L’AVENIR EST SOMBRE, MAIS NE PAS PERDRE ESPOIR… (par L’Imprécateur)

Les gens ne savent plus en qui croire. Ils en sont venus à la conclusion qu’on ne peut plus avoir confiance dans les politiques. C’était vrai avant la dernière élection, ça l’est encore plus après. Considérant le résultat des Régionales avec un peu de recul, on voit que le clivage traditionnel gauche contre droite est mis à mal par le tandem Hollande-Valls qui déploie une activité forcenée à séduire le centre de Bayrou et la gauche de la droite avec Juppé, NKM et maintenant Raffarin et Bertrand qui ne semblent pas voir dans quel piège ils ont déjà mis le pied.

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Et ça devant le nouveau Monument des Fraternisations, tout un symbole !

Le nouveau clivage gauche-droite contre extrême-droite n’est qu’un leurre, une transition. Le bloc sarkozien est en état d’hypnose, n’arrivant pas à décider ce qui devrait être son choix immédiat : se rapprocher des frontistes tendance Marion Maréchal-Le Pen avec qui il partage bien des valeurs. Et le FN commence à se fracturer entre les marionnistes et les marinistes, cette dernière poursuivant sous l’influence de Florian Philippot une stratégie qui fait d’elle le premier parti de la gauche souverainiste en France.

À ce rythme-là, en 2017 Hollande aura gagné.

Dit comme cela, ça choque ! Pourtant, réfléchissez. Depuis des décennies, la droite c’était l’ordre, « les milices marchant quatre à quatre armées jusqu’aux dents » comme s’en gaussait la gauche autrefois, la conservation des valeurs qui ont construit la France et la République : la famille, le respect de l’autorité, le patriotisme, l’honnêteté, l’effort, le mérite, l’identité nationale.

Quelques valeurs étaient transversales, c’est-à-dire partagées, comme le travail et la liberté.

D’autres étaient “de gauche” : le progrès, l’égalité à tout prix, la révolte, l’internationale des peuples, la justice sociale qui n’est qu’une autre forme de l’égalitarisme.

Il était convenu que les riches, les bourgeois, les paysans, les chrétiens, la noblesse et ses descendants, étaient de droite, et les pauvres, les ouvriers, les employés, les intellectuels et les scientifiques de gauche.

Plusieurs facteurs récents (à l’échelle historique d’un ou deux siècles) ont bouleversé lentement cette conception de la droite et de la gauche et quelques exemples illustrent cette évolution.

La colonisation était au départ une œuvre scientifique : découvrir le monde.

Les Magellan, Colomb, Bougainville, Wallis, et autres Cook emmenaient avec eux botanistes, biologistes, astronomes et ne cherchaient pas à “prendre possession”.

Ce sont les politiques qui leur ont demandé de le faire pour des raisons d’influences et contre-influences impériales, Portugal contre Espagne, Angleterre contre France, l’Allemagne, la Belgique et l’Italie grappillant les miettes.

Les politiques furent appuyés par les religieux, pour convertir à “la vraie foi” les indigènes, et les progressistes de gauche : « notre devoir moral est de civiliser ces pauvres sauvages » comme disaient Ferry et Jaurès.

Dans les années 30-40, la gauche européenne a été tiraillée entre son nationalisme issu de la guerre de 14-18 d’une part et son socialisme internationaliste et pacifiste d’autre part. L’éditorialiste de L’Humanité, Pierre Courtade, écrivait que les peuples des ouvriers allemand et français étaient solidaires et qu’il fallait refuser la guerre voulue par l’élite des deux pays.

En 1940 c’est cette tendance qui l’emporta. La gauche unie porta au pouvoir le Maréchal Pétain (que la presse socialiste encensait comme “le Maréchal Rouge”) pour conclure un armistice. Elle fournit les gros effectifs des cadres du gouvernement de Vichy (Déat, Doriot, Faure, etc.) rejointe par quelques militants de la droite extrême (dont Mitterrand), pendant que les trotskistes comme Louis Jospin (le père de Lionel) s’obstinaient dans leur pacifisme et leur neutralité : ni nazis, ni résistance.

Les communistes redevinrent “nationalistes” à partir de juin 1941, après la rupture du pacte Hitler-Staline pour se partager l’Europe, et les socialistes attendirent fin 1943-début 1944 pour faire de même quand ils furent certains que l’Europe allait être libérée par les anglo-saxons.

La Résistance fut d’abord de droite et ne se rougit qu’au bout de la seconde année d’occupation.

La gauche était alors franchement progressiste. Lénine disait “le communisme, c’est les soviets plus l’électricité” et le national-socialiste Hitler disait le nazisme, c’est le socialisme plus l’organisation”, et qui dit organisation dit contrainte.

Le nazisme s’est écroulé avec sa défaite militaire de 1945 et le communisme avec celle − moins sanglante − de 1989 quand il fut évident que le socialisme appliqué n’apportait que misère et corruption, conflits civils et pollution.

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Une route en Pologne avant 1989, écolo !       Une ville d’Allemagne de l’Est

Le socialisme que l’on peut qualifier aujourd’hui “d’archaïque”, celui fondé sur les valeurs brandies par Manuel Valls, n’a survécu qu’en France et en Corée du Nord.

Tous les autres pays ex-socialistes ou communistes (à de rares exceptions près comme le Venezuela de Chavez ou la Colombie) ont adopté massivement les valeurs de l’économie libérale, même les frères Castro s’y sont convertis. Le parti socialiste français y vient à son tour avec Valls et Macron.

