L’AVENIR DE MACRON SE JOUE AUX EUROPEENNES
(Jean Goychman)

Les temps sont difficiles pour le président Macron. Alors qu’après les élections de 2017, il pensait, fort d’une majorité parlementaire « à sa botte », de partis politiques traditionnels zombifiés et d’une opinion publique chloroformée, que sa vie à l’Elysée allait ressembler « à un long fleuve tranquille ». Mais voilà ; comme le disait Georges Pompidou, rien ne se passe jamais comme prévu. Franklin D Roosevelt aimait à rappeler également qu’en politique, rien n’arrive jamais par hasard.

La suite des événements semble donner raison à l’un comme à l’autre. Après l’ « état de grâce » cher à la gente médiatique, l’azur du ciel s’est assombri. Alors que le candidat Macron s’était érigé en grand moralisateur de la vie politique, les affaires judiciaires mettant en cause certains des membres du gouvernement se sont succédé à un rythme soutenu. Citons notamment les cas de Richard Ferrand et Muriel Pénicaud, en délicatesse avec la justice pour des affaires qui, bien qu’ antérieures à leur nomination, ont fourni aux mauvaises langues, tellement nombreuses, et à la presse à scandale, qui sait si bien contourner « la présomption d’innocence », de quoi alimenter les gazettes.
Tout ceci n’était que les signes avant-coureurs.

Des démissions en série

Après François Bayrou et la très fédéraliste Sylvie Goulard (reclassée à la Banque de France), ainsi que le départ de la très brève ministre des Affaires Européennes Marielle de Sarnez, ce fut le tour de Laura Flessel, ministre des sports, le 4 septembre 2018. Officiellement pour « raisons personnelles » mais peut-être un peu aussi (toujours les mauvaises langues) en raison d’allusions dans la presse satyrique.

La Ministre de la culture, Françoise Nyssen, elle aussi victime du Canard Enchainé, ne survécut pas au remaniement du 16 octobre. La ministre de la Santé Agnés Buzyn a senti le « vent du boulet » avec la perspective de reconduite de son mari à la présidence de l’INSERM, jugée « opaque » par le journal anglais « The lancet ».
Mais ceci n’était qu’une « mise en bouche »

Le plat de résistance vint avec Nicolas Hulot qui, habitué des plateaux de télévision, créa la surprise en annonçant lui même son départ du gouvernement le 28 août 2018. A peine le temps de digérer ce qui ressemblait fort à un affront (en fait, en raison d’un désaccord sur le fond), qu’Emmanuel Macron dut faire face à une septième démission, d’une toute autre ampleur : celle de Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, qui laissait réellement planer un doute sur les raisons de son départ le 3 octobre.

Derrière les murs du Palais

Une autre affaire éclatait le 19 juillet avec la parution d’un article dans le journal « Le Monde », relatant qu’un des adjoints du chef de cabinet du Président Macron avait été filmé avec un brassard de police, en train de donner des coups à une personne. L’affaire Benalla commençait. Avec elle, nous avons découvert un univers auquel nous étions totalement étranger et aux antipodes de l’image que voulait nous donner notre président. Cette affaire relevant de la Justice, il serait inconvenant de s’y attarder davantage, même si elle semble connaître de nombreux rebondissements permettant de suspecter de graves dysfonctionnements au sein de la machine élyséenne.

Le séisme des « Gilets Jaunes »

L’affaire éclata après un été orageux suivi d’un automne agité. Un mouvement de révolte d’apparence spontanée enflamma des milliers de nos concitoyens dont les princes qui nous gouvernent avait dû oublier jusqu’à l’existence. Trouvant un trait d’union au travers des réseaux sociaux, ils obéirent à un mot d’ordre leur proposant d’aller occuper les rond-points de nos villes et villages le 17 novembre 2018. Pris de cours, nos gouvernants, issus de cette école du pouvoir qu’est l’ENA, ne retinrent que le nombre de participants. Leur seuil d’alerte, probablement enseigné dans le cours « mouvements sociaux » étant le million, les moins de 300.000 participants ne purent  ébranler leurs certitudes.

