MACRON : EN MARCHE VERS L’ECHEC ?
(L’Imprécateur)

Ainsi, le président aurait retrouvé le niveau de notoriété qu’il avait en octobre 2018 ! Voilà une belle affaire puisqu’il faut rappeler qu’en octobre 2018 il y avait une unanimité des sondeurs pour le placer à 30 %. Même ses ennemis de « crétins populistes » comme il appelle Trump et Orban, sont à plus de 50 %. Il est vrai que ces deux incapables ont su en deux ans remettre leurs pays respectifs sur la voie du progrès en faisant chuter le chômage de moitié et augmenter le niveau de vie.

Son élection par la grâce de la justice et des médias en mai 2017 lui avait valu un 55 % au second tour. Souvenez-vous comment les concurrents les plus dangereux, comme Fillon, furent éliminés par une action de justice menée tambour battant, à l’exception de Marine Le Pen à qui ils firent semblant d’accorder une virginité judiciaire afin qu’elle puisse se retrouver face à un Macron dont tout l’establishment juridique et médiatique effaça aussi les soupçons qui pesaient sur la façon dont les millions gagnés chez Rothschild s’étaient subitement évaporés de sa déclaration de patrimoine.

A peine élu, Macron commence sa dégringolade

Si bien que les Français eurent à choisir entre la vierge populiste et le vierge progressiste. Les médias les menacèrent de la peste s’ils votaient à droite, ils votèrent pour l’extrême centre.

Ayant battu une Marine le Pen embrouillée dans ses notes et oubliant d’argumenter là où elle était forte et soutenue par les Français, immigration, sécurité, islam, il obtint 55 % des voix. Mais ensuite, ce fut une dégringolade quasi continue, chaque obstacle qu’il surmontait l’était de façon tellement poussive, comme sa victoire sur les cheminots, que s’en suivait une chute de popularité.

Il y eut pire que les 30 % d’octobre 2018 bien sûr. Il descendit à 23 % en décembre, gardant un socle solide grâce à la bourgeoisie et aux fonctionnaires apeurés par les Gilets jaunes, qui fonctionnaient pourtant selon le principe ultra-moderne et progressiste de la blockchain (1). Dans les classes dites « populaires », Macron était à 13 %. Il serait donc remonté à 30 % fin mars, grâce à Harris interactive qui le tire vers le haut en le plaçant à 40 %, Harris qui de manière générale semble avoir un faible pour Emmanuel Macron qu’il place fréquemment au-dessus des estimations des autres sondeurs.

Le Grand Débat : un étouffoir démocratique

Macron doit cette modeste remontée actuelle à deux facteurs : la façon dont pour LREM et LR il a étouffé la contestation des Gilets jaunes noyautés par l’extrême gauche, qui pourtant leur crachait dessus fin novembre, se joignant à l’extrême centre pour les traiter de « populistes » au mieux, de « peste brune » au pire, dans le sillage des Griveaux, Darmanin et Schiappa;  Le second est l’espoir qu’a donné aux naïfs l’annonce du Grand débat.

Celui-ci n’a pas produit les résultats escomptés. Il est, dès les premières réunions apparu comme une campagne électorale entre soi, les  interlocuteurs étant choisis par les énarques-préfets  avec très peu d’opposants et l’absence quasi totales de ceux qui auraient dû être des interlocuteurs privilégiés puisqu’à l’origine du grand mouvement social, les Gilets jaunes.

Les sondages réalisés à l’issue du Grand débat tristement achevé en Corse le 4 avril sont parlants : Emmanuel Macron n’a convaincu que les pré-convaincus, la méfiance des Français envers le président et son gouvernement est toujours aussi forte, et les médias n’inspirent plus confiance non plus.

