LE NAUFRAGE DE LA PRESSE DE « GAUCHE »
(L’Imprécateur)

La dernière étude de l’institut Kantar-Sofres sur les médias montre la baisse continue de leur audience. Si les radios obtiennent encore la confiance d’un Français sur deux, la presse écrite dépasse de peu les 40 %, et la télévision, bien plus regardée pour les films et les shows que pour les infos par les personnes âgées, peine à convaincre un gros tiers des téléspectateurs de l’honnêteté de son information. S’en suit naturellement la chute des recettes publicitaires. Les subventions qui assurent leur survie pourraient bien suivre le même chemin si le gouvernement met à exécution la proposition de la Cour des comptes de les réduire en nombre pour les concentrer en un seul versement calculé sur l’audience réelle ou le nombre d’exemplaires vendus.

La presse de gauche est la plus touchée

Le créneau le plus touché est sans surprise celui de la presse de gauche, accusée de n’être pas fiable, de multiplier les informations tronquées et truquées, et de mentir plus souvent qu’à son tour. L’Humanité est en faillite, mise sous tutelle de la Chambre de Commerce et d’Industrie pour cessation de paiement, Le Monde et Libération connaissent de grosses difficultés financières.

 

Les financiers qui les soutiennent se grattent la tête, doutant que la présidence et le gouvernement aient envie de leur donner un coup de pouce financier comme ils l’ont fait pour L’Humanité en 2004. Ils ont perdu l’électorat de gauche, qui est le lectorat de la presse du même nom, et le président espère maintenant  conquérir des électeurs à droite en profitant de l’incapacité de la droite politique à s’unir, sinon pour les européennes, au moins pour la présidentielle. Arnaud Lagardère qui avait soutenu L’Humanité l’a déjà lâchée.

Les journalistes peuvent aussi se faire du souci pour leur avenir, à cause de plans de licenciements à venir, mais surtout parce que l’abattement dont ils bénéficient pour frais professionnels (une perte de 35 millions de recettes pour l’Impôt sur le Revenu et de 100 millions de cotisations sociales), est dans le collimateur de la Cour des comptes (1).

Une Cour des comptes qui observe aussi que la presse anglaise paie la TVA à 20 % et se porte sinon bien au moins mieux que la nôtre, quand la presse française ne paie que 2,1 %, pas même les 5,5 % des produits de première nécessité, et que cela n’améliore en rien sa situation. Surtout que le chiffre d’affaires global de la presse écrite a chuté de 25 % depuis cinq ans, et que sa contribution fiscale a diminué d’autant.


Le gouvernement hésite à sauver la presse d’information politique

Le souci du gouvernement n’est plus émotionnel, comme il le fut autrefois quand il fallait sauver L’Humanité « , le journal créé par Jaurès« , un monument historique pour la gauche ! Ni économique, on trouve une information de qualité sur d’autres médias et notamment internet.

Ce souci est à peine social, car s’il y a 59 000 emplois en jeu dont 26 000 journalistes, seule la presse d’information politique est menacée de disparaître, les journaux et magazines techniques, de divertissement, nature, économiques et autres se portent encore relativement bien.

Ne s’est vraiment déconsidérée aux yeux des Français que la presse d’information politique, quelle soit écrite, radiophonique ou télévisée.

Des trois moribonds précités, L’Humanité est à l’agonie depuis des années, Le Monde est une momie qui tient encore par les bandages, seule Libération garde encore une relative réputation d’honnêteté journalistique et c’est le seul qui soit assez souvent plaisant à lire.

Les Français ont un avantage culturel sur d’autres peuples, ils ont un esprit critique encore développé, même s’il baisse du fait de l’Éducation nationale qui, de l’école maternelle à l’Université, formate les esprits à sens unique de gauche, sans aucun souci de pluralisme, n’en déplaise à Monsieur J.M. Blanquer. Leur instinct et leur esprit critiques leur disent que les médias leurs mentent et les manipulent, mais ils ne savent pas vraiment pourquoi.