Bien que se défendant de « gouverner aux sondages » (surtout lorsqu’ils ne leur sont pas favorables) ils furent néanmoins pris de panique lorsqu’ils réalisèrent que l’immense majorité du peuple français se reconnaissait dans l’action des Gilets Jaunes. La « digue de la fermeté absolue » fut emportée le 10 décembre après 3 semaines d’un méprisant non-recevoir. Mais il était trop tard. Manquant du flair politique d’un vieux briscard comme Gérard Collomb qui avait probablement senti « le vent tourner », les représentants du nouveau monde politique se trouvèrent confrontés à une situation qu’ils n’avaient pas prévu. N’ayant pas pu réduire la voilure à temps, ils durent se « mettre à la cape » en priant pour que la tempête se calme. Le terme de « grand débat » fit son apparition, forme édulcorée d’un référendum honni qu’ils étaient sûrs de perdre. Toutefois, le temps presse pour gagner le grand débat destiné à éviter la déroute et le référendum refusé risque de se dérouler lors des élections européennes.

Un calendrier peu propice

Emmanuel Macron voulait transformer les élections européennes en un grand succès personnel.
L’Union Européenne, devenue l’antichambre de la mondialisation malheureuse, se voit de plus en plus fragilisée par des mouvements populaires qui remettent en cause cette orientation, imposée par les élites internationales. La fortune et le pouvoir de ces élites s’accroissant en raison inverse de la paupérisation des classes moyennes, touchées de plein fouet par cette globalisation, ces élections risquent de se transformer en référendum contre la mondialisation. A ce jeu là, les élites sont toujours perdantes, puisque nécessairement moins nombreuses.
Quel pourrait-être l’antidote de la mondialisation ? Comme toujours dans leur histoire lorsqu’ils se sentent attaqués, les peuples se tournent vers les nations, forme aboutie d’organisation humaine et sociale.
Cela, Emmanuel Macron ne le sait que trop

Une stratégie de jeu d’ombres et de lumière

Opposé à Marine Le Pen en 2017, il s’était fait le champion du système du libre-échange dans une Europe qu’il voulait faire apparaître comme protectrice. Il lui fallait retourner un à un les avantages que le peuple voit dans la nation pour en parer l’Union Européenne. La nation est souveraine, l’Europe d’Emmanuel Macron le sera encore plus , puisqu’elle concentrera toutes les souverainetés nationales. Le peuple est souverain ? Il suffit donc de rassembler tous les peuples pour en faire un seul qui deviendra souverain. Ce discours, qui aurait pu être audible dans la dynamique de son élection, ne l’est plus aujourd’hui. Cette vision de l’Europe, non pas telle qu’elle est dans sa réalité, mais telle qu’il voudrait que les peuples la voient, n’est plus de mise. A y regarder de plus près, le mouvement des Gilets Jaunes (qui se retrouve dans de nombreux pays européens) est un peu l’acte de décès du clivage droite-gauche, pourtant si commode pour les politiciens en mal de réélections alternées.

Pour une fois, les élections européennes ne seront plus soumises à cette dichotomie, du moins dans la plupart des pays. Le « populisme » est devenu symbole de souveraineté populaire et le libéralisme progressiste est devenu l’apanage des élites. Quoi qu’il fasse, Emmanuel Macron incarne cette élite internationale, pur produit du capitalisme financier, et qui ne raisonne qu’en termes de compétitivité et de facilité de circulation des personnes, des biens et des capitaux. Le peuple demande à la nation de le protéger, Emmanuel Macron ne voit que le « multilatéralisme » pour développer encore et toujours les bénéfices du commerce mondialisé.

Jouer sur les peurs

Jusqu’à présent, Emmanuel Macron a brandi les spectres des horreurs du passé en les superposant aux tendances actuelles. Lui qui se prévalait d’appartenir à la nouvelle génération politique a vite renoué avec les anciennes habitudes. Les populistes nécessairement extrémistes, la lèpre pour faire penser à la peste brune, le spectre de la guerre, tout y passe. Par contre, il ne nous parle pas des tares de l’Union Européenne telle qu’elle est conçue. Pourquoi ne pas admettre l’influence de la finance internationale, la domination américaine au travers de l’OTAN, la confiscation de la démocratie au travers des traités, le rôle omniprésent de la technostructure non élue, l’influence des organisations telles que le Club des Bilderberg ou de la Commission Trilatérale ?