Gilets Jaunes : les médias n’ont pas su se montrer indépendants

Plus de la moitié des Français, presque les deux tiers (62 %), reprochent aux médias d’avoir mal couvert les événements en privilégiant systématiquement les aspects négatifs sous l’impulsion du ministre de l’Intérieur. Les trois quarts jugent qu’ils n’ont pas été équitables, qu’ils ont privilégié la violence (72 et 77 %). Et pire, pour Macron, l’opinion positive qu’ils avaient des Gilets jaunes est remontée de 3 %  à 61 %. 66 % pensent que Macron, après un beau discours de clôture et persuadé par les lécheurs de bottes qui l’entourent d’être venu à bout de « la racaille » Gilets jaunes, ne tiendra finalement aucun compte ni de leurs revendications, ni des conclusions du Grand débat. L’analyse ci-dessus est un condensé de l’Enquête Viavoice effectuée en partenariat avec France Télévisions, France Médias MondeRadio France et Le Journal du dimanche du 11 au 18 février 2019, et du sondage Elabe /BFM TV des 2 et 3 avril 2019.

Macron ne résoudra pas la crise et a virtuellement perdu les Européennes

Macron n’a rien gagné non plus pour les élections européennes.

Il n’y a que 6 % de sondés pour penser que Macron a obtenu ce qu’il disait vouloir pour l’Europe, et 79 % estiment qu’il ne saura pas résoudre la crise des Gilets jaunes.

Il n’a toujours pas compris que le fond du problème ne pouvait pas être résolu par un cadeau mal ficelé de 10 milliards. Or, en énarque qu’il est, c’est la seule réponse qu’il sait apporter à tout problème de gouvernance qui se pose : taxer et réglementer. C’est exactement l’inverse que veulent les Gilets jaunes et de plus en plus de Français.

Moins de règles, moins de normes, moins d’Etat dans les affaires courantes de la vie que les Français savent très bien gérer eux-mêmes en famille, ou dans le cadre municipal. « Laissez-nous vivre, disent-ils », laissez-nous un petit surplus à la fin du mois pour que l’on puisse rêver à une dépense exceptionnelle au lieu de calculer dès le 15 du mois combien il va falloir garder pour pouvoir manger ou payer le loyer.

Macron n’osera pas réduire le poids de l’Etat

Moins d’encadrement administratif devrait produire moins de taxes et d’impôts. Ils plombent les budgets de la classe qui travaille pour produire (les fonctionnaires travaillent mais ne produisent pas) et de celle qui a beaucoup travaillé, beaucoup plus que la génération actuelle, et qui ayant pendant quarante ans (voire plus) abondé les caisses de l’Etat pour avoir une pension de retraite dans ses vieux jours, a le droit d’exiger que la part du capital investi dont le retour lui avait été promis lui soit versée.

Et tout cet argent, ce « pognon de dingues » comme dit Macron, pour quoi ? Pour engraisser un État obèse incapable d’assurer un niveau correct du service public qui se dégrade partout. Manque généralisé de médecins et de soignants égale santé en perdition, de forces de l’ordre et de militaires égale sécurité compromise partout, d’employés aux travaux publics égale routes en mauvais état.

Par contre, pléthore de fonctionnaires mal utilisés dans des comités « théodule » inutiles ; les cabinets ministériels où par exemple le 1er ministre dispose de  462 domestiques (2), trop de « conseillers officiels » et « officieux » (3) ; environ 400 commissions d’une quarantaine de personnes en moyenne qui ont rempli leur objet (rédiger un rapport que personne n’a lu) il y  des années mais existent toujours parce que personne n’a osé les dissoudre sous prétexte qu’un énarque parasite bien payé est à leur tête.

Les Gilets jaunes veulent un gouvernement courageux

Ce que demandent les Gilets jaunes c’est un gouvernement qui ait le courage d’évaluer l’utilité des personnels qu’il emploie, de juger de leur productivité et de les renvoyer s’ils ne sont pas bons (4). En Europe, aucun autre ministre que Philippe, fut-il Premier, n’a 60 domestiques pour sa cuisine, conduire sa voiture, et nettoyer la chambre, 38 pour garder ses bureaux et son domicile personnel.

