CHIRAC L’OPPORTUNISTE
(Cédric de Valfrancisque)

« Je croyais Chirac fait de marbre dont on fait les statues. Mais il est fait de faïence dont on fait les bidets »
(attribué à Marie-France Garaud – qui a contesté cette citation).

« Je vous surprendrai  par ma démagogie »
(Chirac à son équipe de campagne en 1995).

« Franchement, je n’ai jamais vu un type aussi corrompu… »
(Nicolas Sarkozy(1)).

 



Par principe, je ne tire pas sur une ambulance, encore moins sur un corbillard. Pourtant, au milieu du concert de louanges autour de la mort de Jacques Chirac, j’ai envie de traiter de tartufes les gens – politiciens, journalistes, écrivains, etc… – qui occupent les radios et les plateaux télé depuis trois jours et nous bassinent avec les innombrables qualités et vertus du défunt.

Comme je n’ai pas été invité au bal des faux-culs – à quel titre l’aurais-je été ? –  je m’autorise à démystifier le personnage.   Chirac était indéniablement une personnalité forte, un séducteur, une bête politique, mais « on juge l’arbre à ses fruits » pas à sa taille ou à sa ramure.

Or les fruits du Chiraquisme étaient pourris avant même qu’on puisse les cueillir.

Certes il avait des côtés sympathiques, voire attachants. Ses (rares) vrais amis, Denis Tilliniac et Jean-Louis Debré sont mieux placés que moi pour en parler.

Je me contenterai de faire défiler quelques  épisodes de sa longue vie de satrape :

Chirac est né en 1932 à Paris, dans un milieu de petits bourgeois radicaux-socialistes. Après son bac, il fait une courte campagne de trois mois comme matelot sur un navire charbonnier, le « Capitaine Saint-Martin », ce qui lui permettra de raconter qu’il a été marin. C’est à cette époque qu’il signe – avec les Communistes – le fameux « Appel de Stockholm » sur la non-prolifération des armes nucléaires… En septembre 1951, il intègre Sciences-Po Paris. Durant cette période, il milite dans la mouvance du Parti Communiste. Il vend « L’Humanité » dans les rues. À la même époque, il rejette la proposition de son ami Michel Rocard de rejoindre la SFIO qu’il juge « pas assez à gauche ».

Puis, ce dilettante s’accorde une année  sabbatique pour parcourir les États-Unis. Il s’y fiance avec une fille de Caroline du Sud – Florence Herlihy – puis il rompt ses fiançailles pour… rentrer en France.  A peine rentré, le voilà fiancé à Bernadette Chodron de Courcel, une de ses conquêtes  de Sciences-Po. À l’automne 1954, il est admis  à l’ENA.

Le 16 mars 1956, il épouse Bernadette, malgré les réticences de la famille Chodron de Courcel à l’égard de ce  « coureur de jupons » de milieu modeste.

De 1956 à 1957, juste après son mariage, il effectue son service militaire. Il est sous-lieutenant  en Algérie. Selon ses hagiographes, il aurait fait une « belle guerre ». Libéré le 3 juin 1957, il se déclare  « partisan de l’Algérie française » puis il devient gaulliste en 1958 !

Grâce à son mariage, il change de milieu social. Il reprend ses études à l’ENA (promotion Vauban). En 1962, il est chargé de mission au cabinet de Georges Pompidou. Le jeune ambitieux a trouvé sa voie et ne tarde pas à s’engager en politique. En 1965, il est conseiller municipal de Sainte-Féréole, en Corrèze, berceau des grands-parents de sa mère. Un an plus tard, aux  législatives de 1967, il se présente à Ussel, avec le soutien de Marcel Dassault, qui est un ami de son père et qui finance pour lui « L’Essor du Limousin ».  Il l’emporte de justesse, face au candidat du PCF.

Il a bénéficié de la neutralité bienveillante de la gloire locale, Henri Queuille, et de l’appui de l’inamovible maire d’Égletons, Charles Spinasse, ancien ministre socialiste de Léon Blum (exclu de la SFIO pour faits de collaboration).

En 1969, simple secrétaire d’État, il achète le château de Bity, situé à Sarran en Corrèze (2). Il le fait aussitôt classer « monument historique » (3 avril 1969), ce qui lui permet de faire remplacer les 300 fenêtres aux frais du contribuable.

Georges Pompidou dira à Chirac : « Quand on prétend faire de la politique, on s’arrange pour ne pas avoir de château, sauf s’il est dans la famille depuis au moins Louis XV. ».
En 2011, « France-Soir » révélait que la surveillance du château de Bity coûtait 420 000 euros par an à l’État, alors que Jacques Chirac ne s’y rend qu’une fois par an.  Ceci en dit long sur la prétendue simplicité (et sur l’honnêteté) de Chirac !

Je n’entends pas retracer la carrière de celui qui fut conseiller général, député, ministre, premier ministre (1974-1976 et 1986-1988), dix-huit ans maire de Paris, et enfin Président de la République de 1995 à 2007. Il laisse pourtant derrière lui un bien triste bilan.