Sur ces points, le silence règne. Dès que ces noms sont prononcés, on se fait immédiatement traiter de « complotiste » alors que ces groupements ont une influence énorme au niveau de l’Union Européenne. Mais là, nous n’avons visiblement pas à savoir ce qui se trame…

L’heure de vérité

Le 26 mai prochain, lorsque nous, peuples européens, irons mettre notre bulletin dans l’urne, nous devons être conscients du fait que nous sommes à la croisée des chemins. Jusqu’à présent, on nous a menti sur la finalité de cette construction européenne en nous laissant croire qu’elle nous appartenait alors que toutes les décisions importantes se prenaient dans l’ombre. Souvenons-nous du référendum de 2005, ou nous avions rejeté le projet de constitution qui allait faire de l’Union Européenne un Etat fédéral dans lequel la souveraineté de nos peuples se serait diluée. Nos dirigeants de l’époque, agissant une fois de plus à notre insu, nous ont spolié du résultat de cette consultation. Pire encore, tout ce qui s’est fait depuis s’est fait hors de nous.

C’est maintenant le moment de prouver que nous savons mémoire garder et repartir dans la seule direction possible pour sauver l’Europe : celles d’une Europe des Nations ou chaque peuple retrouvera et gardera la souveraineté à laquelle il a toujours aspiré, tout en travaillant en commun avec les peuples voisins dans l’intérêt commun.

Jean Goychman
3/02/2019


blank


0 0 votes
Évaluation de l'article
12 Commentaires
plus récent
plus ancien Le plus populaire
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires
Rossi
Rossi
19 mars 2019 10 h 04 min

Les hommes pour gouverner ont toujours jouer sur les peurs pour obtenir leur obéissance, tout d’abord la peur de Dieu les Musulmans sont passé maître dans ce domaine, puis le trou d’ozone, maintenant le réchauffement climatique quel gaspillage toutes ces voitures qui partent à la casse ! Si l’homme était capable de lutter contre le réchauffement climatique cela se saurait ! C’est le pipeau du siècle !

PETILLON
PETILLON
19 février 2019 17 h 14 min

Comme par hasard, on reparle actuellement d’antisémitisme, de sionisme, mais, tout cela est voulu à l’approche des européennes, il faut bien endormir à nouveau ces c… de français, qui vont se faire avoir une seconde fois par le chant des sirènes de notre « grand président », il est très fort en la matière, très tacticien, et à bonne école, oui l’influence du groupe Bilderberg, de la trilatérale, tout ce qui nous gouverne quoi, n’avoir pas invité le RN n’est pas innocent, Macron avec ses visites à travers la France fait sa campagne, avec la plus grande démagogie, car, il n’y a… Lire la suite »

lepatriote1111
lepatriote1111
22 février 2019 10 h 00 min
Répondre à  PETILLON

Comme le disait micron-talonnette  » pensez printemps  » , lui pensé le contraire  » je vous sodomise profondément  » bande de gueux , merci d’avoir voter pour ma pomme .De toute façon même si par le plus grand des hasard les listes patriotes sont élues aux européennes , nous ne sommes pas sorti pour autant de l’auberge macronienne , et petit aparté , le prix des carburants qui repartent allègrement à la hausse , augmentation sur plus de 500 produits de nécessité , du tarif du gaz , de l’électricité , etc.etc., le grand foutage de gueule continue de plus… Lire la suite »

Lilou35
Lilou35
16 février 2019 11 h 44 min

Bravo pour votre formule : Il faut s’emparer de l’Europe, je rajoute et la transformer pour quelle ne parle d’une seule voie, l’Ucef veut faire l’Union des Citoyens Européens Francophone avec les 5 pays actuels francophone, nous préconisons le Français si vous êtes d’accord faites nous le savoir en répondant à l’adresse ucef5302@gmail.com