Les énarques eux-mêmes devraient être soumis à évaluation, il n’y a aucune raison pour que des incompétents, et ils sont nombreux sortis de l’ENA, « en dessous de la moyenne« , comme le dit le directeur de l’école, soient grassement payés à vie avec l’argent des impôts de gens qui n’ont, eux, aucune garantie de l’emploi et des petites retraites.

Ce que demandent les Gilets jaunes et les deux tiers des Français, c’est que l’Etat revienne pour ses dépenses dans la moyenne européenne et se serre la ceinture comme il force les Français à le faire en pillant leurs économies, en taxant leur travail comme un malade, en rabotant leurs retraites.

L’Imprécateur
7 avril 2019

 

1 – La Blockchain est la technique des start-ups qui fonctionnent de façon décentralisée, sans chefs officiels, progressent sans que tous les aspects techniques aient été résolus, y compris dans les échanges de valeurs (c’est le bitcoin). Tout cela est  beaucoup trop progressiste pour des énarques ancrés dans les valeurs conservatrices d’une administration et d’un État fort et centralisé. La Suisse, par exemple, fonctionne selon la blockchain : décisions prises par les votations au niveau cantonal, plus rarement de la Confédération, gouvernement presqu’invisible, président et ministres quasi inconnus.

2 – Annexe au projet de loi de finances pour 2018 : « 462 personnes sont au service exclusif du Premier ministre. 60 personnes au service intendance (cuisine, hôtellerie), 155 pour l’assistance (administration, courrier, secrétariat), 139 personnes pour la sécurité des bâtiments et 38 pour sa protection personnelle« . 

3 – Conseillers officieux : selon le même document, il s’agit de personnes qui ne sont pas comptabilisées dans le personnel du cabinet ministériel parce qu’elles sont détachées de diverses administrations qui les paient. Il y aurait dans le gouvernement Philippe  406 conseillers officiels, déclarés et payés, et 2 306 « officieux », mais ces chiffres datent de l’annexe du projet de loi 2017 et ne sont donc pas à jour.

4 – Concernant l’optimisation de la gestion de l’Etat, voir le chapitre B du Projet pour la France que vous pouvez télécharger, lire et diffuser en cliquant ICI 

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le Vieux Autodidacte
le Vieux Autodidacte
12 avril 2019 13 h 47 min

Les Gouvernements Européens non plus et non jamais eu de pouvoir , ce sont les banques et l’Europe qui nous gouvernes . Nous pouvons nous en sortir a une seule condition , ne pas rater l’échéance des Européennes , œuvrons a ce que dans notre entourage nos Parents , nos amis , nos voisins tous votes car…si nous ratons ces Européennes le pires nous attend et seules les listes Nationalistes pourront nous en sortir . Courage les Amis le grand jour arrive !

Chris83
Chris83
10 avril 2019 16 h 36 min

Comment les français peuvent ils encore avoir le moindre respect, la moindre confiance dans des gouvernements qui depuis 40 ans et plus ne font que les appauvrir, les détruire à petit feu? et pourtant il en reste qui y croient encore! C’est stupéfiant. Que les nantis, les lécheurs de botte de ces régimes soient encore à, je comprends mais comment des français qui se font spolier depuis 40 ans (horaires travail maxi, sans tickets restaurant, sans les repos compensateurs, les 35 heures… etc) peuvent ils encore voter pour ces nuls de nuls??? Incompréhensible!!!

Pellerm
Pellerm
11 avril 2019 11 h 23 min
Répondre à  Chris83

Parce qu’ils n’ont pas encore compris que leurs malheurs venaient en premier lieu de la DICTATURE EUROPEENNE ..et seulement en second lieu , de leurs gouvernements successifs soumis aux dictats de l’ Europe …Quoi qu’ils votent …c’est toujours l’europe qui décide ..Les peuples et leurs dirigeants ne sont RIEN …Il suffirait d’un sursaut de lucidité et voter en masse pour le FREXIT …