Écoles de journalisme, A.F.P., subventions

La critique la plus courante touchant les médias porte d’abord sur leur capital. Mais c’est inexact, tous les critiques du journalisme modernes sont unanimes, que ce soit Elisabeth Levy, Natacha Polony ou Régis Debray, tous sont d’accord pour dire que l’influence des propriétaires milliardaires ne doit pas être niée, mais qu’elle n’est pas essentielle. Jean-François Kahn (2) résume  cet avis en une phrase « Je ne partage pas du tout la rhétorique “bourdieusienne” néo-marxiste sur le capital qui impose sa loi. Je ne dis pas que demain Dassault n’imposera pas sa ligne au Figaro, mais pour l’instant ce n’est pas ça. C’est en toute liberté que les journalistes expriment des opinions auxquelles ils croient sincèrement« .

Les écoles de journalisme

Par contre, le même J.F. Kahn affirme que 80 à 90 % des étudiants qui entrent dans les écoles de journalisme avec l’esprit critique et des convictions politiques reflétant la société française en sortent « de gauche ». Notamment ceux qui sont passés par Sciences Po où ils sont « normés politiquement correct ». Cela pose le problème du corps enseignant lui même majoritairement à gauche, comme il l’est à l’E.N.A.

L’Agence Française de Presse (AFP)

L’information « fraîche » provient à 80 % de l’AFP. La plupart des journalistes s’en contentent et travaillent assis à leur bureau, approvisionnés en dépêches par l’AFP. C’est l’une des raisons pour lesquelles la Cour des comptes estime que leur privilège fiscal n’est plus justifié puisqu’ils ne sortent plus en reportage comme autrefois. L’AFP est, elle aussi, gangrenée par l’idéologie socialiste et l’info distribuée est prédigérée pour être conforme à la pensée dominante politiquement correcte.
Pour en savoir plus :
AFP : https://www.fawkes-news.com/2014/02/le-livre-noir-de-lafp-une-agence-de.html

Les subventions

Le montant total des aides aux seuls journaux politiques en 2016 s’est élevé à 111,3 millions d’€ dont 18 millions pour le quotidien Le Monde. Dans les dix journaux les plus aidés, sept sont de gauche, dont les cinq premiers. Cette rente a pour résultat d’encourager le conservatisme des rédactions, et même si le rédac-chef et les propriétaires sont conscients de la nécessité de réformer, ce sont souvent les journalistes qui y font obstacle, ne voyant pas la nécessité de se montrer meilleurs puisqu’ils sont bien payés et partiellement défiscalisés.

Cela dit, la presse coûte beaucoup moins cher aux contribuables que l’audiovisuel ou le cinéma dont les producteurs ne prennent aucun risque, à l’exception de ceux qui, classés « de droite » comme G. Boyadjian qui doivent autofinancer leurs productions.
Ces deux secteurs, audiovisuel et cinéma, coûtent environ deux milliards chacun.

La presse écrite est déconnectée des Français

Première raison…

L’Etat est le plus grand pourvoyeur d’idéologie et d’informations truquées ou fausses. Et ce, grâce à tous les moyens médiatiques dont il dispose, chaines de télé, radios et presse écrite, aux millions investis en campagnes de propagande politique, à un corps enseignant majoritairement politisé, à des artistes tenus en laisse par les subventions et le financement « dingue » des intermittents du spectacle qui font qu’à de rares exceptions, comme Depardieu, tous prêchent la bonne parole de gauche.

Et comme il trouve la concurrence des réseaux sociaux et d’internet trop ouverte à la diversité et à la pluralité politique, le pouvoir légifère pour l’étouffer afin que seule la « bonne » information, la sienne, soit vue et entendue.

Seconde raison… 

blank69 % des Français, selon Sofres, pensent que les journalistes ne sont pas indépendants du pouvoir politique. Ce manque de confiance pousse le gens à chercher ailleurs une information plus vraisemblable, non parce qu’elle serait forcément plus vraie, mais parce que c’est sur internet et les réseaux sociaux que l’on trouve l’analyse, la contradiction et la possibilité de se faire une opinion par soi-même sans avoir à gober l’indigeste « prêt-à-penser » de la presse écrite et télévisée avec ses « intervenants », « experts » en tout, comme l’hyper-macroniste Christophe Barbier.

