JUILLET 1969 – JUILLET 2019 : 50 ANS DEJA !
(Marc le Stahler)

Je suis aujourd’hui un homme vieillissant, mais je n’étais alors qu’un jeune homme plein d’enthousiasme, qui croyait fermement en l’avenir de l’humanité.
Je croyais aussi au progrès. Pas seulement le progrès technique, mais le progrès social, sociétal, économique, humain. Le progrès de l’intelligence, de la morale et de l’humanisme…


J’étais alors convaincu que les 2 systèmes économico-politiques dominants et ennemis – le communisme et le capitalisme – allaient finir par se rencontrer pour générer une synthèse de ce qu’il y avait de meilleur entre eux : la liberté pour l’un, la solidarité (du moins théorique) pour l’autre…

J’étais prêt à mordre à pleines dents dans cette société de l’après-guerre et de l’après-colonialisme où tout restait à inventer. J’avais traversé mai 1968 avec une curiosité mêlée d’une certaine distance envers ces quelques enragés intolérants et souvent incultes, qui récitaient sans les comprendre des passages du Capital, citaient Engels et Rosa Luxembourg, vénéraient des criminels comme Staline, Castro et Mao, tout en vivant tranquillement chez papa et maman qu’ils qualifiaient volontiers de « petits bourgeois réactionnaires ». Et en profitant accessoirement du gîte et du couvert…

A l’Université, j’ai côtoyé quelques professeurs brillants qui ont marqué ma construction politique. René Dumont, par exemple, le premier « écologiste », réfléchissait déjà à la redéfinition d’un nouveau « PIB » qui tiendrait compte aussi des pertes en capital, lesquelles n’étaient pas intégrées dans le calcul de la croissance (et ne le sont d’ailleurs toujours pas).

« Supprimez tous les feux rouges », disait-il à ses élèves, « et les stops aux carrefours, et vous augmenterez – par ce carnage – le chiffre d’affaires des hôpitaux, des produits pharmaceutiques, des assurances, des garagistes, des Pompes Funèbres, et donc le PIB… Mais où seront passés les coûts des pertes en vies humaines ? », demandait-il malicieusement.

Dumont avait publié peu après la décolonisation un ouvrage visionnaire « L’Afrique Noire est mal partie » que nos amis africains feraient bien de relire, au moins pour comprendre ce qui est arrivé à leur pauvre continent – et qui était donc prévisible.

René Dumont, qui ressemblait bizarrement à celui qui incarnera plus tard le « Doc » mythique de « Retour vers le Futur », se présenta aux élections présidentielles de 1974 où il obtint 1,3 % des voix, score in fine plutôt honorable pour cette période des Trente Glorieuses où prospérait le culte absolu de la croissance.

J’allais entrer dans la vie sociale et professionnelle. En intégrant, trop jeune, la haute administration pour en sortir prématurément au bout de trois ans, persuadé que je ne pourrai jamais y trouver mon miel… Mais cette antichambre du pouvoir m’avait aussi permis d’apprécier la haute conscience professionnelle et le respect de ceux qu’on appelait alors les « grands Commis de l’Etat » pour la « chose publique ». Et, a contrario, de mesurer le mépris et l’incompétence croissante de leurs successeurs pour l’argent public qu’ils se sont allègrement et sans vergogne approprié.

Car hélas, après le général de Gaulle et Pompidou, la France s’est progressivement vautrée dans l’abandon et la médiocrité. De Giscard à Macron, en passant par Chirac et Mitterrand (fossoyeur suprême de la France), sans oublier ce pauvre Hollande, qu’on se prendrait presque à regretter parfois, en observant son tragique et malfaisant successeur.

La « Conquête de l’Espace », comme on disait alors, je la vivais dans mes tripes depuis 1957, date de la mise en orbite du premier satellite artificiel, Spoutnik, « bébé-lune » comme titraient les journaux.

Car le premier « bip-bip » venu de l’espace était soviétique, et il nous annonçait des jours meilleurs, magiques, heureux et fraternels. Je n’avais alors que 10 ans, mais j’imaginais que les frontières seraient abolies, et les guerres avec elles. Passionné de science-fiction, je pensais non seulement à la Lune, mais à Mars et à tout le système solaire !

« La Terre est le berceau de l’humanité », disait Tsiolkovski *, « mais est-ce notre vocation de vivre éternellement dans un berceau » ?

Mao ne me faisait pas rêver, mais John Kennedy, oui. Le jeune président de la première Nation du monde, qui avait tenu tête à Khrouchtchev lors de la crise de Cuba et mis un terme (tout au moins légal) à la ségrégation raciale, avait aussi promis la Lune à ses compatriotes… et à tout l’Occident !

Peu importe s’il s’avère aujourd’hui que la compétition avait eu des motivations stratégiques et politiques, « l’Objectif Lune » de Tintin, qui fit la joie de tous les enfants de l’époque, avait été atteint ! 