PiedsPoings
PiedsPoings
21 avril 2019 23 h 47 min
Répondre à  Pellerm

EXACT merci de rappeler cette extrême clairvoyance…notre MALHEUR c’est BRUXELLES et JUNKER et SOROS le SUPERVISEUR……

claude Roland
claude Roland
10 avril 2019 14 h 39 min

« Nous n’avons plus de grand homme mais des petits qui grenouillent et sautillent de droite et de gauche avec une sérénité dans l’incompétence qui force le respect » – Pierre Desproges

claude Roland
claude Roland
9 avril 2019 12 h 19 min

Les instituts de sondage ? Des bidouilleurs de chiffres pour plaire aux dirigeants. Le fils de Mme Macron n’est-il pas le directeur de l’institut Harris ? Je l’ai lu. CQFD. Le Grand débat ? De l’enfumage évident pour gagner du temps et rester en place. Seuls les lèches-botte et les benêts y croient. Il n’y a rien à dire de plus. Gilets Jaunes ? Les médias manipulent l’info et l’oriente, ce qui est évident et normal pour des journaleux disposant d’un abattement de 30% sur leurs impôts perso… Mais aucun GJ ne les cassent… Macron a virtuellement perdu les européennes… Lire la suite »

CRI
CRI
8 avril 2019 15 h 27 min

que de personnel inutile et payé grassement quand allons nous dire STOP ET DEHORS

Pellerm
Pellerm
8 avril 2019 13 h 57 min

Si les gilets jaunes et le peuple de France veulent un gouvernement courageux , ils doivent voter pour le Fréxit proposé par l’URP de François Asselineau . Nos dirigeants sont à Bruxelles et nos présidents successifs n’en sont que des petits sbires aux ordres , grassement payés ( par nos soins) sûrement pour étouffer ce qui leur reste de conscience ..si toutefois ce mot a un sens pour eux …Tous nos maux viennent de cette maudite UE qui nous prive de notre souveraineté au profit des grandes oligarchies financières . L’ Europe était un beau rêve .Sa réalisation est un… Lire la suite »

necas
9 avril 2019 0 h 44 min
Répondre à  Pellerm

Grassement payés , comme le gros sac Mercier , ou le gaucho , anti europe , Mélange Cons , qui se gave avec un BEAU SALAIRE , de député européen !!!! Là , il ne boite pas le gaucho ! Son compte en banque est bien garni , grace à l’europe ! Là , l’europe ne le dérange pas , seu SAFADO !!!!!!
Que des gamellards à Bruxelles , qui se foutent des pauvres , en réalité !

claude Roland
claude Roland
9 avril 2019 12 h 22 min
Répondre à  necas

Et Mélenchon-la-haine a même pleuré dans une vidéo pour avoir des dons pour son parti !!! Cf. Youtube. Gonflé le mec !

claude Roland
claude Roland
9 avril 2019 12 h 26 min
Répondre à  Pellerm

Il faudrait que tous les dirigeants européens qui se dressent contre l’Europe, organisent une opération synchronisée de rupture à un jour J, tout en proposant une nouvelle Europe et donc une nouvelle organisation. L’Europe oui, mais autrement. Il faut une confédération, pas une union ni une fédération.

Zglb
Zglb
8 avril 2019 13 h 12 min

Les sondages! il faut se rappeler comment tous les sondages donnaient Hillary gagnante et Trump battu. Tous, sauf un obscur du coté de la Californie. Il y avait aussi un type qui, en utilisant un système d’analyse d’opinions glanées sur les réseaux sociaux, avait prédit la victoire de Trump. Toute la nomenklatura télévisuelle américaine se marrait : Trump ? gagner contre Sainte Hillary ? ah! ah! ah! etc. Et ce fut l’échec de la Sainte socialiste qui apparu défaite, déconfite et blême plus qu’une fesse, après que ce « clown » de Donald l’ait remise à sa place d’un coup sec. Après… Lire la suite »

Chris83
Chris83
10 avril 2019 16 h 40 min
Répondre à  Zglb

Zglb AH! Si vous pouviez dire vrai…

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