Rappelons, brièvement (et de façon non exhaustive) ce qu’on lui doit :

a)- En 1975 : la « Loi Veil » légalisant l’IVG, qui tue légalement plus de 220 000 petits Français par an (soit environ neuf millions depuis 1975 !)

b)- « Le regroupement familial », en 1976, qui est à l’origine de l’immigration-invasion que nous subissons depuis. Le tandem Giscard-Chirac est responsable du « remplacement de population » que nous sommes en train de vivre! 

c)- Européiste forcené (et même favorable à l’entrée de la Turquie dans l’UE). Chirac milita pour le Traité de Maastricht. Il fit abandonner le Franc (et donc notre indépendance monétaire) au profit  de  l’Euro, qui devait nous apporter « plus de choix dans nos achats, des prix plus bas, de nouvelles possibilités d’investissements et donc d’emplois »…On connait la suite !

d)- De 1995 à 2007, avec Chirac comme Président de la République, la dette de la France a doublé, passant de 600 à 1200 milliards d’euros.

e)- Dès 1986, Chirac s’engageait devant le « B’nai Brith » (3) à ne jamais s’allier au Front National, offrant ainsi un boulevard à la gauche. La lutte contre l’extrême-droite  sera d’ailleurs le seul vrai combat de sa vie.

f)- La baisse promise de l’impôt sur le revenu, oubliée au profit d’une augmentation de la TVA, le Foncier, la taxe d’habitation, les charges patronales, salariales… Et la création, dès  1975, de la taxe professionnelle, ruineuse pour les entreprises et qu’il qualifiera plus tard d’«impôt imbécile ». 

g)- En 1995 : la condamnation de la France pour la « Rafle du Vel’d’Hiv » des 16 et 17 juillet 1942 et pour les déportations des Juifs sous l’Occupation. Ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait accepté, Chirac l’a fait pour s’attirer les bonnes grâces de la communauté juive de France (4).

h)- En février 1996, la suppression du service militaire qui est catastrophique à divers titres. Pour notre armée, bien sûr, mais aussi pour l’intégration par brassage des jeunes dans la nation.

i)- En 1999, l’agression et le bombardement de la Serbie, pour lui arracher le Kosovo et le livrer aux islamistes.

j)- La suppression du Lundi de Pentecôte : une fête chrétienne qu’on ne fête plus !

k)- La prolifération des radars, manne financière pour l’Etat et véritable calvaire pour les usagers de la route.

Sans oublier les emplois fictifs, les affaires des HLM de Paris, la cassette Méry (financement du RPR), Clearstream…etc…etc… Je m’arrêterai là, pour ne pas lasser mes lecteurs.  

Chirac  était  tout sauf un homme honnête et courageux. Piètre orateur, mauvais débatteur, politicien sans foi ni loi, c’était une « girouette », un opportuniste sans aucune VRAIE conviction.  

Il faut se souvenir, par exemple, du discours dithyrambique tenu à l’Elysée pour le 275ème anniversaire de la franc-maçonnerie en France.

Chirac s’est toujours opposé à la reconnaissance des racines chrétiennes de la France et de l’Europe. Il est l’instigateur de presque tous les traités qui ont détruit les attributs de souveraineté de notre pays : Acte unique, Amsterdam, Nice, Constitution européenne…

Il n’avait, disait-il « qu’une haine au monde, le fascisme ». En diabolisant durant trente ans la droite nationale, en jetant sur elle les pires anathèmes, en accordant le statut d’ancien combattant aux anciens des « Brigades internationales » (5), il est resté fidèle au jeune homme qui vendait à la criée « l’Humanité » et qui signait « l’appel de Stockholm ».

Mais, ce menteur patenté avait, parfois, des accents de sincérité. Quand il déclarait par exemple : « Ce n’est pas ma faute si j’ai une gueule de droite », ou, quand il évoquait le gauchisme de sa jeunesse : « Quand j’avais 20 ans, j’avais un certain nombre de convictions et au fond je ne suis pas sûr qu’elles aient beaucoup changé. Je crois même qu’elles sont finalement restées les mêmes. »

Chirac s’est opposé à la Guerre d’Irak en 2003. C’est, à mes yeux, le seul point positif de son bilan à l’Élysée. Il s’est revendiqué gaulliste, mais il est passé par diverses phases comme le « travaillisme à la française » ou le « libéralisme à la française ».

Les commentateurs politiques ont estimé que sa véritable sensibilité politique était proche du radical-socialisme d’antan. Son maître à penser aurait pu être le « bon docteur » Henri Queuille, qui estimait qu’« il n’est pas de problème dont une absence de solutions ne finisse par venir à bout ».

Un jour viendra où l’histoire reprendra ses droits.

Elle ne retiendra de Jacques Chirac qu’un bilan globalement négatif, son inconstance, son côté « girouette », celui d’un éternel opportuniste, sa propension effarante aux beaux discours non suivis d’effets et aux grands engagements jamais tenus, son absence de scrupules, et l’importance des corruptions couvertes par une immunité ad hoc.