Les trois quarts des émissions portent sur des sujets qui n’intéressent que le Tout-Paris. Des éditorialistes bavards rabâchent leur catéchisme en se souciant des faits comme d’une guigne pourvu que leurs effets de manche séduisent l’animateur qui les a choisis pour leur capacité à sortir de bons mots bien politiquement corrects. Un comble pour des émissions qui se prétendent didactiques et alimentées par des « spécialistes ». Et finalement, c’est le téléspectateur qui trinque, sevré de pluralisme sur le service public qui devrait pourtant en être le modèle, induit en erreur par des experts de pacotille, et mal informé par des débats sans intérêt.

Anti-poutinisme et anti-trumpisme sont les deux mamelles de la presse de gauche

Enfin, la presse devrait comprendre qu’à force de faire de l’anti-poutinisme et de l’anti-trumpisme primaires et hystériques, elle se déconsidère aux yeux de ceux qui savent, par exemple, que Trump, en deux ans, a réduit à 3,5 % le chômage global qui était de 9 % sous Obama, et comme il l’est toujours en France ; fait passer de 12,5 à 5 celui des Afro-américains ; maintient le taux de croissance du PIB à 4 % en moyenne, il était à 1,5 % sous Obama, il est passé sous les 1 % en France en 2018 ; a assuré l’indépendance énergétique des Etats-Unis ; a maté en un mois Kim Jong Un qui faisait trembler tout le Sud-Est asiatique avec ses fusées à charges nucléaires depuis des années ; a dressé la Chine à avoir un commerce plus équitable avec l’Occident ; a arrêté l’intervention américaine devenue inutile en Syrie, ce que ne sait pas faire Macron au Mali…
Bref, Trump réussit tout ce que n’avait pas réussi à faire Obama, ce que ne sait pas faire Macron.

Et Poutine a redressé la Russie ruinée par 70 ans de communisme (politique) et de socialisme (économique). En matière économique et sociale, la France est aujourd’hui le pays d’Europe qui progresse le moins mais dont le président donne des leçons de progressisme à tous les autres, ce qui a au moins une vertu, ça les fait rigoler !

La presse internationale a une autre vision de Macron

Pour finir, deux citations : 1, Le Monde diplomatique, 28 janvier 2019, (3)

« On n’en finit pas, par exemple, de contempler les étonnants renversements qui conduisent l’éditocratie (la presse) à trouver horrifiant ici ce qu’elle trouvait admirable là, et réciproquement.
«
 Qu’ils dégagent ! » en Tunisie : magnifique ; « Macron démission ! » : foule haineuse.
Place Tahrir : printemps arabe
 ; Place de l’Étoile : hordes de casseurs.
Crémation des statues de Chávez : peuple en lutte
 ; parodie de guillotine pour Macron : extrémistes violents.
Police poutinienne : dictature
 ; police macronienne : ordre républicain« .

2, Bloomberg,  9 janvier 2019  » Macron’s yellow vest response makes Putin look soft « ,  (La réponse de Macron aux “gilets jaunes” fait paraître Poutine modéré en comparaison) !
Et pourtant Bloomberg, média économique et financier n’a pas la réputation d’être révolutionnaire ! Barbier et Joffrin en sont malades.

L’Imprécateur
2 février 2019

 

1 : Rapport public annuel 2018 de la Cour des comptes

2 : Revue Médias, n°2 p.32

3 : https://blog.mondediplo.net/il-est-alle-trop-loin-il-doit-partir


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Gloriamaris
Gloriamaris
2 février 2019 21 h 42 min

« … 80 à 90 % des étudiants qui entrent dans les écoles de journalisme…en sortent « de gauche ». Notamment ceux qui sont passés par Sciences Po où ils sont « normés politiquement correct ». Cela pose le problème du corps enseignant lui même majoritairement à gauche, comme il l’est à l’E.N.A…  » Comme il l’est dans l’Éducation Nationale, comme il l’est à l’école de la magistrature, etc. En résumé, tous ceux qui sont nourris du sein de Marianne sont majoritairement de gauche voire gauchistes (sauf quand ils occupent des postes juteux, comme à Bercy, où ils préfèrent le gavage… Lire la suite »

Camille Galic
Camille Galic
2 février 2019 20 h 03 min

Excellent papier, mais pourquoi ne parler que des blogs et sites de réinformation et pas de la presse écrite qui, depuis des décennies, fait de la réinformation comme M. Jourdain faisait de la prose ? Le quotidien « Présent », les hebdos « Rivarol » ou « Minute », le « Bulletin d’André Noël » ou la lettre confidentielle « Faits et Documents », etc. font, sans subventions ni publicité, un travail formidable. Et indispensable car beaucoup de gens ne sont pas encore connectés.
Camille G.