Mais deux nouveaux facteurs sont intervenus.

L’apparition du mouvement écologique avec le géologue-volcanologue de gauche René Dumont en 1974. Il est dominée au début par la droite, avec Brice Lalonde (plutôt naturaliste subversif qu’écologiste) et Antoine Waechter, vraiment « écolo ».

À partir de 1994, la gauche en perte de vitesse (en raison de l’échec des politiques socialistes menées par les gouvernements Mitterrand qui ont commencé à ruiner la France en profondeur) s’approprie l’écologie comme “force progressiste” et nomme Dominique Voynet ministre.

Ce qui est assez paradoxal quand on sait que l’écologie “de gauche” conteste le progrès sous toutes ses formes, économiques et scientifiques, appelant maintenant “progrès” l’arrêt de l’enrichissement des peuples et le retour à la nature avec le “bio”, la médecine chamanique et la diminution de la consommation d’énergie indispensable au confort (chauffage et climatisation), comme à la liberté (déplacements pour le travail et les loisirs).

Parallèlement, la gauche ayant fait des peuples d’outre-mer un nouveau “lumpenprolétariat” avait, dans les années 50, lutté pour la décolonisation, favorisant la montée de toute une clique de dictateurs plus ou moins sanglants, de Sekou Touré et Ben Bella à Ho Chi Minh et Muhammad Kadhafi, revendiquant tous leur appartenance au socialisme et presque tous accueillis au sein de l’internationale socialiste.

Puis elle s’est retournée contre les plus récents d’entre eux qu’elle renie aujourd’hui.

En 1981 elle a accédé enfin au pouvoir, grâce à un transfuge de la pire extrême-droite d’avant-guerre, celle de la Cagoule : François Mitterrand, qui avait compris dès les années 60 que le socialisme n’était « pas à prendre mais à ramasser », comme De Gaulle l’avait dit du pouvoir en 1945, et que le meilleur moyen de ruiner la droite était d’aider au développement de l’extrême-droite pour la prendre en tenaille.

Aujourd’hui nous assistons au triomphe de la stratégie de Mitterrand que Hollande a poursuivie et amplifiée en aidant en sous-main Marine Le Pen. « Il n’y a plus de droite ! » a-t-il lancé au téléphone à l’un de ses proches au soir du premier tour des Régionales. Et aussitôt, il a appelé Valls pour mettre au point le coup de grâce : donner aux Républicains en difficulté les voix socialistes pour leur permettre de prendre les régions qui pouvaient basculer au Front National. Il a fait ainsi de leurs présidents les redevables du PS, comme le montre le comportement déjà ouvertement collaborationniste de Xavier Bertrand et le ralliement à peine dissimulé de Raffarin et quelques autres.

En même temps, il fait de Marine Le Pen la seule concurrente qu’il veut affronter en 2017, car il est certain de la battre.

Mais où va-t-on ?

Hollande a fait une croix sur l’extrême-gauche et les écolos, Mélenchon en est parfaitement conscient, « c’est clair comme du Fantômas » a-t-il drôlement dit à Bourdin vendredi matin.

Hollande veut créer un parti socialo-centriste en attirant à lui Bayrou (il n’y aura aucun problème avec cette couille molle), Juppé et la gauche des Républicains prête à se vendre, comme l’écolo Jean-Vincent Placé, pour avoir des postes dans l’après 2017.

Tous sont les sous-produits de l’ENA et de Sciences Po. Ils se connaissent et n’ont pas de convictions ancrées du moment que la soupe est bonne !

Alors, être de droite ou de gauche…

À la droite de la droite, le FN va se fracturer et Marion, plus fine politique − malgré sa jeunesse − que sa tante, sait qu’elle n’aura de futur glorieux que si elle trouve des alliés. Philippot l’a compris aussi qui a tenté de rallier entre les deux tours Nicolas Dupont-Aignan en lui demandant de donner instruction à ses 850.000 électeurs de reporter leurs voix sur le FN. NDA lui a dit non.

Les Républicains ont voulu une primaire − décision idiote qui va les diviser encore plus qu’ils ne le sont déjà et leur faire perdre du temps au moment où ils en ont le plus besoin ! Si celui qui en sortira vainqueur veut gagner en 2017, il n’a guère le choix : il lui faudra, s’il arrive au second tour, attirer une partie des votes FN. Inversement, si c’est Marine qui doit affronter Hollande, elle aura besoin d’un complément de voix des Républicains.

La stratégie actuelle de Hollande c’est d’bord de tuer Sarkozy en le privant d’une partie de ses troupes et en divisant le reste. Puis d’affaiblir Marine en la harcelant de procès comme il l’a fait pour Sarkozy ces dernières années.

S’ils veulent survivre, Républicains et FN feraient mieux d’enterrer la hache de guerre en s’appuyant sur ce qu’ils ont en commun, notamment le progrès et la révolte, le travail et la liberté qui ne sont plus des valeurs de gauche, en les incorporant à leurs valeurs de droite : la famille, le respect de l’autorité, le patriotisme, l’honnêteté, le mérite, l’identité nationale.

Il leur reste un an et demi pour le faire, et s’ils perdent en route NKM, Juppé, Bayrou et Raffarin, ce ne sera pas une grosse perte.

C’est cela, la victoire de la droite pour éradiquer le socialisme totalitaire que deux-tiers  des Français attendent.

L’Imprécateur

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