Notre « Chichi » national était aussi un chaud lapin. L’une de ses (nombreuses) maîtresses l’avait surnommé « Monsieur deux minutes, douche comprise ». Il faut croire qu’il était en politique comme en amour : hardi dans la conquête et très décevant dans l’action.

Mais, après tout, si cette vieille catin de « Ripoux-blique » s’est fait b….. pendant  40 ans par un éjaculateur précoce, c’est qu’elle aime ça (ou qu’elle y trouve son intérêt) !

Cédric de Valfrancisque
29 septembre 2019
                

1)- Qui, dans le genre corrompu, était pourtant un maître !

2)- J’invite mes lecteurs à découvrir cette « modeste demeure de fils du peuple » sur Internet.

3)- Le « B’nai Brith » est une obédience maçonnique interdite aux non juifs.

4)- Pour remettre les choses à l’endroit, on peut lire mon livre « Mythes et Légendes des Maquis » ; Editions Muller ; 2018 ou « Pétain – De Gaulle, une autre vision de l’histoire » du colonel Le Pargneux ; Editions des Cimes ; 2019.

5)- A la demande du Communiste Robert Hue, dont le beau-père avait été brigadiste.

 

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François Jacquel
François Jacquel
3 octobre 2019 13 h 40 min

Il manque un « détail de l’histoire » : l’appel de Cochin du 6 décembre 1978, furieusement opposé à la construction de l’union européenne qu’il encouragera non moins furieusement quelques années plus tard.
Quant à son courage politique, il en fera une brillantissime démonstration en refusant le traditionnel débat avec M. Le Pen entre les 2 tours de 2002 et en faisant descendre les enfants des écoles dans la rue pour dénoncer la montée du fascisme.

Pellerm
Pellerm
3 octobre 2019 12 h 50 min

Merci pour cette remise à l’heure des pendules ..En dehors de son empathie , il n’était rien qu’un ambitieux avide comme tous les autres … En plus , son décès est arrivé à point nommé pour occulter l’attentat génocidaire de l’usine Lubriziol de Rouen …Juste au bon moment pour bourrer le crâne des téléspectateurs et auditeurs de merdias …. La catastrophe écologique de Rouen est passée inaperçue auprès des lobotomisés …On ne peut s’empêcher de repenser au malencontreux et inexplicable incendie de Notre- Dame …Comme pour l’usine sévéso elle aussi , du traitement des eaux usées près de Paris ,… Lire la suite »

Claude Roland
Claude Roland
30 septembre 2019 12 h 41 min

Chirac était représentatif de la France en terme d’image physique : un bel homme avec de la prestance, il était fier et à la fois proche du peuple dans ses bains de foule et sa façon de vivre sympathique. Sur ce plan, il était le meilleur président selon l’apparence. Mais c’est tout. Pour le reste, cet article décrit bien son essence profonde et réelle, celle d’un requin blanc de la politique qui, comme les autres, ne voit que ses intérêts et accessoirement celui des Français (ses poissons pilotes). Un président élu reflète généralement les facettes du peuple qui l’élit. La… Lire la suite »

Riquet
Riquet
5 octobre 2019 11 h 14 min
Répondre à  Claude Roland

2 septennats combien de réforme ?

Dissident
Dissident
30 septembre 2019 11 h 28 min

J’aurais aimé qu’on cite la mine d’or française du Pérou et ses 700 tonnes d’or envolées…

J’ai vu sur le Net un trait d’humour vache que j’aime bien, les hommages.
De Sarkozy : j’ai suivi son chemin, à l’Élisée et au tribunal.
De Hollande : de lui j’ai appris, à pécho les meufs.
De Macron : nous étions proches, nos femmes étaient à l’école ensemble.

BobbyFR94
BobbyFR94
30 septembre 2019 9 h 57 min

Je crois que nous savons maintenant pourquoi le chie&raque (avec le fric des CONtribuables) a refusé d’engager la France contre saddam hussein, en 2003, voici une information qui va tous vous intéresser :

http://resistancerepublicaine.eu/2019/09/30/enorme-saddam-aurait-donne-5-millions-de-livres-a-chirac-pour-quil-dise-non-a-la-guerre-dirak/

Lien source :
https://www.dailymail.co.uk/news/article-7516175/Saddam-Hussein-bribed-Jacques-Chirac-5m-bid-make-oppose-led-Iraq-war.html

L’article dit, en substance  » ‘There were strong indications in the US and UK [intelligence services] that Chirac received money from Saddam.’  »

 » ll y avait de fortes présomptions dans les services de renseignements anglais et américains que chirac avait reçu de l’argent de la part de saddam . « 

Claude Roland
Claude Roland
30 septembre 2019 12 h 43 min
Répondre à  BobbyFR94

Mais de toute façon notre armée n’avait pas l’envergure ni les moyens nécessaires.

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