J’ai maudit Lee Harvey Oswald, meurtrier présumé de Kennedy en ce funeste 22 novembre 1963 à Dallas. J’ai même ressenti quelque inconvenance historique à voir Nixon féliciter les héros à leur retour sur Terre six ans plus tard, en lieu et place du président assassiné…

« Un petit pas pour l’Homme un grand bond pour l’Humanité ». Quel dommage que cette ardente promesse de Neil Armstrong soit restée lettre morte…
A dire vrai, on a même l’impression que le « grand bond » de ces cinquante années fut plutôt… un bond en arrière !

Bien sûr, nous avons vécu pendant ce demi-siècle de fabuleux progrès scientifiques et techniques, il serait stupide de le nier. De l’informatique à internet, nous en avons fait, des « bonds en avant ». Mais en morale, en philosophie, en intelligence, en humanisme, et surtout, en politique, qu’avons-nous fait, et surtout qu’avons-nous laissé faire ?

Nous vivons aujourd’hui un conflit qui ne fait que commencer, et que nos règles démocratiques mal comprises et/ou mal appliquées ont laissé sourdre, éclater, puis prospérer. L’Islam, qui s’est infiltré dans les moindres recoins de notre société, est un cancer à vocation planétaire. Et les métastases sont déjà là.

Ce cancer qui nous ronge a plusieurs facettes : l’immigration, la naturalisation, le communautarisme, l’aveuglement et l’abandon des élites, le tout sous-tendu par une superstition obscurantiste.

Pire : ce dogme politico-religieux fait même des émules au sein de nos propres dirigeants, qui se comportent comme des collaborateurs consentants d’un ennemi insidieux, cruel et totalitaire. Ennemi implacable qui finira par nous submerger sous peu, avec nos propres règles, nos propres armes et la complicité active de ceux que nous élisons et payons pourtant pour nous protéger.

Mais il faut être juste : si les politiques ont perdu, outre l’amour et le respect de leur Patrie, le sens de l’Etat et le souci du Bien Commun, les autres corps de la société ne sont pas en reste !

Une grande partie de ceux qui sont protégés par un statut ont fini par oublier leur vocation, leur mission, leur raison d’être, pour ne se préoccuper que du maintien et de l’amélioration de leurs propres intérêts catégoriels. Il y a des exceptions, bien sûr, il existe encore des fonctionnaires motivés et impliqués, mais ils ne sont hélas pas majoritaires.

Les enseignants (les anciens « hussards de la république » seraient ahuris du niveau de leurs successeurs), ont oublié leur vocation et n’enseignent plus, ou peu. Ni le savoir, ni le sens de la réflexion et encore moins la liberté de penser.
Ils nivellent.
Par le bas, si possible.
Objectif fixé par Jospin : 80 % d’une classe d’âge au bac.
Résultat : au lieu d’élargir les bénéficiaires du savoir minimal, on en a réduit les contenus et les exigences !

Les journalistes n’informent plus. Ils recopient les communiqués des agences de presse, et quand ils osent une opinion, c’est après qu’elle soit passée dans la moulinette de la pensée unique et officielle.

Il y a pourtant, Dieu merci, des exceptions, remarquables dans la pétaudière ambiante, et je ne saurais oublier de citer ici notre ami Eric Zemmour, qui a entamé son combat héroïque depuis bien longtemps.

Le reste de ce qu’il convient de nommer sottement « la communication » est passé de l’autre côté du miroir et se limite à relayer dans tous les médias ce qu’il FAUT penser pour penser JUSTE.

L’Europe avait été un espoir pour les jeunes. Mais pas au prix de la destruction de leurs patries respectives auxquelles ils tenaient, et qu’un complot international rêvait de faire disparaître. Ce n’est pas de cette Europe des technocrates bruxellois que rêvaient les jeunes européens ! 

Quant aux dirigeants nationaux, peu à peu empêchés de réformer leurs propres pays, ils se sont rabattus sur les réformes dites « sociétales » à la mode, pour complaire à leurs minorités agissantes et faciliter ainsi leur réélection.

Le PACS en fut le signal du départ, et on avait bien promis d’en rester là…
Mais, comme disait Chirac, les promesses n’engagent que ceux qui les croient…
On a vu ce qu’il en est advenu avec le « Mariage pour Tous » et on devine avec effroi ce qui va suivre côté PMA et GPA.
En attendant peut-être pire, l’euthanasie, la polygamie, par exemple : « Pourquoi pas, s’ils s’aiment, tous les trois » ?