necas
11 février 2019 4 h 55 min

Macron , en faisant bidouiller les sondages , en faveur de Mrn Le Pen , et en faisant rapatrier les djihadistes french ( euh ? ces vermines d’ailleurs , pour etre plus juste ), va refaire le coup du 2eme tour de la présidentielle? ??…… Oui ou non ?Les bourricots qui se sont fait enflés et qui défilent avec des gilets jaunes , de nos jours , auront ils Enfin compris ? Compris l’Enculothérapie dont ils furent victimes aux élections ? Parce que , si c’est pour ravaler le baratin de Macron , dans les débats , pour mieux vous… Lire la suite »

jean
jean
21 février 2019 11 h 48 min
Répondre à  necas

tout a fait d’accord avec vous, mais pour avoir été discuté avec les G.J , je suis pessimiste! car j’ai été effaré de leur manque de compréhension du monde politique au delà de leur demande initiale liée a la hausse des carburants pour financer la transition écologique, alors qu’elle devait servir a autre chose (financer le CICE – baisse des charges patronales sur les salaires) comme disait Chomsky : les gens ne savent pas et ils ne savent même pas qu’il ne savent pas !) les gens se croient informés car ils regardent la télé ! autour de moi (… Lire la suite »

Claude Roland
Claude Roland
7 février 2019 10 h 32 min

« C’est maintenant le moment de prouver que nous savons mémoire garder » Euh, il faudrait d’abord que chaque Français augmente sa RAM et ainsi sa mémoire tout en lisant chaque soir, avant de s’endormir, un bon atlas historique pour se remémorer le passé (je conseille le Duby) au lieu de romans de gare. C’est la meilleure synthèse historique du monde. Parlant de ministre et haut responsables fraudeurs : La directrice du CNRS démissionnaire qui a falsifié des données de travaux pour assoir sa notoriété. Et aux USA, la directrice du CDC (Centre de contrôle et prévention des maladies) qui faisait d’importants… Lire la suite »

jean
jean
21 février 2019 11 h 56 min
Répondre à  Claude Roland

d’accord sur le fonds , mais si vous croyez que les français lisent encore des romans de gare , un français passe en moyenne 3,5 heures / jour devant la télé ( sans parler d’internet !) si encore il regardait l’excellente chaine Histoire , ou toute l’histoire ! mais non la référence c’est Hanouna & co , les séries policières américaines abrutissantes ( et françaises maintenant ) les jeux etc je trouve trés peu de gens autour de moi, capable de tenir une conversation argumentée et en pleine connaissance de cause sur l situation actuelle ! l »‘anesthésie est générale !… Lire la suite »

Serge GRASS
6 février 2019 14 h 02 min

Parmi les graves problèmes juridiques il ne faut pas oublier la déclaration de patrimoine tronquée et la part dans la banque Rothschild dissimulée dans une structure anonyme RCI partenaire. Ces éléments relevant du code pénal avec inégibilité.

necas
13 février 2019 4 h 01 min
Répondre à  Serge GRASS

L’avenir de Macron semble désormais être entre les mains de Benalla !? Éncore une défection, avec Fort …….Les fidèles se carapatent , avant que d’autres magouilles se fassent jour ? Alex a les moyens de faire tomber le gouvernement ? Il doit en connaître des secrets înavouables , qui peuvent mettre Jupiter en danger ????!!!!!!!! C’est plus qu’une évidence maintenant ! Va falloir jouer cartes sur table , Mr Macron : et là, ça ne va plus être de la pipe ! Il va falloir falloir cracher au bassinet ! Alex ou Manu , Manu ou Alex ? Attention aux… Lire la suite »

Gloriamaris
Gloriamaris
6 février 2019 10 h 30 min

On peut faire confiance à Macron : s’il a décidé d’organiser un référendum le même jour que les européennes c’est que la ou les questions posées lors du référendum seront choisies de manière à impacter le vote aux européennes. Exemple de question pour le référendum :  » Voulez-vous que la France reste au sein de l’Europe ou préférez-vous qu’elle se referme sur elle-même ? « 

CRI
CRI
5 février 2019 2 h 29 min

Sans compter les traités MARRAKECH ET AIX LA CHAPELLE l immigrations et son manque de respect vis a vis des FRANCAIS les photos prises avec des hommes torse nu doigt d honneur la fête de la musique a l Elysée c est une honte

blank