necas
3 février 2019 13 h 28 min
Répondre à  Camille Galic

Le french est un cheval de courses qui adore les oeillères ! Après il se plaint dans les rues ! Non seulement, il vote comme un âne , mais , en plus , il en redemande !!! Vous allez voir ! Les manips de Macron vont ré embrouiller les ânes, et ils revoteront pour lui !!!! Exemple flagrant ? Le vote des retraités, qui défilent de nos jours , en pleurant contre les mesures du Macron !!!! Ils peuvent défiler, moi , je suis retraité, je morfle, mais , quand je sors dehors , je sors la tête haute et… Lire la suite »

Claude Roland
Claude Roland
4 février 2019 9 h 24 min
Répondre à  necas

Bossuet disait : “Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.” Hé oui, vous avez raison. Les Français sont, pour la plupart, des bourrins. Et ça se croit des lumières de la galaxie ! C’est ça le plus agaçant. Et comme ils sont une majorité ainsi, on est pas rendus. D’où la fuite de jeunes à l’étranger, à regret certes pour ceux qui aiment leur pays, mais avec soulagement pour ne plus vivre dans cette France qui sombre dans la médiocrité. Mais je pense que partout dans le monde, à cause des médias et… Lire la suite »

Claude Roland
Claude Roland
4 février 2019 9 h 13 min
Répondre à  Camille Galic

Et vous oubliez l’IFRAP et ses rapports : mieux que la Cour des Comptes. L’indépendance est la clé de la vérité.

claude Roland
claude Roland
2 février 2019 19 h 11 min

De toute façon, toute presse qui reçoit des subventions n’est pas indépendante. Elle a une laisse dorée au cou et se laisse vivre en cultivant deux tares françaises : l’hypocrisie et la mauvaise foi. Car tous ces gauchos ne sont que des gauchos de façade, de convenance. Dans leur vie perso, ce sont de bons bourgeois méprisants Cela dit, le niveau intellectuel de la plupart des journalistes, voire même des jeunes journalistes, est faible. L’ignorance crasse règne dans leurs esprits. Il n’y a qu’une revue qui se porte bien : Valeurs Actuelles. Et depuis que Natacha Polony a pris les… Lire la suite »

necas
3 février 2019 13 h 16 min
Répondre à  claude Roland

Merde , cher Roland : vous m’avez tout sorti de la bouche ! Vous avez Immensément raison , sur la presse . Remarquez , comme Bourdin de Bfm , se garde bien de parler des subventions à louées aux medias, dégrèvements, niches fiscales , etc…. Toutes ces aides devraient etre supprimées , pour garder une impartialité de la presse ! Curieusement, dans les propositions à presenter à Macron , Jamais , au grand jamais , Bourdin ne laisse un auditeur , aborder ce sujet !!!! De même que une immigration réduite et choisie . Sécurité dans les cités . Bannissements… Lire la suite »

Claude Roland
Claude Roland
4 février 2019 9 h 11 min
Répondre à  necas

Il n’y a pas qu’en France que la politique est ignoble et cynique. C’est quasiment mondial ! Aux USA, le peuple aussi montre les dents d’une certaine façon. Et si vous suivez la série « House of Cards » par exemple, alors là vous verrez les magouilles monstres ! Cette série est dénonciatrice.
Devenir politicien, c’est aller nager dans les égouts. Philippe de Villiers a compris, lui, malheureusement pour nous, car ce type est loyal envers son pays et de fait copieusement moquer.

Serge GRASS
2 février 2019 18 h 30 min

Pour confirmer votre analyse : Lundi 28 janvier dans le 20 h de TF1, pour accompagner le voyage officiel en Égypte de notre président, un reportage sur les « conséquences du réchauffement climatique » a été présenté. Après avoir déclaré que des contrats ont été signés pour réussir la transition écologique face au réchauffement climatique très rapide, un reportage nous conduit au nord du pays où le Nil se jette dans la mer : « Depuis plus de 5000 ans toutes les terres étaient fertiles dans le delta. Mais la mer monte et rend les exploitations stériles. L’eau de la mer s’infiltre toujours plus… Lire la suite »

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