Finalement, ce 21 juillet 1969 n’annonçait pas des jours de lumière, mais une lente plongée dans les ténèbres. Avec quelques stations obligées, dont le 11 septembre 2001 ne fut que la première. Nous en avons connu d’autres, en France…

Tintin à laissé place à Orwell et 1969, finalement, annonçait plus 1984 que le début de la saga spatiale de l’Homo sapiens sapiens…

Juillet 1969 : la civilisation humaine, avec ses réussites et ses échecs, avec ses bonheurs et ses malheurs, avait finalement, peut-être, atteint son apogée…

Juillet 2019 : c’est la Décadence qui est En Marche, et qui nous fait mal à tous, au fond de notre cœur, de notre patrie et de notre intelligence.

Qui pourra l’arrêter, et renverser la vapeur, après avoir sifflé la fin de la récréation ?

J’ai bien une petite idée, mais je la réserve pour mes proches et mes amis sûrs…

Car la Loi Avia, comme un vautour, rôde, sur nos opinions et la liberté d’expression…

Marc le Stahler
20 juillet 2019

* Tsiolkovski est considéré par les Russes comme le père de la cosmonautique

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Claudine
Claudine
3 octobre 2019 12 h 15 min

Qui pourra l’arrêter, et renverser la vapeur, après avoir sifflé la fin de la récréation ?
A cette question , voici ma réponse : DIEU , rien n’est impossible à celui qui croit. La Foi , indépendante de TOUTES LES RELIGIONS.
Je souhaite à TOUS le meilleur et le plus juste dans l’ouverture du coeur et de la conscience.

Filsde1789
Filsde1789
24 juillet 2019 17 h 39 min

ah les conspirationnistes, les hommes ne seraient jamais allé sur la lune ! je fais confiance à wikipédia : « Une exposition, même de courte durée, aux parties les plus intenses de ces ceintures de radiations étant fatale, la protection des astronautes par un blindage adéquat et la sélection de trajectoires minimisant l’exposition est nécessaire. Seuls les astronautes d’Apollo qui se sont rendus en orbite lunaire ont traversé la ceinture de Van Allen. Ils ont passé moins d’une heure au total dans les deux ceintures de plus l’inclinaison de l’orbite de la Lune était telle que les tores n’ont pas été… Lire la suite »

Girondeaud
Girondeaud
23 juillet 2019 9 h 51 min

URGENT Il serait bon de placer ici quelques vérités pour faire comprendre aux Français à quel point on prend les humains pour des cons… Je veux parler du faux alunissage, qu’on ose encore célébrer ces jours-ci. Posez donc la question à ceux qui croient encore – malgré toutes les preuves sur le web de cet immense mensonge planétaire – à la conquête de l’espace : Comment fait-on pour passer les Ceintures de Van Allen, qui tueraient quiconque en quelques heures, voire même quelques minutes (même un ingénieur de la NASA l’a reconnu) ? Où sont passées les étoiles sur toutes… Lire la suite »

mike
mike
23 juillet 2019 7 h 28 min

D’accord à 100 % !

Filsde1789
Filsde1789
23 juillet 2019 7 h 09 min

Nous sommes en décadence, les barbares ne sont plus à nos portes mais ils se sont déjà installés dans nos cités et attendent d’être assez nombreux pour nous imposer leur loi. Il faut nous préparer à l’effondrement de notre société, de nos valeurs, il n’y a pas d’issue si nous restons dans notre démocratie molle . Seule et piètre consolation, nos élites qui sont dans le déni et la collaboration ont beaucoup plus à perdre que le peuple…. L’intégration ne se fera pas, le communautarisme va s’exacerber , il n’aime ni la France ni les Français de souche. Pour lutter… Lire la suite »

BROUILLET
BROUILLET
23 juillet 2019 15 h 32 min
Répondre à  Filsde1789

Comment pouvez-vous dire qu’il faut nous préparer à l’effondrement de notre société ??? Donc, selon vous, il ne faut RIEN FAIRE et se laisser bouffer ???? Et si vous votiez convenablement ???? Si vous aviez le courage de revendiquer vos opinions en donnant vos voix à des gens qui aiment leur pays et non pas à des idéologistes qui ne pensent, en fait, qu’à leur fric !!!! Depuis plus de 40 ans les Français votent comme des irresponsables, passant de droite à gauche et de gauche à droite sans réfléchir et en espérant …… RIEN !!!! Réveillez vous !!!

Castiglione
Castiglione
21 juillet 2019 9 h 03 min

Il était prédit qu’en l’an 2000 les voitures voleraient. Seuls les politiques ont appris à voler…

Pierre Girondeaud
Pierre Girondeaud
23 juillet 2019 9 h 54 min
Répondre à  Castiglione

Drôle et vrai à la fois !

BROUILLET
BROUILLET
23 juillet 2019 15 h 34 min
Répondre à  Pierre Girondeaud

Ah vous trouvez ça « drôle » vous !!!!! Voilà pourquoi nous en sommes là !!!! Les français ne sont pas des adultes responsables !!!!

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