espère en signer 13.000 d’ici à la fin de l’année, mais « l’État prend en charge 45% du Smic« , autrement dit ces emplois sont payés à 45 % par l’impôt !

Job-seekers attend an emnployment forum organized by the state employment organization Pole Emploi on October 14, 2014 in the northern city of Arras. AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN

Job-seekers attend an emnployment forum organized by the state employment organization Pole Emploi on October 14, 2014 in the northern city of Arras. AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN

Deux catégories ne cessent d’augmenter, et février 2015 n’a pas fait exception : les seniors et les chômeurs de longue durée. Sur un an, leur nombre a grimpé respectivement de 9,1% et de 9,5%. Le « plan senior », lancé en juin 2014, et celui contre le chômage de longue durée, détaillé début février, n’ont produit aucun effet.

De toute manière et quoi qu’ils fassent, tous ces plans sont voués à l’échec et n’ont pour objectif que de jeter de la poudre aux yeux. Même Manuel Valls en convient, sans croissance, pas d’emploi, mais il rêve en annonçant qu’elle pourrait atteindre 1,5 % en 2015. À ce niveau, elle ne ferait que stopper la dégradation de l’emploi. Pour obtenir les emplois qui permettraient de redresser réellement et durablement la courbe de l’emploi, il faudrait atteindre 2 %. C’est impossible sans réduction de la dépense publique et sans réforme des statuts de la fonction publique et des syndicats. N’ayant aucune intention de mettre en oeuvre ces trois réformes qui mécontenteraient le seul électorat qu’il lui reste, le gouvernement ne peut donc miser que sur une forte reprise européenne qui tirerait la France de la fosse à purin socialiste où elle s’enlise.

François Rebsamen, ministre du Travail, voit venir « une stabilisation et, à la fin de l’année, un début de régression » du nombre d’inscrits à Pôle emploi. L’emploi de ce terme négatif signifie clairement que la seule amélioration qu’il envisage est le ralentissement de l’augmentation du nombre des chômeurs, peut-être par des radiations supplémentaires, sûrement par la mort de plus en plus de chômeurs-seniors, ex-baby-boomers, arrivant en fin de vie, et en aucun cas par une augmentation massive de la création d’emplois. C’est dans cette optique que le ministre a présenté son projet de loi sur le dialogue social en entreprise la semaine dernière. En « simplifiant les règles dans les entreprises« , le gouvernement « espère lever des verrous » à l’embauche. C’est beau l’espoir, voilà trois ans que Hollande nous berce de l’espoir d’un retour de l’emploi qu’il appelle lui aussi d’un terme négatif « inversion de la courbe du chômage« , laquelle peut être obtenue sans création d’emplois en modifiant les règles d’inscription à Pôle emploi. Que ce soit Hollande, Valls, Sapin ou Rebsamen, aucun des quatre n’a encore compris que dans une économie dynamique porteuse d’espoir pour la population, le problème n’est pas le chômage, mais de faire en sorte qu’il y ait plus de création d’emplois que d’emplois supprimés.

Au préalable, il faudra donner aux fonctionnaires des cours sur le sens du verbe « simplifier » qui pour eux signifie augmenter les normes et les contraintes réglementaires comme ils le font actuellement.

L’Insee annonçait, en décembre 2014, 80.000 emplois sauvés ou créés en 2015 grâce au Pacte de responsabilité « qui octroie 40 milliard d’euros aux entreprises d’ici 2017« . Le problème est que les chefs d’entreprises ont appris à traduire en français le charabia politico-administratif et compris que cela ne se traduira pas par de l’argent donné par l’État, qu’il n’a pas de toute façon, mais par un saupoudrage de diminution partielle des augmentations de charges prévues. Autrement dit, au lieu d’augmenter les impôts sur les entreprises de 50 milliards pour financer la réduction de la dette, l’État ne les augmentera que de 10 milliards, c’est ce qu’il appelle faire cadeau de 40 milliards aux entreprises. En échange, elles doivent s’engager à créer des emplois sous peine de sanctions, ce qu’elles ne pourront pas faire avec 10 milliards supplémentaires de charges.

De toute manière l’INSEE lui même juge que 80 000 emplois sauvés ou créés seront insuffisants pour faire baisser le taux de chômage, que l’Institut national de la statistique voit monter à 10,2% en métropole et 10,6% avec l’Outre-mer d’ici à mi-2015.

François Hollande a dit qu’il ne se représenterait pas si le nombre de chômeurs ne diminuait pas, il aurait dû dire pour être cru « si la création d’emplois n’est pas supérieure au nombre des destructions d’emplois », espérons, sans trop y croire car ce serait un miracle, que cette fois-ci il tiendra sa promesse.

* C’est délibérément que je ne mets pas de majuscule à « monsieur » quand il s’agit de personnages qui n’ont pas la somme des qualités requises pour être un « Monsieur », la majuscule étant une marque de respect qui doit être méritée. De même j’écris Madame Christine Lagarde et Madame Le Pen qui malgré quelques défauts sont de grandes dames, mais madame Christiane Taubira pour parler de la personne qui a relâché 12 000 criminels et voyous dans la nature, et madame Claude pour citer la célèbre mère maquerelle.

Maurice D.

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